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Archives pour juillet 2008

Pandagruélique ! – KUNG FU PANDA

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KUNG FU PANDA, de Mark OSBORNE et John STEVENSON  

L’Histoire :  

aux temps héroïques de la Chine ancienne, Po, un panda jovial, paresseux, maladroit et gourmand, travaille comme serveur dans le restaurant de nouilles de son père, Mr. Ping. Mais Po ne rêve que d‘une chose : devenir un grand maître du kung-fu, comme ses idoles, les légendaires Cinq Cyclones : Tigresse, Singe, Mante, Grue et Vipère, les élèves du sévère mais bon Shifu. Celui-ci les entraîne à la pratique des arts martiaux, dans le Palais de Jade surplombant la Vallée de la Paix, là où vivent Po et les villageois. Shifu a lui-même un vénérable maître, la tortue Oogway, qui vient d‘avoir une vision : le légendaire Guerrier Dragon va bientôt se révéler à tous pour combattre le Mal !  

L‘annonce est publiée partout en ville, et Po aimerait bien assister à la cérémonie, qui va désigner un de ses héros. Mais, retardé dans le grand escalier menant au Palais à cause de son poids, Po se voit interdit d‘entrée. Ses tentatives désespérées pour assister à la cérémonie échouent, jusqu‘à ce qu’il décide de s’attacher sur une chaise propulsée par des feux d‘artifices ! Po finit par s‘écraser aux pieds de Shifu et d‘Oogway au moment et se retrouve désigné par ce dernier ! Shifu est consterné d‘avoir à s‘occuper de ce nouvel élève glouton et maladroit comme pas deux. Pendant ce temps, Tai Lung, le fourbe léopard des neiges, ancien brillant disciple de Shifu, s‘évade de prison pour revendiquer le titre de Guerrier Dragon…  

La critique :  

Chez DreamWorks/PDI, on aime les animaux, au point de leur décerner tout un zoo des plus excentriques. Suivant – entre autres – l’âne parlant, le chat mousquetaire, les pingouins commandos, les lémuriens fêtards et l’abeille revendicatrice, voici un nouveau fleuron de poids : Po, le Panda amateur de kung-fu ! Un robuste gaillard bien rembourré, qui s’imagine meilleur en guerrier invincible qu’en cuistot spécialiste de la soupe aux nouilles, son vrai métier au début de ces aventures bigrement réjouissantes…  

KUNG FU PANDA est un film jubilatoire, et marque une certaine évolution dans ce qui faisait jusqu’ici la marque de fabrique des productions DreamWorks/PDI : la comédie de situation, l’irrévérence et la satire, privilégiées par rapport à la concurrence, Pixar en tête (lesquels semblent quand même prêts à riposter de la meilleure façon, si j‘en juge par les bandes-annonces de WALL-E, leur dernier-né, mais ceci est une autre histoire). Ici, la force de KUNG FU PANDA repose autant sur des personnages particulièrement attachants que sur l’action trépidante, et l’ambiance générale est un beau mélange d’hommage respectueux aux films de kung-fu (ceux de la Shaw Brothers des années 70, notamment, avec leurs histoires classiques d‘apprentissage et de vengeance) et de burlesque total.  

Dans ce domaine-là, on est servi. Po, le héros malgré lui de l’aventure, est un personnage dont la bonne volonté (et le physique forcément « nounours ») provoque immédiatement la sympathie… ses gaffes et ses gamelles provoquent quant à eux l’hilarité, sans le moindre problème ! Les animateurs se sont manifestement bien amusés à calquer le physique bedonnant, la gestuelle et les mimiques irrésistibles de son interprète en VO, Jack Black (*), dans un festival de scènes du meilleur niveau. Je ne résiste pas ici à l’envie de citer mon top 5 personnel des moments les plus drôles du film :

- le très beau prologue, animé en 2D, où notre panda se rêve en invincible guerrier ;

- les vaines tentatives de Po pour entrer au Palais de Jade et assister à la cérémonie, quelque part entre les mésaventures du Coyote de Chuck Jones et les tentatives similaires de l’Inspecteur Clouseau (le grand Peter Sellers) pour entrer dans un château fort, dans THE PINK PANTHER STRIKES AGAIN (Quand la Panthère Rose s’emmêle, 1976) de Blake Edwards ;

- le même gros balourd de Po s’incrustant dans la chambre de la Grue pour tenter de gagner son amitié ;

- la scène de l’acupuncture qui tourne mal (avec une référence au prologue des AVENTURIERS DE L‘ARCHE PERDUE !);

- et l’entraînement peu orthodoxe que Shifu invente pour son nouvel élève : le duel de kung-fu ravioli !  

Fous rires garantis !  

(*) Il semble pourtant que les concepteurs visuels de KUNG FU PANDA se soient inspirés d’une autre personne pour créer le visage et le physique de Po. La preuve en images :  

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Po.  

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Un quidam.  

Étonnante ressemblance, non ?  

Image de prévisualisation YouTube 

Ci-dessus : la première journée d’entraînement de Po chez les maîtres du kung fu !  

Mais le film est encore plus réussi, dès lors que les auteurs choisissent de donner de l’épaisseur à leurs personnages. À commencer par Po, qui, derrière sa balourdise et sa gloutonnerie apparente, cache une certaine sensibilité, et un grand manque de confiance en lui-même. Il en est conscient et va même jusqu’à dire à son nouveau mentor que « toutes ces souffrances que vous m’infligez, c’est rien comparé au fait que chaque matin je me réveille dans ma peau ! ». Voilà pourquoi notre brave panda soulage sa peine dans la bouffe… un défaut apparent qui va être retourné à son avantage, grâce à Shifu – et un scénario astucieux. Le sévère mais juste Shifu a droit aussi à un traitement intéressant de la part des scénaristes : sous ses allures de Maître Yoda au cœur sec, Shifu cache lui aussi une grande désillusion, d’ordre filial. Le méchant léopard Tai Lung cherche la reconnaissance paternelle de Shifu, mais sa violence gâche tout. Et la belle Tigresse, jalouse (comme une… oui, comme une tigresse) de Po, veut aussi gagner la reconnaissance du vieux maître pour les mêmes raisons… Le cœur du script de KUNG FU PANDA repose donc sur ces histoires de filiation bien vues, très drôles, et pleines de tendresse cachée. Le film se permet même quelques touches de poésie bienvenues, notamment dans la scène visuellement somptueuse du départ d’Oogway, la vieille tortue pleine de sagesse ancestrale.  

La mise en scène est impeccable, techniquement irréprochable. Les réalisateurs ont pris plaisir à recréer l’univers des films d’arts martiaux et à le mêler à une qualité d’animation de premier plan. À tel point que KUNG FU PANDA est peut-être à ce jour le meilleur film sorti des studios DreamWorks Animation.  

Qui dit kung-fu laisse donc espérer des scènes d’action à la hauteur, et le pari est réussi : on reste pantois devant l’enchaînement des péripéties et la vitesse des bagarres, qui demeurent toujours lisibles. Morceaux de choix : l’évasion « en apesanteur » de Tai Lung de sa prison, le combat entre les Cinq Cyclones et le même Tai Lung sur un pont de cordes, et le délirant affrontement final entre Po et le méchant, truffé de gags fulgurants ! La bande son est aussi à la hauteur, pleine de trouvailles – les grognements au ralenti de Po sont irrésistibles en particulier. Et la musique de Hans Zimmer et John Powell est très entraînante.  

J’aurais aimé pouvoir dire du bien du casting vocal original… si seulement j’avais pu voir le film en VO. Soyons justes quand même, le doublage en français est de très bon niveau (mention bien à Pierre Arditi, rompu à ce genre d’exercice, qui réinterprète bien le caractère pince-sans-rire de Shifu). Mais j’adresse là un petit coup de gueule envers les exploitants Gaumont et UGC : certes, KUNG FU PANDA s’adresse à un public familial. Nous sommes en plein été, et les parents ont le droit légitime d’emmener leurs enfants voir le film en VF en matinée. Mais les amateurs de VO peuvent aussi avoir envie de voir le film en matinée, sans avoir à parcourir toute la ville à la recherche d’un multiplexe qui propose cette option ! Surtout que des salles supplémentaires auraient pu êtres libérées, vu la médiocrité de certains films proposés par ailleurs… Du coup, il faudra sûrement attendre la sortie DVD pour profiter des voix du vrai casting : Jack Black, Dustin Hoffman, Angelina Jolie (félicitations au fait à la nouvelle maman), Ian McShane, Lucy Liu et Jackie Chan, le maître du kung-fu en personne, qui prête sa voix au Singe bondissant !  

Que ce petit pinaillage ne vous empêche pas cependant d’aller vous régaler en salles des exploits kung-burlesques de Po, le héros le plus « King size » de cette saison estivale ! Et ne partez pas avant la fin du générique !  

Ma note :  

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Crouching Tiger, Hidden Ludovico  

La fiche technique :  

KUNG FU PANDA  

Réalisé par Mark OSBORNE et John STEVENSON   Scénario de Jonathan AIBEL & Glenn BERGER  

Avec les Voix de (en VO) : Jack BLACK (Po), Dustin HOFFMAN (Shifu), Angelina JOLIE (Tigresse), Ian McSHANE (Tai Lung), Jackie CHAN (Singe), Seth ROGEN (Mante), Lucy LIU (Vipère), David CROSS (Grue), Randall DUK KIM (Oogway), James HONG (Mr. Ping), Dan FOGLER (Zeng), Michael Clarke DUNCAN (le Commandant Vachir), Wayne KNIGHT (le Chef des Brigands) et Mark OSBORNE (le Cochon Patron)  

Produit par Jonathan AIBEL, Glenn BERGER, Melissa COBB et Kristina REED (DreamWorks Animation / PDI)  

Musique John POWELL et Hans ZIMMER   Photo Yong DUK JHUN   Montage Clare KNIGHT  

Décors Raymond ZIBACH   Direction Artistique Tang KHENG HENG  

Superviseurs de l’Animation Alessandro CARLONI, Rodolphe GUENODEN et William SALAZAR  

Mixage Son Anna BEHLMER et Andy NELSON   Montage Son Erik AADAHL   Effets Spéciaux Sonores Erik AADAHL et Ethan VAN DER RYN  

Effets Spéciaux Visuels Markus MANNINEN (PDI DreamWorks)   Générique Michael RILEY  

Distribution USA : Paramount Pictures / DreamWorks Animation / Distribution FRANCE : Paramount Pictures  

Durée : 1 heure 32



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