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Archives pour octobre 2008

Napalm d’Or ! – TONNERRE SOUS LES TROPIQUES

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TROPIC THUNDER / TONNERRE SOUS LES TROPIQUES, de Ben STILLER  

L’Histoire :  

 

la production du film « Tropic Thunder », adaptation du récit autobiographique de « Four Leaf » Tayback sur un commando américain au Viêtnam en 1969, connaît de sérieuses difficultés. Le réalisateur britannique Damien Cockburn est dépassé par les caprices de ses vedettes : Jeff Portnoy, comique pétomane constamment drogué, qui cherche à être pris au sérieux ; Kirk Lazarus, acteur australien couvert de récompenses, tellement impliqué dans son rôle – celui d’un sergent Noir – qu‘il s‘est fait pigmenter la peau par voie chirurgicale ; et Tugg Speedman, star du cinéma d‘action au creux de la vague, pour qui le film est la dernière chance de succès au box-office. Mal à l’aise face à Kirk, Tugg gâche une scène importante… entraînant des incidents en chaîne menant à l’explosion prématurée du décor ! Rendu furieux par le dépassement de budget et les rumeurs désastreuses, le grossier grand patron du studio, Les Grossman, menace d’arrêter net le tournage s’il ne termine pas dans les délais prévus et de briser la carrière de Cockburn.  

 

Sur les conseils de « Four Leaf », Damien croit avoir l’idée de génie qui sauvera son film. Il va déposer ses cinq acteurs principaux – les vedettes, plus le rappeur acteur Alpa Chino et le petit jeune Kevin Sandusky – en pleine jungle du Viêtnam, et les faire tourner façon « cinéma-vérité » ! Des caméras digitales seront cachées dans les arbres, les explosions et fusillades commandées à distance par Cody et « Four Leaf », qui les attendent avec l‘hélicoptère au point de rendez-vous. Mais Damien meurt en marchant sur une mine ! Perplexes, les comédiens décident de suivre les instructions du script servant de feuille de route, même si seul Tugg est réellement persuadé d’être toujours en plein tournage. Mais les prima donnas sont incapables de s’entendre, et ont vite fait de se perdre en pleine jungle. Et ils ignorent se trouver tout près du Triangle d’Or, la plaque tournante du trafic de drogue à l’échelle mondiale, où vivent de féroces guérilléros armés jusqu’aux dents… qui les prennent pour de vrais soldats américains ! Nos faux soldats superstars réussiront-t-ils à en réchapper, à ne pas sombrer dans la folie, et à rentrer à Hollywood ?…  

La Critique :  

Ben Stiller est décidément incorrigible. Champion de la comédie made in USA depuis maintenant une bonne décennie et un mémorable MARY A TOUT PRIX, l’acteur-réalisateur a su créer des personnages burlesques de grands naïfs malchanceux auxquels il insuffle une bonne part d’autodérision, en même temps qu’il assume les délires « slapsticks » les plus énormes, avec un tempo comique destructeur parfois inquiétant. C’est que ce gentil garçon en apparence trés calme nous gratifie souvent dans ses films de « pétages de plomb » monumentaux, qui font mouche la plupart du temps. Egalement réalisateur, notre ami Ben a déjà signé trois films où l’on trouve une autre constante : la critique des mass medias américains, menée avec l’humour frénétique qu’on lui connaît. Dès sa première réalisation, REALITY BITES / GENERATION 90 (1994), Stiller se réservait le rôle d’un jeune producteur de vidéos à la MTV trés antipathique. Avec le film suivant, THE CABLE GUY / DISJONCTE, Ben Stiller s’en prenait aux ravages causés par la télévision américaine sur le cerveau d’un Jim Carrey psychopathe. Enfin, avec ZOOLANDER, dont il tenait le rôle-titre, Stiller allait encore plus loin dans le délire et torpillait au passage le petit monde de la mode. De nouveau présent derrière et devant les caméras de TONNERRE SOUS LES TROPIQUES, notre énergumène prend cette fois-ci pour cible le show-business hollywoodien par le biais d’une comédie de guerre tonitruante et tordante !  

En prenant pour base scénaristique le genre, trés identifiable, du film de guerre du Viêtnam, Stiller non seulement catapulte  ses cinq « héros » (des stars de Hollywood complètement à côté de leurs pompes) dans l’enfer de la jungle du Triangle d’Or, il dégomme aussi joyeusement l’industrie cinématographique américaine et ses excès en tous genres. Derrière les parodies attendues, l’acteur-réalisateur et ses complices scénaristes Justin Theroux et Etan Cohen (à ne pas confondre avec Ethan Coen, l’un des deux frangins chéris des festivals de cinéma. Tout est dans le h !) attaquent au napalm tous les travers de leur univers avec une frénésie rigolarde, qui ne recule devant rien pour nous faire rire. Acteurs à l’égo surdimensionné, réalisateurs dépassés, agents de stars trés « mères poule », consultants historiques douteux, ingénieurs des effets spéciaux irresponsables, producteurs orduriers… tout le monde passe ici à la casserole. Sans oublier la drogue, l’adoption d’enfants du tiers monde, la surmédiatisation entourant les moindres faits et gestes des stars du jour, et tant d’autres…  On a rarement vu un tel jeu de massacre au travers d’une comédie, sans doute pas depuis le sous-estimé 1941 de Steven Spielberg.Stiller et ses scénaristes ne se contentent pas d’aligner les parodies à la façon paresseuses des sous-ZAZ qui ont fleuri ces dernières années. Le burlesque n’empêche pas ici un scénario bien construit, même si l’idée générale de plonger des acteurs hors de leur élément a déjà servi dans d’autres comédies – notamment !3 AMIGOS! de John Landis, avec Steve Martin, ou GALAXY QUEST avec Sigourney Weaver. Ici, Stiller s’amuse donc à malmener une galerie de personnages certes passablement crétins mais totalement irrésistibles, dans une histoire détournant autant le PLATOON d’Oliver Stone (avec référence visuelle à l’appui : la fausse mort de Stiller, les bras en croix comme Willem Dafoe dans le film oscarisé de Stone, est un grand moment pour qui connaît ses classiques) que son antithèse exacte, RAMBO II : LA MISSION, exemple type du film de guerre revanchard de l’ère Reagan que Ben Stiller torpille allègrement ici dans sa seconde partie du métrage !  

La caractérisation des personnages, énoncée par le festival de fausses bandes-annonce qui ouvre le film (n’arrivez pas en retard à la séance), est en soi un petit régal d’humour, chaque protagoniste étant ainsi présenté avec ses tics et ses travers de superstar : le rappeur Alpa Chino (!) et sa virilité « black » de façade, ultra-commerciale ; Jeff Portnoy, star du film comique pet-prout incarné par un Jack Black déchaîné dans une bande-annonce « gazeuse » rappelant les excès d’Eddie Murphy dans LE PROFESSEUR FOLDINGUE (signalons au passage que Black s’est fait la tête d’un prédécesseur disparu, Chris Farley, comique obèse qui inspira, je crois, le personnage de Shrek) ; Kirk Lazarus, alias Robert Downey Jr. l’acteur australien aux méthodes Actor’s Studio plutôt extrêmes (il se fait opérer pour devenir plus Noir que Noir !), vedette d’un SATAN’S ALLEY renvoyant les mélodrames gays du type BROKEBACK MOUNTAIN aux orties – avec la participation d’une guest star « arachnéenne » bien connue ! Pour l’anecdote, l’acteur en question a aussi joué, 8 ans plus tôt à l’écran, l’amant du même Downey Jr. dans WONDER BOYS… Et pour finir ces présentations bien envoyées en quelques minutes, Stiller se réserve le rôle de Tugg Speedman, star déclinante du blockbuster d’action frelaté, un grand benêt qui tente bien mal de relancer sa carrière – à la façon de Schwarzenegger ou Stallone quand ils ont connu leur période de fin de règne du box-office…   

Image de prévisualisation YouTube 

Ci-dessus : la bande-annonce en VOST. 100% dégoûtant, grossier, crétin… et surtout hilarant !    

Avec une pareille bande de gugusses, vous pouvez déjà être sûrs que vos zygomatiques vont être mis à rude épreuve pendant deux heures. Stiller et Jack Black se retrouvent 12 ans après THE CABLE GUY, et sont absolument survoltés. Ben Stiller va même encore plus loin que d’habitude dans ce qui fait la marque de fabrique de son humour : notamment l’usage de déguisements et de maquillages délirants (voyez ce qu’il fait d’un pauvre panda malchanceux !) et de son goût pour le burlesque masochiste. Stiller, déjà physiquement bien malmené dans ses films passés, est ici battu, torturé, mutilé, torgnolé, giflé, boxé, poignardé… et plus les sévices qu’il subit sont douloureux, plus cela renforce son sens de la comédie ! Jack Black n’est pas en reste, dans le rôle du comique camé jusqu’aux yeux qui voudrait bien être pris au sérieux. Il faut le voir « disjoncter » sous l’effet du manque, ligoté à un arbre, cracher sans sourciller un chapelet d’obscénités qui ferait rougir le sergent-instructeur de FULL METAL JACKET, affronter un vilain garnement au kung-fu, adresser un inquiétant regard à un brave buffle d’eau… Irrésistible ! En compagnie de ces deux zozos, arrive celui que l’on n’attendait pas forcément dans un tel registre : Robert Downey Jr., tout juste sorti du succès d’IRON MAN, fait mieux que de se défendre, il fournit le contrepoint comique parfait aux trublions burlesques Stiller et Black. Son personnage de Kirk Lazarus est certes une caricature de tous les adeptes de la Méthode Actor’s Studio poussée à son paroxysme, Downey Jr. sait toujours trouver le ton juste pour nous faire rire de la folie de son rôle.  

Entourant ces trois vedettes, le reste du casting est au même niveau : on citera Steve Coogan, le réalisateur largué, Nick Nolte excellent en vétéran mythomane qui se prend pour John Milius, Matthew McConaughey dans le rôle de l’agent le plus dévoué au monde… et un Tom Cruise halluciné ! Maquillé en producteur chauve et obèse, l’acteur se régale à jouer un personnage aussi puant que cupide et grossier, et nous gratifie d’un numéro dansé final à l’image du film : ENORME !  

En ce qui concerne les hommages et les parodies, Stiller nous gâte : toute l’imagerie du récit du Viêtnam répond à l’appel. PLATOON bien sûr, FULL METAL JACKET (l’humour du film vient aussi de l’accumulation de grossièretés verbales qui renforcent le côté absurde de l’aventure. Oreilles chastes s’abstenir !)… Les autres films du genre répondent présent : voir ce pauvre Tugg qui finit ainsi par se prendre pour un mélange de Christopher Walken dans THE DEER HUNTER/VOYAGE AU BOUT DE L’ENFER (« Tugg ? Tugg qui ? « )  et de Marlon Brando dans APOCALYPSE NOW… On déborde même sur d’autres genres, Stiller osant carrément refaire les scènes de surdité en plein combat du SOLDAT RYAN, évoquer les errements de LA 317e SECTION ou faire sauter un pont qui n’est pas celui de la Rivière Kwaï, chère à David Lean ! Les regards les plus pointus noteront aussi un gag explosif d’ouverture digne de LA PARTY, et une montagne de poudre d’héroïne à l’allure trés RENCONTRES DU TROISIEME TYPE, devant laquelle Jack Black semble prêt à rejouer la scène de la statuette dans LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE… Ajoutez à ces références et clins d’oeil des scènes encore plus folles : Stiller ose toutes les blagues, y compris le gore (le destin funeste du réalisateur, qui se prenait pour Dieu… Regardez ce que ça coûte d’invoquer en vain le nom du Seigneur !), la violence sur des enfants (le gamin balancé du pont !), la cruauté envers les animaux (outre le panda, une chauve-souris fait les frais de ce tournage explosif)… Cela pourrait être de mauvais goût, mais rassurez-vous, nous sommes dans du cinéma cartoon qui ne recule devant aucun excès. Plus c’est gros, mieux ça passe !  

Ah, et puis il y a SIMPLE JACK ! Des esprits mal lunés aux USA ont critiqué ce faux film à l’intérieur du film, sous prétexte que Stiller s’y moquait des handicapés mentaux. Les grincheux n’ont visiblement pas bien saisi le propos pourtant clair de l’ami Stiller, qui n’a rien contre les handicapés.  Il s’agissait pour lui de se moquer d’un cliché courant au sujet de l’Oscar du Meilleur Acteur : à savoir que les rôles d’autistes, simples d’esprit ou autres gentils « attardés » sont souvent récompensés par l’Académie, comme le signale justement dans le film le personnage de Downey Jr. – qui, à ce moment-là, saisit surtout le prétexte pour ridiculiser le personnage de Stiller ! Les puissantes associations ou autres lobbys qui tombent à bras raccourcis sur n’importe quel film aux USA n’ont de toute évidence pas le sens de l’ironie propre à Stiller, hilarant dans le rôle-titre….  

Ajoutons enfin à tout cela un rythme quasi-effréné (avec quand même quelques pauses bienvenues, histoire de souffler un peu entre deux rires) et une photographie soignée de John Toll (habitué aux superproductions épiques comme BRAVEHEART ou LE DERNIER SAMOURAÏ), et vous aurez une petite idée de la folie furieuse de cette comédie flambée au napalm, qui nous soulage de la sinistrose actuelle. Une cellule d’aide psychologique pour fous-rires incontrôlés après projection serait même la bienvenue !  

Ma note :  

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Colonel Ludovico Kilgore.  

J’aime l’odeur du napalm au petit matin…  

les liens Internet vers le site officiel de Tugg Speedman :

http://www.tuggspeedman.com 

et celui pour les pandas :

http://www.pandarelocationfoundation.org

 

La fiche technique : 

 

TROPIC THUNDER / TONNERRE SOUS LES TROPIQUES  

Réalisé par Ben STILLER   Scénario de Ben STILLER & Justin THEROUX et Etan COHEN  

Avec : Ben STILLER (Tugg Speedman), Jack BLACK (Jeff Portnoy), Robert DOWNEY Jr. (Kirk Lazarus), Nick NOLTE (« Four Leaf » Tayback), Brandon T. JACKSON (Alpa Chino), Jay BARUCHEL (Kevin Sandusky), Steve COOGAN (Damien Cockburn), Danny R. McBRIDE (Cody), Brandon SOO HOO (Tran), Matthew McCONAUGHEY (Rick Peck), Tom CRUISE (Les Grossman), Maria MENOUNOS, Tyra BANKS, Jon VOIGHT, Jennifer LOVE HEWITT, Jason BATEMAN, Lance BASS, Alicia SILVERSTONE (eux-mêmes), Mickey ROONEY (le Vieux Carruthers) et le Caméo Non Crédité de Tobey MAGUIRE (lui-même)  

Produit par Stuart CORNFELD, Matt EPPEDIO, Patrick ESPOSITO, Eric McLEOD, Ben STILLER et Brian TAYLOR (Goldcrest Pictures / DreamWorks SKG / Internationale Filmproduktion Stella-del-Sud Second / Red Hour Films / Road Rebel)   Producteur Exécutif Justin THEROUX  

 

Musique Theodore SHAPIRO   Photo John TOLL   Montage Greg HAYDEN   Casting Kathy DRISCOLL et Francine MAISLER  

Décors Jeff MANN   Direction Artistique Raphael GORT, Richard L. JOHNSON et Dan WEBSTER   Costumes Marlene STEWART  

1er Assistant Réalisateur Mark COTONE   Réalisateurs 2e Équipe E.J. FOERSTER et Phil NEILSON    Cascades Brad MARTIN  

Mixage Son Steve CANTAMESSA et Craig HENIGHAN   Montage Son Jim BROOKSHIRE et Craig HENIGHAN  

Effets Spéciaux Visuels Mark BREAKSPEAR, David CARRIKER, Jamie DIXON, Paul GRAFF, Bryan HIROTA, Anthony MABIN et Michael OWENS (Hammerhead Productions / CIS Hollywood / Custom Film Effects / Proof / Rainmaker Animation & Visual Effects)   Effets Spéciaux de Maquillages Michèle BURKE, Barney BURMAN, Matthew W. MUNGLE et Koji OHMURA   Effets Spéciaux de Plateau Michael MEINARDUS   

Distribution USA : DreamWorks Distribution / Distribution INTERNATIONAL : UIP  

 

Durée : 1 heure 47



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