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Le retour de l’Expérience Ultime de l’Horreur Épuisante ! – JUSQU’EN ENFER

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DRAG ME TO HELL / Jusqu’en Enfer, de Sam Raimi  

L’Histoire :  

Pasadena en Californie, 1969. Une médium, Shaun San Dena, tente de sauver la vie et l‘âme d‘un jeune garçon, tourmenté par des hallucinations terrifiantes depuis qu‘il a volé un collier à des Gitans. Hélas, Shaun et les parents du garçon ne peuvent empêcher l‘enfant de connaître un destin terrifiant…  

De nos jours. Christine Brown travaille dans une banque de crédit immobilier. Toujours aimable et souriante avec ses clients, Christine espère gagner une promotion imminente, synonyme de meilleur salaire et d’ascension sociale. Mais elle apprend que son patron, Mr. Jacks, la met en concurrence avec un nouveau venu arriviste, Stu Rubin. Christine risque de voir ses chances professionnelles s’envoler si elle continue de se montrer trop gentille avec la clientèle. Un jour, une vieille gitane, Silvia Ganush, vient lui réclamer une troisième prolongation de prêt pour sa maison, alors qu‘elle n‘a pas remboursé les deux premiers, et risque donc d‘être mise à la rue. Hésitante devant ses supplications, Christine décide finalement de lui refuser le prêt. Furieuse, Madame Ganush est finalement expulsée par la sécurité après avoir menacé Christine.

Les chances professionnelles de celle-ci s‘améliorent après l’incident, mais Christine est loin de se douter de ce qui l’attend… La vieille gitane est très rancunière. Elle l’agresse le soir même, et, après une lutte violente, lui lance une malédiction puis s‘enfuit. La police recueille le témoignage de Christine, et son petit ami, Clay Dalton, vient la réconforter. Passant devant la boutique d’un diseur de bonne aventure, Rham Jas, Christine décide de le consulter, pour se rassurer, malgré les objections de Clay. Mais Rham est effrayé par la découverte de la malédiction qui plane désormais sur Christine, et la rembourse immédiatement. Ce soir-là, alors qu’elle prépare un important contrat bancaire pour le lendemain, la jeune femme est attaquée chez elle par une entité invisible. En dépit des efforts de Clay pour la réconforter, Christine fait un cauchemar où Madame Ganush vient de nouveau l’agresser. Rham Jas lui apprend peu après qu’elle est victime d’une terrifiante malédiction gitane : un démon, le Lamia, va venir la tourmenter pendant trois jours avant de l’emporter en Enfer pour l’Éternité. La malédiction peut cependant être levée si Christine accepte d’apaiser le jeteur du sort : Madame Ganush, qu’elle décide d’aller voir immédiatement pour lui faire ses plus sincères excuses. Hélas ! La vieille sorcière vient de mourir, laissant Christine aux prises avec l’inéluctable malédiction…  

La Critique :  

On craignait de l’avoir quelque peu perdu dans les méandres des super-productions Marvel, mais Sam Raimi demeure finalement un grand incorrigible. Réalisateur heureux de la trilogie à succès SPIDER-MAN, l’ami Sam avait quelque peu déçu ses fans de la première heure avec le troisième volet des exploits du super-héros arachnéen. Certes, SPIDER-MAN 3 terminait en beauté la série (en attendant le retour de Raimi aux manettes d’un quatrième opus en préparation), un vrai rêve d’amoureux des comics magistralement mis en images, mais le film donnait l’impression que Raimi était souvent encombré par l’obligation de gérer un budget ahurissant (258 millions de dollars !), et d’accepter les exigences des cadres de Marvel pour placer le vilain Venom, un personnage qu’il n’appréciait pas, dans un scénario déjà lourdement chargé. Un poil trop long et bien plus désillusionné que ses deux prédécesseurs, SPIDER-MAN 3 sonnait comme un constat désenchanté de la part de Raimi envers son personnage fétiche, et décevait une bonne partie du public. Pour certains, le turbulent Sam était en train de se faire engloutir tout cru par l’impitoyable système hollywoodien… 

Mais le réalisateur venu du Michigan, formé à l’école du « cinéma système D », devait bien sentir qu’il lui fallait revenir à ses racines. À savoir de se tourner vers une production à petit budget, dans le genre qui l’a consacré en 1982, avec son désormais classique EVIL DEAD : le film d’horreur comique totalement décomplexé. Retour aux sources parfaitement négocié avec ce DRAG ME TO HELL, titré chez nous Jusqu’en Enfer, un petit film tonique, tout en trouille et en rires, une nouvelle Expérience Ultime de l’Horreur Épuisante, pour reprendre le sous-titre original de la trilogie EVIL DEAD !  

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Ci-dessus : la bande-annonce qui fait peur !  

 

DRAG ME TO HELL est donc tout à fait dans l’esprit des thèmes et codes familiers de la première trilogie « raimienne ». Dès les premières minutes, passée l’apparition du logo classique de la Universal (nous replongeant du coup à la fin des années 70, l’époque où le jeune réalisateur faisait ses premiers films amateurs) et une séquence pré-générique déjà bien énervée, les nostalgiques d’EVIL DEAD se retrouvent en terrain familier : le déchaînement des violons stridents de la musique de Christopher Young les renvoient, sur un mode symphonique des plus somptueux, au thème musical de Joseph Lo Duca et à l’univers sonore d’EVIL DEAD. On y croisera, comme c’est la coutume chez Raimi, sa voiture fétiche : l’Oldsmobile Delta 88 « Classic » présente dans tous ses films (à l’exception bien sûr de son western THE QUICK AND THE DEAD / Mort ou Vif ), qui participe à sa façon à la mise en place angoissante des mésaventures de la pauvre Christine Brown…

Les connaisseurs du cinéma de Raimi des débuts constateront aussi avec plaisir que le réalisateur délaisse volontairement les techniques d’effets spéciaux perfectionnés pour revenir à un cinéma « fait main », à base de maquillages grimaçants et d’effets « shakycam » comme il les affectionne. Rappelons que ce terme désigne une technique popularisée par les EVIL DEAD : pour simuler les attaques d’une force démoniaque invisible, filmées du point de vue de celle-ci, Raimi et son équipe avaient monté une caméra sur une mobylette traversant l’intégralité de la cabane dans laquelle se réfugiait le héros joué par Bruce Campbell. À l’image, les images ainsi « secouées » (« shaky ») par la caméra avaient le dynamisme d’un dessin animé survolté. On en retrouve dans DRAG ME… quelques traces, notamment dans les scènes où la charmante Alison Lohman est secouée dans les airs par les forces infernales. Les scènes d’attaque de l’affreuse Madame Ganush et les manifestations du démon procèdent des mêmes techniques familières, provoquant ce mélange unique de rire et d’effroi dont Raimi sait jouer à merveille.

À ce titre-là, DRAG ME TO HELL est une réussite. C’est un véritable numéro de train-fantôme où le cinéaste n’hésite pas à pousser physiquement le spectateur à bout, le poussant à subir par le son et l’image l’équivalent des tourments physiques qui s’abattent sur son héroïne. Laquelle, en bonne protagoniste « raimienne », est joyeusement malmenée par son réalisateur qui n’hésite pas à lui faire subir les gags gore les plus burlesques, et les plus dégoûtants, vu le nombre de matières répugnantes qu’elle se prend en plein visage à chaque attaque de la vieille sorcière ! Incorrigible, ce Sam, on vous dit…  

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Ci-dessus : c’est court, mais c’est bon… un extrait de DRAG ME TO HELL qui prouve que Sam Raimi sait toujours faire sursauter le spectateur !    

 

Le film se prête bien au petit jeu des références. Quand il ne fait pas dans l’autocitation de ses premières œuvres, Raimi s’amuse aussi à glisser des allusions assez faciles à percevoir. Grand amateur de burlesque, Raimi cite à nouveau les gags des 3 Stooges. Ce trio de comiques qui sévissait dans les années 30 à 50 est presque totalement inconnu en France, mais bénéficie outre-Atlantique d’un véritable culte – au point même que les frères Farrelly vont les réadapter au goût du jour avec Jim Carrey, Sean Penn et Benicio Del Toro !… Les Stooges, Larry, Curly et Moe représentaient en quelque sorte l’équivalent « plouc » des Marx Brothers, trois imbéciles campagnards passant leur temps à se chamailler et surtout à se brutaliser, à coups de marteaux, scies, et autres objets douloureux assénés sur la tête, les mains et les pieds… Un humour burlesque dont Raimi aura conservé des traces dans ses EVIL DEAD, notamment cette scène d’anthologie du second opus où Bruce Campbell se faisait assommer fracasser des dizaines d’assiettes sur le crâne par sa propre main possédée ! DRAG ME TO HELL n’est pas en reste, notamment quand Christine, attaquée par Madame Ganush, a recours aux grands moyens pour s’en débarrasser : une agrafeuse, et plus tard une enclume, comme dans les cartoons !

Pour rester dans l’ambiance burlesque qui émaille le métrage, Raimi glisse aussi l’extrait en arrière-plan d’un bon vieux western de 1939, DESTRY RIDE AGAIN / Femme ou Démon, de George Marshall. Les connaisseurs reconnaîtront la scène anthologique du crêpage de chignons entre Marlene Dietrich et Una Merkel (reflétant dans le film les bagarres entre Christine et la sorcière). On reconnaîtra aussi dans l’écriture du script une tonalité sardonique héritée des EC Comics, célèbres b.d. d’horreur (LES CONTES DE LA CRYPTE) se concluant toujours sur une chute ironique, synonyme de châtiment horrifique pour le protagoniste principal. Sans vouloir déflorer la fin du film, celui-ci est tout à fait dans le ton de ces comics jadis vilipendés par les censeurs américains.

Plus discrètement, le script rend peut-être aussi et surtout un bel hommage caché à un chef-d’œuvre oublié du cinéma Fantastique : NIGHT OF THE DEMON / Rendez-vous avec la Peur, le film de 1957 de Jacques Tourneur. Le thème du maléfice irrévocable, et certaines des manifestations du Démon, représenté sous sa forme cornue classique (comme dans les peintures de sabbats par Francisco Goya, une autre influence esthétique évidente pour le film de Raimi), semblent en effet tout droit sortis de ce grand film d’angoisse. Sans compter que la dernière scène de DRAG ME TO HELL, située dans une gare, évoque le grand finale du film de Tourneur.  

Mais ces allusions et ces trouvailles techniques ne suffiraient pas à faire un bon film si Sam Raimi n’avait pas décidé d’étoffer quelque peu son script. Le trublion des débuts s’est assagi, sans renier ses premières œuvres. Plus mature, le cinéaste avait déjà su montrer une parfaite aisance à créer des personnages crédibles dans un cadre fantastique, témoin son film avec Cate Blanchett et Keanu Reeves, THE GIFT / Intuitions. Sorti en 2000, THE GIFT mêlait adroitement la chronique sociale réaliste avec des séquences de pur Fantastique. Ce même souci d’ancrer un univers extraordinaire dans un contexte réaliste caractérisait aussi les SPIDER-MAN (n’excluant pas par ailleurs les joyeux excès « à la EVIL DEAD », comme la mémorable scène des tentacules du Docteur Octopus attaquant les chirurgiens dans SPIDER-MAN 2). Même principe ici, sur un mode tout de même bien plus caustique que THE GIFT !

La force de DRAG ME TO HELL vient surtout d’un regard particulièrement cinglant de Raimi, qui passe littéralement à la moulinette la Crise financière bancaire américaine… et en fait l’élément déclencheur des malheurs de sa brave héroïne. Si celle-ci avait fait preuve d’un peu plus de compassion, ou si elle avait eu un employeur moins obsédé par la rentabilité, elle n’aurait pas fait les frais de la colère de la vieille femme démunie ! Et Christine, poussée à bout, envisagera même de se débarrasser de son odieux collègue, via des moyens surnaturels. L’esprit de compétition poussé à son extrême degré « maléfique », en quelque sorte… À ce titre, DRAG ME TO HELL est aussi un commentaire ironique sur le désastre économique américain. Et un commentaire social tout aussi cinglant – dans ce registre, la séquence de présentation de Christine chez ses futurs beaux-parents, guindés et richissimes, est un sommet de drôlerie grinçante.

Raimi excelle d’ailleurs dans la création de personnages issus de milieux modestes, bien éloignés des modèles de « gagnants » imposés traditionnellement par le cinéma américain courant. Par exemple, Ash Williams (Bruce Campbell) est gérant de supermarché, rayon bricolage (EVIL DEAD 3) ; Hank Mitchell (Bill Paxton) épicier (UN PLAN SIMPLE) ; Annie Wilson (Cate Blanchett) est mère au foyer et tireuse de cartes (THE GIFT) ; Peter Parker (Tobey Maguire), étudiant, vient d’une famille modeste et gagne mal sa vie comme photographe (SPIDER-MAN)… Impeccablement campée par la craquante Alison Lohman (qu’on avait vue en fille ado arnaqueuse de Nicolas Cage dans MATCHSTICK MEN / Les Associés, de Ridley Scott, et en petite fiancée d’Ewan McGregor dans BIG FISH de Tim Burton), Christine Brown est un personnage attachant, typique des protagonistes de Sam Raimi. Cette jeune femme peu confiante en elle, complexée par ses origines fermières et des ennuis de santé, demeure crédible de bout en bout, même lorsque les forces surnaturelles se déchaînent contre elle. N’ayant rien à voir avec les sempiternelles bécasses des mauvais films d’horreur, Christine affirme peu à peu son caractère dans la tourmente, sans jamais se départir d’une profonde gentillesse naturelle. Ce qui, au final, lui coûtera très cher ! Car il s’agit après tout d’un film d’horreur, ne l’oubliez pas…    

Très drôle, parfois un rien prévisible, mais souvent effrayant, DRAG ME TO HELL est une « respiration » bienvenue pour Raimi entre deux superproductions, et la garantie d’un retour aux sources survolté !  

Déconseillé à ceux qui aiment les chatons et les chèvres… et à ceux qui détestent les mouches et les vieilles femmes.    

Ma note :  

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Ludiconomicon Ex-Mortis  

la Fiche Technique :  

DRAG ME TO HELL / Jusqu’en Enfer  

Réalisé par Sam RAIMI   Scénario de Sam RAIMI & Ivan RAIMI   Avec : Alison LOHMAN (Christine Brown), Justin LONG (Clay Dalton), Lorna RAVER (Silvia Ganush), Dileep RAO (Rham Jas), David PAYMER (Jim Jacks), Adriana BARRAZA (Shaun San Dena), Chelcie ROSS (Leonard Dalton), Reggie LEE (Stu Rubin), Molly CHEEK (Trudy Dalton), Bojana NOVAKOVIC (Ilenka Ganush)  

Produit par Grant CURTIS, Sam RAIMI, Robert G. TAPERT et Cristen CARR STRUBBE (Ghost House Pictures / Buckaroo Entertainment / Mandate Pictures)   Producteurs Exécutifs Joshua DONEN, Joseph DRAKE et Nathan KAHANE  

Musique Christopher YOUNG   Photo Peter DEMING   Montage Bob MURAWSKI  

Décors Steve SAKLAD   Direction Artistique James F. TRUESDALE   Costumes Isis MUSSENDEN  

1er Assistant Réalisateur Michael J. MOORE   Réalisateurs 2e Équipe Randy BECKMAN et Bruce JONES  

Mixage Son Marti D. HUMPHREY et Chris M. JACOBSON   Montage Son Paul N.J. OTTOSSON et Jussi TEGELMAN   Effets Spéciaux Sonores Paul N.J. OTTOSSON  

Effets Spéciaux Visuels Bruce JONES, Jeppe N. CHRISTENSEN, John GROWER, Jason HOWEY, Aaron KAMINAR et Thomas SCHELESNY (Tippett Studio / ReThink VFX / Michael Kaelin & Associates / i.e. Effects)   Effets Spéciaux de Maquillages Howard BERGER et Gregory NICOTERO (KNB EFX Group)   Effets Spéciaux de Plateau James D. SCHWALM  

Distribution USA : Universal Pictures / Distribution FRANCE : Metropolitan Filmexport  

Durée : 1 heure 39

Kevin Spacey

J’inaugure ici une nouvelle rubrique, une biographie consacrée à une personnalité marquante du cinéma. Histoire de changer un petit peu des hommages aux artistes, acteurs et réalisateurs hélas disparus, évoqués en ces lignes, j‘évoquerai ici le parcours de personnalités toujours de ce monde, et bien actives…  Répondant donc très tardivement à la demande d’une sympathique internaute, je vais tenter de décrire la carrière d’un acteur extrêmement talentueux, Kevin Spacey. 

J’en profite pour dire aux internautes qui liront ces lignes qu’ils peuvent aussi me suggérer d’autres biographies sur les acteurs, actrices, cinéastes, etc. de leur choix. J’essaierai, dans la mesure du possible, d’y répondre de mon mieux. 

Et je vous demande de bien vouloir m’excuser d’avance si certaines informations concernant Mr. Spacey sont erronées ou invérifiables. Comme vous le savez, le Net est une prodigieuse source d‘informations, mais elles ne sont pas forcément très fiables… 

Bonne lecture quand même !  

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Kevin SPACEY  

En l’espace d’une décennie, il a créé quelques-uns des rôles les plus marquants de ces dernières années à l‘écran. Reconnu pour incarner souvent des personnages ambigus et manipulateurs, Kevin Spacey est un comédien complet, capable de passer, d’un rôle à l’autre, du personnage le plus charmeur et sympathique au pire criminel qui soit. Se définissant avant tout comme un homme de théâtre, c’est à cette passion qu’il a consacré sa vie et une grande partie de sa carrière.  

D’une grande discrétion dans sa vie privée, Kevin Spacey, malgré son immense notoriété, n’est pas quelqu’un qui recherche les feux de la rampe à tout prix. Cette volonté de cacher sa vie personnelle aux médias lui a valu certaines rumeurs douteuses sur son célibat de longue date, mais il s’en amuse plus qu‘il ne s‘en vexe. La discrétion de Spacey provient, comme il le dit lui-même en 1998 au London Evening Standard, d’une forte volonté qui marque un grand professionnalisme : « Ce n’est pas que je veuille créer une sorte de mystique à la c.. en gardant le silence sur ma vie personnelle, c’est juste que moins vous en savez sur moi, plus il est facile de vous convaincre que je suis le personnage à l’écran. Cela permet au public d’aller dans une salle de cinéma et de croire que je suis cette personne. »

Pas question donc, pour Kevin Spacey, de livrer sa personne publique aux médias à tout bout de champ, si cela doit nuire à la qualité finale de l’œuvre. Au vu de la qualité globale de ses performances, on ne saurait lui donner tort. Voyons son parcours, en ce beau mois de juin 2009.  

L’acteur est né sous le nom de Kevin Spacey Fowler, le 26 juillet 1959 à South Orange dans le New Jersey. Il est le plus jeune de trois enfants, nés de Thomas Fowler (un écrivain technique) et Kathleen Spacey Fowler (une secrétaire personnelle). Après avoir souvent changé de domicile en raison des contrats professionnels du père, la famille s’établit finalement en Californie du Sud, où le jeune Kevin devient vite un garçon très turbulent. Après avoir mis le feu un jour à la cabane en bois de sa sœur, il sera inscrit par ses parents à l’Académie Militaire Northridge ! Il en sera expulsé quelques mois plus tard, pour avoir, semble-t-il, tapé sur la tête d’un camarade avec un pneu… 

À l’adolescence, Kevin Spacey entre à la Chatsworth High School de la Vallée de San Fernando, où il se découvre des talents d’acteur. Il joue le Capitaine Von Trapp dans une adaptation de THE SOUND OF MUSIC (La Mélodie du Bonheur) avec une jeune camarade, Mare Winningham, elle-même devenue actrice reconnue. Vers cette époque, le jeune Kevin attrape le « virus » du cinéma. Ses héros de cinéma sont : Spencer Tracy, Henry Fonda, James Stewart, Jason Robards, Jack Lemmon et Al Pacino. Il est de plus un excellent imitateur, aimant particulièrement interpréter les voix et les attitudes de James Stewart et de l’animateur de télévision Johnny Carson.  

Un talent dont il donnera bien plus tard un exemple lors de son entretien télévisé à l‘Actor‘s Studio. Voyez plutôt ci-dessous James Lipton interviewer Kevin Spacey, alias James Stewart, Johnny Carson, Katharine Hepburn, Clint Eastwood, John Gielgud, Marlon Brando, Christopher Walken, Al Pacino et Jack Lemmon (désolé pour le son désynchronisé !) :

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Après un bref passage au Los Angeles Valley College, il rejoint le programme d’enseignement de l’art dramatique à Juilliard sur les conseils d’un autre ancien camarade de Chatsworth, Val Kilmer. Mais, pressé de travailler, Kevin Spacey quitte Juilliard sans diplôme après deux ans d’études, et signe au Festival Shakespeare de New York. Son premier engagement professionnel consiste à jouer le rôle d’un messager dans une représentation d’HENRY VI en 1981. Grâce au directeur du festival, Joseph Papp, Spacey fait ses débuts à Broadway dans GHOSTS d’après Henrik Ibsen. Il s’y fait fortement remarquer. Dans la pièce de David Rabe HURLYBURLY, il lui arrivera parfois d’interpréter tous les rôles !  

Le jeune comédien fait en 1986 une rencontre décisive pour la suite de sa carrière : pour jouer la pièce d’Eugene O’Neill LE LONG VOYAGE DANS LA NUIT, il fait la connaissance de l’un de ses héros de l’écran, Jack Lemmon. Ce dernier le prend sous son aile, devenant pour le jeune Spacey un grand ami et un précieux mentor. Spacey dira plus tard que, grâce à l’acteur fétiche de Billy Wilder, il cessera d’être un jeune acteur excessivement ambitieux et possessif, pour s’améliorer et devenir un véritable être humain. Il jouera à maintes reprises aux côtés de Lemmon, au théâtre et au cinéma, et lui dédiera son futur Oscar pour AMERICAN BEAUTY.  

Parallèlement à son travail sur les planches, Spacey fait ses premières apparition sur les écrans de télévision et de cinéma. Ses débuts au cinéma en 1986 sont modestes – Mike Nichols lui donne un petit rôle de voleur dans le métro dans son film HEARTBURN / La Brûlure, dont Meryl Streep et Jack Nicholson sont les vedettes. Nichols se souviendra de l’acteur pour lui confier un second rôle plus important, celui de Bob Speck, dans son film à succès de 1988, WORKING GIRL. En 1987, à la télévision, Spacey débute dans l’épisode SOLO de la série EQUALIZER où il joue le rôle de l’Inspecteur Cole. Sa première interprétation importante à l’écran se fait cette année-là, pour son rôle du Sénateur Rourke dans un épisode de la série policière CRIME STORY : THE SENATOR, THE MOVIE STAR, AND THE MOB. Il joue avec Jack Lemmon dans le téléfilm LONG DAY’S JOURNEY INTO NIGHT de Jonathan Miller, une adaptation filmée de la pièce LE LONG VOYAGE DANS LA NUIT.  

Spacey retrouve Jack Lemmon en 1988 dans le téléfilm THE MURDER OF MARY PHAGAN de William Hale, avec également (entre autres) William H. Macy. Il y joue le rôle de Wes Brent. Au cinéma, outre son rôle dans WORKING GIRL, on peut aussi l’apercevoir dans le film ROCKET GIBRALTAR de Daniel Petrie, avec Burt Lancaster, où il joue le rôle de Dwayne Hanson.  

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Extrait ci-dessus : deux scènes marquantes de Spacey en tant que Mel Profitt dans la série WISEGUY (Un Flic dans la Mafia), face à Vinnie Terranova (Ken Wahl), dans l’épisode FASCINATION FOR THE FLAME.  

Mais c’est le rôle du criminel Mel Profitt qui lui permet de faire parler de lui, dans la série télévisée WISEGUY / Un Flic dans la Mafia, pendant huit épisodes marquants : BLOOD DANCE, SQUEEZE, NOT FOR NOTHING, THE MERCHANT OF DEATH, PLAYER TO BE NAMED NOW, SMOKEY MOUNTAIN REQUIEM, FASCINATION FOR THE FLAME et INDEPENDENT OPERATOR. Profitt est son premier rôle d’une grande galerie de mémorables « vilains » de l’écran, qui feront plus tard sa notoriété…  

Dans les deux années qui suivent, Spacey enchaîne le théâtre et les rôles secondaires au cinéma et à la télévision. En 1989, on peut le voir à la télévision américaine dans l’épisode CLEAN STATE de la série policière UNSUB. Une série si confidentielle que le rôle de Spacey n’est pas précisé ou crédité à ce jour… Au cinéma, il joue le rôle de Kirgo dans la comédie d’Arthur Hiller, SEE NO EVIL, HEAR NO EVIL / Pas nous, pas nous, d’Arthur Hiller, avec Richard Pryor et Gene Wilder. Et il accompagne une nouvelle fois son grand ami Jack Lemmon, qui est la vedette d’un film méconnu de Gary David Goldberg, DAD, produit par le studio Amblin Entertainement de Steven Spielberg. Aux côtés de Ted Danson, Ethan Hawke et James Caan, Spacey tient le rôle de Mario. En 1990, Spacey apparaît dans deux téléfilms : FALL FROM GRACE, de Karen Arthur (rôle de Jim Bakker), et WHEN YOU REMEMBER ME, de Harry Winer, avec Ellen Burstyn (rôle de Wade). Sur grand écran, on peut le voir dans le film de Bruno Barreto, A SHOW OF FORCE / État de Force, avec Amy Irving, Andy Garcia et Robert Duvall, où son personnage se nomme Frank Curtin. Et dans HENRY & JUNE, de Philip Kaufman, avec Fred Ward, Uma Thurman, Maria de Medeiros et un certain « Maurice Escargot », alias Gary Oldman ! Spacey y joue le rôle de Richard Osborn.  

À force de patience et de travail, le talent de Kevin Spacey finit par être reconnu au début de la décennie suivante. En 1991, le téléfilm DARROW de John David Coles lui permet d’incarner Clarence Darrow, célèbre avocat américain spécialiste des droits civils qui s‘illustra en défendant les jeunes meurtriers Leopold et Loeb (qui inspirèrent plusieurs films : LA CORDE d’Alfred Hitchcock, COMPULSION/Le Génie du Mal de Richard Fleischer, SWOON de Tom Kallin) en 1924, et pour avoir défendu John Thomas Scopes en 1925, lors du fameux « Procès du Singe ». C’est par ailleurs la toute première fois que Spacey tient le premier rôle dans une fiction filmée. Cette année-là, il gagne un Tony Award pour son rôle d’Oncle Louie, dans la pièce LOST IN YONKERS de Neil Simon.  

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Extrait ci-dessus : dans GLENGARRY GLEN ROSS, John Williamson (Spacey) fait rater à Ricky Roma (Al Pacino) sa plus belle vente… et se fait copieusement insulter par ce dernier !  

Il enchaîne en 1992 avec un épisode de la célèbre série LA LOI DE LOS ANGELES, GUESS WHO’S COMING TO MURDER, où il tient le rôle de Giles Keenan. Son nom commence à être remarqué, et Spacey rejoint le casting en or du film GLENGARRY GLEN ROSS / Glengarry, de James Foley. David Mamet écrit le scénario adapté de sa propre pièce, où les employés d’une agence immobilière de New York sont poussés à une compétition impitoyable pour garder leur poste. Spacey y joue le rôle de l’odieux John Williamson, l’employeur qui s’en prend tout particulièrement à un employé vieillissant, Shelley Levine, incarné par Jack Lemmon. Les deux comédiens se joignent à une équipe impressionnante : Al Pacino, Alec Baldwin, Alan Arkin, Ed Harris et Jonathan Pryce. Le film est un succès critique, et la prestation de Spacey particulièrement remarquée.  

Suivent quelques œuvres moins marquantes entre 1992 et 1994 : le film de 1992 CONSENTING ADULTS / Jeux d’Adultes, d‘Alan J. Pakula face à Kevin Kline, Mary Elizabeth Mastrantonio et Forest Whitaker ; l’épisode HEROS EXOLETUS de la série TRIBECA en 1993 ; en 1994, les films IRON WILL de Charles Haid, THE REF / Tel est pris qui croyait prendre, de Ted Demme, et le téléfilm DOOMSDAY GUN de Robert Young, avec Frank Langella, Alan Arkin, James Fox, et un jeune acteur alors inconnu, Clive Owen.  

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Extrait ci-dessus : au tour de Kevin Spacey de se défouler sur un subalterne malchanceux, Frank Whaley, son souffre-douleur de SWIMMING WITH SHARKS.  

 

Mais Kevin Spacey obtient à nouveau les félicitations de la critique pour son interprétation de Buddy Ackerman, le « boss » le plus puissant de Hollywood dans la comédie dramatique de George Huang, SWIMMING WITH SHARKS. Grossier, cruel, abusant de son pouvoir, Buddy Ackerman est un cauchemar quotidien pour son jeune et naïf assistant Guy (Frank Whaley), qui va pourtant chercher à se venger… La performance de Spacey lui vaut une nomination au Prix Independent Spirit du Meilleur Acteur. C’est aussi, pour l’anecdote, son premier film en tant que producteur, et le tout premier où il tient le premier rôle.  

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L’année 1995 est celle qui va définitivement confirmer la réputation montante de Kevin Spacey, où il va pour ainsi dire « exploser » à l’écran en jouant deux personnages mémorables : tout d’abord, Roger « Verbal » Kint, le petit truand à la patte folle d’USUAL SUSPECTS de Bryan Singer, avec Gabriel Byrne, Chazz Palminteri et Benicio Del Toro. Seul survivant d’un braquage de grande ampleur qui a tourné au carnage, Kint est un minable, « cuisiné » de près par l’inspecteur Kujan (Palminteri) pour qu’il leur révèle qui est le redoutable et énigmatique caïd du crime, connu sous le nom de Keyser Sosë… La confrontation entre le truand et le flic est tendue, bien dirigée par Singer pour un thriller mémorable, complexe… et quelque peu manipulateur, une fois qu’on connaît la chute ! En tout cas, la performance de Spacey est remarquable de bout en bout ; faussement passif et pitoyable, « Verbal » Kint révèle son jeu et berne tout le monde avec une habileté diabolique.  

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Extrait ci-dessus : la bande-annonce en VO d’USUAL SUSPECTS.  

L’acteur obtiendra une jolie collection de récompenses pour son rôle, à commencer par l’Oscar du Meilleur 2e Rôle Masculin. Il est également nommé au Golden Globe du Meilleur 2e Rôle. Ses autres récompenses : Meilleur Acteur 2e Rôle (Prix de la Société des Critiques de Films de Boston, Prix du Choix des Critiques aux Broadcast Film Critics Association Awards, Prix de la Société des Critiques de Films de Chicago, Prix Chlotrudis, Prix de l’Association des Critiques de Films de Dallas-Fort Worth et Prix de la National Board of Review). Il reçoit également le Prix du Festival International du Film de Seattle du Meilleur Acteur, et il est nommé au Prix de la Screen Actor Guild du Meilleur Acteur dans un 2e Rôle. Pour l’anecdote, son personnage de « Verbal » Kint est le n°48 de la liste des Plus Grands Vilains de cinéma dressée par l’American Film Institute. Et le n°100 des 100 Plus Grands Personnages de Cinéma pour le magazine Première.  

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Extrait ci-dessus : Kevin Spacey est « John Doe », l’assassin de SEVEN, justifiant ses meurtres face aux inspecteurs Mills et Somerset (Brad Pitt et Morgan Freeman), avant le grand finale. 

 

Le succès remporté par Spacey dans USUAL SUSPECTS est renforcé par son film suivant, où il a de nouveau l’occasion de jouer un personnage de criminel retors, suprêmement intelligent et manipulateur : il est inoubliable dans le rôle du tueur en série « John Doe » de SEVEN, le thriller horrifique de David Fincher, avec Brad Pitt, Morgan Freeman et Gwyneth Paltrow qui remporte un immense succès en cette fin d’année 1995. Crédité volontairement en générique de fin à sa demande (pour que le spectateur n‘anticipe pas son apparition), Kevin Spacey n’a qu’un temps de présence à l’écran assez court, mais il crève littéralement l’écran et compose un personnage de meurtrier machiavélique particulièrement terrifiant.  

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Le personnage ne nous est présenté qu’à travers la découverte de chacun de ses meurtres abominables, lui conférant une stature quasi surnaturelle – notamment durant cette poursuite d’anthologie dans l’hôtel, où il n‘apparaît que comme une ombre fantomatique, traqué par Brad Pitt et Morgan Freeman. Le spectateur, déjà mis en condition par les indices semés par le tueur, n’en est que plus saisi de voir celui-ci se rendre volontairement aux policiers pour un dernier acte traumatisant. L’apparition de Spacey, doigts couverts de pansements, chemise tâchée de sang (le sang de quelle victime ??), criant dans le hall pour attirer l’attention de Pitt et Freeman est un moment des plus perturbants. Tout comme la joute verbale à laquelle il se livre avec les deux officiers dans la voiture, jusqu’au dénouement tragique de l’affaire en plein désert, lié à la livraison d’une boîte dont on ne devinera jamais le contenu… L’interprétation de Kevin Spacey, glaçante et sans faute, est une nouvelle fois saluée d’éloges critiques et d’un grand succès public.   

L’acteur est récompensé du MTV Movie Award du Meilleur Méchant et du Prix du Cercle des Critiques de Films de New York du Meilleur Acteur 2e Rôle, prix groupé pour ses interprétations dans SWIMMING WITH SHARKS, USUAL SUSPECTS, SEVEN et ALERTE ! Celui-ci est son film suivant, et lui permet de sortir pour une fois du registre des méchants pour un personnage plus sympathique. Signé de Wolfgang Petersen, le film, titré en version originale OUTBREAK, est un thriller avec Dustin Hoffman, Rene Russo, Morgan Freeman, Cuba Gooding Jr., Donald Sutherland et Patrick Dempsey. Spacey y campe le Major Casey Schuler, un médecin militaire qui tente d’enrayer une épidémie virale mortelle à travers les Etats-Unis. Un sujet intéressant, mais le film est une superproduction balourde qui ne marque pas les mémoires.  

Mais cela n‘a pas d‘importance car, grâce aux succès d’USUAL SUSPECTS et SEVEN, et sa réputation d’acteur talentueux désormais établie, Kevin Spacey devient un acteur désormais bankable, tout en continuant parallèlement sa carrière au théâtre : en 1996, Spacey interprète un nouveau personnage antipathique, le District Attorney Rufus Buckley, qui réclame la peine de mort contre Carl Lee Hailey (Samuel L. Jackson), un père de famille Noir ayant vengé le meurtre de sa fillette, dans le controversé A TIME TO KILL / Le Droit de Tuer ? de Joel Schumacher, avec également Matthew McConaughey, Sandra Bullock, Donald et Kiefer Sutherland, Ashley Judd et Chris Cooper. Spacey retrouve ses partenaires de GLENGARRY GLEN ROSS, Al Pacino et Alec Baldwin, dans le très bon documentaire LOOKING FOR RICHARD, dont Pacino signe la mise en scène. Comme ses partenaires, Spacey apparaît à la fois dans son propre rôle et dans celui d’un personnage de la pièce RICHARD III de Shakespeare, le Duc de Buckingham. Kevin Spacey passe également à la mise en scène de cinéma, signant le film noir ALBINO ALLIGATOR, où il dirige Matt Dillon, Faye Dunaway, Gary Sinise et Viggo Mortensen. Le film, fraîchement reçu par la critique américaine, passe inaperçu.  

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Extrait ci-dessus : la bande-annonce de L.A. CONFIDENTIAL.  

1997 est une très bonne année pour Spacey, qui est à son meilleur niveau dans deux très grands films. Il est tout d’abord Jack Vincennes, suave officier de police de Los Angeles dans L.A. CONFIDENTIAL, le film noir de Curtis Hanson adapté du roman de James Ellroy, où jouent également Russell Crowe, Guy Pearce, Kim Basinger, Danny DeVito, James Cromwell et David Strathairn. Spacey prend beaucoup de plaisir à y jouer un policier véreux, préférant fricoter avec les starlettes, et monter des affaires louches avec le journaliste Sid Hudgeons (DeVito), en lui livrant des arrestations « sur mesure » de stars prises en flagrant délit. Cynique et charmeur, Vincennes profite allègrement d’un système totalement corrompu, avant que l’enquête de son jeune collègue Ed Exley (Guy Pearce) lui offre une chance de se racheter… Mais dans la Los Angeles des années 50, il ne fait pas bon poser des questions gênantes à ses supérieurs, comme Vincennes va en faire l’amère expérience… La performance de Spacey, qui nous rend finalement si sympathique un personnage totalement immoral, lui vaut de nouvelles récompenses. Il gagne le Prix de la Société des Critiques de Films de Boston, et le Prix Chlotrudis du Meilleur Acteur dans un 2e Rôle, remporte l’Empire Award du Meilleur Acteur, et est nommé au BAFTA Award du Meilleur Acteur, ainsi qu’au Prix de la Screen Actors Guild pour la Meilleure Performance de l’Ensemble des Acteurs dans un Film.  

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Cette même année, Kevin Spacey joue magistralement un autre personnage terriblement ambigu, Jim Williams, l’antiquaire homosexuel raffiné, affable et excentrique, dans MINUIT DANS LE JARDIN DU BIEN ET DU MAL, le film de Clint Eastwood. Spacey y partage la vedette avec John Cusack et un jeune acteur anglais encore méconnu, Jude Law, qui interprète l‘amant de Williams, une petite frappe du nom de Billy Hanson. Le meurtre de ce dernier par Williams, supposément en état de légitime défense, va déclencher une série d’évènements bizarres, humoristiques et dramatiques dans la belle ville sudiste de Savannah, le berceau du parolier Johnny Mercer. Les apparences sont toujours trompeuses dans ce film atypique et attachant de bout en bout. Et Spacey est excellent, encore une fois, dans le rôle de Williams, déstabilisant toujours les certitudes du journaliste new-yorkais joué par Cusack. Il se voit attribuer le Prix du Cercle des Critiques de Films du Texas du Meilleur Acteur pour sa performance. Excellent chanteur de surcroît, Spacey interprète « That Old Black Magic » sur le CD des chansons du film !  

En octobre 1997, l’acteur est dans le classement des « 100 Plus Grandes Stars de Cinéma de Tous les Temps », liste créée par le magazine britannique Empire.  

L’année suivante, Kevin Spacey est à l’affiche du thriller NÉGOCIATEUR de F. Gary Gray, où il retrouve Samuel L. Jackson, avec également David Morse et Paul Giamatti. Surprise, pour une fois, Spacey joue un homme du bon côté de la barrière, le Lieutenant Chris Sabian, un officier spécialisé dans les négociations de prises d’otages qui va peu à peu prendre fait et cause pour son ex-collègue Danny Roman (Jackson), devenu à son tour preneur d’otages suite à un complot. La prestation impeccable des deux acteurs suffit à soutenir le film de bout en bout, un honnête film à suspense.  

Spacey joue également cette année-là le rôle de Mickey dans HURLYBURLY / Hollywood Sunrise, l’adaptation filmée de la pièce de David Rabe, par Anthony Drazan, où il donne la réplique à Sean Penn, Robin Wright Penn, Chazz Palminteri, Anna Paquin et Meg Ryan. Il s’amuse ensuite à prêter sa voix au méchant criquet en chef, Hopper (VF : Le Borgne), du sympathique film d’animation de John Lasseter, A BUG’S LIFE / 1001 Pattes, deuxième long-métrage des studios Pixar. Kevin Spacey est cité cette année-là comme l’un des 25 Meilleurs Acteurs de 1998 du magasine américain Entertainment Weekly.  

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Extrait ci-dessus : dans AMERICAN BEAUTY, Lester Burnham (Kevin Spacey) décide de se laisser vivre, au grand dam de sa femme Carolyn (Annette Bening). « I Rule ! »  

En 1999, il joue de nouveau sur les planches THE ICEMAN COMETH d’après O’Neill. Mais surtout, l’acteur connaît un véritable triomphe dans AMERICAN BEAUTY, le premier film de Sam Mendes, avec Annette Bening, Chris Cooper, Thora Birch, Wes Bentley et Mena Suvari. Kevin Spacey y joue Lester Burnham, un homme excédé par la banalité de sa vie paisible de cadre moyen, mari soumis et père dépassé. Fou de désir pour Angela (Mena Suvari) la meilleure amie de sa fille Jane (Thora Birch), Lester va ruer dans les brancards, quitter son travail, rompre avec son épouse (Annette Bening parfaite en « desperate housewife » dévorée d’ambition), se découvrir une deuxième jeunesse, tenter de séduire la lolita et perturber profondément ses nouveaux voisins !   

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Grâce au scénario décapant d’Alan Ball, et la mise en scène parfaitement agencée de Sam Mendes, Spacey livre une de ses meilleures performances à l’écran. Dans cette charge impitoyable et réjouissante contre le conformisme social, l’acteur trouve l’équilibre parfait. Il est irrésistible de drôlerie dans les scènes où il ose enfin se rebeller (notamment cette hilarante séquence de repas du soir : « Chérie, cesse de m’interrompre ! » – voir l’extrait ci-dessus) et pathétique, par son désir soudain de revivre sa jeunesse, qui cache bien d’autres failles. Le film est un immense succès international, et marque un véritable triomphe pour l’acteur, qui croulera sous une avalanche de récompenses ! À commencer par l’Oscar du Meilleur Acteur, qu’il dédiera chaleureusement à Jack Lemmon.  

Pour AMERICAN BEAUTY, Kevin Spacey est cité pour trois nominations : l’Empire Award, le Golden Globe et le Satellite Award du Meilleur Acteur. Et il gagne les trophées et prix suivants : BAFTA Award du Meilleur Acteur ; Prix d’Excellence au Festival du Film de Boston ; Prix de la Société des Critiques de Films de Chicago, Prix Chlotrudis, Prix des Critiques de Films de Dallas, Association Award, Prix du Cercle des Critiques de Films de Floride du Meilleur Acteur, Prix du Cercle des Critiques de Films de Kansas City, Prix de la Société des Critiques de Films de Las Vegas, Prix du Cercle des Critiques de Films de Londres, Prix de la Société des Critiques de Films Online, Prix de la Guilde des Critiques de Films Russes, Prix de la Société des Critiques de Films de San Diego, Prix de la Screen Actors Guild, Prix de l’Association des Critiques de Films du Sud-est, Prix de l’Association des Critiques de Films de Toronto et Laurence Olivier Award du Meilleur Acteur.  

Pour couronner cette année faste en beauté, Kevin Spacey obtient aussi un grand succès au théâtre pour son rôle dans ICEMAN COMETH d’après Eugene O’Neill. Cela lui vaut d’être nominé au Tony Award du Meilleur Acteur, et de recevoir le Laurence Olivier Theatre Award et le London Evening Standard Award pour ce même rôle. Élu meilleur acteur de la décennie par Empire Magazine (ils l’aiment bien, on dirait !) en mai 1999, l’acteur obtiendra de plus tout naturellement son étoile sur le Hollywood Walk of Fame cette même année. N’en jetez plus, la cage est pleine !  

 

Après un premier essai pour SWIMMING WITH SHARKS, Kevin Spacey crée sa propre compagnie de production, Trigger Street, en 1999. Il produit pour l’occasion son film suivant, THE BIG KAHUNA de John Swanbeck, où il retrouve son complice Danny DeVito, dans le rôle de deux représentants en lubrifiants cyniques se moquant d‘un jeune collègue profondément religieux. Il est également le producteur en 2000 d’ORDINARY DECENT CRIMINAL du réalisateur irlandais Thaddeus O‘Sullivan, avec à ses côtés Linda Fiorentino et un quasi débutant, Colin Farrell. Le personnage joué par Spacey, Michael Lynch, se base sur le gangster irlandais Martin Cahill, qui finit assassiné par l’IRA. Un sujet qui avait déjà inspiré le cinéaste John Boorman avec son film sorti deux ans plus tôt, LE GÉNÉRAL, interprété par Brendan Gleeson et Jon Voight.  

Kevin Spacey est aussi à l’affiche en 2000 du drame de Mimi Leder, PAY IT FORWARD / Un Monde Meilleur, avec Helen Hunt, Haley Joel Osment, James Caviezel et Angie Dickinson. Il interprète Eugene Simonet, professeur d’éducation civique et sociale du jeune Trevor McKinney (Haley Joel Osment), un jeune garçon de Las Vegas qui souffre de l’alcoolisme de sa mère (Helen Hunt) et de l’abandon de son père. L’occasion pour Spacey de créer avec son brio habituel un personnage hanté par un dramatique secret, représenté par les brûlures qui lui couvrent le visage et le cou.  

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Extrait ci-dessus : la bande-annonce de K-PAX.  

La nouvelle décennie qui s’annonce permet à Kevin Spacey de continuer à créer et interpréter des personnages étranges, tel « Prot », l’étrange patient que doit soigner le psychiatre interprété par Jeff Bridges dans K-PAX de Iain Softley, en 2001. Prot est-il réellement comme il le prétend un extra-terrestre voyageant sur Terre, doté d’étonnantes connaissances, ou bien un malade mental persuadé d’être une entité venue du cosmos ? Mystère…  

Toujours en 2001, Spacey est de nouveau acclamé pour son interprétation de Quoyle, le protagoniste du film de Lasse Hallström, THE SHIPPING NEWS / Terre Neuve, adapté du roman d‘Annie Proulx, l‘auteur de BROKEBACK MOUNTAIN. Quoyle retourne dans sa ville natale de Terre-Neuve avec sa fille, suite à une séparation douloureuse, et tente de refaire sa vie avec une charmante veuve interprétée par Julianne Moore. Spacey joue aussi dans ce film avec une Cate Blanchett très disjonctée, ainsi qu’avec Judi Dench, Pete Postlethwaite, Scott Glenn et Rhys Ifans. Sa prestation lui vaut deux nominations pour le BAFTA Award du Meilleur Acteur, et le Golden Globe du Meilleur Acteur.  

En février de cette année-là, le magazine britannique Total Film le cite deux fois dans son vote des « Plus Grands Vilains de Tous les Temps » – bien entendu, pour les personnages de « Verbal » Kint et John Doe. Le 2 octobre 2001, Kevin Spacey chante de nouveau, interprétant « Mind Games » de John Lennon au Radio City Music Hall de New York, dans une soirée hommage au chanteur.   

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Extrait ci-dessus : Kevin Spacey est l’une des nombreuses superstars invitées dans le délirant prologue d’AUSTIN POWERS DANS GOLDMEMBER.  

Ce sont presque des vacances que prend le comédien l’année suivante, où il n’apparaît qu’en tant que narrateur non crédité de THE TOWER OF BABBLE, un court-métrage de Jeff Wadlow. Avant de faire une apparition hilarante au tout début d’AUSTIN POWERS DANS GOLDMEMBER de Jay Roach, avec Mike Myers. Un caméo dans le « film dans le film », « Austinpussy », où il s’amuse bien en faux Docteur Evil, ricanant aux côtés de Danny DeVito alias Mini-Moi. Tom Cruise, Steven Spielberg et Gwyneth Paltrow sont aussi de la fête dans cette séquence d’ouverture délirante !  

Vers cette période, Kevin Spacey, tout en continuant à travailler pour le grand écran et la télévision, reste fidèle à ses premières amours. En février 2003, Spacey fait son grand retour au théâtre, en tant que Directeur Artistique de la nouvelle Old Vic Theatre Company à Londres, qu‘il co-finance. Parallèlement avec son engagement théâtral, il est toujours aussi actif à l’écran. Il participe ainsi à la minisérie télévisée documentaire historique : FREEDOM : A HISTORY OF US. Il incarne dans celle-ci différentes grandes figures historiques américaines : le Révérend Cotton Mather (épisode LIBERTY FOR ALL); Sidney Andrews (épisode WHAT IS FREEDOM ?); Ira Stewart (WORKING FOR FREEDOM) ; Herbert Hoover (DEPRESSION AND WAR) ; le Gouverneur Morris (REVOLUTION); et Herman Melville (WAKE UP AMERICA).  

Au cinéma, il interprète Albert T. Fitzgerald, le père écrivain d’un jeune meurtrier interprété par Ryan Gosling dans THE UNITED STATES OF LELAND de Matthew Ryan Hoge, avec également Don Cheadle, Chris Klein, Jena Malone et Lena Olin – un film dont il est le producteur. Spacey est de nouveau remarquable dans le drame d’Alan Parker, LA VIE DE DAVID GALE avec Kate Winslet et Laura Linney. Un film qui prend pour cible la peine de mort, toujours appliquée au Texas, sujet difficile s’il en est. Kevin Spacey est David Gale, ancien professeur de philosophie, militant contre la peine capitale, qui se retrouve à trois jours de son exécution à la peine capitale pour un crime qu’il nie – le viol et le meurtre de sa collègue Constance (Linney).  

 

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Extrait ci-dessus : Kevin Spacey chante et danse dans BEYOND THE SEA, réalisé par ses soins.  

2004 est une année bien remplie pour l’acteur, devenu également réalisateur du film BEYOND THE SEA, dans lequel il joue, danse et chante le rôle de Bobby Darin, un chanteur et comédien italo-américain, à la vie météorique (il mourut à l’âge de 37 ans). De son vrai nom Walden Robert Cassotto, Darin, un gamin du Bronx, devint en son temps un chanteur plus célèbre que Frank Sinatra. Spacey s’investit à fond dans le rôle et le film, racontant son succès et sa déchéance, liée à une histoire d’amour malheureuse avec l’actrice Sandra Dee (interprétée par la jeune Kate Bosworth, qui va devenir une de ses partenaires préférées à l’écran dans les années suivantes), et la révélation d’un terrible secret de famille. John Goodman, Bob Hoskins et Greta Scacchi complètent la distribution de ce film qui s’éloigne souvent de la biopic sérieuse pour la fantaisie musicale. Pour son interprétation, Kevin Spacey est de nouveau nommé au Golden Globe du Meilleur Acteur.  

Avec l’Old Vic Theatre Company, Spacey achève sa toute première production en septembre 2004 : CLOACA, de Maria Goos. En 2005, Kevin Spacey partage l’affiche du film EDISON de David J. Burke, avec Morgan Freeman et Justin Timberlake, où il joue le rôle du gangster Levon Wallace. Mais le film, malgré ses prestigieux comédiens, passe inaperçu. Ce qui ne gêne pas le comédien, occupé à jouer sur les planches RICHARD II de Shakespeare. Il est récompensé du titre honorifique de Docteur honoris causa en Lettres à la South Bank University de Londres.  

 

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Et Spacey de préparer une année 2006 chargée. Car son réalisateur d’USUAL SUSPECTS, Bryan Singer, le retrouve pour lui confier le rôle d’un célèbre super-vilain haut en couleurs : l’infâme et chauve Lex Luthor, ennemi juré de certain héros kryptonien dans SUPERMAN RETURNS ! Brandon Routh, Kate Bosworth, Frank Langella et Eva Marie Saint complètent le casting de ce film « comic book » en demi-teinte, suite-remake des films de Richard Donner, mais hésitant entre l’aventure-action, la romance et l’introspection psychologique.  

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Spacey s’amuse bien en tout cas à jouer les mégalomanes irresponsables, entouré de complices bien peu brillants (Parker Posey, dans l’extrait ci-dessus)… mais, limité par un rôle simpliste, il compose plus qu’il ne réinvente le personnage jadis incarné par Gene Hackman.  

Au théâtre, 2006 est l’année où il monte et interprète RESURRECTION BLUES d’Arthur Miller, sous la direction de Robert Altman. Mais la pièce est mal accueillie. Cela ne décourage pas l’acteur, qui continue avec la compagnie de l’Old Vic Theatre avec une adaptation de la pièce UNE LUNE POUR LES DÉSHÉRITÉS d’Eugene O’Neill, qu’il transfère à Broadway en 2007. Cette fois, le succès public et critique est bien au rendez-vous !  

Kevin Spacey se fait plus rare au cinéma, où il s’amuse à parodier son image de manipulateur hypocrite dans la comédie FRED CLAUS / Frère Noël, de David Dobkin, avec Vince Vaughn, Paul Giamatti, Miranda Richardson, Rachel Weisz et Kathy Bates. Son personnage, Clyde, est un expert en efficacité professionnelle complotant la fermeture de l’usine du Père Noël joué par Paul Giamatti !  

Après avoir prêté sa voix à un court-métrage de Jonathan van Tulleken, MACHINE CHILD, l’acteur a de nouveau une année 2008 bien chargée. En février 2008, il fait une prestation remarqué sur les planches, dans la pièce satirique SPEED-THE-PLOW de David Mamet, aux côtés de Jeff Goldblum et Laura Michelle Kelly.  

 

Au cinéma, il joue avec son efficacité coutumière Micky Rosa, un professeur de mathématiques ambigu, dans le solide 21 / Las Vegas 21 de Robert Luketic, avec Jim Sturgess, Kate Bosworth et Laurence Fishburne (voir la fiche de ce film dans ce blog, critiqué en mai 2008).

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Extrait ci-dessus : la bande-annonce de RECOUNT. De la télévision qui ose être incorrecte vis-à-vis du pouvoir politique !    

 

Kevin Spacey est également acclamé pour sa prestation dans le téléfilm de Jay Roch (le réalisateur des AUSTIN POWERS et MON BEAU-PÈRE ET MOI), RECOUNT, où il joue aux côtés de Laura Dern et John Hurt. Ce téléfilm, retraçant l’élection suspecte de George W. Bush en 2000 face au candidat Démocrate Al Gore, et le recomptage chaotique des votes en Floride, offre à Spacey le rôle de Ron Klain, homme politique et conseiller juridique Démocrate qui fut au cœur de la bataille, en tant que Conseiller Général du Comité de Recomptage en faveur de Gore. Pour son interprétation, Spacey est plusieurs fois nommé pour des récompenses prestigieuses : Emmy Award, Golden Globe, Satellite Award et Screen Actors Guild Award du Meilleur Acteur pour une Mini-série ou un Téléfilm.  

Cité n°10 sur la liste du Daily Telegraph des « 100 Personnes les Plus Puissantes dans la Culture Britannique » en 2008, Spacey continue de travailler à l’Old Vic Theatre, continuant à jouer au cinéma et rajoute depuis cette année-là une autre page importante à un CV déjà si bien rempli : succédant à Patrick Stewart, il rejoint le Collège Sainte-Catherine à l’Université d’Oxford, où il enseigne aux étudiants ses sujets de prédilection, le théâtre et l’art dramatique, depuis l’automne 2008.  

En cette année 2009, Kevin Spacey fait une apparition télévisée dans un épisode, SOUL MATES, de la série policière ESPRITS CRIMINELS (rôle de Mr. Phibbs). Il est toujours aussi demandé pour de futurs projets cinématographiques. D’ici peu, nous le verrons dans deux films : TELSTAR de Nick Moran, où il interprétera le rôle du Major Banks dans ce film retraçant l’histoire du flamboyant compositeur-producteur homosexuel Joe Meek, dans l’Angleterre des sixties. Spacey prête aussi sa voix au Robot du film de science-fiction de Duncan Jones, MOON, avec Sam Rockwell en vedette. Il sera aussi prochainement le protagoniste du drame SHRINK de Jonas Pate. Son personnage, Henry Carter, est un psychiatre de Hollywood qui sombre dans la dépendance à la marijuana après une tragédie personnelle. Spacey y aura pour partenaire Robin Williams.  

On suivra surtout Kevin Spacey et un casting de prestige (George Clooney, Ewan McGregor et Jeff Bridges), dans le prometteur film de Grant Heslov, THE MEN WHO STARE AT GOATS. Actuellement en post-production, ce film, basé sur des évènements réels liés au 11 septembre et à la Guerre en Irak, a un sujet surprenant : un journaliste (McGregor) rencontre un ancien soldat (Clooney) prétendant avoir fait partie d‘une unité de « soldats psychiques » aux pouvoirs paranormaux ! Kevin Spacey y joue le rôle de Larry Hooper, ancien membre de cette drôle d’unité, devenu le directeur d’un camp de prisonniers en Irak…  

Il tourne actuellement CASINO JACK, un thriller politique de George Hickenlooper, avec Hayden Christensen. Le film sortira en 2010. Sont également annoncés, parmi ses futurs projets cinéma : FATHER OF INVENTION de Trent Cooper, une comédie sur un inventeur excentrique sort de prison pour refaire son empire industriel et renouer avec sa fille ; CATALONIA de Hugh Hudson, avec Colin Firth, adapté du livre autobiographique de George Orwell, HOMMAGE A LA CATALOGNE, sur la Guerre Civile Espagnole ; des films en développement, UGLY AMERICANS, RIGGED et Q, dont le sujet est pour l’instant inconnu ; et il est annoncé comme producteur d’un futur projet de film sur Richard Phillips, capitaine du cargo Maersk Alabama, pris en otage par des pirates au large de la Somalie.



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