Le Rêve de Dickens – HEREAFTER / AU-DELA

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HEREAFTER / Au-delà, de Clint EASTWOOD  

L’Histoire :

 

Trois personnes qui ne se sont jamais rencontrées voient leurs existences radicalement bouleversées par des circonstances dramatiques…

Marie Le Lay, journaliste vedette à la télévision française, profite de ses vacances de fin d’année en Thaïlande avec son compagnon, Didier. Tandis que celui-ci se repose dans leur chambre d’hôtel, Marie descend dans la rue pour acheter des cadeaux aux enfants de Didier. Ce jour-là, le 26 décembre 2004, un séisme sous-marin dans l’Océan Indien entraîne un raz-de-marée dévastateur… En quelques minutes, il va causer plus de 200 000 morts dans tout l’Océan Indien.

Marie est emportée par les flots meurtriers. Mais, par miracle, la jeune femme est récupérée et ranimée. Rétablie, elle est raccompagnée en France par Didier, et se remet à son travail de journaliste vedette. Mais elle perd pied, perturbée par le souvenir du drame et des visions incompréhensibles, survenues alors qu’elle était entre la vie et la mort…

À San Francisco, George Lonegan travaille comme ouvrier sur les docks. Solitaire, renfermé, George s’est pratiquement coupé de tout lien, perturbé par un don apparu durant son enfance : il lui suffit de toucher la main des gens pour entrer en relation avec l’esprit des morts, défunts proches de ceux qui viennent le voir, incapables de faire leur deuil. George, malgré l’insistance de son frère Billy, ne supporte plus ces situations éprouvantes, et préfère vivre en quasi reclus, gardant le secret sur son don. Il rencontre Melanie, une charmante jeune femme nouvelle venue à San Francisco, et en tombe amoureux…

À Londres, deux jeunes jumeaux, Jason et Marcus, vivent avec leur mère, Jackie, alcoolique et toxicomane. Les services sociaux connaissent leur situation et s’apprêtent à séparer Jackie de ses deux garçons, qui rusent pour ne pas être mis en famille d’accueil. Jackie se résout à se désintoxiquer par ses propres moyens, avec l’aide de ses enfants. Jason se rend à la pharmacie pour acheter les médicaments qui aideront sa mère à décrocher. Mais, téléphonant à Marcus, il est agressé par des voyous qui veulent voler son portable. Jason s’enfuit et se fait renverser par un camion. Il décède sous les yeux de Marcus. Séparé de sa mère, et placé dans une nouvelle famille, Marcus, désemparé, se désintéresse vite de l’école. Il n’a qu’une seule idée en tête : parler à son frère disparu…

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Impressions :

 

Clint Eastwood, avec une régularité professionnelle qui force le respect, signe son film annuel, changeant une nouvelle fois de registre avec HEREAFTER, devenu en français AU-DELA. Une traduction littérale qui, pour une fois, est assez juste… même si elle ne retranscrit qu’une partie du sens de ce mot anglais assez difficile à décoder : «hereafter», ou «contrecoup», «ultérieurement», «ce qui suit après»… Mais après quoi, justement ? C’est tout le sujet du film, qui entre dans les vies de trois personnes qui ont vu la Mort en face, et en sont restés marquées.

Sous l’apparence d’un drame fortement teinté de Fantastique, «Old Man Clint» aborde sereinement un sujet difficile, et surprend autant le spectateur que la majeure partie des «clintophiles». En dépit de la gravité du propos, et de l’apparente nonchalance du récit, le cinéaste réussit un film passionnant, exigeant, et au bout du compte plus optimiste qu’il n’y paraît.

 

La Mort est omniprésente dans le cinéma d’Eastwood. Le grand Clint, 81 ans cette année, a toujours abordé ce thème avec une franchise et une honnêteté impressionnantes dans un milieu où l‘on pratique, d‘ordinaire, le «culte» de l’éternelle jeunesse et le refus de l‘inévitable fin propre à tout être humain. On garde bien sûr en mémoire le bouleversant finale de GRAN TORINO, où Clint signe ses adieux à l’écran en se faisant symboliquement tuer. INVICTUS, son précédent film, annonçait sans détours l’épuisement physique de Nelson Mandela (magnifique Morgan Freeman), premier signe de la santé vacillante du grand homme sud-africain. Ce ne sont que deux exemples parmi tant d’autres dans une immense filmographie où les protagonistes «eastwoodiens» font face à la Grande Faucheuse… à ceci près qu’il arrive aussi assez souvent, dans l’œuvre de Clint, que la Mort ne soit qu’une étape. L’Esprit prend corps dans un cavalier émacié, descendant de montagnes écrasées de chaleur (HIGH PLAINS DRIFTER / L’Homme des Hautes Plaines, 1973), ou de nuées hivernales (PALE RIDER, 1985), afin de régler des comptes en suspens dans le Vieil Ouest. Dans l’univers filmique de Clint, les Morts côtoient les Vivants, comme le remarque la prêtresse vaudoue de MINUIT DANS LE JARDIN DU BIEN ET DU MAL (1997). Elle sait de quoi elle parle, elle qui invoque l’esprit de Billy (Jude Law), venu se venger de son amant meurtrier (Kevin Spacey)… Même l’indestructible Dirty Harry meurt, noyé par des truands, et ressuscite en spectre vengeur dans le grand finale de SUDDEN IMPACT. Le souvenir des disparus hante les protagonistes d’UNFORGIVEN / IMPITOYABLE, de FLAGS OF OUR FATHERS / MEMOIRES DE NOS PERES, de CHANGELING / L’ECHANGE… Le cinéma d’Eastwood ne déborde pas d’effets démonstratifs et d’excès surnaturels, le Fantastique (qui n’est pas l’Irrationnel) y a sa place, sur un mode faussement «mineur». Il n’est pas étonnant que le cinéaste s’associe à Steven Spielberg et ses complices producteurs Frank Marshall et Kathleen Kennedy. Eastwood et Spielberg ont déjà travaillé ensemble, le premier fruit de leur collaboration était un épisode de la série télévisée de 1985, HISTOIRES FANTASTIQUES. VANESSA IN THE GARDEN racontait déjà l’histoire d’un homme, un artiste peintre (Harvey Keitel) marqué par le décès accidentel de sa compagne et muse, et qui la refaisait vivre par l’intermédiaire de ses tableaux… HEREAFTER complète en quelque sorte le tableau d’ensemble, mêlant des éléments de Fantastique à une enquête, des drames intimes et une quête essentiellement spirituelle.

Le cinéaste affirme ne pas avoir livré un film sur la Mort, ou sur la notion d’Au-delà, même si ces éléments sont indubitablement présents dans son film. Sa démarche est d’ordre essentiellement spirituelle : une notion qui a toujours et encore du mal à être acceptée dans notre société «civilisée» qui n’accepte pas la réalité de la Mort… Cela peut paraître sinistre en surface, mais le tour de force d’Eastwood et de son scénariste Peter Morgan (auteur des scripts de THE QUEEN et LE DERNIER ROI D’ECOSSE) est justement d’éviter ce piège. Il en ressort un film certes mélancolique, triste, mais au final très émouvant et, osons-le dire, romantique et bienveillant ! Pour résumer, Clint Eastwood nous dit qu’il faut accepter la Mort, et ne pas se défiler devant elle. Mais avant toute chose, envers et contre tous les coups du sort… vivons !

Le thème est posé, Eastwood nous conte maintenant l’histoire de Marie, la journaliste française, George l’ouvrier américain, et Marcus le petit londonien. Le scénario va entrecroiser ces trois destinées que rien ne devait a priori faire se rencontrer. Intéressons-nous à la mise en scène d’Eastwood, et aux thèmes complexes cachés derrière l’apparente simplicité du propos.

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«Les plus belles choses qu’il y a dans ce monde ne sont, en fin de compte, que des ombres fugaces.»

HEREAFTER s’ouvre sur le drame de Marie, une représentation terrifiante de réalisme du tsunami dévastateur du 26 décembre 2004. Dans cette «décennie infernale» que nous venons de traverser, les images de catastrophes naturelles, amplifiées par les médias, ont certainement façonné notre vision terriblement anxiogène du monde réel… les vraies images du Tsunami meurtrier sont entrées dans les consciences, au même titre que les images de la Nouvelle-Orléans dévastée par l’ouragan Katrina, ou le tremblement de terre de Haïti. Le réalisme de la reconstitution par Eastwood fait froid dans le dos. Des scènes de vacances tranquilles, apaisantes de banalité, qui deviennent en quelques secondes le chaos absolu. Le cinéaste a le bon goût de ne pas rajouter du sensationnel de mauvais film catastrophe à une tragédie réelle, encore vive dans les esprits. La simplicité, au-delà de la complexité technique d’une telle scène, est de mise : pas de musique dramatique annonçant le drame, un emploi rigoureux d’effets spéciaux indécelables, permettant de reconstituer la catastrophe avec réalisme. La séquence est filmée avec fluidité, sans affèteries : Didier, le compagnon de Marie, resté dans sa chambre, voit la vague meurtrière s’abattre sur la plage. Il ne peut qu’assister impuissant à l’horreur. Puis Eastwood «bascule» sa mise en scène, l’articulant autour du point de vue de Marie, piégée par les flots. La jeune femme est ballottée, emportée, entre des obstacles meurtriers… La mise en scène ne la «lâche» pas, Eastwood adoptant un style de mise en scène très proche de son camarade Spielberg – impossible de ne pas penser aux traumatiques scènes du SOLDAT RYAN (le Débarquement d’Omaha Beach vu en première ligne par le Capitaine Miller) ou de LA GUERRE DES MONDES (la fuite éperdue de Ray dans la ville détruite méthodiquement par le Tripode). Cette approche «à la première personne» est volontairement perturbante, nécessaire pour que le spectateur partage par la suite le traumatisme de Marie : le moment le plus terrible étant la disparition de la fillette à l’ours en peluche avec qui elle jouait juste avant le drame. Un ours en peluche qui prend ensuite une valeur symbolique importante : inconsciente et noyée, entre deux eaux, Marie vit le début de son étrange expérience par le «biais» visuel du nounours qui flotte au-dessus d’elle, point de repère entre le monde réel et celui de l‘après-vie… Le chaos du tsunami cède la place à une atmosphère étrange, un calme mortifère. La scène baigne alors dans une lueur blanche irradiante rappelant les contacts de RENCONTRES DU TROISIEME TYPE et POLTERGEIST de l‘ami Steven… Des visages familiers, inidentifiables, se penchent vers la jeune femme à moitié morte. Ranimée, elle reprend conscience : les «entités» deviennent de simples sauveurs. Comme si deux mondes s’étaient superposés dans son champ de vision. Avec une économie de moyens sidérante vu la difficulté technique qu’a dû représenter l’ensemble de la séquence, Eastwood (qui a «emballé» les prises de vues de cette scène en deux jours. Deux !!) nous livre à la fois une effrayante reconstitution du Tsunami, et la mise en images crédible d’une NDE.

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Near Death Experience : Expérience de Mort Imminente. La NDE est un sujet qui fascine le public autant qu’il agace et divise la très cartésienne communauté scientifique. Des personnes ayant vécu de graves accidents ont été déclarées cliniquement mortes pendant quelques instants, avant d’être ranimées. Longtemps gardés sous silence, leurs témoignages d’une étonnante similarité ont été popularisés dans les années 1970 dans un célèbre livre, LA VIE APRES LA VIE, du Docteur Raymond Moody. Ce médecin américain, troublé par les témoignages qu’il avait recueilli, a certainement ouvert une brèche perturbante. Voici un exemple de NDE qu’il cite en exemple, repris dans Wikipédia :

«Voici donc un homme qui meurt, et, tandis qu’il atteint le paroxysme de la détresse physique, il entend le médecin constater son décès. Il commence alors à percevoir un bruit désagréable, comme un fort timbre de sonnerie ou un bourdonnement, et dans le même temps il se sent emporté avec une grande rapidité à travers un obscur et long tunnel. Après quoi il se retrouve soudain hors de son corps physique, sans quitter toutefois son environnement immédiat ; il aperçoit son propre corps à distance, comme en spectateur. Il observe de ce point de vue privilégié les tentatives de réanimation dont son corps fait l’objet (…) Bientôt, d’autres évènements se produisent : d’autres êtres s’avancent à sa rencontre, paraissant vouloir lui venir en aide ; il entrevoit les esprits de parents et d’amis décédés avant lui (…) Mais il constate alors qu’il lui faut revenir en arrière, que le temps de mourir n’est pas encore venu pour lui. A cet instant, il résiste, car il est désormais subjugué par le flux des évènements de l’après vie et ne souhaite pas ce retour (…) Par la suite, lorsqu’il tente d’expliquer à son entourage ce qu’il a éprouvé entre temps, il se heurte à différents obstacles. En premier lieu, il ne parvient pas à trouver des paroles humaines capables de décrire de façon adéquate cet épisode supraterrestre (…) Pourtant cette expérience marque profondément sa vie et bouleverse notamment toutes les idées qu’il s’était faites jusque là à propos de la mort et de ses rapports avec la vie.»(Lumières nouvelles sur la vie après la vie, 1977, trad., J’ai lu)

Le plus déroutant est de constater que ce très sérieux médecin relate le même genre d’expérience vécue il y a très longtemps par d’autres hommes, sous d’autres latitudes et d’autres cultures. Voici un extrait du Commentaire de Proclus sur LA REPUBLIQUE de Platon particulièrement édifiant :

«Cléonyme d’Athènes,… navré de douleur à la mort d’un de ses amis, perdit cœur, s’évanouit. Ayant été cru mort, il fut, le troisième jour, exposé selon la coutume. Or, comme sa mère l’embrassait…, elle perçut un léger souffle. Cléonyme reprend peu à peu ses sens, se réveille et raconte tout ce qu’il avait vu et entendu après qu’il avait été hors du corps. Il lui avait paru que son âme, au moment de la mort, s’était dégagée, comme de certains liens, du corps gisant à côté d’elle, s’était élevée vers les hauteurs et, ainsi élevée au-dessus du sol, avait vu sur la terre des lieux infiniment variés quant à l’aspect et aux couleurs, et des courants fluviaux invisibles aux humains…»

Étonnant. À des siècles et des continents de distance, des êtres humains ont subi la même expérience : «décorporation», entrée dans un long tunnel menant à une grande lumière, présences familières, sensations accrues… et retour douloureux à la vie terrestre, avec la difficulté de décrire leur expérience. Le cinéma fantastique contemporain a bien sûr contribué à rendre crédible cette représentation d’un Au-delà mystérieux. À commencer par Steven Spielberg, via RENCONTRES, POLTERGEIST, mais aussi d’autres films qu’il réalisa (ALWAYS) ou produisit (de CASPER – avec le caméo savoureux de Clint venu rendre hommage au petit fantôme qu’il mit en scène dans UN MONDE PARFAIT ! – à LOVELY BONES de Peter Jackson), avant cette nouvelle collaboration avec Eastwood.

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La «parenthèse NDE» est refermée, mais le voyage de Marie ne fait que commencer… Cécile de France est particulièrement touchante dans le rôle de cette jeune vedette de la télévision qui voit toute son existence rationnelle basculer. La vie dorée de Marie est une vie d’illusions qu‘elle va peu à peu briser, dans la douleur. Les prémices d’avant le tsunami posaient déjà les bases de son «voyage» personnel : une relation affective avec un homme plutôt lâche (ce qu’elle lui fera remarquer plus tard, au moment de leur rupture) qui sera aussi impuissant à l’aider qu’il l’était au moment du drame, une carrière professionnelle sans surprise et toute tracée (la publicité pour le BlackBerry), une sympathie sincère pour autrui (la marchande et la fillette) plutôt rare dans un milieu très déshumanisé)… L’évolution spirituelle de Marie passe par des phases de dépression terrible, conséquence inévitable de son traumatisme (la fillette emportée par les flots, sous ses yeux), le rejet de son «dévoué» compagnon, avant tout carriériste, son remplacement à l’antenne et sur les panneaux publicitaires par une rivale plus jeune et sexy… Des coups terribles encaissés au moral, mais la jeune femme apprend à lutter en solitaire, en «eastwoodienne» !

Le déclic vient avec sa mise au repos forcé, prétexte pour entamer l’écriture d’un livre biographique… et l‘écarter poliment des plateaux de télévision. Le choix du personnage historique ciblé est bien vu, étant données les circonstances : François Mitterrand… Figure politique immense et controversée, marquée par le goût du secret, comme elle le signale à son éditeur. En filigrane, ce ne sont pas tant l’affaire Mazarine ou les secrets sur la santé du défunt président français qui retiennent l’intérêt de la journaliste… c’est, très discrètement cités, l’appartenance de Mitterrand à des mouvements d’obédience rosicrucienne (regardez bien le logo du PS, rénové avec l’arrivée de Mitterrand chez les socialistes : une rose tenue en croix !), et certaines déclarations énigmatiques émises par le «Sphinx» à la fin de sa vie («Je crois à la puissance de l’Esprit…») qui mettent Marie sur la voie de sa propre quête. La jeune femme laisse finalement tomber le sujet sur «Tonton» pour en aborder un autre, plus universel et plus énigmatique.

«La Mort est un sujet politique !». C’est l’argument principal qu’elle énonce à l’éditeur sceptique, pour le convaincre. Voilà une déclaration fondamentale. Légitimement marquée par sa propre expérience de «vie après la vie», Marie ose transgresser le Grand Tabou des sociétés occidentales. Les scènes dans l’hôpital suisse, avec le Docteur Rousseau (Marthe Keller) soulèvent de grandes questions : pourquoi sommes-nous si effrayés par l’idée de notre propre mortalité ? Pourquoi les «gardiens du dogme scientifique», ces prêtres d’un nouveau genre, refusent-ils de prendre au sérieux les témoignages de NDE ? Y a-t-il une forme de censure politique cachée, ou une «autocensure» spirituelle ? On peut certes critiquer la véracité des NDE (comment ce fait-il dans ce cas que le cerveau d‘un être humain déclaré cliniquement mort puisse continuer à «voir» ?), ou l’idée même qu’un «monde des esprits» existe vraiment… Mais critiquer, ce n’est pas refuser systématiquement le débat. Marie cherche des réponses, et se heurte à des murs d’incompréhension, d‘hostilité et d‘embarras. La notion de spiritualité (qui n’est PAS la même chose que la religion) est ainsi systématiquement rejetée, par peur… Eastwood ne pousse personne à changer radicalement du jour au lendemain, mais nous rappelle, à travers le parcours de Marie, que la Vie n’est pas juste une paisible série de bienfaits matériels. Une vie sans prendre conscience de sa propre fin n’est tout simplement pas une vie !

 

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«Si j’étais en mesure d’oublier, j’oublierais bien des choses, car la mémoire de tout homme est chargée de tristes souvenirs et de grands troubles.»

Intéressons-nous au parcours du second protagoniste, George Lonegan. Un solitaire typiquement «eastwoodien» (avec un nom pareil, pouvait-il en être autrement ?), campé par l’impeccable Matt Damon. L’acteur américain se bonifie avec l’âge, et sa seconde collaboration avec Eastwood s’avère aussi réussie, dans un autre registre, que son interprétation du rugbyman François Pienaar dans INVICTUS. George vit dans une ville familière aux aficionados du grand Clint. San Francisco, la ville de Dirty Harry Callahan ! Certes, Clint a tourné depuis longtemps la page du célèbre Inspecteur au caractère de cochon et au Magnum .357 en acier trempé, mais il est toujours agréable de revenir au bercail… Ouvrier sur les docks, George est, comme Harry, un solitaire, à l’existence assez déprimante en dehors des heures de travail. Son seul lien est un frère affairiste, typiquement «américain» porté sur le business, et exaspéré de le voir refuser d’exploiter son don… Le talent de George est handicapant, il faut bien l’avouer. Depuis un accident de jeunesse (une inflammation du cerveau et une opération à laquelle il a failli succomber), George a «hérité» d’un don de médium qui lui empoisonne la vie. Il ne voit pas «des gens morts» autour de lui, comme le gamin du surestimé SIXIEME SENS, mais il ne supporte plus le fardeau émotionnel causé par son don. À contrario des médiums habituellement présentés dans les films fantastiques, qui arrivent toujours à point nommé pour résoudre la situation, George n’assume pas ce don. On ne peut lui donner tort, vu les réactions des gens à son égard. Le deuil douloureux, la détresse affective, le désespoir, les secrets refoulés des solliciteurs… George craque. Comment vivre «normalement» si tout le monde attend de vous que vous répondiez aux esprits des défunts ? La scène avec Candace, la mère désemparée, est particulièrement révélatrice de ce que vit George depuis des années. La détresse de la femme est évidente, compréhensible, mais insupportable pour George, émotionnellement «renfermé» sur lui-même. 

Dans cette morne existence, George croit trouver tout de même quelques raisons d’espérer en de meilleurs lendemains. Ce sont les savoureuses séquences de cours de cuisine italienne mise en scène avec humour par Eastwood. Le moyen pour George de se détendre enfin, tout en recherchant de simples contacts humains… et un petit peu plus que cela ! Une charmante partenaire de cuisine, Melanie, entre ainsi dans sa vie. Enfin un nouveau départ, autour de quelques bonnes bouffes concoctées par le chef italien ? Hélas… George doit forcément parler de son «don» à sa dulcinée. La jeune femme est intéressée, et voit même là une possibilité de liaison bien engagée. Mal lui en prend : George découvre un triste secret de famille… La jeune femme ne le supporte pas, et s’enfuit. La relation amoureuse de George et Melanie prend fin avant d’avoir vraiment éclos. Le constat est terrible : les drames passés affectent nos existences… il est douloureux de s’y confronter, nous dit Eastwood. Tristes souvenirs et grand troubles, disait Dickens… Beaucoup de gens préfèrent le déni et la fuite en avant à l‘acceptation d‘une vérité blessante. Le cinéaste ne juge pas, ne condamne pas la réaction de la jeune femme, il montre seulement la détresse de personnes terrifiées par la fragilité de leurs existences.

Ces scènes douces-amères sont superbement filmées par Tom Stern. Le chef-opérateur attitré de Clint Eastwood depuis BLOOD WORK (CREANCE DE SANG) excelle dans les ambiances nocturnes et les clairs-obscurs, choix approprié pour faire partager l’isolement et la réclusion de George, en même temps que sa «connection» forcée avec le monde des esprits.

 

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George se distingue par un goût prononcé pour la littérature de Charles Dickens. Ce n’est déjà pas commun, à une époque déculturée, où les grands romanciers classiques sont considérés comme des «fossiles» poussiéreux… Chaque soir, George s’endort en écoutant des romans lus par les grands acteurs shakespeariens, avec une affinité particulière pour DAVID COPPERFIELD. Ce n’est pas une simple citation plaquée là au hasard par Eastwood et son scénariste. L’esprit de Dickens investit HEREAFTER à maintes reprises. Le grand romancier britannique fut, on le sait, un conteur hors pair, doublé d’un commentateur impitoyable des travers de la société victorienne et d’un créateur de personnages inoubliables. Mais il y a bien plus de mystères cachés qu’il n’y paraît à première vue… Les grands auteurs du 19e Siècle truffaient leurs romans d’énigmes cachées. Dickens ne dérogeait pas à la règle. L’ésotérisme était de mise, et l’œuvre du père d’OLIVER TWIST en est remplie ! LA PETITE DORRIT est un texte relativement moins connu, un commentaire satirique s’en prenant particulièrement au système des «prisons de débiteurs», à la bureaucratie et au traitement injuste des ouvriers… George est lui-même victime de l’injustice sociale, mis sur la «charrette» d’une compression de personnel par ses invisibles employeurs.

Derrière cette critique sociale grinçante, se cachent des symboles et des phrases bien mystérieuses. Grâce au précieux concours de mon ami Jean-Pierre Godard (alias «l’Incomparable Mister Bonzo» !), je vous cite quelques intrigants extraits :

«Il promena son doigt autour du poignet et même sur la paume de la main, comme s’il cherchait ce qu’il y avait derrière lui. La petite Dorrit ne put s’empêcher de sourire. - Est-ce quelque chose de mauvais ?

- Pas du tout. Rassurez- vous et retenez bien ce que je vous dis : qui vivra verra.

- Comment êtes-vous si bien informé?

- Vous le saurez. Mais, n’importe où et en n’importe quelle circonstance, n’ayez pas l’air de me connaître. C’est convenu, n’est-ce pas, Mademoiselle Dorrit ?

- Pourquoi ?

- Parce que je suis un diseur de bonne aventure, parce que je suis Panks le bohémien.»

Un autre passage tourne autour du Temps, sous la forme d’une montre :«- C’est une montre ancienne. - Nos pères aimaient beaucoup entrelacer les chiffres de cette manière, observa M. Blandois en regardant Mme Clennman… .N.O.P., ce sont là je pense, les initiales de quelqu’un. - Celles d’une phrase : N’oubliez pas !»

Donc : un rituel mystérieux avec les mains (comme les contacts vécus par George), une phrase faussement anodine «qui vivra verra» annonciatrice du destin des personnages de HEREAFTER, un «diseur de bonne aventure» (ou un médium ?) qui refuse d’être reconnu, la peur de l’oubli, le Temps… Autant d’éléments à mettre en parallèle entre l’univers de Dickens et le film d’Eastwood. La tombe du grand écrivain se trouve dans le cimetière de Westminster, le quartier où notre troisième protagoniste, un petit londonien dit adieu à son frère jumeau… HEREAFTER s’enracine dans la thématique de Dickens. Il n’est pas étonnant qu’Eastwood fasse référence à plusieurs reprises au grand romancier. LA PETITE DORRIT fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1988, avec un grand habitué des films «dickensiens», Sir Alec Guinness (co-vedette des magnifiques adaptations réalisées par David Lean) et Derek Jacobi. C’est la voix de ce grand tragédien qui «guide» George dans son écoute de DORRIT… et l’acteur apparaît dans son propre rôle pour un passage-clé en pleine Foire du Livre !

 

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Dans les œuvres de Dickens et d’Eastwood, la Mort demeure présente. Et le monde des esprits n’est pas une simple pirouette de romancier ou de cinéaste imaginatif. LE SIGNALEUR, une nouvelle fantastique, fut écrite par Dickens après qu’il ait échappé à un accident de train mortel. L’histoire, tournant autour des apparitions d’un fantôme sur un chemin de fer, est surtout celle d’un homme qui pressent sa fin prochaine… Cinq ans plus tard, Dickens décédait. Il ne put achever son dernier roman, LE MYSTERE D’EDWIN DROOD, une des plus belles énigmes littéraires de tous les temps. Un roman policier qui repose sur un évènement mystérieux, la disparition du jeune Edwin Drood, qui ne sera jamais résolue. Truffé de mots codés (un des personnages du roman se nomme Tartar, comme l’un des Royaumes des Enfers, le séjour des Morts de la mythologie grecque), de visions dues à l’opium, des gravures «codées», DROOD n’a jamais cessé de fasciner. Des écrivains se sont amusés à donner leur résolution de l’énigme – celle d’une disparition qui est peut-être un décès accidentel, ou un meurtre… et un médium aurait, parait-il, contacté l’esprit du défunt romancier pour qu’il finisse son livre, quelques années après son décès. Fantôme ou pas fantôme, il y a fort à parier que Dickens croyait fermement à l’existence d’un monde spirituel, caché au-delà de notre monde matériel.

Ballotté par ses déceptions (nées de ses «grandes espérances»…) George finit par accepter de changer de vie, Il part littéralement en pèlerinage à Londres, visitant la maison de son auteur préféré à Doughty Street. La guide mentionne les mystérieuses gravures d’EDWIN DROOD accrochées aux murs. Et George s’arrête devant une autre célèbre gravure, le Rêve de Dickens, œuvre de Robert William Buss.

La quête de George, jusqu’ici reclus et contemplatif, complète celle de Marie, ouverte au monde et active. Comment ces deux-là se rencontreront-ils ? Il faut le concours d’un troisième personnage, un enfant, un jeune garçon malheureux mais obstiné, comme tout bon jeune héros de Dickens…

 

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«Il compatissait avec les pauvres, les souffrants et les opprimés…»

Le début de l’épitaphe, rédigée en hommage à Dickens à sa mort, convient parfaitement à l’histoire du jeune Marcus, enfant d’un milieu modeste, et victime «collatérale» des dépendances de sa mère à l’alcool et la drogue. L’enfance brisée est un thème récurrent chez Eastwood… Comme Philip, le gamin d’UN MONDE PARFAIT, ou le fils de Christine (Angelina Jolie) dans CHANGELING, Marcus vit sous la garde de sa seule mère, privé de père. Sa génitrice, aussi affectueuse soit-elle, est une triste épave, bien incapable de prendre soin de lui. C’est le «jumeau aîné», Jason, qui veille comme un second parent sur le paisible Marcus. Sa mort brise les derniers liens familiaux entre Marcus et sa mère, trop éprouvée. C’est une description crédible d’une famille en pleine implosion, remplacée par une famille d’accueil bien incapable de réconforter l‘enfant… La bonne volonté des employés des services sociaux ne peut aider Marcus esseulé, qui présente pas des signes inquiétants de mauvaise santé mentale. On le serait à moins, privé de l’amour maternel et du réconfort du frère absent… «S’il vous plaît Monsieur, j’en voudrais un peu plus», disait Oliver Twist, qui ne parlait pas tant de nourriture que d‘affection ! Marcus se coupe du monde extérieur, abandonne l’école… premier signe d’une possible dérive dans la petite délinquance – toujours l‘ombre de Dickens, qui créa aux côtés d‘Oliver une attachante petite troupe «d‘enfants perdus» des bas quartiers londoniens… les petits voyous qui agressaient Jason avant l’accident fatal évoquaient d’ailleurs la bande de tire-laines d’OLIVER TWIST.

Le voyage de Marcus le mène sur une quête désespérée, insensée et touchante : le besoin absolu de retrouver son frère protecteur, son «guide» dans un début de vie misérable. Pour cela, le gamin, débrouillard, imagine naïvement que seul un médium pourra lui permettre de contacter son défunt jumeau. Eastwood ne croit pas aux miracles «sur commande» et brosse une série de brèves rencontres avec des «spécialistes» de l’au-delà, galerie caustique ou critique de personnages pitoyables : charlatans hypocrites, doux dingues, vieux garçons pseudo-bricoleurs… Une mauvaise «médium» confond le jumeau et le père de Marcus, erreur évidente, qui pourtant donne un indice révélateur sur la relation des deux frères.

Du côté des réponses religieuses, ce n’est pas mieux. Le prêtre chargé du service funèbre de Jason ne débite que les banalités bibliques de rigueur et presse Marcus et sa mère de sortir, afin de passer à la cérémonie funéraire suivante, hindoustanie. Ce prêtre-là complète une galerie d’hommes de Dieu toujours impitoyablement croqués par Eastwood depuis le début de sa filmographie : racistes (HIGH PLAINS DRIFTER), hypocrites (TRUE CRIME / JUGE COUPABLE), ou simplement trop moralistes (le jeune prêtre de GRAN TORINO), dépassés (MILLION DOLLAR BABY) ou gentiment gâteux (SPACE COWBOYS) ! Quoiqu’il en soit, ici, Eastwood montre l’incapacité des religieux traditionnels à donner une réponse satisfaisante sur un sujet aussi important que la survie de l‘esprit après la mort… Impression confirmée par le défilé de messages vidéo religieux consultés sur le Net par Marcus, pas du tout touché par les encouragements stéréotypés d‘un musulman ou d‘un chrétien convaincus… Une façon habile de dire que les grandes religions monothéistes n’ont pas le «monopole» des âmes.

L’écrivain anglais est toujours présent, dans l’odyssée de Marcus, et revient toujours aux moments les plus inattendus. Comme dans cette séquence simple, magistrale et perturbante de la rame de métro de Charing Cross. Un infime détail, un courant d’air, une casquette qui tombe par terre, et la vie de Marcus est sauve… Nous sommes en juillet 2005, date terrible pour les londoniens. Celle où des fanatiques se sont fait sauter dans deux bus et une rame, celle qu’aurait dû prendre Marcus. L’habileté de la mise en scène d’Eastwood suggère, sans jamais montrer, la tragédie. Une rame qui s’en va, une lueur et un bruit violent, le souffle de l’explosion… inutile d’en montrer plus sur un évènement aussi affreux, traumatisant que l’était le tsunami pour Marie, mais qui est cette fois non pas un «accident» de la Nature, mais bien un acte meurtrier de masse – commis au nom de la religion contre des innocents. Marcus en réchappe grâce à une «coïncidence» qui n’en n’est pas une… l’esprit du défunt protège le jeune garçon. À moins qu’il n’ait voulu gentiment rappeler à l’ordre son frère : on ne porte pas la casquette d’un mort pour suivre sa trace ! Le souvenir du SIGNALEUR refait surface dans ce passage, où Mort, prémonition spirituelle et chemin de fer se côtoient…

 

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Marie, George et Marcus devaient se rencontrer. Une «connexion» (le mot est employé par George lors de ses «contacts» médiumniques) reliait les personnages, avant même qu’ils se connaissent. Le scénario de Morgan et la mise en scène d’Eastwood ont pris soin de distiller des indices, reliant chacun des protagonistes l’un à l’autre. Exemples : Marie, traumatisée par le souvenir de la noyade, perd pied avec la réalité, et se «coupe» des réunions de travail. À l’autre bout du monde, George évoquera son accident d’enfance, et le fait qu’il ait été diagnostiqué schizophrène – un état qui se caractérise par des «hallucinations» éveillées et un détachement de la réalité. Son traumatisme l’empêche de dormir – d’où l’utilité d’écouter les romans lus de Dickens chaque soir ; durant leurs cours de cuisine, George et Melanie se séduisent sur fond de Verdi et «Nessun Dorma» («Je ne dors pas»). George s’endort sur un passage de DAVID COPPERFIELD mentionnant le «talisman» de Madame Peggotty, la mère adoptive du jeune héros… à Londres, Marcus se sépare de sa mère et conserve un autre «talisman», la casquette fraternelle. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que les trois personnages se croisent autour de Dickens et de la Foire du Livre londonienne. George aidera Marcus à surmonter son deuil, via une ultime «séance» accordée à contrecoeur. C’est une catharsis réciproque, très touchante, entre l’américain et le petit anglais. Sans révélation fracassante ni coup de théâtre téléphoné, avec humanité, George dit au jeune garçon ce que celui-ci voulait entendre : un message de son frère… mais, touché par la détresse de Marcus, il «improvise» la suite du message du défunt qui a rompu le contact. Ce faisant, George résout enfin son propre problème, lui qui reconnaissait avoir besoin d’aide. Et cela marche : Marcus, libéré de son obsession morbide, va réapprendre à vivre. Une dernière scène, lumineuse, le ramène à sa mère en voie de guérison. Le gamin plein d’intuition aura su, entre-temps, payer George en remerciement de son aide, en lui indiquant l’hôtel où loge Marie… La dernière scène, d’une belle simplicité, illustre la naissance d’un nouvel amour possible pour ces deux êtres marqués par les drames. Un échange de regard, une «prémonition» (fantasmée par George ?), et le plan de deux mains qui se touchent. Une libération pour George, qui n’a plus à craindre les effets effrayants de son don, et pour Marie, qui trouve enfin quelqu’un qui pourra l’écouter. HEREAFTER se termine ainsi, dans la sérénité, sans happy end excessif.

Annoncé à tort comme un «thriller surnaturel dans le style de SIXIEME SENS», HEREAFTER a décontenancé une large part du public, qui s’attendait sans doute à un film fantastique stéréotypé, présentant une image négative de la Mort. En prenant le risque de ne pas répéter les scènes considérées à tort comme obligatoires dans ce genre de film, et en laissant au récit le temps de se développer sans sacrifier aux effets de narration «à la mode», Clint Eastwood a réussi son pari. De la noirceur du début du récit, à la lumière sereine des dernières scènes, HEREAFTER intègre ses influences «dickensiennes» à un émouvant voyage dans la solitude de trois êtres humains.

Bravo, Clint. On attend ta prochaine œuvre, J. EDGAR, biographie du redoutable fondateur du FBI, incarné par Leonardo DiCaprio, avec impatience !

 

Ludovic Fauchier, à votre service.

 

La note :

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La Fiche Technique : 

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HEREAFTER / Au-delà Réalisé par Clint EASTWOOD  Scénario de Peter MORGAN  

Avec : Matt DAMON (George Lonegan), Cécile De FRANCE (Marie Le Lay), Frankie McLAREN et George McLAREN (Marcus / Jason), Bryce Dallas HOWARD (Melanie), Marthe KELLER (le Docteur Rousseau), Richard KIND (Christo Andreou), Lyndsey MARSHAL (Jackie), Jay MOHR (Billy Lonegan), Thierry NEUVIC (Didier), Mylène JAMPANOÏ (Jasmine) et Derek JACOBI (lui-même)  

Produit par Clint EASTWOOD, Kathleen KENNEDY et Robert LORENZ (Amblin Entertainment / The Kennedy/Marshall Company / Malpaso Productions)   Producteurs Exécutifs Frank MARSHALL, Tim MOORE, Peter MORGAN et Steven SPIELBERG  

Musique Clint EASTWOOD   Photo Tom STERN   Montage Joel COX et Gary ROACH   Casting Fiona WEIR  

Décors James J. MURAKAMI   Direction Artistique Tom BROWN, Dean CLEGG, Anne SEIBEL, Patrick M. SULLIVAN Jr. et Frank WALSH   Costumes Deborah HOPPER   

1er Assistant Réalisateur David M. BERNSTEIN   Mixage Son Walt MARTIN   Montage Son Bub ASMAN et Alan Robert MURRAY  

Effets Spéciaux Visuels Michael OWENS, Bryan GRILL et Stephan TROJANSKY (Scanline VFX / The Base Studio)  

Distribution USA et INTERNATIONAL : Warner Bros. Pictures   Durée : 2 heures 09  

Caméras : Panavision Panaflex Millennium XL et Platinum, et Red One

1 commentaire à “Le Rêve de Dickens – HEREAFTER / AU-DELA”


  1. 0 JFD 23 fév 2011 à 16:16

    Un seul mot : BRAVO , et donc MERCI
    Vérité et conscience vous possédez,
    Amour et gratitude vous méritez,
    Que la lumière continue à vous éclairer et l’amour guider vos pas …

    JFD

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