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Archives pour juillet 2011

… Comme la Lune… – TRANSFORMERS 3 LA FACE CACHEE DE LA LUNE

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TRANSFORMERS 3 : LA FACE CACHEE DE LA LUNE, de Michael BAY  

L’Histoire :    

En 1961, les écrans radars américains captèrent un phénomène étrange sur la Lune. L’incident fut à l’origine du programme spatial de la NASA, et, le 20 juillet 1969, Neil Armstrong et Buzz Aldrin posèrent le pied sur la Lune. Une coupure «accidentelle» de transmission permit aux deux astronautes de faire une découverte fantastique…  Aux confins de la galaxie, la guerre fit rage sur la planète Cybertron, opposant deux camps de guerriers robotiques, les Autobots, courageux et nobles, menés par Optimus Prime, et les Decepticons, brutaux et avides de pouvoir, dirigés par le maléfique Megatron. Le conflit tournait à l’avantage de ces derniers. Dans un effort désespéré pour sauver sa civilisation, le prédécesseur et mentor d’Optimus, Sentinelle Prime, construisit un vaisseau, l’Arche, équipé de la technologie capable de reconstruire une nouvelle Cybertron ; endommagé par un tir ennemi, l’Arche dériva dans l’espace et fit naufrage sur la Lune, avec à son bord Sentinelle Prime, inanimé, et sa mystérieuse cargaison …    

Les Autobots et les Decepticons survivants ont maintenant continué leur guerre sur Terre, et leur présence est connue de toute l’Humanité. Les Autobots ont pu déjouer les plans de conquête de Megatron, grâce à l’aide du jeune Sam Witwicky. Les guerriers Autobots traquent désormais les Decepticons cachés, avec l’aide des forces spéciales du NEST, un groupe d’intervention militaire capable d’agir dans les points les plus dangereux du monde entier – telle l’ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl en Ukraine. Optimus Prime et les hommes du Major Lennox y affrontent le redoutable Shockwave et son «protégé» robotique , un ver géant destructeur. Ils découvrent que l’un des réacteurs endommagés de Tchernobyl est un objet extra-terrestre, fabriqué sur Cybertron… De son côté, Sam tente de reprendre une vie normale et décroche un travail éreintant en entreprise. Un de ses nouveaux collègues, Jerry Wang, tente de le prévenir au sujet d’une mystérieuse vague d’assassinats d’hommes et de femmes liés à des découvertes classifiées top secret, en rapport avec les expéditions lunaires survenues jusqu’en 1972. Wang se «suicide» peu de temps après, victime d’un Decepticon assassin, Laserbeak, qui s’en prend également à Sam. Accompagné de sa nouvelle petite amie Carly Spencer, Sam prévient ses amis Autobots et les hommes du NEST d’une menace imminente. Dans l’ombre, Megatron complote une ultime vengeance contre ses ennemis, en se servant du dangereux contenu de l’Arche, toujours échouée sur la Lune…        Image de prévisualisation YouTube    

Impressions :    

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Lorsqu’ils défendaient leurs théories du cinéma d’auteur, présent à leurs yeux dans l’industrie cinématographique américaine des années 1950, André Bazin, François Truffaut et les membres des Cahiers du Cinéma était bien loin de s’imaginer que celles-ci pourraient un jour s’appliquer à un certain Michael Bay… Ce dernier, symbolisant ces dernières années ce qui irrite précisément les héritiers des Cahiers, est pourtant bien un auteur à part entière. Il produit ses propres films, il supervise toutes les phases de leur création, il a développé un style de mise en scène identifiable… malheureusement, ces critères font justement de lui un épouvantable auteur ! La plupart de ses films – BAD BOYS et sa suite, THE ROCK, ARMAGEDDON, PEARL HARBOUR… – , aussi ratés soient-ils dans leur conception et leur exécution, ont un indéniable effet de fascination sur le spectateur. Le niveau généralement peu exigeant des films en question, leurs succès à l’échelle mondiale et la personnalité très arrogante de Bay font du coup de ce dernier une sorte d’incarnation idéale du «Grand Satan» du cinéma américain, le réalisateur que l’on aime détester.     En règle générale, voir un film de Bay, c’est être assuré d’obtenir pour de bon tous les clichés reprochés habituellement sans discernement au cinéma «popcorn» américain : machisme exacerbé, salut au drapeau américain et à sa puissante armée, montage de vidéoclip hystérique façon MTV, déballage complaisant d’effets pyrotechniques et de cascades couvrant des scénarii simplistes… L’association de Bay avec Steven Spielberg comme producteur exécutif de THE ISLAND et de la série TRANSFORMERS provoquait un curieux mélange d’intérêt et de gêne… Difficile a priori en effet de voir le réalisateur de LA LISTE DE SCHINDLER, IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN, E.T. et tant d’autres classiques s’associer à celui qui semblait être l’antithèse absolue de son propre cinéma. Une association contre-nature comme je l’avais dit sur ce blog, à l’occasion de TRANSFORMERS 2, mais qui, surprise, semblait partie pour donner de bons résultats.  

Seul vrai échec public dans la filmographie de Bay, THE ISLAND était paradoxalement son meilleur film, une fable de science-fiction à la MEILLEUR DES MONDES menée certes toujours à grande vitesse, mais mieux maîtrisée que ses précédentes «œuvres». Sans doute fallait-il voir l’influence de Spielberg producteur et créatif impliqué, réussissant à canaliser les excès habituels de son associé. Et TRANSFORMERS premier du nom, s’il n’est pas un chef-d’œuvre (en serait-il d’ailleurs autrement, dans un film de robots géants déguisés en camions et se tapant dessus ?), réussissait au moins à garantir un spectacle divertissant. Mais chassez le naturel, il revient au galop… Devenu coproducteur de ses films, Michael Bay a dû se croire «brimé» dans ses habitudes par Spielberg, et livra ensuite un TRANSFORMERS 2 tout en esbroufe et gags médiocres. Le tout plombé par des «inventions» aussi inoubliables que des plans de petites culottes, des testicules de robot géant et un retour au patriotisme bien balourd. La médiocrité de cette suite pouvait à la rigueur être justifiée par l’écriture d’un scénario précipité en trois semaines, pour cause de grève des scénaristes en 2009. Le succès du film appelait forcément une suite, et la prolongation de l’association Bay-Spielberg, sans que cela rassure forcément le spectateur en dépit des messages de Bay assurant sur Internet que, cette fois-ci, le troisième chapitre des TRANSFORMERS allait faire oublier les gros ratés du second.    Malheureusement, la vision de ce troisième opus confirme l’idée que Bay n’en fait toujours qu’à sa tête, laissant Steven Spielberg essuyer les plâtres de cette association dissonante. En d’autres termes, TRANSFORMERS 3 est un gros «fast-food» filmique, un beau navet tonitruant tout juste sauvé par de rares idées de cinéma !    

Il faut être vraiment très indulgent pour s’intéresser aux nouvelles aventures de Sam Witwicky (Shia LaBeouf) et ses amis robotiques… Et de beaucoup de patience pour trouver quelques points intéressants dans une histoire basique au possible. Le scénario essaie bien de «réinterpréter» l’Histoire de la Conquête Spatiale sous un angle «complot et mystères» (notamment en jouant sur une rumeur tenace prétendant que Neil Armstrong et Buzz Aldrin, sur la Lune, auraient fait des découvertes classifiées Top Secret), tout comme la catastrophe de Tchernobyl qui serait ici le résultat d’une expérience secrète ayant mal tourné ! C’est malheureusement mince, Michael Bay préférant de loin ses sempiternelles poursuites routières, fusillades à foison et bagarres de robots fracassant les immeubles à la création d’un scénario un peu plus ambitieux. Au moins, on ne peut pas lui reprocher de saborder les effets spéciaux et cascades explosives, toujours impeccablement réglés. Ceux-ci ont semble-t-il englouti tout le budget du film, au détriment de tout le reste.  Cela étant, parmi ces «badaboums» en rafale que nous assène le réalisateur, une séquence détonne, car elle est plus élaborée que tout le reste : les héros humains traversent de part en part un immeuble qui s’écroule peu à peu sous les assauts d’un «Ver» monstrueux. Une scène folle, à la Spielberg… On notera d’ailleurs que le vilain Megatron se transforme en camion rouillé poussiéreux, tout droit sorti de DUEL. La référence «spielbergienne» saute encore plus aux yeux quand les Decepticons pulvérisent de malheureux figurants en cendres fumantes, exactement comme dans LA GUERRE DES MONDES de 2005 ! Malheureusement, Bay n’étant pas Spielberg, ces scènes de destruction massive n’ont pas la puissance viscérale de ladite GUERRE DES MONDES…    

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Voilà pour les points positifs… Malheureusement, TRANSFORMERS 3 tire systématiquement l’intérêt du spectateur vers le bas. C’est un véritable festival de ce qu’il ne faut surtout pas faire en matière de «blockbuster» à 200 millions de dollars. Le scénario détruit pour de bon tout le capital sympathie du film original. L’histoire aligne les clichés de rigueur : il y a donc des gentils humains et des gentils robots, des méchants robots et des traîtres chez les humains. Les militaires sont forcément vaillants, l’héroïne aussi sexy que potiche, le traître est un beau gosse mielleux et arrogant, etc. Même les incroyables scènes d’action, point fort du réalisateur, ne surprennent pas tant l’histoire est cousue de fil blanc. Un exemple flagrant : quand les héroïques Autobots meurent dans leur navette, trois quarts d’heure avant la fin du film… à votre avis, qui va réapparaître au moment fatidique et sauver le monde ?   

Il faut surtout souligner l’incroyable «non-style» de mise en scène de Bay, toujours aussi limité dans sa conception du montage et du découpage de la mise en scène, réduite à ses sempiternels effets «dans ta face». Il expérimente, si l’on ose dire, de nouveaux effets de montage inutiles (le «cut-fondu au noir», antidramatique au possible), et n’hésite pas à caviarder des stocks-shots animaliers dans une séquence, donnant au film un cachet digne d’une vieille production bis italienne… De toute évidence redevenu incontrôlable, Bay en profite pour bombarder son film de blagues pénibles – Sam coincé dans les W.C. avec un énergumène qui défait son pantalon, la «tchatche» limite raciste et misogyne de certains personnages… Même les parents de Sam, drôles dans le premier film, deviennent ici de pénibles caricatures – mention spéciale à la maman qui brandit un livre de conseils sexuels finement titré «Elle Jouit D’Abord» !!! 

Et les acteurs ?… Manifestement fatigués par les excès de leur réalisateur, Shia LaBeouf, Josh Duhamel et Tyrese Gibson assurent le minimum professionnel nécessaire, ne se sentant plus vraiment concernés par ces histoires de robots géants. John Turturro, Frances McDormand et John Malkovich, habitués des frères Coen (une constante chez Bay d’engager des acteurs familiers des frangins réalisateurs de TRUE GRIT), font ce qu’ils peuvent pour faire sourire en cabotinant beaucoup. Et puis… il faut bien parler de l’erreur majeure de casting de TRANSFORMERS 3. Le choix d’une nouvelle petite amie pour le jeune Sam, survenu après la fameuse affaire du «clash» survenu entre Megan Fox et Michael Bay, ayant entraîné l’éviction de la pulpeuse comédienne.    

Le réalisateur d’ARMAGEDDON n’est pas réputé pour ménager ses acteurs sur le plateau. Et il aime les pousser physiquement à bout – poursuites, fusillades, etc. Le style hyper-testostéroné de Bay, identifiable facilement, dérape souvent vis-à-vis de ses actrices vedettes… A quelques exceptions près (Scarlett Johansson dans THE ISLAND), la Femme dans le cinéma de Michael Bay se doit d’être une dulcinée passant son temps à attendre le retour du héros la larme à l’œil, tout en prenant des poses sexy à tout bout de champ… On peut comprendre, après coup, que Liv Tyler n’aime pas parler d’ARMAGEDDON (la scène des crackers…)… Du «sexy» au sexisme, il n’y a qu’un pas que Megan Fox n’a pas dû apprécier : revoir certaines scènes «petite culotte» de TRANSFORMERS 2, franchement limites dans une production grand public. Excédée par l’attitude de Bay à son égard, elle n’a rien trouvé de mieux que de le traiter, par médias interposés, de Nazi ! L’insulte est discutable, elle a au moins le mérite de montrer au grand jour les tensions qui existaient entre le réalisateur et la comédienne… Celle-ci a donc été débarquée. Pas plus élégant pour autant dans son attitude, Bay affirme que c’est Steven Spielberg qui s’est fâché contre l’actrice. On peut tout à fait comprendre la réaction du cinéaste de LA LISTE DE SCHINDLER vis-à-vis de l’insulte de Miss Fox… et désapprouver celle de Bay, usant d’un argument «d’abord c’est pas moi c’est l’autre», assez puéril… Pour rajouter au malaise général sur l’affaire, deux robots «tchatcheurs» assez vulgaires traitent carrément le personnage de Mikaela (jouée par Megan Fox dans les deux premiers TRANSFORMERS) de «pouffe» qu’ils ne pouvaient pas sentir. Si ça n’est pas Michael Bay lui-même qui signe le dialogue, cela y ressemble fort en tout cas, hélas. Megan Fox ne se penchera plus en débardeur sur les belles mécaniques de la série, au grand dam du spectateur mâle… Et comme si cela ne suffisait pas, Michael Bay engage une nouvelle venue aux «talents» franchement limités. Rosie Huntington-Whiteley est certes une ravissante mannequin en lingerie de Victoria’s Secret, mais elle n’a pas du tout le peps de Megan Fox. Son entrée en scène laisse d’ailleurs peu de doute sur la «vision» que Bay a de sa nouvelle héroïne : elle est uniquement là pour montrer ses fesses. Littéralement. Reviens, Megan, ils sont devenus fous !    

On ressort du film mécontent de tant de paresse et de bêtise affirmée par le réalisateur, principal responsable des dégâts. Et on s’interroge sur l’implication du producteur exécutif Steven Spielberg… Elle semble réduite à peu de choses, vu la quinzaine de producteurs impliqués, dont celle de Bay lui-même… Sûrement occupé sur plusieurs projets en même temps, Spielberg s’est-il fait «piéger» par la personnalité de Bay et ses succès au box-office ? C’est possible… On préfère en tout cas de très loin quand il s’implique sur des projets plus personnels avec Clint Eastwood, Peter Jackson (LOVELY BONES) ou les frères Coen (TRUE GRIT). C’est d’autant plus regrettable que risque de traîner comme un boulet la réputation de son embarrassant poulain pour les années à venir. On espère donc que leur collaboration va s’arrêter là. Autant aller voir SUPER 8, un film d’été réussi estampillé Spielberg, bien plus inventif et intense que cette catastrophe industrielle sans magie…    

La note : 

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Ludovic Fauchier (fondateur du CPLRDMFSLC, Comité Pour Le Retour de Megan Fox Sous Le Capot) 

La Fiche Technique :    

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TRANSFORMERS : DARK OF THE MOON / TRANSFORMERS 3 : LA FACE CACHEE DE LA LUNE    

Réalisé par Michael BAY  Scénario d’Ehren KRUGER    

Avec : Shia LaBEOUF (Sam Witwicky), Josh DUHAMEL (Major William Lennox), John TURTURRO (Seymour Simmons), Tyrese GIBSON (Robert Epps), Rosie HUNTINGTON-WHITELEY (Carly Spencer), Patrick DEMPSEY (Dylan), Frances McDORMAND (Charlotte Mearing), Kevin DUNN (Ron Witwicky), John MALKOVICH (Bruce Brazos), Julie WHITE (Judy Witwicky), Alan TUDYK (Dutch), Ken JEONG (Jerry Wang), Buzz ALDRIN et Bill O’REILLY dans leur propre rôle, et les voix de Peter CULLEN (Optimus Prime), Hugo WEAVING (Megatron), Leonard NIMOY (Sentinelle Prime), Frank WELKER (Shockwave / Soundwave), Jess HARNELL (Ironhide), Charles ADLER (Starscream)    

Produit par Ian BRYCE, Tom DeSANTO, Lorenzo di BONAVENTURA, Don MURPHY, Kenny BATES, Allegra CLEGG, Matthew COHAN, Michael KASE, Michelle McGONAGLE et Linda PIANIGIANI (Paramount Pictures / Hasbro / Di Bonaventura Pictures)   Producteurs Exécutifs Michael BAY, Brian GOLDNER, Steven SPIELBERG et Mark VAHRADIAN  

Musique Steve JABLONSKY  Photo Amir M. MOKRI  Montage Roger BARTON, William GOLDENBERG et Joel NEGRON   Casting Denise CHAMIAN   

Décors Nigel PHELPS   Direction Artistique Richard L. JOHNSON, Benjamin EDELBERG et Kevin ISHIOKA   Costumes Deborah Lynn SCOTT  

1er Assistant Réalisateur Simon WARNOCK   Cascades Kenny BATES, Troy ROBINSON et Garrett WARREN  

Mixage Son Jeffrey J. HABOUSH, Greg P. RUSSELL et Christian SCHAAMING   Montage Son Erik AADAHL  Effets Spéciaux Sonores P.K. HOOKER, Ai-Ling LEE, Tobias POPPE et John MARQUIS  

Effets Spéciaux Visuels Scott FARRAR (ILM / Digital Domain / Atomic Fiction / Kerner Optical / Legend 3D / Lightwave International / Method Studios / Mova / Prana Studios / Prime Focus / Tinsley Studio)    Effets Spéciaux de Plateau John FRAZIER  

Distribution USA : Paramount Pictures / Distribution INTERNATIONAL : UIP    Durée : 2 heures 37  

Caméras : Arri Alexa, Arriflex 235, Panavision Panaflex Platinum, Red One Camera, Silicon Imaging SI-2K et Sony CineAlta F35    

Previews estivales – et bonnes vacances simiesques !

Il est temps de prendre un petit congé estival, que je vous souhaite le plus agréable possible. N’oubliez pas d’aller voir de bons films dans les salles obscures ! Mais je n’allais pas partir sans vous laisser quelques petites informations et bonus «spielbergiens» et simiesques…    

  Comme vous le savez maintenant, l’auteur de ce blog est un indécrottable « spielbergophile ». Son réalisateur favori ne chôme pas en ce moment, entre une pléthore de productions de science-fiction à intérêt variable (TRANSFORMERS 3, et bientôt COWBOYS ET ENVAHISSEURS avec Daniel Craig et Harrison Ford, et REAL STEEL avec Hugh Jackman) et surtout l’annonce de son retour à la mise en scène. En attendant le premier tour de manivelle en septembre du fameux LINCOLN avec un casting en or massif – Daniel Day-Lewis, Tommy Lee Jones, Sally Field, Joseph Gordon-Levitt, David Strathairn etc. -, le cinéaste de LA LISTE DE SCHINDLER va mettre les bouchées doubles en cette fin d’année. Deux réalisations de Spielberg vont sortir en l’espace de quelques mois. En voici les bande-annonces que vous pouvez facilement trouver sur YouTube et consorts. 

Tout d’abord, les aventures d’un certain jeune reporter à houpette, d’un petit chien malicieux et d’un vieux marin au long cours…     

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TINTIN ET LE SECRET DE LA LICORNE, donc. Ce «teaser» dévoile assez peu de choses de l’intrigue, dont on sait qu’elle mêlera les éléments des albums LE CRABE AUX PINCES D’OR, LE SECRET DE LA LICORNE et LE TRESOR DE RACKHAM LE ROUGE. Adapter les aventures de Tintin au cinéma est un projet de très longue date de Spielberg, qui obtint l’accord de Hergé, le maître de la Ligne Claire, juste avant le décès de ce dernier en 1983. Il faut avouer que, pour le moment, le projet suscite autant d’intérêt que de perplexité. Spielberg s’associe à Peter Jackson pour créer une série de films animés en images de synthèse et «motion capture», et en relief, une première pour lui. Au vu des premières images, le pari technique semble gagné, mais qu’en sera-t-il de l’histoire et de l’univers de Hergé ? Et transposer le style visuel unique du grand dessinateur belge en film noir «live», expressionniste, sera-t-il au final une bonne idée ? On jugera sur pièces à la fin de l’année. Je dirais même plus : on jugera sur l’année à la fin des pièces !   

Le film rassemble un casting sympathique entièrement «numérisé» : Jamie Bell (BILLY ELLIOT, KING KONG, DEFIANCE / LES INSURGES, L’AIGLE DE LA 9e LEGION) dans le rôle de Tintin, l’indispensable Andy «Gollum / King Kong» Serkis en Capitaine Haddock, les joyeux britanniques Simon Pegg et Nick Frost (le duo terrible de SHAUN OF THE DEAD, HOT FUZZ et PAUL) en Dupond-Dupont, notre Gad Elmaleh national en Omar Ben Salaad, trafiquant international, et Daniel Craig en pirate Rackham le Rouge ! Et pas de Professeur Tournesol dans son requin sous-marin ?    

Sur sa lancée, Spielberg a tourné un second film. Après si souvent plongé dans l’horreur de la 2e Guerre Mondiale, le réalisateur se plonge dans les tourments de la 1ère, la terrible Grande Guerre qui ensanglanta l’Europe…     

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LE CHEVAL DE GUERRE est adapté d’un livre et d’une pièce de théâtre de Michael Morpurgo. Il raconte l’histoire d’Albert, un jeune anglais, profondément attaché à son cheval qui va lui être enlevé «pour la bonne cause»… L’Angleterre vient d’entrer en guerre contre l’Allemagne, et tous les chevaux sont réquisitionnés par l’Armée de Sa Majesté pour être envoyés sur le front, comme transports ou montures des officiers. Le jeune garçon inconsolable va se lancer dans une folle quête pour retrouver son cheval, égaré dans le carnage des tranchées… 

Au vu de la seule bande-annonce, je suis prêt à prendre le pari : LE CHEVAL DE GUERRE va être un très grand Spielberg. Les images et la lumière sont superbes, et l’esprit de David Lean, le cinéaste de LAWRENCE D’ARABIE et du DOCTEUR JIVAGO qui a eu une immense influence créative sur Spielberg (notamment EMPIRE DU SOLEIL), plane sur les scènes aperçues. Un solide casting, essentiellement britannique, est annoncé : autour du jeune Jeremy Irvine, on retrouvera Emily Watson, Benedict Cumberbatch, Tom Hiddleston, David Thewlis, David Kross, Peter Mullan, Niels Arestrup et Eddie Marsan.  

  

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Je n’allais pas clore cet article sans vous faire part de mon enthousiasme pour SUPER 8 ! J’ai pu le voir en projection de presse officielle (j’en profite pour saluer et remercier Michèle Abitbol-Lasry, Séverine Lajarrige et mon indéfectible ami Jean-Pierre Godard alias «Mister Bonzo») le 16 juin dernier. Le nouveau film de J.J. Abrams, produit et supervisé de près par Spielberg, est une réussite. Le film d’Abrams réussit l’exploit d’être à la fois effrayant, drôle, émouvant et prenant du début à la fin. On y retrouve avec un certain bonheur l’ambiance des premiers films et productions spielbergiens, de RENCONTRES DU 3e TYPE, E.T., POLTERGEIST et consorts, avec la touche personnelle d’Abrams qui se dévoile ici pour la première fois après ses précédents «blockbusters», MISSION IMPOSSIBLE III et STAR TREK. Les gamins héros du film sont formidables.  

Le film sort en France le 3 août. Il fera bien entendu l’objet d’un article dans ces pages. Afin de patienter un peu, et sans trop vous en dévoiler, revoilà le teaser mystérieux que vous avez peut-être vu l’an dernier, et la bande-annonce complète.   

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Et puis, en tant qu’amateur de singes et de cinéma, je n’allais tout de même pas vous laisser passer à côté d’un ultime cadeau bonus… Le 10 août, c’est le retour d’une saga simiesque mythique ! LA PLANETE DES SINGES : LES ORIGINES va débarquer sur les écrans, avec en vedettes James Franco (ouais), Freida Pinto (ah ouais !), John Lithgow, Brian Cox et Tom Felton. Et ce bon vieux Andy Serkis dans le rôle de Caesar, Chimpanzé en chef de la révolte velue qui se profile !! 

Ce jour-là, vous saurez ce qu’il vous reste à faire, bande de sales maudits humains. Laissez tomber GREEN LANTERN. Evitez MELANCHOLIA. Allez voir LA PLANETE DES SINGES : LES ORIGINES ! Tout sale maudit humain qui refusera d’aller voir LA PLANETE DES SINGES sera pourchassé par des gorilles armés de fusils, castré par des chimpanzés scientifiques et lobotomisé par des sénateurs orangs-outangs. La Révolution est en marche, camarades bonzoïdes ! AVE CAESAR !!!  

  

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Bonnes vacances à tous !  

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Du Zéro à l’Accro – LIMITLESS

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LIMITLESS, de Neil BURGER  

 

L’Histoire :    

New York. De la terrasse de son luxueux appartement sécurisé, Eddie Morra se prépare à se suicider en se jetant dans le vide, pour échapper aux tueurs qui sont en train de forcer sa porte d’entrée blindée… Que s’est-il passé pour en arriver là ? 

Quelques mois plus tôt… Ecrivain jamais publié, divorcé, vivant dans un appartement crasseux de Chinatown, Eddie traîne dans les bars, croule sous les loyers impayés, et n’arrive pas à écrire une seule ligne de son grand roman d’anticipation. De plus, sa petite amie Lindy, lasse de devoir toujours le dépanner financièrement, rompt avec lui. Eddie rencontre par hasard Vernon, son ex-beau-frère. Ancien petit dealer, Vernon est devenu riche ; il offre à boire à Eddie et lui annonce qu’il travaille pour une compagnie pharmaceutique privée, sur le point de commercialiser un médicament miracle, le NZT. Un médicament supposé libérer tout le potentiel du cerveau humain… Incrédule, Eddie accepte la carte de Vernon, et surtout un «échantillon», une petite pilule de NZT. Revenant chez lui, il ingère la pilule… et à sa grande stupéfaction, le produit agit comme Vernon lui avait dit : le NZT lui permet d’éviter une dispute embarrassante avec la femme de son propriétaire (et même d’avoir une aventure avec elle !), et surtout de boucler en un temps record son roman inachevé. Son éditrice est enthousiasmée par le roman, garantie d’un grand succès et d’un salaire juteux. Mais les effets de la pilule s’estompent. Eddie, devenu accro, se rend chez Vernon pour obtenir de nouvelles pilules. Mais ce dernier est assassiné, probablement par d’autres «clients» en manque. Eddie appelle la police, mais, avant que celle-ci n’arrive, trouve des liasses de billets, un carnet d’adresses et surtout un sachet contenant des centaines de pilules de NZT, qu’il s’empresse de cacher aux policiers chargés de l’enquête…  

  

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Impressions :  

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Pour son quatrième film, l’américain Neil Burger nous offre un mélange de thriller, de comédie noire et de science-fiction… Une combinaison atypique pour un film qui l’est tout autant. Burger s’était surtout fait connaître pour son second long-métrage, l’intéressant ILLUSIONNISTE - à ne pas confondre avec le film animé homonyme ayant rendu un bel hommage à notre regretté Jacques Tati. Cet ILLUSIONNISTE-là, daté de 2006, rassemblait Edward Norton, Paul Giamatti, Jessica Biel et Rufus Sewell dans une intrigue à base de spectacles de magie surnaturelle et de complots politiques dans l’Empire Austro-hongrois. Un film intéressant, malheureusement pour lui éclipsé cette même année par LE PRESTIGE de Christopher Nolan, qui s’aventurait également dans les coulisses étranges du monde de la magie dans l’Angleterre victorienne. De L’ILLUSIONNISTE à ce LIMITLESS, on devine un lien thématique similaire. Burger a une sympathie pour les «marginaux» ayant le pouvoir de mettre à mal le Pouvoir en place. Eisenheim, le magicien Juif campé par Edward Norton, effrayait le Kronprinz et son entourage par la démonstration de ses pouvoirs «miraculeux» ; ici, Eddie Morra, un «loser» de première incarné par Bradley Cooper (les VERY BAD TRIP) affole les puissants de Wall Street dès lors qu’il voit son intelligence augmentée par un usage abusif de pilules miracles ! Manifestement, Burger aime ce genre de personnages, mis au rebut de la haute société et prenant leur revanche par des moyens discutables. Le ton de ces films est finalement anarchisant, et serait presque amoral si le réalisateur ne mettait pas des bâtons dans les roues à ses anti-héros, qui s’exposent quand même à de graves conséquences.  

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Le scénario de Leslie Dixon s’amuse donc à broder une fable sociale, teintée de science-fiction et d’humour noir, en prenant pour base une idée simple, la création d’une pilule expérimentale augmentant le potentiel cérébral humain. La légende, contestée par certains, attribue à Albert Einstein l’idée d’une évolution fondamentale à notre espèce si celle-ci dépassait les seuls «10% de son cerveau» qu’elle est sensée utiliser. Il n’est bien évidemment pas question dans ces pages de décider qui a raison et qui a tort, mais de juger comment le film s’en sort à partir de cette théorie : que pourrait-il arriver si cette pilule miracle existait ? Le film aborde des pistes intéressantes, adroitement traitées tantôt sur le registre comique (les interlocuteurs d’Eddie n’ont aucune idée de ce qu’il lui arrive) ou du suspense (comment va-t-il se sortir, grâce à sa seule intelligence améliorée, de situations fatales ?) : hypermnésie, précognition, mémoire photographique… et dangereux sentiment de toute-puissance. Le cerveau du héros accumule un nombre ahurissant de données, d’associations d’idées, de souvenirs oubliés, etc. L’idée est plutôt intelligemment exploitée par Burger. Le contrecoup de ces prises de pilules est bien entendu similaire aux effets destructeurs de toute drogue : ici, en l’occurrence, des «blackouts» malencontreux et des phases de manque douloureux. Les effets de la pilule sur la psyché d’Eddie est l’occasion pour le réalisateur de se livrer à des expérimentations visuelles originales, les plus réussies étant les moments de «vision infinie», où des travellings avant enchaînés dans le même plan créent d’étonnants effets de distorsion optique.  

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Côté acteurs, Bradley Cooper est tout à fait correct dans le registre «petit malin», évoluant du perdant total au jeune premier de la Nation, avec un brin de veulerie pour le personnage d’Eddie, ni totalement détestable ni complètement sympathique. Signalons aussi la séduction blonde toute «hitchcockienne» de la belle Abbie Cornish. Quant à Robert De Niro, il ne prend toujours aucun risque, en jouant pour la énième fois son personnage de «vieux loup» intimidant, avec son rictus familier. En le voyant jouer un requin de la finance, il m’est venu une idée bizarre pendant la projection du film… Avec ses cheveux blanchis, ses costumes taillés sur mesure, son regard noir légèrement fuyant et son physique trapu, il serait parfait dans un film sur l’Affaire DSK. Dans une scène où il rencontre Eddie dans un salon, ce dernier s’affole : les informations révèlent un fait divers sordide arrivé dans une chambre d’hôtel… Ça a fait « tilt », De Niro doit jouer le rôle de Strauss-Kahn avant qu’il ne soit trop tard !    

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Ludovic Fauchier, blogueur sans pilules  

  

La Fiche Technique :    

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LIMITLESS    

Réalisé par Neil BURGER   Scénario de Leslie DIXON, d’après le roman « The Dark Fields » d’Alan GLYNN     

Avec : Bradley COOPER (Eddie Morra), Abbie CORNISH (Lindy), Robert De NIRO (Carl Van Loon), Andrew HOWARD (Gennady), Anna FRIEL (Melissa), Johnny WHITWORTH (Vernon), Tomas ARANA (l’Homme au Manteau Marron), Robert John BURKE (Pierce), Darren GOLDSTEIN (Kevin Doyle), Ned EISENBERG (Morris Brandt)    

Produit par Leslie DIXON, Ryan KAVANAUGH, Scott KROOPF, Ricardo Del RIO, Adam FIELDS, Ken HALSBAND, Patty LONG et Patrick PEACH (Relativity Media / Virgin Produced / Rogue / Many Rivers Productions / Boy of the Year / Intermedia) Producteurs Exécutifs Bradley COOPER, Jason FELTS et Tucker TOOLEY    

Musique Paul LEONARD-MORGAN   Photo Jo WILLEMS   Montage Tracy ADAMS et Naomi GERAGHTY   Casting Douglas AIBEL    Décors Patrizia von BRANDENSTEIN   Costumes Jenny GERING     1ers Assistants Réalisateurs Timothy BIRD, H.H. COOPER, Richard L. FOX et Frederic HENOCQUE   Réalisateur 2e Équipe Garrett WARREN   Cascades Ben BRAY, Brent FLETCHER et Jeffrey Lee GIBSON    

Mixage Son Lewis GOLDSTEIN et Tony VOLANTE   Montage Son Lewis GOLDSTEIN et Paul URMSON   Effets Spéciaux Sonores Paul URMSON    

Effets Spéciaux Visuels Tim CARRAS, Anthony « Max » IVINS, Rocco PASSIONINO, Dan SCHRECKER et Christopher SCOLLARD (Comen VFX / LOOK ! Effects)   Effets Spéciaux de Plateau Connie BRINK   Générique créé par Kenneth ARMSTRONG (Comen VFX)    

Distribution USA: Relativity Media / Distribution FRANCE : Gaumont   Durée : 1 heure 45    

Caméras : Arricam LT et ST, Arriflex 235 et 435, Canon EOS 1D Mark IV et 5D Mark II, et Red One 



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