Archives pour août 2011

Rien Que Pour Vos Pneus – CARS 2

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CARS 2, de John LASSETER & Brad LEWIS  

L’Histoire :    

L’Aston Martin DB5 Finn McMissile est l’agent secret numéro 1 du MI-6, les Services Secrets de la Grande-Bretagne. En mission spéciale dans le Pacifique suite à un message d’alerte de son collègue Leland Turbo, Finn découvre que son ennemi juré, le Professeur Zündapp, a établi sa base secrète dans une raffinerie de pétrole, d’où il prépare son prochain complot pour menacer la paix dans le monde. Le Professeur Z a mis au point une arme mystérieuse dissimulée sous la forme d’une caméra de télévision ; Finn a juste le temps de photographier l’arme secrète avant de s’enfuir juste à temps, se faisant passer pour mort au fond de l’océan.     Pendant ce temps, les paisibles voitures habitants de Radiator Springs fêtent le retour de leur ami Lightning (Flash) McQueen, vainqueur pour la quatrième fois d’affilée de la Piston Cup, et qui revient comme chaque année profiter de vacances bien méritées. Entre eux tous, Mater (Martin), le dépanneur rouillé, est le plus heureux de retrouver son vieux copain, mais lui colle tellement aux pneus que Lightning ne peut retrouver sa petite amie Sally seul en tête à tête. Ce soir-là, à la télévision, Sir Miles Axlerod, le célèbre milliardaire britannique, annonce qu’il organise le Grand Prix Mondial : une série de trois courses disputées au Japon, en Italie et en Angleterre, disputée par les plus grands champions de la course automobile, pour promouvoir son tout nouveau carburant biologique non polluant. En tête de lice des invités, Francesco Bernouilli, le champion italien des Formule 1, nargue Lightning ; Mater prend sa défense en direct, obligeant Lightning à écourter ses vacances pour participer au Grand Prix… Il accepte même d’emmener Mater comme membre de son équipe privée, mais le brave tacot l’embarrasse publiquement par ses gaffes. Et pour ne rien arranger, Mater se retrouve pris à tort pour un espion international par Finn McMissile et son associée, la charmante Holley Shiftwell, qui ont découvert que le Professeur Zündapp veut saboter la course pour accomplir son plan machiavélique…     

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Impressions :    

«Meilleur ou moins bien que l’original ?». Le sempiternel débat est relancé dès qu’une suite sort sur les écrans, et CARS 2 n’échappe pas à la fameuse question.  D’un film à l’autre, les choses changent, les enjeux scénaristiques ne doivent pas être les mêmes, au risque de tomber dans la répétition – forcément moins plaisante – du film original. John Lasseter, le grand manitou à la chemise hawaïenne de Pixar et Disney, et ses petits camarades ont donc décidé de «dynamiter» l’univers mis en place dans CARS. Ce dernier, agréable de bout en bout, envoyait ses petits bolides dans une comédie à la Capra, nostalgique, ancrée dans la culture automobile américaine, avec un brin de mélancolie «pépère» et de considérations sur le temps qui passe, les joies de la vie au grand air opposées au monde moderne «speedé». Une leçon de vie gentiment moralisatrice où l’inventivité débordante des petits génies de Pixar était canalisée par un rythme plus nonchalant qu’à l’accoutumée.    

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Les réalisateurs continuent ici de s’amuser avec la culture automobile, mêlant la sempiternelle histoire de compétition autour du monde à une comédie parodiant les James Bond. Et Dieu sait si les films de l’agent 007 ont eux aussi contribué à populariser la culture automobile ! A commencer par l’iconique Aston Martin DB5, pilotée par Sean Connery dans GOLDFINGER et OPERATION TONNERRE. 007 et sa voiture mythique «fusionnent» ici pour devenir l’incomparable Finn McMissile, distingué espion de Sa Majesté, forcément bardé de gadgets et d’armes secrètes. Sir Sean goûtant les joies d’une retraite bien méritée après plus de 40 ans de bons et loyaux services cinématographiques, c’est son ami et collègue Michael Caine qui prête sa voix «so british» pince-sans-rire à l’Aston Martin intrépide. Bon choix, Caine ayant lui aussi incarné les espions de Sa Majesté à la même époque que Bond-Connery, incarnant l’agent secret pantouflard et parano Harry Palmer durant les «swinging sixties».    

Le casting vocal est d’ailleurs, dans sa version originale, un vrai régal. Outre Michael Caine, le film invite John Turturro qui nous refait son inénarrable numéro «à la Jésus» du BIG LEBOWSKI (sans les grossièretés !) pour incarner une Formule 1 volubile et vantarde. Se mêlent à eux Vanessa Redgrave en Rolls Royce royale, Bruce «Evil Dead» Campbell, Jason Isaacs en avion-pilote dévoué, Tony «Monk» Shalhoub, Thomas Kretschmann en super-vilain germanique, et Django en personne, Franco Nero, venu donner sa voix à un vieux «parrain» plein de sagesse.      

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    Là où CARS s’amusait des déboires du champion Lightning coincé chez les «ploucs», CARS 2 suit le schéma inverse : Mater, le clown de service, devient le héros malgré lui qui part de sa paisible petite ville pour se retrouver embringué dans le monde du hi-tech, des courses de haut niveau et des complots à l’échelle mondiale ! Le film suit donc son parcours, privilégiant la comédie survoltée plutôt que de répéter l’ambiance campagnarde de l’original. Certains grinceront un peu des dents devant ce revirement, mais c’est un mieux finalement cohérent.   Mater est donc cette fois-ci la vedette, laissant le bondissant Lightning jouer les clowns blancs de service. Les auteurs s’amusent bien, sans trop se forcer, à placer la brave dépanneuse déglinguée dans le maximum de situations du «poisson hors de l’eau», permettant une source de gags attendus et savoureux. Idée maîtresse de Lasseter : au milieu des voitures «stars», attirant les regards et les projecteurs, Mater est l’anonyme de service, le «péquenot» attendrissant qui vient perturber les plans bien huilés des uns et des autres. A l’instar des vedettes burlesques d’antan qui venaient semer la pagaille dans les concerts, réceptions et autres festivités mondaines, la naïveté de Mater déclenche les catastrophes en série et la bonne humeur du public. Mention spéciale aux scènes japonaises où le sympathique tacot découvre les saveurs dévastatrices du wasabi, avant de subir la «torture» des WC japonais ! Déboulant ensuite dans l’univers «bondien» de Finn McMissile, Mater se surpasse dans le burlesque, notamment dans une scène de «déguisement» automobile irrésistible. Et les dialogues sont à la hauteur : « – Mes excuses, je ne me suis pas présenté correctement. Finn McMissile, Intelligence Service Britannique. – Tow Mater, intelligence ordinaire. » ! 

La bienveillance «pixarienne» étant toujours de rigueur, on évite donc de ridiculiser notre héros plus qu’il n’en faut. Une scène de «rêve» halluciné vient à point nommé aider le tacot à prendre conscience de son statut de clown malgré lui… et le faire ensuite assumer ce statut tout en lui donnant un caractère foncièrement héroïque, au Service Dépannage Secret de Sa Majesté.   

   

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Comme toujours dans les productions Pixar, détails visuels et couleurs sont travaillés à la perfection. L’équipe de Lasseter s’est particulièrement amusée à imaginer de nouveaux décors qui sont autant de régals pour les yeux – notamment le circuit de Porto Corsa, mélange méditerranéen des Grand Prix de Monaco et de Monza. Sans oublier le dynamisme total des scènes de course, autre point fort des deux films. Tout aussi réjouissant est le look des «méchants» : caractérisés à la façon des super-vilains de James Bond (qui ont tous, à des degrés divers, des infirmités), les véhicules criminels sont tous affligés de défauts esthétiques marqués. En tête de ces voitures revanchardes, le maléfique Zündapp est le plus savoureux. Caricature de savant fou diabolique Allemand à monocle, le «Professeur Z» doit son nom et son allure à une voiture des années 60 incroyablement kitsch, la Zündapp «Janus» , sorte de pot de yaourt ambulant dont les portières s’ouvraient sur l’avant et l’arrière. A ses côtés, des «sbires» plus comiques que patibulaires, répondant aux noms et aux caractéristiques de voitures «naufragées», telle que la Gremlin ou l’AMC Pacer…    

CARS 2 joue donc sur du velours, sans prendre de gros risques, en glissant par ailleurs un petit message écologiste de rigueur – vive les carburants propres et à bas le pétrole ! Sans être le meilleur Pixar réalisé à ce jour, le film remplit son objectif principal : être amusant, coloré et distrayant de bout en bout. Déjà une bonne chose, en attendant un programme plus ambitieux avec le prochain film du studio : BRAVE, une heroic fantasy celtique très prometteuse au vu de ses premières images.    

La note :    

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Ludovic Fauchier, Blogfinger    

 

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CARS 2  

Réalisé par John LASSETER & Brad LEWIS   Scénario de Ben QUEEN    

Avec les Voix de (V.O.) : LARRY THE CABLE GUY (Tow Mater – VF : Martin), Owen WILSON (Lightning McQueen – VF : Flash McQueen), Michael CAINE (Finn McMissile), Emily MORTIMER (Holley Shiftwell), Eddie IZZARD (Sir Miles Axlerod), John TURTURRO (Francesco Bernouilli), Joe MANTEGNA (Grem), Thomas KRETSCHMANN (le Professeur Zündapp), Bonnie HUNT (Sally Carrera), Brent MUSBURGER (Brent Mustangburger), Franco NERO (Oncle Topolino), Tony SHALHOUB (Luigi), Jason ISAACS (Siddeley / Leland Turbo), Bruce CAMPBELL (Rod «Torque» Redline), Vanessa REDGRAVE (la Reine d’Angleterre / Mama Topolino), Lewis HAMILTON (Lewis Hamilton), Paul DOOLEY (le Sergent), Darrell WALTRIP (Darrell Cartrip)    

Produit par Denise REAM (Pixar Animation Studios / Walt Disney Pictures)    

Musique Michael GIACCHINO    Direction Artistique Jay SHUSTER    

Supervision de l’Animation Dave MULLINS     Mixage Son et Effets Spéciaux Sonores Tom MYERS   Montage Son Michael SILVERS    Distribution USA et INTERNATIONAL : Walt Disney Studios Motion Pictures   Durée : 1 heure 46    

Les Sept Médiévaux – IRONCLAD / Le Sang des Templiers

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IRONCLAD / Le Sang des Templiers, de Jonathan ENGLISH   

L’Histoire :    

L’Angleterre du début du 13ème Siècle. Souverain détesté pour sa cruauté et sa cupidité, Le Roi Jean d’Angleterre voit son pouvoir contesté par les Barons de son royaume, qui le font signer la Grande Charte à Runnymede, le 15 juin 1215. La Charte limite le pouvoir absolu du Roi sur ses sujets, et reconnaît à ceux-ci pour la première fois des droits légaux. Ulcéré, Jean cherche à reprendre le contrôle total de son royaume par la force. Pour cela, il recrute, avec l’appui de l’Eglise, des mercenaires Danois païens, menés par le Capitaine Tiberius. La guerre civile est sur le point d’éclater.    

Des Chevaliers Templiers revenus de la Croisade, emmenés à Canterbury par le pacifique Frère Marcus, trouvent refuge pour une nuit au château du Baron Darnay. Mais le Roi Jean, prévenu que les Templiers vont faire alliance avec l’Archevêque de Canterbury, arrive avec ses mercenaires au château de Darnay. Le Baron puis le Frère Marcus vont être torturés et exécutés sur ordre du Roi ; les Templiers viennent à la rescousse du moine, et, après un violent combat, le seul survivant, Thomas Marshall, emmène le moine mourant. Il rompt son vœu de silence et révèle à l’Archevêque ce qu’il s’est passé. Le Duc d’Albany, comprenant que Jean a renié sa signature de la Charte, monte une opération de la dernière chance pour empêcher ce dernier de mettre l’Angleterre à feu et à sang. Tandis que l’Archevêque tente de convaincre le Roi de France de s’allier aux Barons anglais, Albany et Marshall recrutent quelques hommes de confiance pour tenir tête à un assaut imminent de Jean contre le Château de Rochester, tête de pont de sa reconquête…    

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Impressions :   

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Il y a déjà plus de 15 ans, le succès de BRAVEHEART a refaçonné le film d’aventures épiques «sword and fire» – regroupant aussi bien le péplum modernisé que les épopées sur le Moyen Âge. Avec ses féroces batailles, mêlées sanglantes  filmées avec un réalisme maximal et bien éloignées des sages épopées d’antan, le film de Mel Gibson a sans aucun doute au fil des ans relancé et influencé tout un nouveau courant du cinéma épique. Il n’a peut-être pas réinventé le genre ; on pourrait citer quelques rares prédécesseurs des années 1980 aussi variés que LA CHAIR & LE SANG de Paul Verhoeven, CONAN LE BARBARE de John Milius ou même l’EXCALIBUR de John Boorman, tous ces films, du plus réaliste au plus fantaisiste, ne reculant déjà pas devant une vision très «brute» de la Grande Aventure menée à la pointe de l’épée.  

Mais le succès du film médiéval de Gibson a certainement été un détonateur dans la production contemporaine, entraînant aussi le renouveau de son voisin «historique», le péplum. Ont suivi au fil des ans : LE 13e GUERRIER, chef-d’œuvre mutilé de John McTiernan ; GLADIATOR, KINGDOM OF HEAVEN (magistral dans sa version intégrale) et le ROBIN DES BOIS tous signés du spécialiste en la matière, Ridley Scott ; et d’autres, moins inspirés, tels le TROIE politiquement correct de Wolfgang Petersen, l’ALEXANDRE d’Oliver Stone, LE ROI ARTHUR d’Antoine Fuqua ; des productions plus modestes mais intéressantes comme L’AIGLE DE LA 9e LEGION de Kevin McDonald, ou BLACK DEATH et d’autres, franchement ratées, comme PATHFINDER. En attendant le très prometteur AZINCOURT que prépare Michael Mann et qui devrait marquer le genre d’une pierre blanche, si le projet aboutit. Dans toute cette mouvance, arrive donc IRONCLAD – retraduit chez nous en SANG DES TEMPLIERS – qui se situe dans la série des productions modestes. Le film de Jonathan English ne cherche pas à révolutionner le genre, mais à garantir un spectacle solide, et sanglant à souhait.    

Ne vous laissez pas abuser au passage par le titre français… les Templiers ont bon dos depuis longtemps. Loin d’être des saints hommes dans la réalité – lisez les chroniques historiques des Croisades et les épouvantables massacres commis au nom du Seigneur… -, ils constituèrent par ailleurs un pouvoir religieux, politique et économique gênant autant pour l’Eglise que pour le Royaume de France qui les accusa opportunément de tous les maux pour s’emparer de leurs biens et les éliminer. On leur au fil des siècles «collé» une réputation ésotérique largement exagérée pour le bien de la fiction (n’est-ce pas, le DA VINCI CODE ?)… jusqu’à ce que des extrémistes des plus répugnants les accommodent à leur «sauce» idéologique fétide. Voir hélas ce qui s’est récemment passé à Oslo, un atroce massacre dû à un extrémiste de droite persuadé d’être un Croisé des temps modernes. Mais revenons au film…   

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Le réalisateur Jonathan English livre un véritable western moyenâgeux, élaborant un script sous influence directe des SEPT MERCENAIRES de Sturges (ou des SAMOURAÏS de Kurosawa), avec des touches d’ALAMO, une intrigue transposée dans un épisode véridique de la Première Guerre des Barons d’Angleterre. IRONCLAD revendique clairement cette filiation. Le film d’English a donc les qualités et les défauts attendus d’une production modeste (25 millions de dollars), mais qui assure son quota d’action. Le résultat est une série B médiévale bien ficelée, rude et barbare à souhait… parfois même à l’excès. IRONCLAD navigue entre les clichés propres au genre. Certains sont ingénieusement «retournés» – par exemple, la prévisible scène d’attente en plein siège («c’est trop calme…») interrompue par la découverte brutale des assiégeants rassemblés en masse aux pieds du château ; ou encore, rarement évoqués dans les films du même genre, les effets à long terme du même siège. Le film rappelle à propos que l’assaut d’un château fort n’était pas une affaire promptement réglée en quelques minutes, mais qu’il s’étendait souvent sur plusieurs semaines ou mois, avec pour conséquences la faim, l’épuisement progressif, la maladie, gagnant aussi bien les assiégés que leurs assaillants. De ce point de vue-là, le film est véridique, même s’il ne s’étend pas sur le sujet et privilégie l’action. D’autres clichés inhérents au genre demeurent par contre trop évidents – telle la love story entre la jeune châtelaine mariée à un vieux noble, et le Templier déchu. Ou, dans le même registre, les leçons de combat du même vétéran fatigué à l’écuyer idéaliste. 

Si le réalisateur se focalise sur les scènes de combat, il sait faire preuve le cas échéant d’une volonté sincère de vouloir crédibiliser ses personnages – le Templier Marshall, joué par James Purefoy, est un survivant désabusé, qui brise son vœu de silence après la mort du moine ; ou la scène de l’écuyer apprenant au brigand à écrire son nom, celui-ci le marquant ensuite dans la pierre avant sa mort.    

Les scènes d’action sont solidement menées, certes sans l’ampleur d’un McTiernan ou d’un Scott au meilleur de leur forme, mais Jonathan English sait les rendre intenses à souhait. Il fait même preuve d’idées inattendues, comme l’emploi de cochons malades, servant d’explosifs pour saper la tour où se sont rassemblés les protagonistes. Les combats sont lisibles et violents à souhait, le réalisateur sachant tirer une efficacité certaine d’un budget et d’un nombre de figurants limités. Rien à redire sur la violence des combats en eux-mêmes, cela saigne et tranche à foison. Pour autant, je me demande s’il était bien nécessaire d’insister autant sur la barbarie de l’époque au détriment du reste… notamment la scène du supplice infligé au Baron rebelle par le Roi Jean, scène réaliste dans le contexte de l’époque, mais à la limite du «too much» pour le spectateur. Peut-être le réalisateur aurait-il mieux fait de nous intéresser davantage aux dilemmes de ses personnages plutôt qu’à l’étalage de tortures filmées sans recul.    

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Signalons quand même les efforts d’English et ses coscénaristes de garder le maximum de crédibilité au contexte général de leur histoire. Notamment via l’histoire de la signature de la Grande Charte à Runnymede le 15 juin 1215 – déjà annoncée dans le ROBIN DES BOIS de Ridley Scott, comme étant à l’origine des luttes de pouvoir entre le Roi Jean et les Barons. Egalement évoquée chez Scott, l’invasion de l’Angleterre par le Royaume de France eut bien lieu pour une courte durée. Le Prince Louis (futur Louis VIII «Le Lion», fils de Philippe Auguste et père de Saint Louis) posa bien le pied en Angleterre avec ses troupes avant que le Royaume ne soit reconquis par Henri III (fils de Jean) d’Angleterre. Ce dernier révoqua la Grande Charte en 1227. Et, conformément à ce que montre le film, le Roi Jean finit sa vie comme un pitoyable fugitif sur ses propres terres. Epuisé, il mourut le 19 décembre 1216, victime d’une dysenterie fatale. Selon certaines sources, le vilain Roi aurait succombé après avoir mangé des pêches – anecdote auquel IRONCLAD fait indirectement référence, quand Jean (Paul Giamatti) confesse avoir volé des pêches dans son enfance, et fit accuser une malheureuse servante à sa place, première leçon de pouvoir politique arbitraire qui «l’instruisit» sur la façon de traiter ses sujets, et qui causera finalement sa perte…   

Egalement à l’avantage du film, signalons une bien belle brochette de «gueules» comme on les aime, pour incarner les «Sept Médiévaux», leurs alliés et ennemis ! En tête d’affiche, James Purefoy, robuste gaillard du Somerset dont la carrure athlétique lui permet de porter régulièrement avec panache armures et épées. Depuis A KNIGHT’S TALE / CHEVALIER, où il campait le Prince Noir, on a revu le bien-nommé Purefoy dans le rôle-titre de SOLOMON KANE et incarner notamment un Marc Antoine bestial et jouisseur à souhait dans la série ROME. A ses côtés, des trognes familières : l’intimidant Brian Cox (l’oncle de Mel dans BRAVEHEART, Agamemnon dans TROIE) en baron rebelle ; Jason Flemyng (L’ETRANGE HISTOIRE DE BENJAMIN BUTTON) en soldat de fortune, Mackenzie Crook (PIRATES DES CARAÏBES) en archer taciturne, Jamie Foreman (l’OLIVER TWIST de Polanski) en brigand fort en gueule, et un quasi sosie d’Elijah Wood, le jeune anglais Aneurin Barnard dans le rôle de l’écuyer Guy… Sont également présents, en retrait de l’action, les shakespeariens Derek Jacobi (GLADIATOR) et Charles Dance (LAST ACTION HERO). Les nostalgiques du 13e GUERRIER seront quant à eux heureux de retrouver le colosse Vladimir Kulich, inoubliable Buliwyf, sorti tout droit inchangé du film de McTiernan. Avec en plus un clin d’œil à CONAN LE BARBARE, via le maquillage «commando» spécial porté par Kulich dans le duel final.  

Un peu plus problématique est le choix de Paul Giamatti en Roi Jean. Excellent dans les comédies contemporaines (du type SIDEWAYS), Giamatti est ici à contre-emploi. Venu tourner ses scènes en une semaine, l’acteur fait de son mieux avec un script qui limite son personnage à un souverain cruel et perpétuellement frustré, sans trop lui donner l’occasion de développer davantage la psychologie du personnage malgré les évidentes bonnes intentions. Dommage que ces limites gâchent l’intérêt d’un film solidement mené dans l’ensemble.    

Quoiqu’il en soit, IRONCLAD atteint son objectif initial : livrer un solide film d’aventures plein de boue, d’épées sanglantes et de personnages durs à tuer. Il le fait sans chercher à en mettre plein la vue à tout bout de champ, et en demeurant solide de bout en bout, malgré ses maladresses.   

La note : 

  

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Ludovic Fauchier, du Saint Ordre des Blogueurs en Retard    

 

La Fiche Technique :    

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IRONCLAD / Le Sang des Templiers   

Réalisé par Jonathan ENGLISH   Scénario de Stephen McDOOL, Jonathan ENGLISH & Erick KASTEL    

Avec : James PUREFOY (Thomas Marshall), Kate MARA (Lady Isabel), Brian COX (le Duc d’Albany), Jason FLEMYNG (Beckett), Paul GIAMATTI (Jean, Roi d’Angleterre), Charles DANCE (Langton, l’Archevêque de Canterbury), Derek JACOBI (Lord Cornhill), Mackenzie CROOK (William Marks), Vladimir KULICH (le Capitaine Tiberius), Jamie FOREMAN (Jedediah Coteral), Aneurin BARNARD (Guy, l’Ecuyer), Rhys Parry JONES (Wulfstan)     Produit par Rick BENATTAR, Andrew J. CURTIS, Jonathan ENGLISH, Andrew WARREN, Brian BRIGHTLY, Robyn OWEN et Andrew WARREN (ContentFilm International / Film & Entertainment VIP Medienfonds 4 GmbH & Co. KG / Molinare Investment / Mythic International Entertainment / Perpetual Media Capital / Premier Picture / Rising Star / Silver Reel / VIP 4 Medienfonds / Wales Creative IP Fund)   Producteurs Exécutifs Glenn KENDRICK ACKERMANN, Christian ARNOLD-BEUTEL, Evan ASTRWOSKY, Graham BEGG, Adam BETTERIDGE, Jamie CARMICHAEL, John EVANGELIDES, Uwe FEUERSENGER, Mark FOLIGNO, James GIBB, David ROGERS, Marcus SCHÖFER, Tilo SEIFFERT, Deepak SIKKA et Al MUNTEANU    

Musique Lorne BALFE   Photo David EGGBY  Montage Peter AMUNDSON et Gavin BUCKLEY   Casting Kelly Valentine HENDRY et Robyn OWEN     Décors Joseph C. NEMEC III   Direction Artistique Malcolm STONE   Costumes Beatrix Aruna PASZTOR   

1er Assistant Réalisateur Phil BOOTH   Réalisateur 2e Équipe Chris FORSTER   Cascades Richard RYAN et Béla UNGER    

Mixage Son Vincent COSSON et Mike PRESTWOOD SMITH  Montage Son Jeremy PRICE    

Effets Spéciaux Visuels Neil CUNNINGHAM, David KUKLISH et Paul NORRIS (Artem / Evolution FX / Lip Sync Post / Molinare Studio / Pixion / Plowman Craven & Associates / Webvfx)   Effets Spéciaux de Maquillages Paul HYETT   Effets Spéciaux de Plateau Richard VAN DEN BERGH     

Distribution ALLEMAGNE : Square One Entertainment / Distribution GRANDE-BRETAGNE : Warner Bros. / Distribution USA : ARC Entertainment / Distribution FRANCE : Metropolitan Filmexport    

Durée : 2 heures 01    Caméras : Panavision    



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