Bandido Yanqui – BLACKTHORN

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BLACKTHORN, de Matéo GIL  

L’Histoire :    

Bolivie, 1927. James Blackthorn, un américain, élève des chevaux dans une ferme en montagne. Solitaire, il n’a pour seule compagnie que sa maîtresse Yana, une Indienne. Devant payer ses employés, tous des proches de Yana, Blackthorn se rend à Potosi pour retirer 6000 dollars. Traversant le désert aride de l’Altiplano, Blackthorn découvre un cheval mort d’épuisement, tombé depuis peu. Il suit les traces du cavalier qui a continué à pied et se fait attaquer par ce dernier, qui tente de voler son cheval. Si Blackthorn renverse la situation en sa faveur, le cheval s’enfuit, avec la sacoche contenant les 6000 dollars nécessaires à Blackthorn pour payer les Indiens, et rentrer ensuite aux Etats-Unis. Il épargne la vie de son assaillant, un Espagnol, Eduardo Apodaca. Celui-ci suit Blackthorn à pied, et lui promet de lui rembourser l’argent qu’il lui a fait perdre. Et même plus encore : ingénieur minier, Eduardo a volé 50 000 $ à Patino, son employeur corrompu, l’homme le plus puissant de Bolivie, et a caché le butin au fond d’une mine. Bien que sceptique, Blackthorn accepte de l’aider à se défendre contre douze cavaliers au service de Patino, et déterminés à tuer Eduardo. Pour Blackthorn, c’est l’occasion de vivre une dernière aventure, comme celle du temps où il était l’une des dernières légendes de l’Ouest, le voleur de banques et de trains Butch Cassidy, que tout le monde a cru mort avec son vieil ami le Sundance Kid, officiellement tués par l’Armée Bolivienne en 1908…     

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Impressions :   

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L’occasion de voir sur grand écran un western pur jus étant presque aussi rare que de trouver une lueur de compassion dans les yeux de Claude Guéant, on accueille toujours avec plaisir chaque nouveau film dans ces pages. Le succès d’un TRUE GRIT l’hiver dernier prouve que le bon vieux Western n’est pas mort, qu’il bouge encore… à condition de le traiter avec respect. On passera donc poliment sur le ratage d’un COWBOYS ET ENVAHISSEURS qui, malgré la sympathie que nous inspirent Daniel Craig, Harrison Ford et le producteur Steven Spielberg, osait un mélange contre nature avec le film de science-fiction «à la ALIEN»… Heureusement, un vrai Western est arrivé en septembre sur nos écrans, pour la joie des amateurs du genre. Signé d’un réalisateur espagnol, tourné et situé en Bolivie avec en vedette un vétéran de la scène et de l’écran américain, BLACKTHORN est une jolie réussite. Et, n’en déplaise à un éminent critique, d’habitude mieux inspiré, qui dégaina trop vite cet été, ce Western-là ne véhicule pas un esprit «réactionnaire», cliché que le scénariste réalisateur Matéo Gil a su éviter.   

Celui-ci nous emmène dans une histoire assez classique au premier abord, et familière à tous ceux qui ont vu certain grand classique avec Paul Newman et Robert Redford, mais il emprunte des voies plus inattendues. Coscénariste attitré des films d’Alejandro Amenabar (OUVRE LES YEUX, LES AUTRES, MAR ADENTRO, AGORA), Matéo Gil s’est lancé dans la mise en scène en 1999 avec le thriller espagnol JEU DE RÔLES. Avec BLACKTHORN, il se lance dans un Western, genre américain par excellence, avec un regard original permis par l’époque et la géographie particulière de ce film : nous sommes en Bolivie, cadre inattendu pour le genre situé dans les grands espaces nord-américains, et en 1927, bien des décennies après la fin officielle de la Conquête de l’Ouest. Voilà un cadre déjà très atypique pour le genre, d’habitude «limité» aux immenses territoires s’étendant sur des milliers de kilomètres dans l’hémisphère nord-américain. Le travail du chef-opérateur Juan Ruiz Anchia est d’ailleurs superbe, soit dit en passant ; Gil et Anchia mettent parfaitement en valeur la lumière et la variété des territoires sauvages de la Bolivie, donnant au film une atmosphère familière et étrange. 

On peut ainsi «étendre» le genre géographiquement depuis les forêts glacées du Grand Nord canadien et de l’Alaska, jusqu’aux plaines brûlantes du Mexique, en passant par les innombrables et magnifiques paysages sauvages du Grand Ouest, symbolisés par Monument Valley, le cadre des films légendaires de John Ford. Mais, preuve que le genre ne se limite pas à un pays, une culture ou un emplacement strict, on a bien vu d’autres réalisateurs se frotter au genre par le passé, dans des pays n’ayant a priori rien à voir avec le Western. Les années 1960 ont vu le western s’européaniser (pas seulement en Italie, mais aussi en Allemagne avec les films de Winnetou !) ou plus récemment s’exporter en Asie, par exemple en Corée ou en Thaïlande. L’Espagne, patrie natale de Matéo Gil, s’est finalement retrouvée imprégnée de «culture western», grâce aux réalisateurs italiens des sixties, à commencer par les «trois Sergios» (Leone bien sûr, mais aussi Corbucci et Sollima) qui ont ainsi «latinisé» le genre, ouvrant la voie au Western Italien (terme préférable à la connotation limite insultante de «Western Spaghetti»), qui est associé pour l’éternité aux plaines désertiques d’Almeria. Gil a certainement été marqué par la trilogie des DOLLARS et tous les autres films tournés dans cette région, sur sa terre natale ; mais BLACKTHORN ne se limite pas à être un simple hommage affectueux aux westerns qui ont bercé sa jeunesse. En bon conteur d’histoires, Gil s’est approprié un mythe né autour de l’histoire réelle d’un des derniers bandits historiques du Vieil Ouest, et l’une de ses figures les plus attachantes. A partir de ce mythe, il a créé un film tout à fait personnel, respectueux des codes du genre, tout en apportant un regard neuf.    

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Gil a écrit et réalisé BLACKTHORN autour d’un personnage célèbre, autant pour la légende née autour de sa mort, que pour son caractère sympathique et pour son héritage cinématographique. Butch Cassidy, braqueur de banques et de trains, voleur aimable et joyeux, connut une fin tragique avec son vieux complice et ami, le Sundance Kid, le 3 novembre 1908. Cette fin symbolisa en fin de compte, historiquement parlant, la mort définitive du mythe des «bandits héroïques» tels que Jesse James ou Billy The Kid, apparus durant la Conquête de l’Ouest. Quiconque connaît le grand classique avec Paul Newman et Robert Redford, BUTCH CASSIDY ET LE KID, connaît donc le fin mot de l’histoire, et la scène finale d’anthologie qui voit nos deux camarades se préparer à une sortie «pour l’honneur» sous les balles de l’Armée bolivienne, un jour tragique à San Vicente… BLACKTHORN poursuit l’histoire, sans vouloir faire pour autant une suite au film de George Roy Hill. Matéo Gil s’est suffisamment documenté pour savoir qu’il existe toujours un doute sur la fin funeste des deux «bandidos yanquis» abattus en Bolivie. La mort de Butch et du Kid (de leurs vrais noms : Robert LeRoy Parker et Harry Longabaugh) resta une énigme, une véritable histoire «à la Anastasia» version western. 

Deux hommes furent bien tués en 1908 à San Vicente par l’Armée bolivienne, et rapidement enterrés. Pays minier où il était difficile de faire respecter une loi stricte, la Bolivie devait attirer nombre d’aventuriers et de criminels aux origines mal définies, un autre «Far West» pour ainsi dire. Des aventuriers comme Butch et le Kid, qui vinrent en Bolivie après un détour par l’Argentine aux environs de 1905, avec leur compagne commune, la belle Ethel «Etta» Place. La police de Tupiza identifia les deux hommes abattus comme les voleurs du transport de fonds de paiement d’Aramayo, mais les autorités ne connaissaient pas leurs noms. Deux «bandidos yanquis» anonymes, donc, furent enterrés à San Vicente. Les procédures d’identification étant alors quasi inexistantes, l’armée eut beau jeu d’affirmer qu’elle avait mis fin à la carrière du duo, mais la légende née de ce «flou» entretint le doute pendant des décennies. Les tombes ne furent pas identifiées pendant des décennies, et même des études plus récentes ne furent jamais concluantes : l’ADN prélevé sur les deux morts ne correspondait pas à celui des proches parents de Butch et du Kid… l’énigme demeure. La sœur de Butch, Lula Parker Betenson, affirma que son frère retourna aux USA et retrouva d’anciennes connaissances, et même des membres de sa famille en 1925. Vers 1974 et 1975, un journaliste du Denver Post affirma que l’ancienne doctoresse de Butch l’avait soigné bien des années après sa «mort» supposée en Bolivie… Le Sundance Kid connut une légende similaire ; lui aussi serait retourné aux USA et serait mort en 1936. Et bien d’autres histoires existent sur la probabilité d’un retour de Robert LeRoy Parker / Butch Cassidy aux USA, au moins jusqu’en 1938. Le destin d’Etta Place, dont la date de décès est inconnue, est tout aussi énigmatique… elle aurait eu un fils du Kid, Robert Harvey Longabaugh (1901-1972), mais cela reste sujet à controverse.  

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Deux «bandidos» qui ont peut-être survécu à leur mort légendaire, un doute sur la paternité du fils d’Etta, un autre sur la longue vie qu’aurait eu Butch et son éventuel retour au pays… voilà quelques éléments qui ont certainement inspiré Matéo Gil. Avec assez de finesse, il va aussi prendre ses distances vis-à-vis du «mythe» généré par le film de Newman et Redford, et s’inspirer plutôt d’un autre grand «westerner» qui enterra magnifiquement le genre, Sam Peckinpah. Gil ne peut pas ignorer le fait que BUTCH CASSIDY et LA HORDE SAUVAGE, le chef-d’œuvre crépusculaire de «Bloody Sam», sortirent la même année sur les écrans, en 1969. Comme il n’ignore sûrement pas le lien existant entre les deux films, aux styles et au ton certes différents, mais qui se concluaient d’une façon similaire pour ses héros, «reliques» quittant la scène du Vieil Ouest sous un déluge de balles tirées par l’armée adverse. Coïncidence, le scénariste de BUTCH CASSIDY…, William Goldman, dut changer le nom du gang de voleurs dirigés par ses duettistes au début du film. Les vrais Butch et Sundance, avant leur virée bolivienne, avaient l’habitude de former et reformer plusieurs gangs, leur donnant des noms aussi «chantants» que le Syndicat des Braqueurs de Train, le Gang du Trou dans le Mur (c’est le nom retenu dans le film de Hill) et… la Horde Sauvage ! Peckinpah avait en quelque sorte coupé l’herbe sous le pied de Goldman et Hill en intitulant son propre film ! Astucieusement, Matéo Gil va ainsi faire «glisser» son propre film de la «fausse suite» de BUTCH CASSIDY vers un western plus mélancolique, désabusé, finalement plus proche de l’univers de Sam Peckinpah. Le réalisateur espagnol joue habilement de la fausse impression de déjà vu, glissant des références au film de Hill : l’Armée bolivienne, la longue traque par monts et par vaux, la présence d’un ancien de l’Agence Pinkerton («ancêtre» historique du FBI, qui ne s’embarrassait pas de méthodes violentes pour éliminer les brigands et leurs complices supposés)… pour montrer finalement que nul ne peut revivre deux fois la même histoire. Ni le protagoniste, ni le spectateur.    

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BLACKTHORN est un film très «peckinpien», moins pour ses références (qui sont cachées au spectateur non initié) que pour son ton et son traitement. N’espérez pas ici de féroces fusillades sanglantes filmées au ralenti, imagerie associée à Peckinpah ; il y a certes des échanges de coups de feu, des cavalcades et de virils coups de poings, mais ce n’est pas le sujet central du film. Le vieux Blackthorn retrouve certes les émotions de sa jeunesse, mais réalisera amèrement que l’on ne revient pas en arrière. Les temps changent, les mentalités aussi, et le Vieil Ouest doit peu à peu laisser sa place à une époque plus moderne et plus cynique. Voir la perplexité de Blackthorn devant une automobile décapotable fait inévitablement penser au destin pathétique de Cable Hogue (Jason Robards), anti-héros de la ballade filmée par Peckinpah. On retrouve dans BLACKTHORN ces touches «Peckinpiennes» discrètement semées par Gil, notamment par la description de sa vie solitaire à la ferme, où seule une maîtresse occasionnelle vient de temps en temps lui rendre visite. Quant à la relation entre le vieil homme et le voleur espagnol Eduardo Apodaca, elle renverra à certaines histoires récurrentes chez Peckinpah, notamment COUPS DE FEU DANS LA SIERRA, PAT GARRETT & BILLY LE KID et bien sûr LA HORDE SAUVAGE. Entre Blackthorn / Butch et Eduardo, se forge une amitié «virile» malgré l’opposition évidente de caractère des deux personnages. En gardant une touche d’ambiguïté très discrète dans la relation des deux hommes, Gil joue avec plus de finesse qu’un Ang Lee et son BROKEBACK MOUNTAIN, plate relecture gay des histoires d’amitié propres au genre. BLACKTHORN n’est pas un manifeste s’attachant à voir dans chaque scène «Western» un sous-texte homosexuel, mais Gil sait décrire avec justesse et humour le curieux duo. Blackthorn est de toute évidence le «dominant», et Eduardo le «dominé»… si celui-ci crève de chaud, Blackthorn l’arrose grâce au tuyau d’une citerne. S’il se retrouve les fesses en sang, suite à une cavalcade effrénée de plusieurs heures, Blackthorn lui passe la pommade ! Il va aussi lui offrir le gîte et le maigre couvert, voyant finalement en lui un écho de son vieux copain Sundance, une amitié exclusive qui allait jusqu’au «partage» amoureux de la même femme, Etta…     

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Blackthorn a un credo simple : la liberté, l’amitié, l’amour de la vie sont plus importants que l’argent gagné ou volé. La simplicité d’âme du Vieil Ouest, en quelque sorte, qui est «réveillée» par des situations familières : vol de cheval, poursuite dans le désert, attaque d’une mine, etc. Blackthorn croit revivre ses années de jeunesse en compagnie d’Eduardo. Celui-ci, ingénieur madrilène paumé (Eduardo Noriega, visage familier des films d’Amenabar et Gil), croit très prosaïquement que l’argent va lui offrir une seconde chance… La fin justifie les moyens, même discutables, à ses yeux. Comme le remarque Blackthorn, Eduardo est un «Conquistador» dans l’âme, venu en Amérique marcher sur les traces d’ancêtres persuadés de leur «supériorité» coloniale de civilisés, et qui méprise forcément les Indiens. Gil place des indices à ce sujet : les poursuivants de Blackthorn et Eduardo, formant une autre «horde sauvage», nous ont été présentés comme des assassins au service d’un patron impitoyable. Or, chacune de leurs apparitions sème le trouble, même lors de l’éprouvant affrontement dans le désert salé ; tous sont des Indiens Boliviens, les descendants des Incas exploités… Même les deux intimidantes «chasseuses de primes», venues chercher des noises à Blackthorn dans sa ferme, laissent la place au doute. La révélation de leurs motivations fera l’effet d’une douche froide au vieil homme, et mettra en plein jour la duplicité de son jeune partenaire. Il y a bien une amitié entre les deux hommes, mais elle est ternie et trahie, loin de la «mythification» positive de celle de Butch et Sundance, évoquée par des flashes-backs.    

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Impossible de ne pas conclure ce texte sans saluer la prestation de Sam Shepard, qui domine BLACKTHORN de sa carrure de «old timer» accompli. Acteur et dramaturge réputé, Shepard est dans la vie réelle un amoureux de la vie au grand air et des balades à cheval, et a forcément flirté souvent avec le Western dans sa filmographie – personne n’a oublié sa prestation de L’ETOFFE DES HEROS, dans le rôle de Chuck Yeager, pilote de légende et cavalier émérite poursuivant sa belle dans le désert. On peut aussi citer rapidement ses rôles dans le film policier CŒUR DE TONNERRE, en plein territoire Indien, ou le film DE SI JOLIS CHEVAUX au titre si évocateur. Shepard a définitivement «sauté le pas» dans L’ASSASSINAT DE JESSE JAMES PAR LE LÂCHE ROBERT FORD, avec Brad Pitt et Casey Affleck. Sa belle gueule burinée par le soleil et son laconisme mélancolique sont donc idéaux pour camper un Butch Cassidy vieillissant.  Il ne reste plus au final qu’à Blackthorn / Butch qu’à quitter la Bolivie par les Andes, là où jadis son meilleur ami a rendu son dernier souffle, et à tenter de rejoindre un mystérieux Ryan, le fils d’Etta Place… Un fils dont on ne saura jamais si il est celui de Butch ou du Kid ; pas plus qu’on ne saura si «Blackthorn» a pu enfin échapper à cette satanée armée bolivienne dans les montagnes andines. Une belle ambiguïté finale de la part de Matéo Gil, qui laisse son anti-héros rejoindre finalement sa légende.   

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Ludovic Fauchier, Blog Cassidy   

La Fiche Technique :   

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BLACKTHORN  

Réalisé par Matéo GIL   Scénario de Miguel BARROS     Avec : Sam SHEPARD (James Blackthorn, alias Butch Cassidy), Eduardo NORIEGA (Eduardo Apodaca), Stephen REA (Mackinley), Nikolaj COSTER-WALDAU (Butch Cassidy jeune), Padraic DELANEY (Sundance Kid), Magaly SOLIER (Yana), Dominique McELLIGOTT (Etta Place), Luis BREDOW (le Docteur), Cristian MERCADO (le Général de l’Armée Bolivienne), Daniel AGUIRRE (Ivan)     Produit par Ibon CORMENZANA, Andrés SANTANA et Paolo AGAZZI (Arcadia Motion Pictures / Aiete-Ariane Films S.A. / Quickfire Films / Pegaso Producciones / Noodles Production / Buena Suerte / Eter Pictures / Nix Pictures)   Producteur Exécutif Jan PACE     Musique Lucio GODOY   Photo Juan Ruiz ANCHIA   Montage David GALLART   Casting Wendy ALCAZAR et Jina JAY    Direction Artistique Juan Pedro De GASPAR   Costumes Clara BILBAO  1er Assistant Réalisateur Guillermo ESCRIBANO    Son Dani FONTRODONA   Montage Son et Design Sonore Fabiola ORDOYO    

Distribution ESPAGNE : Vertice Cine / Distribution FRANCE : Bac Films / Distribution USA : Magnolia Pictures    Durée : 1 heure 35  

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