Archives pour mai 2012

Tim Burton, Johnny Depp et Helena Bonham-Carter – le mini-guide

Petit cadeau bonus à l’occasion de la sortie de DARK SHADOWS… Voici un mini-guide spécial «Tim Burton, Johnny Depp & Helena Bonham Carter», une revue rapide de leurs films précédents (avec les têtes différentes des comédiens transformés à l’occasion de chaque film !).

 

Tim Burton, Johnny Depp et Helena Bonham-Carter - le mini-guide dans Mini-guide Johnny-Depp-Edward-aux-Mains-dArgent

EDWARD AUX MAINS D’ARGENT (1990)

L’histoire : Edward (Johnny Depp), un jeune homme artificiel, est affublé de ciseaux démesurés à la place de ses mains, son inventeur (Vincent Price) étant mort avant d’avoir pu les lui donner. Solitaire et craintif, il est recueilli par Peg Boggs (Dianne Wiest), représentante en cosmétiques, qui fait de lui un membre à part entière de sa famille. Mais, dans le petit monde confortable de la banlieue, la présence d’Edward détonne ; et il est amoureux de Kim (Winona Ryder), la fille de Peg…

 

L’avis : magique, il n’y pas d’autre mot pour désigner le film qui marqua en fanfare les débuts de l’association Johnny Depp-Tim Burton. Relecture toute personnelle des vieux films de Frankenstein, EDWARD… est aussi un autoportrait de Burton à peine dissimulé. L’histoire d’amour est touchante, la description de la banlieue et du conformisme de ses habitants fait mouche. Et la musique de Danny Elfman est entrée dans la mémoire collective.

 

Le meilleur moment de Johnny Depp : difficile d’en séparer un, dans ce film plein de moments privilégiés. Son impassible réaction quand Dianne Wiest lui tartine le visage de lotions colorées ; quand il provoque l’orgasme de Kathy Baker en lui coupant les cheveux ; quand il coupe la mèche d’un gentil toutou venu s’asseoir à ses côtés… Une scène inoubliable, enfin, celle où il assiste à la mort de son inventeur (Vincent Price)…

 

Johnny-Depp-Ed-Wood-réalisateur-enthousiaste... dans Mini-guide

ED WOOD (1994)

L’histoire : les déboires d’Edward D. Wood Jr. (Depp), jeune cinéaste au début de sa carrière dans les années 1950 ; persuadé de son talent, rêvant de percer à Hollywood, Wood va enchaîner les tournages de plus en plus fauchés, entouré d’une bande de bras cassés qui lui resteront loyaux ; parmi eux, une légende déchue en fin de carrière, Bela Lugosi (Martin Landau), star des films d’épouvante ayant sombré dans la misère et la drogue…

 

L’avis : honteusement oublié par le Jury du Festival de Cannes de 1995, ED WOOD reste une des plus belles déclarations d’amour au Cinéma, tout en prenant le contrepoint total des «biopics» traditionnelles. Entre l’humour (les reconstitutions des tournages «galères») et la tristesse, le film trouve son équilibre parfait. Depp est excellent, Martin Landau est inoubliable et fut récompensé à juste titre de l’Oscar du Meilleur Second Rôle.

 

Johnny-Depp-Ed-Wood-travesti-

Le meilleur moment de Johnny Depp dans le film : difficile de trancher là encore, tant il y en a… Morceaux choisis : quand il tente de vendre des projets foireux à un grand ponte («Docteur… Acula !») ; sa réaction au rejet de ce dernier («le pire film que vous ayiez jamais vu ? … Hé bien, le prochain sera bien meilleur !») ; toutes ses scènes avec Martin Landau, notamment celle, irrésistible, du tournage de GLEN OR GLENDA («Bivère…. Poul ze strinks ! Poul ze strinks !!») ; la danse des sept voiles en fête de tournage ; et la rencontre avec Orson Welles qui va le galvaniser pour son «chef-d’œuvre» ultime, PLAN 9…

 

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SLEEPY HOLLOW (1999)

 

L’histoire : adaptation libre du récit de Washington Irving, «La Légende du Val Endormi» ; à la fin du 18ème siècle, Ichabod Crane (Depp) un jeune inspecteur féru de science, se rend à Sleepy Hollow pour enquêter sur des meurtres en série que la population effrayée attribue à un spectre terrifiant, le Cavalier Sans Tête (Christopher Walken et Ray Park). D’abord sceptique, Ichabod réalise que le Cavalier est bien réel et tente de protéger la jolie Katrina Van Tassel (Christina Ricci) de la malédiction qui s’abat sur sa famille…

 

L’avis : après la déconvenue d’un SUPERMAN avorté par le studio Warner Bros., Burton revient aux univers gothiques macabres qu’il affectionne. Le film, particulièrement saignant et macabre (Burton va même très loin en filmant le massacre d’une famille entière par le Cavalier) est visuellement splendide, recréant les ambiances des films de la Hammer et de Mario Bava. On pardonnera les excès du scénario pour mieux apprécier l’ambiance du film. Et encore une très belle musique signée de l’ami Danny Elfman.

 

Le meilleur moment de Johnny Depp dans le film : ses évanouissements de jeune fille, qui ponctuent le film… Et la séquence où Ichabod Crane a une façon bien à lui de jouer aux EXPERTS sur les lieux d’un meurtre. Il sermonne le docteur local, peu au courant des nouvelles procédures policières :

«Il ne faut jamais déplacer le cadavre !

Pourquoi ?

- (silence gêné d’Ichabod)… parce que.»

 

Helena-Bonham-Carter-Ari-La-Planète-des-Singes

LA PLANETE DES SINGES (2001)

L’histoire : l’astronaute Leo Davidson (Mark Wahlberg) plonge dans une tempête spatiale électromagnétique pour sauver un de ses singes cobayes, Périclès… Mais, égaré dans l’espace et le temps, Leo fait naufrage sur une planète inconnue, où les humains réduits à l’état sauvage sont chassés, tués ou réduits en esclavage par des singes évolués. Déterminé à fuir cette planète infernale au plus vite, Leo entraîne à sa suite des fugitifs, dont la chimpanzée Ari (Helena Bonham Carter), et doit échapper à la fureur du redoutable Général Thade (Tim Roth)…

 

L’avis : Tim Burton n’est pas satisfait de cette nouvelle adaptation du roman de Pierre Boulle, très éloignée du classique avec Charlton Heston. L’histoire est franchement décousue, le protagoniste principal manque de personnalité face à des singes bien plus réussis, et les scènes de batailles n’intéressent pas vraiment Burton, qui préfère laisser libre cours à sa fantaisie habituelle dans les séquences de la Cité des Singes. Il reste que le film marque un point important pour le cinéaste, puisqu’il fait jouer pour la première fois Helena Bonham Carter, sa future épouse.

 

Le meilleur moment d’Helena Bonham Carter : si l’actrice se fait voler la vedette par Tim Roth durant le dîner officiel entre singes, elle a droit à un traitement de faveur durant tout le film, jouant la plus sensible et charmante guenon que l’on ait jamais vu dans un film. Mark Wahlberg est presque prêt à rester auprès d’elle, voyez leur échange de regards au moment de la séparation finale…

 

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BIG FISH (2003)

L’histoire : quand il apprend que son père Edward (Albert Finney) est mourant, Will Bloom (Billy Crudup) rentre au pays avec sa compagne Joséphine (Marion Cotillard). En froid avec ce père fantaisiste, qui adore raconter des histoires fantastiques sur sa vie, Will renoue peu à peu avec lui, tandis qu’il raconte l’histoire de sa vie en jeune homme (Ewan McGregor), croisant des géants, des sirènes et des loups-garous avant de tomber amoureux de Sandra (Allison Lohman)…

 

L’avis : marqué par le décès de son père, et lui-même sur le point de devenir père pour la première fois, Burton trouve dans BIG FISH le sujet idéal pour parler de la paternité, de la transmission filiale. Un très beau film où le cinéaste adapte sa fantaisie visuelle habituelle à plus de gravité, de maturité, dans un scénario solide. Le casting d’ensemble est parfait, avec une préférence pour le père vieillissant joué par Albert Finney.

 

Helena-Bonham-Carter-Jenny-Big-Fish

Le meilleur moment de Helena Bonham Carter : l’actrice tient un double rôle, étant à la fois l’inquiétante Sorcière borgne, et Jenny, la jeune femme du sud au cœur solitaire. Son apparition en sorcière montrant au jeune Edward Bloom sa mort future est un premier moment fort ; ses retrouvailles, en tant que Jenny, avec Edward (McGregor), forment une jolie scène douce-amère.

 

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CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE (2005)

L’histoire : un jeune garçon très pauvre, Charlie Bucket (Freddie Highmore), découvre par hasard un des cinq tickets gagnants invitant à la visite de la fabuleuse chocolaterie de Willy Wonka (Depp), inventeur-confiseur génial et reclus. Avec son grand-père, Charlie découvre les secrets de fabrication de Wonka. Quatre autres enfants, odieux garnements, et leurs parents, sont également de la visite. Mais qui sera l’heureux héritier de l’étrange Willy Wonka ?

 

L’avis : l’adaptation du classique écrit par Roald Dahl permet à Burton de déchaîner sa créativité. L’histoire reste simple, assez prévisible parfois, mais toujours pleine d’idées étoffant le récit original. Visuellement, c’est un régal. Et Depp est parfait en incarnant un Willy Wonka parfois inquiétant…

 

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Le meilleur moment de Johnny Depp et Helena Bonham Carter : premier film en commun des deux acteurs, CHARLIE ne leur offre pas vraiment de scènes communes. Volontairement en retrait, Helena Bonham Carter joue l’aimante maman de Charlie, le temps de quelques scènes où elle cuisine les choux toute la journée ! Depp déguisé en Willy Wonka se livre à un festival de scènes cultes : son entrée en scène, avec la chanson à sa gloire façon «It’s A Small World» qui tourne à la catastrophe ; ses appels des Oumpas-Loumpas, en imitant le cri du dindon (comme Jacques Villeret dans LA SOUPE AUX CHOUX !) ; la transformation du Monolithe de 2001 L’ODYSSEE DE L’ESPACE en tablette de chocolat ; les bafouillis répétés de Willy Wonka dès qu’il prononce le mot «parent»…

 

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CORPSE BRIDE – LES NOCES FUNEBRES (2005)

L’histoire : pauvre Victor Van Dort (Depp) ! Ce gentil et timide jeune homme doit épouser par convenance Victoria Everglot (Emily Watson), mais sa maladresse l’empêche de prononcer les vœux de fiançailles… S’entraînant dans la forêt à passer le futur anneau de mariage sur ce qu’il croit être une branche morte, Victor a la surprise de voir que ladite branche est en fait la main d’une morte, Emily (Bonham Carter), qui se retrouve ramenée à la vie, et se croit de fait fiancée au jeune homme terrorisé…

 

L’avis : douze ans après NIGHTMARE BEFORE CHRISTMAS (L’ETRANGE NOËL DE MONSIEUR JACK), Tim Burton revient au cinéma d’animation en stop-motion. Un film gothique, très gracieux, où les vivants sont bien «morts» de conformisme, alors que les morts, eux, s’amusent bien ! Un seul petit regret, peut-être ? Que le héros choisisse d’épouser finalement la sage fille de bonne famille plutôt que la charmante morte-vivante, véritable héroïne du film…

 

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Le meilleur moment de Johnny Depp et Helena Bonham Carter : certes, c’est un film d’animation, où les acteurs n’assurent «que» le doublage de leurs personnages… ce qui n’enlève rien au crédit du film, bien au contraire. On aura une préférence pour le duo au piano, où Victor rattrape une précédente gaffe, et marque ainsi des points avec la belle trépassée Emily !

 

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SWEENEY TODD (2007)

L’histoire : le barbier Benjamin Barker (Depp) a jadis perdu sa femme Lucy et leur petite fille, par la faute de l’odieux Juge Turpin (Alan Rickman) qui l’a envoyé en prison à l’autre bout du monde. Revenu à Londres, Barker se fait désormais appeler Sweeney Todd, et apprend par la misérable cuisinière Mrs. Lovett (Bonham Carter) que Lucy est morte après avoir été violée par le Juge. Todd prépare une vengeance sanglante, à coup de rasoirs, aidé par Mrs. Lovett qui va cacher les traces des meurtres en recyclant les cadavres en viande pour tourte…

 

L’avis : une fausse bonne idée ? La comédie musicale macabre de Stephen Sondheim semblait pourtant faite pour Burton, qui revient dans l’ambiance horrifique gothique de son précédent SLEEPY HOLLOW… C’est sans doute le film le plus noir, radical, jamais tourné à ce jour par le cinéaste, mais il reste insatisfaisant : le scénario doit tailler dans le matériel de départ, alourdi par trop de chansons qui ne restent pas dans les mémoires. On se console en appréciant l’ambiance visuelle du film, et le jeu des acteurs, notamment Bonham Carter, Alan Rickman en juge libidineux et Sacha Baron Cohen en barbier concurrent, très «Freddie Mercury», au faux accent italien !

 

Le meilleur moment de Johnny Depp et Helena Bonham Carter : quel dommage que les chansons soient aussi faiblardes en général… à sauver, le duo «A Little Priest» où les deux complices choisissent en chantant qui va finir en pâtée. Et le final funeste, sanglant et volontairement grand-guignolesque, qui finit très mal pour les deux vedettes.

 

Johnny-Depp-le-Chapelier-Fou-Alice-in-Wonderland

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES (2010)

L’histoire : vingt ans après avoir vécu ses aventures oniriques au Pays des Merveilles, la petite Alice est maintenant une jeune femme (Mia Wasikowska) qui va devoir se marier à un benêt. Mais, en suivant un Lapin Blanc familier, elle fuit la cérémonie officielle et tombe de nouveau dans un trou, la menant vers le Pays des Merveilles où tout a bien changé depuis son dernier voyage… Alice a tout oublié de ses précédentes aventures, et seuls quelques vieux amis, dont le Chapelier Fou (Depp), peuvent l’aider à combattre la colérique Reine Rouge (Bonham Carter) ennemie de sa sœur la Reine Blanche (Anne Hathaway)…

 

L’avis : hum hum (…d’Umbridge)… le film est assez symptomatique des défauts de Burton en tant que cinéaste. Comme toujours, la création visuelle unique surclasse tout le reste, et ALICE est inattaquable sur cet aspect. Du point de vue narratif, par contre… le film part régulièrement en roue libre, et il est difficile de s’intéresser au traitement très «heroic fantasy» au goût du jour de cette adaptation de Lewis Carroll.

 

Helena-Bonham-Carter-la-Reine-Rouge-Alice-au-Pays-des-Merveilles

Le meilleur moment de Johnny Depp et Helena Bonham Carter : difficile à trouver, pour une fois… Depp cabotine ici sans trop réussir à plaire, faisant du Chapelier un quasi clone de son Willy Wonka. Personne n’est parfait. On préfèrera les scènes de colère capricieuse de Miss Bonham Carter, affublée d’une tête démesurée et tyrannisant tout le monde avec délices. Ne volez pas ses tartes !

DARK SHADOWS – la fiche technique et l’histoire

DARK SHADOWS - la fiche technique et l'histoire dans Fiche et critique du film Dark-Shadows-b

DARK SHADOWS

Réalisé par Tim BURTON   Scénario de Seth GRAHAM-SMITH, d’après la série télévisée créée par Dan CURTIS  

 

Avec : Johnny DEPP (Barnabas Collins), Michelle PFEIFFER (Elizabeth Collins Stoddard), Helena BONHAM CARTER (Docteur Julia Hoffman), Eva GREEN (Angélique Bouchard), Jackie Earle HALEY (Willie Loomis), Jonny Lee MILLER (Roger Collins), Bella HEATHCOTE (Josette DuPrès / Victoria Winters), Chloë Grace MORETZ (Carolyn Stoddard), Gulliver McGRATH (David Collins), Christopher LEE (le Capitaine Clarney) et ALICE COOPER dans son propre rôle

Caméo de Jonathan FRID (un Invité au Bal)

 

Produit par Christi DEMBROWSKI, Johnny DEPP, Katterli FRAUENFELDER, Derek FREY, David KENNEDY, Graham KING et Richard D. ZANUCK (Dan Curtis Productions / GK Films / Infinitum Nihil / Tim Burton Productions / Village
Roadshow Pictures / Warner Bros. Pictures / The Zanuck Company)   Producteurs Exécutifs Bruce BERMAN, Nigel GOSTELOW, Tim HEADINGTON et Chris LEBENZON  

Musique Danny ELFMAN   Photo Bruno DELBONNEL   Montage Chris LEBENZON  Casting Susie FIGGIS 

Décors Rick HEINRICHS   Direction Artistique Chris LOWE, Neal CALLOW, Dean CLEGG, Christian HUBAND, Jason KNOX-JOHNSON et Phil SIMS   Costumes Colleen ATWOOD  

1er Assistant Réalisateur Katterli FRAUENFELDER 

Mixage Son Tony DAWE, Tom JOHNSON et Ian SANDS  Montage Son et Effets Spéciaux Sonores Julian SLATER 

Effets Spéciaux Visuels Angus BICKERTON, Mark BREAKSPEAR, Christophe DUPUIS, Eddy RICHARD et Anton YI (4DMax / BUF / Method Studios / MPC / The Senate Visual Effects)  Effets Spéciaux de Maquillages Kristyan MALLETT   Effets Spéciaux de Plateau Joss WILLIAMS  

Distribution USA et INTERNATIONAL: Warner Bros. Pictures  

Durée : 1 heure 53  Caméras : Arricam LT 

 

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L’Histoire :

parti en 1760 pour le nouveau monde avec ses parents, le jeune Barnabas Collins assista à l’émergence de la ville de Collinsport, fondée par son père, enrichi par le commerce de la conserverie de poissons, et fut l’heureux héritier du nouveau et splendide manoir de Collinwood. Devenu un séduisant jeune homme, Barnabas rejeta l’amour d’une servante, Angélique Bouchard, pour épouser Josette DuPrès. Furieuse d’avoir été éconduite, Angélique se vengea par la sorcellerie, faisant tuer les parents de Barnabas, puis envoûtant Josette, la poussant à se suicider en se jetant du haut des falaises du domaine. Barnabas, maudit par Angélique, fut changé en vampire, et enterré vivant… 

1972. Victoria Winters arrive à Collinwood, pour devenir la nouvelle gouvernante chez les derniers membres de la déchue famille Collins. Elizabeth Collins Stoddard veille de son mieux sur la famille déclinante, aux côtés de son frère Roger, et de leurs enfants respectifs Carolyn et David. Victoria fait aussi la connaissance de Willie Loomis, l’homme à tout faire du manoir, et de la psychiatre Julia Hoffman, chargée de soigner le petit David, qui depuis la mort accidentelle de sa mère, croit voir des fantômes partout…

Victoria, pour sa première nuit au manoir, découvre que le manoir est effectivement hanté par le spectre de Josette, annonçant le retour de Barnabas. Cette même nuit, des ouvriers déterrent par accident le cercueil de ce dernier. Après avoir tué les malheureux, Barnabas se rend à Collinwood. Il convainc Elizabeth qu’il est effectivement l’ancêtre de sa famille, et cache bien mal sa condition de vampire au reste de la famille, interloquée par ce drôle d’individu qui continue à parler comme au 18ème Siècle et fuit le soleil. Angélique, toujours vivante grâce à la sorcellerie, est aussi la maîtresse de la ville, ayant ruiné les affaires de la famille Collins pour s’enrichir, apprend la nouvelle du retour de son ancien amant…

Le Vampire de ces Dames – DARK SHADOWS

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DARK SHADOWS, de Tim Burton

 

Impressions :

Tim Burton et Johnny Depp, les extra-terrestres du cinéma américain, se retrouvent donc pour la 8ème fois en 22 ans de carrière. Tour à tour homme artificiel perdu dans la banlieue américaine, cinéaste travesti roi de la série Z, inspecteur froussard égaré chez les spectres, confiseur mégalomane, timide fiancé d’une charmante morte-vivante, barbier sanguinaire et chapelier fou, Johnny Depp incarne cette fois-ci pour Burton un vampire tourmenté, Barnabas Collins, héros de ce DARK SHADOWS bien évidemment «burtonien» en diable.

 

Le Vampire de ces Dames - DARK SHADOWS dans Fiche et critique du film Dark-Shadows-la-série-télé-300x248

DARK SHADOWS, c’est avant tout une véritable institution aux USA, une série télévisée créée et produite par Dan Curtis, vétéran de la télévision américaine rompu au Fantastique (il réalisa dans les années 1970 une adaptation réussie de DRACULA avec Jack Palance, entre autres). En 1966, Curtis lança DARK SHADOWS, un soap-opéra très particulier, mêlant les ressorts mélodramatiques traditionnels au genre à un contexte gothique fantastique. Près de 600 épisodes tournés entre 1966 et 1972, narrant les tourments de Barnabas Collins (Jonathan Frid), vampire humain luttant contre sa condition maléfique, et revenu parmi ses descendants. Ainsi, les ménagères américaines et leurs enfants pouvaient donc apprécier des histoires à la Edgar Poe remplies de fantômes, de spectres et de châteaux hantés. Ce décalage ne pouvait que plaire à Tim Burton, qui depuis longtemps déjà adore les télescopages entre l’univers douillet et anesthésiant de l’American Way of Life avec les monstres hantant son imaginaire.

Pour porter à l’écran sa vision très particulière du film de vampires, Burton s’est adjoint l’aide d’un écrivain scénariste très particulier. Nouveau fleuron de la génération «geek», Seth Grahame-Smith, 36 ans, affiche un CV bien barré. Il a écrit les romans ORGUEIL ET PREJUGES ET ZOMBIES (détournement du classique de Jane Austen, désormais envahi par des
hordes de morts-vivants à l’heure du thé dans les jardins anglais) et ABRAHAM LINCOLN CHASSEUR DE VAMPIRES, au titre explicite. Grahame-Smith a aussi écrit, entre autres joyeusetés, THE BIG BOOK OF PORN (une fiction historique sur l’histoire du cinéma X), une étude sur Spider-Man et le guide HOW TO SURVIVE A HORROR MOVIE… un allumé de première, donc, qui était fait pour rejoindre l’univers «burtonien».

 

 

Dark-Shadows-a dans Fiche et critique du film

Sous l’auspice de Burton et Grahame-Smith, le film DARK SHADOWS devient un choc frontal entre les deux aspects visuels dominants de la filmographie du cinéaste – le mélange du Burton «gothique noir dépressif» (celui de BATMAN RETURNS, SLEEPY HOLLOW, CORPSE BRIDE, SWEENEY TODD) et du Burton «acidulé excentrique» (celui de PEE-WEE, BEETLEJUICE, MARS ATTACKS !, CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE). Ce mélange des genres a de quoi dérouter même les habitués de ses films… DARK SHADOWS pratique en effet la rupture de ton permanente entre l’humour décalé et l’effroi à l’ancienne. Rupture effectuée souvent avec bonheur, mais parfois inachevée.

Plutôt que de transposer l’histoire à notre époque, Burton choisit de respecter l’époque où la série triomphait sur les petits
écrans. Le vampire Barnabas, d’un sérieux gothique absolu, découvre donc le monde étrange de la libération sexuelle, du flower power et d’autres coutumes absurdes à ses yeux. Burton ne se prive pas de créer des gags à son goût (comme la découverte d’une enseigne McDonald’s par Barnabas, qui voit en elle la marque du Diable !). Son regard sur une époque qu’il a connu dans sa jeunesse offre les meilleures scènes du film, jouant sur le double décalage des situations : les réactions de Barnabas, le «freak» burtonien dans toute sa splendeur, sur les mœurs de l’époque, déjà bien anachroniques pour nos yeux de spectateurs de 2012, fait tout le charme du film. Il permet à l’occasion de décrire une nouvelle famille américaine n’ayant rien à envier à celles de BEETLEJUICE ou EDWARD AUX MAINS D’ARGENT par son matérialisme satisfait…

Ce double décalage peut cependant être problématique, parfois. Le film donne parfois l’impression que Burton fait du Burton, sur un sujet taillé sur mesure mais sans risque pour lui. Les scènes du film sont ainsi d’intérêt variable. La meilleure étant le sit-in nocturne de Barnabas avec d’inoffensifs hippies ; il discute poliment, partage leur point de vue sur le monde… puis, cédant à son instinct de vampire, les tue tous, en restant parfaitement courtois ! On est dans le mélange «rire et effroi» propre à l’auteur de BEETLEJUICE et MARS ATTACKS.

A l’opposé, la scène la moins réussie est sûrement la confrontation finale, truffée de rebondissements téléphonés, mal amenés. Peut-être est-ce volontaire de la part du cinéaste et de son scénariste. Les rebondissements en question sont tout à fait typiques d’un soap opéra, ce qu’était DARK SHADOWS après tout. Reconnaissons que les films de Burton tirent avant
tout leur force de leur qualité esthétique, plutôt que de scénarii élaborés – avec quand même d’heureuses exceptions pour ses meilleurs films, la «trilogie des Edward» : EDWARD, ED WOOD et BIG FISH. Pas étonnant que ceux-ci soient ses œuvres les plus personnelles.

 

 

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D’autre part, saluons le travail fourni par Burton et son scénariste pour ne pas éluder l’aspect sexuel du récit de vampires… Encore qu’ils ne se privent pas de tordre le cou aux clichés d’usages, mettant une bonne touche de folie dans les scènes en question. DARK SHADOWS nous montre un vampire certes romantique, au sens «mélo à l’ancienne» du terme, mais pas chaste pour autant. Les femmes qui gravitent autour de Barnabas tombent toutes, à des degrés divers, sous son charme. Au très pudique amour entre le vampire et la gouvernante, réincarnation de sa défunte fiancée, Burton oppose des relations bien plus osées. Une attirance sous-entendue entre Barnabas et la jeune Carolyn, l’ado «burtonienne» par excellence ; le sous-entendu est évident quand Barnabas reluque la lava-lampe rouge sang trônant dans la chambre de la jeune fille… Plus gratinée encore, une scène où la doctoresse alcoolique jouée par Helena Bonham-Carter gratifie notre vampire d’une petite gâterie improvisée… et l’affrontement grivois entre Barnabas et la sorcière Angélique (Eva Green) qui tourne au «sex fight» en apesanteur ! Loin d’être un cinéaste pour enfants sages, Tim Burton ne se censure pas à l’occasion ; qu’on se souvienne du dépucelage raté d’Edward aux Mains d’Argent, d’une Catwoman branchée SM chez Batman, ou de l’affolante espionne Martienne invitée par un conseiller présidentiel libidineux dans MARS ATTACKS… DARK SHADOWS poursuit la voie.

 

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Fidèle à ses habitudes, Burton retrouve une troupe de comédiens parfaitement à l’aise dans son univers. A commencer bien sûr par l’inusable Johnny Depp, d’un sérieux pince-sans-rire absolu en toute circonstance, et Helena Bonham Carter, qui s’amuse à créer un nouveau personnage excentrique dans une galerie déjà bien fournie par son époux réalisateur. On saluera aussi le grand retour de Michelle Pfeiffer (Catwoman forever !!) dans l’univers Burton ; à leurs côtés, Eva Green campe une sorcière déjantée (qui connaîtra une fin joliment graphique), et la jeune Chloë Grace Moretz (révélation de KICK-ASS et HUGO CABRET) assure son parcours de future star. Et, le meilleur étant pour la fin, n’oublions pas les guest stars spéciales : la mémorable apparition d’Alice Cooper («la femme la plus hideuse que j’aie jamais vu !») dans son propre rôle, et celle de Christopher Lee en vieux marin. Impensable de ne pas faire un film de vampires sans inviter Dracula en personne.

 

Voilà quelques menus plaisirs qui font passer les réserves que l’on peut avoir sur ce DARK SHADOWS de bonne facture, suffisamment plaisant pour faire oublier le mauvais souvenir d’ALICE AU PAYS DES MERVEILLES… Maintenant, on attend quand même que Tim Burton revienne à des films plus personnels ; espérons que son FRANKENWEENIE, «auto-remake» en film d’animation de son court-métrage réalisé en 1984, sera l’un de ceux-là.

 

Ludovic Fauchier, blogueur «dark».



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