Archives pour août 2012

THE DARK KNIGHT RISES – la fiche technique et l’histoire

THE DARK KNIGHT RISES - la fiche technique et l'histoire dans Fiche et critique du film The-Dark-Knight-Rises-03

THE DARK KNIGHT RISES

Réalisé par Christopher NOLAN   Scénario de Jonathan NOLAN et Christopher NOLAN, d’après la bande dessinée créée par Bob KANE (DC Comics)

Avec : Christian BALE (Bruce Wayne, alias Batman), Michael CAINE (Alfred Pennyworth), Marion COTILLARD (Miranda Tate), Morgan FREEMAN (Lucius Fox), Joseph GORDON-LEVITT (Inspecteur John R. Blake), Tom HARDY (Bane), Anne HATHAWAY (Selina Kyle, alias Catwoman), Gary OLDMAN (Commissaire James Gordon), Matthew MODINE (l’Inspecteur Foley), Alon ABOUTBOUL (Docteur Leonid Pavel), Ben MENDELSOHN (John Daggett), Burn GORMAN (Stryver), Juno TEMPLE (Jen), Nesto CARBONELL (Anthony Garcia, le Maire),

Caméos : Aaron ECKHART (Harvey Dent, alias Two-Face), Cillian MURPHY (Jonathan Crane, alias l’Épouvantail), Liam NEESON (Henri Ducard, alias Râ’s Al Ghul) et Linus ROACHE (Thomas Wayne)

Produit par Christopher NOLAN, Charles ROVEN, Emma THOMAS, Jordan GOLDBERG et Dileep SINGH RATHORE (Warner Bros. Pictures / Legendary Pictures / Syncopy / DC Entertainment)   Producteurs Exécutifs Kevin De La NOY, Benjamin MELNIKER, Michael E. USLAN et Thomas TULL

Musique Hans ZIMMER   Photographie Wally PFISTER   Montage Lee SMITH   Casting John PAPSIDERA et Toby WHALE

Décors Nathan CROWLEY et Kevin KAVANAUGH   Direction Artistique James HAMBRIDGE, Naaman MARSHALL, Toby BRITTON, Kate GRIMBLE, Zack GROBLER, Jonathan Kevin ONG, Tom STILL, Gerald SULLIVAN, Su WHITAKER, Dean WOLCOTT et Robert WOODRUFF   Costumes Lindy HEMMING

1ers Assistants Réalisateurs Nilo OTERO et Udayan BAIJAL   Cascades Tom STRUTHERS et Buster REEVES

Mixage Son Gregg LANDAKER et Gary RIZZO   Montage et Effets Spéciaux Sonores Richard KING

Effets Spéciaux Visuels Pete BEBB, Paul J. FRANKLIN et Andrew LOCKLEY (Double Negative / New Deal Studios / Special Eye Effects)   Effets Spéciaux de Maquillages Conor O’SULLIVAN   Effets Spéciaux de Plateau Chris CORBOULD

Distribution USA et INTERNATIONAL : Warner Bros. Pictures   

Durée : 2 heures 32  Caméras : IMAX MSM 9802, Panavision Panaflex Millennium XL 2 et Panaflex System 65 Studio

 

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L’histoire :

Huit ans se sont écoulés depuis la mort de Harvey Dent, le procureur général de Gotham City devenu le criminel meurtrier Two-Face. Ayant endossé volontairement la responsabilité des meurtres commis par Dent, Batman, alias Bruce Wayne, s’est retiré. Seul homme à savoir ce qu’il s’est réellement passé la nuit de la mort de Dent, le Commissaire James Gordon, allié de Batman, a juré de garder le secret. Aux yeux de l’opinion publique, Batman est devenu l’ennemi, laissant les honneurs posthumes à Dent. Depuis, Gotham a retrouvé un calme relatif dans ses rues, devenues sûres grâce aux lois promulguées au nom de Dent.

Mais à l’autre bout du monde, une opération secrète de la CIA tourne mal. L’extradition d’un physicien nucléaire, le Docteur Pavel, est empêchée par le dangereux Bane, terroriste masqué, chef proclamé de la Ligue des Ombres. Bane tue les agents de sang-froid et enlève Pavel en plein ciel.

Pendant ce temps, Bruce Wayne n’a jamais récupéré de ses blessures passées. Il vit en reclus dans son manoir, laissant son entreprise péricliter, et n’a plus repris l’identité de Batman. Le soir où l’élite de Gotham célèbre le Jour de Harvey Dent à son domicile, une serveuse, Selina Kyle, s’aventure dans l’aile privée du manoir
Wayne. Surprise par Bruce, la jeune femme, habile cambrioleuse, s’enfuit avec un collier de perles. Mais Bruce enquête et comprend que le vol ne concernait pas le collier… Selina s’est en réalité emparée des traces d’empreintes digitales du milliardaire pour les revendre chèrement à John Daggett, un membre du Comité Administratif de Wayne Enterprises.

La transaction entre Selina et Stryver, l’homme de main de Daggett, tourne à la fusillade ; appelés à l’aide, Gordon et ses hommes poursuivent les criminels dans les souterrains. Le commissaire, isolé et piégé, rencontre Bane et son armée souterraine, prête à surgir en masse à la surface. Blessé, il s’enfuit par miracle, sauvé par John Blake, un jeune policier impulsif. Ses avertissements ne sont pas pris au sérieux.

Physiquement diminué, Bruce Wayne, malgré les mises en garde de son dévoué majordome Alfred, repart dans sa lutte contre le crime, pour retrouver la trace de la féline cambrioleuse. Bruce rencontre Blake, qui l’a démasqué et se reconnaît en lui, et la séduisante Miranda Tate, qui recherche des fonds pour son projet d’énergie propre développée par Fox. Personne ne réalise encore quel ouragan de violence va se déchaîner sur Gotham, en la personne de Bane, venu achever l’œuvre terroriste «purificatrice» de Râ’s Al Ghûl, le défunt mentor criminel de Batman …

Le meilleur des Temps, le pire des Temps – THE DARK KNIGHT RISES, 2ème partie

Le meilleur des Temps, le pire des Temps - THE DARK KNIGHT RISES, 2ème partie dans Fiche et critique du film The-Dark-Knight-Rises-01

Il nous faut bien, malheureusement, revenir un instant sur la tragédie d’Aurora… Il n’a pas fallu bien longtemps pour voir fleurir des «unes» quelque peu tendancieuses, assimilant dans un même élan Batman (le personnage, les films, et sûrement aussi en sous-entendu ses auteurs) et James Eagan Holmes, l’assassin présumé qui a tué 12 personnes (dont une fillette de 6 ans) et blessé 58 autres le 20 juillet dernier, durant une projection en avant-première du film de Nolan. Apparemment obsédé par le personnage du Joker tel qu’il apparaît dans THE DARK KNIGHT, au point de se donner son nom, le criminel a froidement préparé et commis cet acte épouvantable.

C’est triste à dire, mais la presse française a trouvé là l’occasion de ressortir quelques vieilles tartes à la crème ; même Télérama, qui a pourtant publié un article bien argumenté et intéressant sur le drame, n’a pas pu s’empêcher de mettre un titre racoleur, «Batman Assassin», suivi en cela par des confrères… Sous-entendant du coup que les films de Nolan auraient pu pousser cet ancien étudiant en médecine à commettre son crime. Ce genre de sous-entendus est contestable, mais fréquent dans la presse française ; je me souviens qu’en 1994 déjà, alors que débarquaient simultanément sur les écrans LEON, PULP FICTION et TUEURS NES, Télérama sonnait déjà la charge contre la violence à l’écran. Coïncidence malheureuse ? Un couple de marginaux, Florence Rey et Audry Maupin, semait la terreur sur le modèle des protagonistes de TUEURS NES. Et déjà donc, Télérama et quelques autres de s’en prendre aux films violents (et sans doute aussi y ajoutait-on les jeux vidéo, les bandes dessinées, la musique heavy metal, etc.) accusés de la même façon de pousser au meurtre… une chance quand même que les spectateurs de ces films, eux, ne confondent pas fiction et réalité au point de commettre ce genre de crimes.

Il faudrait sans doute remonter encore plus loin dans le temps et étudier les cas de criminels se prétendant inspirés par des films, ou d’autres œuvres, avant leur passage à l’acte ; et surtout se rappeler que, chez les criminels de ce type, la violence a une origine bien plus grave que la vision d’un film. Celui-ci ne serait pas la cause, mais le «déclencheur», d’une folie antérieure, inscrite dans la psyché d criminel.

On peut être légitimement choqué par le crime commis à Aurora, tout en évitant de céder à l’émotivité et d’invoquer l’interdiction systématique de l’œuvre incriminée. En participant ainsi au climat d’intimidation morale, on en arriverait à des absurdités. Faudrait-il interdire par exemple les films de Martin Scorsese (régulièrement encensé par la même presse à chaque nouveau film) parce qu’un jour, John Hinkley, se prenant pour l’anti-héros de TAXI DRIVER, a tenté d’assassiner Ronald Reagan ? Ou encore censurer les Beatles, parce que Charles Manson et sa clique ont trouvé dans la chanson HELTER SKELTER leur «inspiration» morbide pour les meurtres qu’ils ont commis ?

Peut-être aussi faut-il considérer que la violence des actes commis par ces criminels, quel que soit l’anglicisme qu’on leur colle, «serial killer», «spree killer», «mass murderer» est un langage. Une forme d’expression simpliste, odieuse, profondément abjecte, mais qui ne serait finalement que l’écho d’une autre forme de violence, financière, sociale celle-là, pratiquée à l’échelle de la planète, et elle aussi cachée dans les recoins les plus noirs de la psyché humaine. Si un quelconque comité d’actionnaires peut décider du sort de milliers de personnes salariées, sans avoir à rendre de comptes, il ne faudrait pas alors s’étonner de voir un pauvre type du Midwest ouvrir le feu sur d’innocents spectateurs. Dans un cas comme dans l’autre, étant aussi aliénés et déconnectés de la réalité, ils trouveraient leur exutoire dans un sentiment de puissance s’exprimant par des moyens différents. Mais avec des résultats aussi désastreux pour leurs victimes. La violence reste le langage des perdants.

 

On peut finalement comprendre en retour le message, l’éthique même, adressée au spectateur par Nolan à travers le personnage de Batman ; la meilleure réponse que l’on puisse faire aux James Eagan Holmes de ce monde, c’est celle que donne le héros à la fin du film au commissaire Gordon : la reconnaissance de la bonté. Cela peut paraître naïf, mais c’est en fin de compte d’une importance universelle fondamentale. Batman révèle son identité au policier en lui rappelant ce qu’il avait fait des années auparavant, lorsqu’il avait donné son manteau à un petit garçon bouleversé par la mort de ses parents. Ce jour-là, Gordon, tel un Saint Martin moderne, avait fait un geste de pur altruisme. Aux spectateurs, la reconnaissance de ce geste d’une simplicité confondante vient rappeler une évidence : rien ne vous oblige certes à jouer les héros, et encore moins les super-héros, mais, en allant à l’Autre, en étant désintéressé, vous vous sauvez vous-même ; vous réalisez un acte d’amour qui vaudra mieux que tous les actes de terreur de ce monde. Et, de cette façon, vous deviendrez un Chevalier.

 

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Puisque nous parlons maintenant de chevalerie, revenons à un autre aspect de DARK KNIGHT RISES qui lui est lié, un thème récurrent chez Nolan comme dans ce blog, la mythologie. Une nouvelle fois, le cinéaste rassemble dans son film des éléments non seulement propres au comics de Batman, mais à des références littéraires, cinématographiques et picturales qui procèdent d’une exploration mythique de l’univers du personnage. On est dans des territoires familiers aux lecteurs des ouvrages de Joseph Campbell, l’auteur du HEROS AUX 1001 VISAGES dont on ne soulignera jamais assez combien il a façonné, malgré lui, le cinéma populaire post-STAR WARS dont les œuvres de Christopher Nolan font aussi partie.

Un symbole fort domine le film en particulier : le puits, déjà présent dans BATMAN BEGINS avec la chute du jeune Bruce, prélude à sa future découverte de la «grotte sacrée» nécessaire à sa transformation en Batman. Ici, le puits devient une prison-fosse infernale (le mot «geôle» descend de «géhenne» et «shéol», synonymes d’Enfers) de laquelle émerge Bane, tel un spectre vengeur, et dans lequel Batman brisé va être abandonné. Nolan remanie un élément familier du comics, les Fosses de Lazare (d’où le super-vilain Ra’s Al Ghul tire son immortalité) pour en faire un élément mythologique fondamental. La fosse où notre héros déchu agonise puis émerge douloureusement, au terme d’épreuves vécues comme autant de supplices initiatiques, nous renvoie aux cercles des Enfers traversés par Dante Alighieri (déjà inspiration indirecte d’INCEPTION et ses univers concentriques) dans LA DIVINE COMEDIE. Bane paraphrase même, à sa façon, les mots du poète italien quand il abandonne Bruce à son triste sort : «vous qui entrez ici, abandonnez tout espoir…».

C’est aussi dans cette fosse que Ra’s Al Ghul (Liam Neeson) a jadis rencontré Bane, le visage ravagé par la maladie, enveloppé d’un linge souillé. La référence aux lépreux est évidente. Lazare, dont nous parlions via le comics, succomba à une maladie similaire, avant d’être ressuscité par Jésus. L’imagination de Nolan associe la mythologie biblique et cinématographique, nous renvoyant aux grands films épiques de Charlton Heston. Celui-ci, prince de Jérusalem exilé, descendait dans une fosse similaire, véritable mouroir à la Dante, dans BEN-HUR, tout en préparant son retour vengeur contre les romains. Et croisait un autre Lazare lépreux dans une scène mémorable du CID. Batman, lui aussi un prince déchu, une fois sorti de cet Enfer sur Terre, rentrera à Gotham de la même façon que le grand Charlton !

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Bane est lui aussi une figure mythologique très ancienne, «actualisée» par la vision de Nolan, qui ne se prive pas de faire quelques rapprochements bienvenus : son masque évoque aussi quelques «forces primitives» destructrices illustrées par de célèbres collègues inspirateurs du cinéaste. Par association d’idées, on peut y voir aussi la calandre d’un camion (comme celui de DUEL, le «camion dévorant» de Spielberg) ; mais, de façon plus évidente, Bane nous renvoie à quelques figures marquantes du Mal apparues dans des films qui ont marqué la jeunesse de Nolan. Celui-ci cite fort à propos son film favori, BLADE RUNNER, dans une scène où Bane brise à mains nues le crâne d’un homme d’affaires véreux, comme chez Ridley Scott (BLADE RUNNER demeure d’ailleurs une influence constante de Nolan, faisant même jouer Rutger Hauer dans BATMAN BEGINS) ; par son masque, sa brutalité et sa voix mécanique, Bane nous rappelle surtout Darth Vader dans les premiers STAR WARS… et un personnage similaire, le colossal Lord Humungus qui mène la vie dure à Mel Gibson dans MAD MAX 2. Une autre trilogie de SF épique, qui, déjà en son temps, nous alertait sur des crises mondiales et des lendemains cauchemardesques… Humungus, Bane : mêmes montagnes de muscles autoritaires, brutales, masquées et chauves. Le même archétype, donc…

Ce n’est sans doute pas par hasard d’ailleurs que Nolan choisit le talentueux Tom Hardy pour porter le masque de Bane en référence au film de George Miller. Ce dernier vien d’entamer le tournage d’une nouvelle saga de MAD MAX, le «Road Warrior» étant désormais interprété par… Tom Hardy !

 

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Les éléments mythologiques touchent bien sûr tous les autres personnages, à commencer par Bruce Wayne (Christian Bale égal à lui-même), lui-même, désormais boiteux et reclus. Un parfait mélange d’Howard Hughes dans ses dernières années (un exemple remarquable de personnage réel ayant évolué en personnage mythologique), et du Roi Pêcheur de la légende du Graal. Nous retombons ainsi toujours dans l’univers mythique de la chevalerie, Wayne vivant une rencontre déterminante avec le jeune flic John Blake, amené à devenir son héritier spirituel au fil du récit.

 

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Il faut aussi évoquer l’importance des rôles féminins, le chemin de Batman croisant celui de deux jeunes femmes aussi ravissantes qu’ambiguës : Selina Kyle alias Catwoman (étonnante Anne Hathaway, passant en quelques secondes de l’innocence feinte à la détermination manipulatrice) et Miranda Tate (Marion Cotillard… fatiguée, dirait-on, l’actrice française semble parfois hors de ses marques). Cherchez la femme (brune, de préférence chez Nolan), mais attention ! Les apparences sont trompeuses…

Le personnage de Catwoman est en tout cas bien écrit et interprété : une survivante, voleuse, à l’âme «dédoublée» comme son symbole le Chat, à la fois manipulatrice et manipulée. A la fois une égoïste et une altruiste, qui se rachète pour devenir la véritable âme sœur de Bruce Wayne / Batman. C’est la meilleure vision du personnage depuis Michelle Pfeiffer chez Tim Burton, dans un autre univers. Et on oublie Halle Berry dans le navet de Pitof !

 

Les parcours de ces différents personnages s’entremêlent dans une complexité jamais vue ailleurs dans les films de super-héros ; s’il fallait trouver une comparaison appropriée, je pencherai plutôt pour la trilogie du PARRAIN de Coppola, qui transcendait les codes d’un autre genre (le film de gangsters, en l’occurrence). L’habileté d’écriture de Christopher et Jonathan Nolan permet de développer des rapports fouillés entre les différents personnages, le récit s’articulant peu à peu autour du changement psychologique définitif de Bruce Wayne. Celui-ci touchera littéralement le fond (la rupture avec Alfred, la ruine, les blessures et les chutes dans le puits) avant le sacrifice final, et un «twist» ultime, typique du réalisateur, montrant enfin le héros atteindre une nouvelle sérénité. Une dernière scène montrant Bruce avec Selina, souriant à Alfred, et dont on ne saura pas vraiment, en fait, si elle est réelle (bonne chance dans ce cas pour Bruce s’il accorde une totale confiance à une voleuse invétérée !) ou si elle est imaginée par le vieux majordome. Le parcours de Bruce Wayne entraînera aussi la transformation iconique de John Blake, héros en devenir, du jeune flic bouillant à l’adulte responsable et combatif. Jusqu’à la transformation astucieuse en futur super-héros, annoncée dans le superbe plan final. L’émergence du nouveau Dark Knight annoncée par le titre, en fin de compte, c’était lui – Robin ou son avatar adulte Nightwing !

THE DARK KNIGHT RISES, c’est aussi donc une histoire mythique de transmission, de filiation : celle de Batman à John Blake s’opposant à celle de l’héritage de Ra’s Al Ghul, séparé entre Bane et l’héritier mystèrieux.

 

The-Dark-Knight-Rises-06Bouclons ce texte par quelques considérations plus artistiques et techniques ; à commencer par les acteurs, aguerris et professionnels. Si les vétérans de la saga (Bale, Caine, Freeman, Oldman, plus Cillian Murphy) s’en sortent comme toujours avec les honneurs, on retiendra davantage l’interprétation des membres de la «team INCEPTION» en particulier Tom Hardy et Joseph Gordon-Levitt. Et la petite nouvelle de l’univers Nolan, Anne Hathaway, campe une Catwoman très différente des précédentes interprètes. Excellente en femme fatale ultra-sexy et rusée, elle peut passer dans la même séquence de la douceur feinte avec une facilité stupéfiante. Voir notamment cette scène d’aéroport où elle passe d’un registre à la Audrey Hepburn (avec le look adapté) avant d’en remonter à Angelina Jolie dans les scènes de combat.

Des caméos familiers ponctuent le film, par ailleurs. Et Nolan, qui a toujours le nez pour «repêcher» quelques vieilles gloires, ramène un acteur kubrickien oublié en guise de clin d’œil : Matthew Modine, ici en policier déterminé, qui se fit connaître dans FULL METAL JACKET, où il jouait le soldat «Joker» !

 

Côté musique, Hans Zimmer, décidément inspiré par son association avec Nolan, réussit un nouveau score dominé par le thème de Bane, ce «haka» furieux, participant pleinement au caractère intimidant du personnage.

En bonus, on appréciera aussi la puissance dramatique de l’hymne américain chanté par l’enfant solitaire dans le stade, avant le carnage, et la discrète et douce «Pavane pour une Infante Défunte» de Ravel, autour de la valse entre Bruce et Selina.

Enfin, côté mise en scène, Nolan «assure» comme toujours. S’opposant à l’usage abusif de la 3D (une absurdité selon lui), Nolan et le chef opérateur Wally Pfister jouent à merveille de l’IMAX pour livrer des séquences épiques d’anthologie, permettant une profondeur de champ démesurée plus adaptée au regard humain que les gadgets du relief. Dans le même ordre d’idée, il limite au maximum l’usage des effets numériques, préférant utiliser une nouvelle fois maquettes et effets spéciaux réalisés en direct : plusieurs cascades de la moto «Bat-Pod», des véhicules d’assaut «Tumblers» et du «Bat» sont réalisées de la force. Les effets numériques ne sont gardés qu’en dernier recours, au lieu de phagocyter le film.

Et visuellement, THE DARK KNIGHT RISES regorge d’images fortes, d’idées visuelles originales : la chauve-souris dessinée à la craie, devenu le signe de ralliement des résistants. Ou la «mort par exil», traversée de la rivière gelée pour les victimes de Bane… Les paysages glacés sont une obsession récurrente chez Nolan.

La saga a connu une véritable évolution stylistique : après un premier film encore assez formaliste (un peu handicapé par un montage trop syncopé), Nolan optera ensuite pour un deuxième opus plus au visuel plus épuré, «dilaté» (l’influence esthétique de Michael Mann), atteignant ici son paroxysme. On pardonnera du coup quelques longueurs de montage, inhérentes à la durée forcément épique du film.

 

 

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Malgré ces menus défauts, THE DARK KNIGHT RISES conclut donc idéalement la saga, expression de l’intégrité artistique de son auteur qui a su, et c’est un exploit rarissime, lier les exigences du divertissement à des principes mythologiques, tout en livrant un regard alarmé sur notre époque.

Christopher Nolan quitte donc l’univers de Batman, propriété de DC et Warner, qui ont certainement d’autres projets en cours pour le Dark Knight. Comme l’annonce, enfin, d’un film de la Justice League en réponse tardive au triomphe des AVENGERS de la firme concurrente. Nolan, lui, se chargera d’apposer sa patte à l’univers de l’autre icône super-héroïque de DC, Superman, les premières images du MAN OF STEEL qu’il produit pour Zack Snyder (300, WATCHMEN) portant de toute évidence sa signature. En attendant d’autres projets encore secrets, rendez-vous est fixé l’année prochaine pour voir si ce cher Kal-El va connaître une évolution «nolanienne» aussi mémorable que celle de Batman.

 

 

Ludovic Fauchier, the Dark Blog Rises

Le meilleur des Temps, le pire des Temps – THE DARK KNIGHT RISES, 1ère partie

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THE DARK KNIGHT RISES, de Christopher Nolan

 

BATMAN BEGINS, ou la transformation psychologique d’un prince orphelin qui affronte ses peurs, et devient un surhomme protecteur ; THE DARK KNIGHT : la mise en échec de ce surhomme, qui sacrifie son image héroïque pour les fautes d’un autre «chevalier», face à l’incarnation du Chaos absolu…

Lorsqu’il annonce la mise en chantier du troisième et dernier volet de sa trilogie consacrée à Batman, Christopher Nolan sait que les attentes sont énormes. Le premier film avait su joliment «dégraisser» l’univers de Batman et oser le pari de transposer celui-ci dans un environnement réaliste, à l’opposé des précédentes adaptations. Tout en respectant la noirceur du comics, le cinéaste anglais retravaillait en profondeur le blockbuster attendu. Le cahier des charges (cascades, poursuites, combats, effets spéciaux) était respecté, mais mis au service d’une narration mature apportant ses lettres de noblesse à un genre souvent malmené et méprisé. THE DARK KNIGHT avait poussé la barre encore plus haut, montrant l’évolution du style narratif et visuel de Nolan, moins formaliste que l’original, faisant de cette suite attendue un thriller urbain cauchemardesque, hanté par l’incarnation hallucinée du Joker par le disparu Heath Ledger. Résultat : THE DARK KNIGHT explosa au box-office mondial les chiffres du premier opus, et laissait le public dans l’expectative d’un volet final attendu au tournant. Sorti d’INCEPTION, Nolan ne devait pas flancher avec THE DARK KNIGHT RISES. Les trilogies réussies étant généralement rares, celles consacrées aux super-héros étant le plus souvent vouées à chuter totalement (X-MEN) ou partiellement (SPIDER-MAN).

Au vu du résultat final, on se dit qu’il y a finalement d’un côté les films de super-héros… et de l’autre, la trilogie de Christopher Nolan. BATMAN BEGINS était un récit initiatique. THE DARK KNIGHT une épreuve de confrontation, un jeu d’échecs à l’échelle urbaine. THE DARK KNIGHT RISES conclut la trilogie en un grand finale. Ce n’est pas un film de super-héros costumés se tapant dessus ; c’est un film fleuve, à la fois épopée, étude sociale et film de guerre à l’échelle mythologique !

Le meilleur des Temps, le pire des Temps - THE DARK KNIGHT RISES, 1ère partie dans Fiche et critique du film The-Dark-Knight-Rises-13-A-Tale-of-Two-Cities-1935-inspiration

Christopher Nolan et son frère Jonathan, coscénariste et coauteur de la plupart de ses films, poursuivent et concluent ici leur appropriation réaliste de l’univers de Batman. Pas question pour eux d’y trouver un échappatoire à notre triste réalité ; les trois films ont certes beau être des fables, les Nolan ont l’intelligence de relier leur mythologie au contexte historique que nous traversons. Montée en flèche du terrorisme international, aggravation des crises sociales synonyme de violence, tentation totalitaire d’Etats démocratiques, etc… La trilogie du «Dark Knight» nous parle avant tout du monde actuel, sous le divertissement.

Nolan reconnaît avoir trouvé l’inspiration du scénario de THE DARK KNIGHT RISES dans un grand classique de Charles Dickens, UN CONTE DE DEUX CITES. Il cite plus particulièrement en référence une adaptation de ce roman, un de ces films oubliés qui ne doit plus guère apparaître que dans quelques cinémathèques obscures : LE MARQUIS DE SAINT-EVREMOND, un film de 1935 réalisé par Jack Conway avec Ronald Colman. Un roman-fleuve suivant les fièvres de la Révolution française et de son contrecoup immédiat, la Terreur, roman immortalisé par ses premières phrases : «C’était le meilleur des temps, c’était le pire des temps…».

Une phrase qui résume parfaitement l’atmosphère de THE DARK KNIGHT RISES, qui derrière le cahier des charges attendu, choisit de délivrer une réflexion passionnante sur le concept de révolution.

 

The-Dark-Knight-Rises-02 dans Fiche et critique du film

Bane est le nouveau super-vilain du film campé par le massif Tom Hardy (désormais membre de la «famille» d’acteurs de Nolan depuis INCEPTION, où il campait le comédien de l’équipe). Ce personnage très récent dans l’univers de Batman s’y présente, dans la b.d., comme un tueur, un colosse bien plus intelligent que ne le laisse supposer son allure de catcheur mexicain (ou de rescapé d’un film SM, au choix). Dopé à des drogues injectées par un réservoir fixé sur son dos, ce véritable tank humain a acquis ses lettres de gloire dès ses débuts, en brisant le dos de Batman à mains nues – une scène choc reprise à l’identique dans le film. Gardant toujours en tête la volonté de «simili-réalisme» qui le caractérise, Christopher Nolan modifie les aspects outranciers du criminel pour le rendre bien plus inquiétant. Pas question de répéter les erreurs de Joel Schumacher qui avait transformé Bane en homme de main débile dans le calamiteux BATMAN & ROBIN. Dans THE DARK KNIGHT RISES, Bane (en français, «fléau») redevient la formidable menace qu’il était, sa puissance accrue étant cette fois-ci celle d’une armée de fanatiques et de rebuts de la société. Il arrive à Gotham City avec un plan bien précis, menant ses attaques selon un motif politique révolutionnaire.

Il adopte un vieux discours de Mao Zedong : «La révolution n’est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une œuvre littéraire, un dessin ou une broderie ; elle ne peut s’accomplir avec autant d’élégance, de tranquillité et de délicatesse, ou avec autant de douceur, d’amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d’âme. La révolution, c’est un soulèvement, un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre.»

Et Bane d’appliquer sans pitié les préceptes du Grand Timonier. Ses cibles sont établies : toutes les représentations du pouvoir en place aux Etats-Unis et dans les sociétés occidentales, dont Gotham City est ici le reflet. Il prétend rendre ainsi le pouvoir au peuple, pour mieux légitimer sa propre violence – et au final vendre un beau mensonge aux habitants de Gotham pris en otage. En osant d’abord s’attaquer à la Bourse toute-puissante, Bane réussit, d’une façon perverse, à concrétiser le fantasme de revanche que n’importe quel spectateur, en ces temps de crise financière et sociale, peut avoir. En occupant la Bourse de Gotham comme d’autres viennent manifester et occuper Wall Street, il pourrait même obtenir la sympathie du peuple… si son action n’était pas aussi radicale, aussi violente.

 

La monstruosité de Bane et de ses troupes apparaît au grand jour dans la séquence la plus marquante du film : l’attentat commis au grand jour dans le stade, un acte d’une violence stupéfiante pour un film de super-héros pour le grand public. Sa révolution criminelle prend là encore pour cibles des symboles évidents du Pouvoir : il tue devant témoins, froidement, les policiers (plus de forces de l’ordre, obéissant à des règles légales strictes), les joueurs de football américain (plus d’idoles pour distraire le peuple) et le maire et ses invités (plus de force politique choisie démocratiquement). Ces actes de barbarie pure, motivés selon lui par le désir de rétablir vérité et justice, le montrent sous son vrai visage. Bane incarne la destruction méthodique, perverse, des pouvoirs en place : argent, politique, monde sportif, police, médias. Il est devenu la Raison inhumaine, pour reprendre une expression du mythologue Joseph Campbell. Bane est aussi l’exécutant de basses œuvres ; son masque n’évoque-t-il pas celui des bourreaux d’antan, ces réprouvés de la société chargés de la sale besogne par le pouvoir en place ?

La séquence montre aussi son ambivalence, sa névrose ; ce monstre froid s’émeut, quelques instants avant le carnage, en entendant la voix d’un jeune garçon solitaire, chantant l’hymne américain. Un enfant qui est le sosie du jeune Bruce Wayne, perdu et solitaire après le meurtre de ses parents, dans BATMAN BEGINS. Le lien est ainsi fait entre les parcours de Bane et Batman, tous deux liés par l’héritage du défunt mentor criminel du héros, Ra’s Al Ghul (Liam Neeson).

 

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Christopher Nolan ose un discours rare, une critique sociale, qu’on ne retrouve dans aucun autre film du genre. Le cinéaste s’est déclaré intéressé (et inquiété également) par l’idée qu’une grande révolution puisse avoir lieu en Amérique, comme il y en a eu partout ailleurs dans l’Histoire. Loin d’embrasser une idée romantique de révolution «joyeuse» et de lendemains qui chantent, Nolan, sous l’inspiration jointe de Dickens, du film de Conway, et également du DOCTEUR JIVAGO de David Lean qu’il cite également en modèle, nous rappelle l’inquiétante réalité de ces renversements de régime.
Rares sont les Révolutions de Velours, l’Histoire retenant hélas que nombre de «glorieuses» révoltes, si elles ont entraîné la chute de régimes oppressifs, ou totalitaires, ont également engendré d’autres sombres périodes. Notre chère Révolution française donc, a bien entraîné la violence arbitraire de la Terreur (Nolan y fait allusion via ce sinistre «tribunal populaire» présidé par une vieille connaissance de Batman, l’Epouvantail reconverti en juge de la dernière heure) avant de déboucher sur les guerres napoléoniennes ; la Russie a tué son Tsar pour laisser la place à une épouvantable dictature (revoyez JIVAGO) ; la Chine a bien eu Mao, sa Révolution culturelle synonyme de camps de travaux forcés ; la Révolution iranienne de 1979, chassant le Shah, a engendré une théocratie guère humaniste. Et voyez maintenant le Printemps Arabe, prématurément célébré comme une victoire de la démocratie, paver la voie à l’islamisme radical… Lorsqu’un régime oppressif chute, un autre le remplace, si les gens de bien n’y font rien.

 

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On s’éloigne en apparence du sujet de THE DARK KNIGHT RISES, mais n’en doutez pas une seconde, Christopher Nolan dresse à travers son film un portrait à peine exagéré de ce qui pourrait se passer aux USA si le peuple, légitimement «indigné» par la situation actuelle, se tournait vers des voies moins démocratiques….

Ce n’est pas sans une certaine ironie de voir alors, au final, Batman mener la «contre-révolution» contre les hordes de Bane, aux côtés des policiers qui le pourchassaient auparavant. Le rapport de forces s’est entretemps renversé, les policiers devenant l’armée souterraine, les résistants à l’occupation, alors que le «libérateur» Bane s’est érigé en épouvantable tyran prêt à emporter toute la population civile dans sa mort. On connaît quelques dictateurs, certains très récents, qui se sont comportés de la même façon…

Nolan ne glorifie pas spécialement la force policière dans ces dernières séquences, mais rappelle à sa façon que tout combat dépend aussi de la morale que l’on choisit. Les policiers ralliés à Batman sont faillibles, imparfaits, mais conscients de leur choix éthique face à la violence orchestrée par Bane et son mystérieux employeur. La révélation de l’identité de ce dernier, tout en respectant une logique de mélodrame, permet au cinéaste de boucler de façon cohérente le dernier et le premier film de la trilogie. A leur façon, Batman, le commissaire Gordon, le jeune policier Blake (Joseph Gordon-Levitt, autre brillant transfuge d’INCEPTION) et quelques hommes intègres adaptent leur réponse au discours de Bane selon la philosophie de nos chers Beatles, et leur chanson REVOLUTION :

You say you want a revolution / Well, you know / We all want to change the world / You tell me that it’s evolution / Well, you know / We all want to change the world / But when you talk about destruction / Don’t you know that you can count me
out…

(Traduction approximative : Tu dis vouloir une révolution / Ben, tu sais / Nous voulons tous changer le monde / Tu me dis que c’est l’évolution / Ben, tu sais / Nous voulons tous changer le monde / Mais quand tu parles de destruction / Tu ne sais pas que tu ne compteras pas sur moi…)

 

The-Dark-Knight-Rises-07

Ce regard sur l’état inquiétant du monde en 2012 rejoint donc l’univers des comics de «Bats», pour s’adresser avant tout à la «génération 11 septembre». Les trois films, et plus spécifiquement encore ce dernier volet, traduisent la vision de Nolan du déséquilibre mondial : un point de vue moral, lucide, sur les conséquences de la crise financière, du terrorisme qui ravage la planète, et en général des dernières montées de violence aveugle, dont le tristement déjà célèbre massacre dans le cinéma d’Aurora a endeuillé la sortie de DARK KNIGHT RISES.

C’est une évidence qui n’a pas besoin d’être soulignée, les super-héros au cinéma se sont multipliés sur les écrans en une décennie, avec une régularité jurant avec les décennies précédentes, quand la sortie du SUPERMAN de Richard Donner ou des BATMAN de Tim Burton faisait figure d’exception.

Dans le contexte actuel, ces films constituent une forme de réponse à la violence et à la peur collective de ce début de siècle. Le discours est souvent «naïf» dans la plupart des cas (on s’adresse avant tout sans honte à un jeune public), mais que cherchent les réalisateurs à raconter exactement ? Ils voient en ces personnages des porteurs des espoirs et inquiétudes de ces temps de peur collective.

Certes, les réponses diffèrent. Les films du concurrent Marvel (AVENGERS, IRON MAN, CAPTAIN AMERICA…) ne cachent pas une seconde leur aspect «pop-corn» et accomplissent leur contrat. D’autres tentent moins habilement de changer de cap, cherchant dans l’exemple de Nolan à suivre une lecture plus adulte, tel THE AMAZING SPIDER-MAN, qui n’arrive d’ailleurs pas vraiment à choisir entre les obligations du blockbuster standard, la continuation de l’univers posé (et abandonné contre son gré) par Sam Raimi, et l’ambiance sombre de la trilogie de Nolan.

Avec l’homme chauve-souris, Christopher Nolan a posé d’emblée ses règles, sa vision. Tout son propos, sur la série, repose dans la première scène et le premier dialogue de BATMAN BEGINS : «N’aie pas peur.» Le message du père du jeune Bruce Wayne, perdu au fond d’un puits infesté de chauve-souris, s’adressait autant à celui-ci qu’au spectateur vivant dans un monde réel bien inquiétant…

Chaque film pose, selon l’optique de Nolan, un défi à relever pour son héros, comme pour le spectateur. BATMAN BEGINS : faire face à la Peur (incarnée ici par des super-vilains aux visées terroristes, Ra’s Al Ghul et l’Epouvantail). THE DARK KNIGHT : faire face au Chaos (le Joker, semant la confusion dans les structures de la société urbaine) et à l’arbitraire (Two-Face, héros américain triomphant incapable de canaliser sa violence intérieure, et finissant le
visage symboliquement séparé en deux faces opposées). Et donc, THE DARK KNIGHT RISES : faire face à la Souffrance – qu’elle soit physique, psychologique ou sociale – représentée par Bane. Face à ces menaces et ces épreuves, la ligne de conduite que s’érige Bruce Wayne est le seul moyen de ne pas sombrer ; combattre le Mal, certes, mais sans devenir soi-même le Mal, sans succomber soi-même à la violence exercée par ses adversaires.

Et, au bout, enfin, émerger des Ténèbres, épuisé mais apaisé !

 

A suivre dans la 2ème partie…



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