• Accueil
  • > Aspie
  • > Aspie, or not Aspie ? – Le petit abécédaire Asperger, chapitre 15


Aspie, or not Aspie ? – Le petit abécédaire Asperger, chapitre 15

P, comme… :

 

Aspie, or not Aspie ? - Le petit abécédaire Asperger, chapitre 15 dans Aspie p-michael-palin-asperger

… Palin, Michael :

Ce visage est familier à tous ceux qui apprécient le meilleur de l’humour anglais… Michael Palin est en effet l’un des éminents membres du légendaire show télévisé MONTY PYTHON’S FLYING CIRCUS (plus simplement appelé : les Monty Python). qui fit les beaux jours de la BBC entre 1969 et 1974. Cadet de la bande, ayant hérité du titre officieux d’ »Homme le Plus Gentil d’Angleterre », le nom du discret Palin est parfois apparu dans les listes de personnalités atteintes du syndrome d’Asperger. Ce n’est pas évident a priori tant les informations disponibles sur le Web restent muettes sur ce point, mais nous allons voir que Mr Palin a parmi ses nombreux centres d’intérêt, un hobby (très britannique) qui le rattache au syndrome.

Ce fier natif de Sheffield s’est découvert très tôt une passion pour la comédie, en jouant à cinq ans Martha Cratchit, dans A CHRISTMAS CAROL pour le spectacle scolaire ; à l’âge de dix ans, il est déjà capable d’interpréter un monologue comique et de lire une pièce entière de Shakespeare. Après l’école préparatoire de Birkdale, Michael Palin rejoignit le très sérieux Brasenose College d’Oxford, où il étudia l’histoire moderne. Participant activement aux spectacles donnés à Oxford, il y rencontra un futur Python, Terry Jones. Ayant rejoint une compagnie théâtrale en 1962, Palin fera sa première apparition à la télévision en 1965 dans un show comique, NOW ! Retrouvant Terry Jones, ils travailleront ensemble pour les programmes comiques de la BBC – notamment THE FROST REPORT, où ils rencontreront trois anciens de Cambridge : John Cleese, Graham Chapman, et Eric Idle. Rejoints ensuite par le dessinateur / animateur américain Terry Gilliam, ces jeunes gentlemen, après quelques « tours de chauffe », vont écrire, créer et interpréter le MONTY PYTHON’S FLYING CIRCUS pour la BBC. Une émission comique entrée dans la légende, durant cinq ans, suivie de plusieurs films, jusqu’en 1983.

Adeptes de la tradition humoristique non-sensique de leur pays, ils ont été comparés à juste titre aux Beatles pour leur influence, leur insolence, leur inventivité permanente, leurs très fortes personnalités - et leurs divergences créatrices. Tant de joyeuse folie dans la très stricte télévision britannique laisse encore rêveur, aujourd’hui. Et on peut se demander, en lisant certaines notes biographiques, si les membres des « Pythons » ne mériteraient pas tous de figurer dans cet abécédaire Aspie. Particulièrement, outre Palin, les cas de Terry Jones (réputé pour ses connaissances encyclopédiques dans des domaines variés) ou John Cleese (grand névrosé, dont les personnages guindés et caractériels peuvent être vus commes des « Aspies » caricaturaux). Palin sera généralement « le gentil » de l’émission, incarnant une galerie de personnages timides, sans autorité, dépassés par les évènements, socialement à côté de la plaque (tiens, tiens…) : bûcheron chantant, vendeur de perroquet mort, comptable affrété voulant devenir dresseur de lion, Grand Inquisiteur espagnol s’embrouillant dans sa tirade… Palin, le plus souvent, joue des sketches mémorables avec John Cleese, dans un numéro de duettistes parfaitement réglé : le géant Cleese joue généralement le « méchant », colérique, impérieux, s’en prenant au petit Palin, d’une innocence confondante (même quand il vend un perroquet mort à son client). En dehors des Monty Python (mais toujours très proche d’eux), Michael Palin continuera à travailler au cinéma et à la télévision. Devant les caméras de Terry Gilliam, il est le héros malgré lui du JABBERWOCKY et apparaît dans ses films suivants, TIME BANDITS / BANDITS BANDITS (dont il est coscénariste) et BRAZIL (où il a un contre-emploi mémorable, celui d’un fonctionnaire tortionnaire sorti du 1984 d’Orwell). Son personnage le plus connu, au cinéma, est Ken, le vieux garçon bègue amoureux transi de Wanda (Jamie Lee Curtis), maladroit tueur de yorkshires dans UN POISSON NOMME WANDA, écrit et interprété par son ami Cleese – qui ne se prive pas de le malmener à nouveau. On ne se refait pas. 

A la télévision, Michael Palin est resté très actif, s’étant spécialisé dans la production et la présentation de documentaires de voyage très appréciés de ses compatriotes. Une activité commencée en 1980 avec GREAT RAILWAY JOURNEYS OF THE WORLD pour la BBC. Il faut dire que Michael Palin est ferrovipathe… Cela semble horrible et contagieux, mais rassurez-vous, c’est un hobby absolument inoffensif : ce que les britanniques appellent le trainspotting (à ne pas confondre avec les activités toxicomanes pratiquées par Ewan McGregor dans le film qui l’a fait connaître…). Michael Palin adore en effet l’univers des chemins de fer, noter les horaires, étudier les caractéristiques des locomotives, etc. Nous y voilà donc : une activité typiquement « Aspie », du moins en Grande-Bretagne ! Il reviendra dans l’univers des trains en 1994 pour un épisode en Irlande, à la recherche de ses racines. L’acteur a depuis pris goût aux voyages : sur les traces de Jules Verne et Phileas Fogg, aux pôles, dans les pays de l’Océan Pacifique, sur les traces d’Hemingway, au Sahara, dans l’Himalaya, en Europe centrale, et au Brésil. Chacun de ces documentaires, accompagné d’un livre de notes informatives et d’idées rédigé par l’acteur-auteur, a créé un « effet Palin » : une arrivée massive de touristes britanniques dans les lieux ainsi présentés ! Il a aussi écrit et présenté des documentaires sur les peintres européens (notamment Matisse et Hammershoi) et un documentaire sur la 1ère Guerre Mondiale. Suite à un de ses voyages en Inde, il a aussi officiellement soutenu le combat de la tribu Dongria Kondh contre la compagnie minière Vedanta Resources.  

Ce sympathique gentleman a obtenu de nombreuses récompenses et titres honorifiques : un astéroïde à son nom, Asteroid 9621 Michaelpalin, tout comme chacun de ses camarades Pythons ; son nom a été donné à deux trains - le Super Voyager 221130 « Michael Palin » (compagnie Virgin Trains) et le British Rail Class 153 numéro 153335 (National Express East Anglia). Nommé Commandeur de l’Ordre de l’Empire Britannique en 2000, Palin a reçu en 2008 le Prix James Joyce de la Société Littéraire et Historique de Dublin. Il a fondé le Michael Palin Centre for Stammering Children (pour aider les enfants bègues – en souvenir de son père lui-même atteint de ce handicap) en 1993. Il a reçu en 2009 la Médaille Livingstone de la Royal Scottish Geographical Society, et cette même année fut élu pour trois ans Président de la Royal Geographical Society.

Et maintenant, quelque chose de complètement différent !

 

p-la-vraie-pauline-parker Aspie dans or not Aspie ?

… Parker, Pauline :

A quoi rêvent les jeunes filles…

Le 22 juin 1954, deux lycéennes de seize ans, Pauline Parker et Juliet Hulme, tuèrent Honora, la mère de Pauline, à Christchurch en Nouvelle-Zélande. Le crime choqua la société néo-zélandaise de l’époque. Difficile d’imaginer que deux jeunes filles apparemment sans histoires aient pu préméditer un matricide aussi brutal. L’affaire est restée célèbre dans les annales criminelles néo-zélandaises. Elle a inspiré des livres, et surtout un film réalisé en 1994 par Peter Jackson : CREATURES CELESTES. Le portrait, très fidèle à la réalité de l’histoire, fait de Pauline Parker et Juliet Hulme par le futur cinéaste du SEIGNEUR DES ANNEAUX éclaire la personnalité particulière des deux jeunes filles criminelles. Le cas de Pauline Parker, décrite comme la principale protagoniste du film, nous intéresse plus particulièrement ; ayant tenu un journal intime détaillé durant l’année et demi précédant le crime, elle laisse apparaître un très hypothétique syndrome d’Asperger… sur lequel il faut éviter toute affirmation définitive tant le cas est délicat. Le film de Jackson, au demeurant très réussi, respectant la réalité des faits, est une interprétation personnelle de l’affaire, et non pas un documentaire.

Tout a commencé à Christchurch, Nouvelle-Zélande, en 1952. Pauline Parker était une lycéenne ordinaire ; son nom d’état civil était en réalité Pauline Yvonne Rieper ; son père, Herbert Rieper, poissonnier, et sa mère, Honora Parker, femme de ménage, vivaient ensemble sans être mariés. Pauline était une élève timide, sans histoires. Une nouvelle venue dans la classe arriva d’Angleterre : Juliet Hulme, fille d’un père médecin recteur de l’université de Canterbury, et d’une mère conseillère conjugale. Juliet et Pauline sympathisèrent vite, car elles étaient dispensées de cours de sport : toutes deux avaient été gravement malades dans leur enfance et avaient dû garder longtemps le lit (Juliet souffrait de tuberculose, et Pauline eut une ostéomyélite). Autant Pauline était discrète, obéissante et renfermée, autant Juliet était vive, insolente et extravertie. Les deux adolescentes ne se quittèrent plus dans les mois qui vont suivre, devenant des amies exclusives. Elles avaient les mêmes centres d’intérêt : les chansons roucoulantes de Mario Lanza, les acteurs comme James Mason ou Orson Welles, la sculpture de figurines en argile, le dessin et l’écriture d’aventures romanesques… Les deux amies, très imaginatives, s’inventèrent leur propre religion, leur propre moralité, et imaginèrent un monde fantastique, le Quatrième Monde et le Royaume de Borovnie dont elles seraient les reines, allant jusqu’à interpréter des aventures vécues par leurs héros et porter leurs noms… Elles s’imaginaient déjà écrire des livres qui seraient adaptés au cinéma et partiraient vivre à Hollywood.

Des rêves d’adolescentes sans histoires… sauf que les choses tournèrent mal. Les Hulme étaient en pleine crise conjugale, la mère de Juliet ayant une liaison adultère. Pauline n’y voyait que du feu, tant cette famille lui semblait parfaite : des gens riches, cultivés et heureux, vivant dans un monde que ses propres parents ne pouvaient lui offrir. Pauline se persuada même que les Hulme étaient ses vrais parents. Et Juliet, apprenant l’imminence du divorce parental, pouvait compter sur son amie pour rester à ses côtés, elle qui craignait d’être une nouvelle fois abandonnée. Juliet s’était sentie abandonnée, durant les cinq ans passés à l’hôpital pour soigner sa tuberculose. Elles ignoraient que leurs parents respectifs cherchaient à les séparer ; cette amitié fusionnelle, exclusive, commençait à alimenter des rumeurs d’homosexualité… Inacceptable pour la morale très rigide de l’époque, qui assimilait celle-ci à une maladie mentale. Honora décida d’interdire à sa fille de rester avec Juliet alors que celle-ci devait suivre son père en Afrique du Sud, après le divorce. Pour les deux jeunes filles, l’idée fut insupportable. Elles préméditèrent donc le meurtre d’Honora, comme seule solution possible pour rester ensemble et vivre selon leurs rêves. Les filles emmenèrent Honora en promenade dans un coin isolé du Victoria Park de Christchurch, et la battirent à mort, de 45 coups de brique sur la tête. Vite démasquées et arrêtées, Pauline Parker et Juliet Hulme furent déclarées coupables au terme de leur procès. Trop jeunes pour être condamnées à mort selon la loi néo-zélandaise, elles furent placées en détention et libérées séparément cinq ans plus tard, à la condition de ne plus jamais se revoir, ni reprendre contact l’une avec l’autre. Juliet Hulme refit sa vie en changeant de nom ; sous le pseudonyme d’Anne Perry, elle devint une romancière à succès, auteur de nombreuses crime stories fustigeant souvent l’hypocrite société victorienne. Pauline Parker passa un peu de temps en Nouvelle-Zélande sous surveillance policière avant d’être autorisée à aller en Angleterre. En 1997, elle vivait à Hoo, dans le Kent, dirigeant une école d’équitation pour enfants, sous le nom d’Hilary Nathan. Elle exprima des remords sur son crime mais refusa de donner des interviews à ce sujet. Les deux femmes ne se sont jamais revues. Elles ont aujourd’hui 74 ans.

 

p-pauline-parker-melanie-lynskey-dans-creatures-celestes

Cette triste affaire a donc inspiré à Peter Jackson un film très remarqué en 1994. Une grosse surprise de la part du cinéaste néo-zélandais, alors considéré comme un jeune rigolo faisant des films gore bricolés dans son coin (BAD TASTE, LES FEEBLES, BRAIN DEAD) ; pourtant, CREATURES CELESTES est totalement adapté à son univers (les prémices du SEIGNEUR DES ANNEAUX y sont déjà perceptibles dans les visions fantastiques des deux jeunes filles) ; il révéla le talent naissant de Kate Winslet dans le rôle de Juliet Hulme. Mais c’est la performance tout aussi remarquable de Melanie Lynskey dans le rôle de Pauline Parker qui retient ici l’attention. Telle qu’elle est représentée par la comédienne et par les choix narratifs de Peter Jackson (et de sa coscénariste et future épouse Fran Walsh), Pauline Parker semble bien présenter des traits du syndrome d’Asperger.

Fille unique d’un couple très modeste, Pauline est décrite comme une solitaire, une adolescente morose qui, dans le film, n’a aucun vrai contact parmi ses camarades du lycée. Ses professeurs conformistes l’ennuient complètement ; en dehors du lycée, il y a bien la famille, des parents aimants mais parfois indélicats (son père qui la vexe en singeant Mario Lanza). La mise en scène de Jackson jouant sur les forts contrastes de cette famille enfermée dans un terne petit logis, insupportable pour Pauline, et l’immense propriété des Hulme devenue une demeure de conte de fées pour celle-ci. Quand à l’intérêt pour le sexe opposé… Le locataire de ses parents la déflore pitoyablement ; rien à voir avec les fantaisies romantiques qu’elle invente avec Juliet. Une amitié forcément teinte d’ambiguïté, sujette aux spéculations et aux rumeurs, bien que les deux jeunes filles se soient défendues d’avoir eu des relations homosexuelles dont elles ignoraient tout. Entre elles, il s’agissait moins d’une attirance sexuelle que d’un jeu imaginaire, où il fallait se projeter dans les personnages de leur monde de rêve.

Cela n’aurait eu aucune conséquence dramatique si les deux jeunes filles avaient eu quelqu’un pour les aider à canaliser cet imaginaire débordant. Au lieu de quoi, la triste société néo-zélandaise ne les a pas ménagées : parents distants (le père de Juliet), superficiels (la mère de Juliet) ou trop présents (la mère de Pauline) ; professeurs étriqués ; médecins pleins de préjugés ; même un prêtre venu chanter à Juliet les vertus du Christ vient compléter ce triste tableau du monde adulte, et déclencher chez la jeune fille malade un premier fantasme homicide. Du moins, c’est de cette façon qu’elle perçoivent les choses : de façon très distordue. Se réfugier dans un monde imaginaire, à l’adolescence, est courant, notamment chez les autistes et Aspies : un moyen de défense contre une réalité insupportable ; mais qui peut être à double tranchant. C’est le cas ici ; les extraits du journal de Pauline lus dans le film annoncent le danger qui plane. A l’enchantement, la joie des premiers temps, succède des passages de plus en plus délirants et inquiétants. Leur monde de fantaisie devient plus violent, plus envahissant à mesure que les frustrations naissent. Témoin ce passage où, après avoir vu LE TROISIEME HOMME, les adolescentes s’imaginent être poursuivies par Orson Welles, devenu à leurs yeux un spectre terrifiant, l’incarnation du Mal. Un vrai moment de délire, au sens psychiatrique du terme, qui laisse deviner que les jeunes filles s’enfoncent dans le fantasme.

On peut aussi voir dans CREATURES CELESTES l’illustration d’un phénomène psychologique courant chez les personnes autistiques. Une sorte de distorsion cognitive vécue mutuellement par Pauline et Juliet au moment de leur entrée dans l’âge adulte. La création imaginaire du Quatrième Monde et du Royaume de Borovnie survient, dans le film, à un moment révélateur ; Juliet, en réponse à son traumatisme d’enfance, voit ce monde fantastique prendre vie alors que ses parents évoquent leur départ possible. Dur pour Juliet, baladée d’un pays à l’autre. Pauline, sa seule amie, la rejoint dans ce monde fantastique où il n’y a ni obligations professionnelles, ni strictes règles chrétiennes auxquelles obéir… Entre une réalité de conventions ennuyeuses et restrictives, et un univers habité par les licornes et les chevaliers, modifié par le pouvoir de l’imagination, le choix est vite fait. Au point que Pauline, dans son journal, se persuadera qu’elles disposent de pouvoirs fantastiques, écrivant « qu’il est dommage que les autres personnes ne puissent comprendre notre génie », et autres envolées du même style. La réalité, dès lors, est perçue comme une menace ; à celle-ci, la violence latente de leur fantasme éclatera brutalement, en réponse aux décisions de leurs parents. Personne n’avait pu (ou voulu ?) voir venir le drame.

Le film de Jackson adopte le point de vue de Pauline, donnant donc quelques indices allant dans le sens d’un cas possible de syndrome d’Asperger, mais il est délicat d’affirmer que cela classe forcément Pauline Parker comme un personnage Aspie. Le fait qu’elle ait commis un crime aussi violent ne cadre pas avec le profil type de l’Asperger – à moins d’interpréter son geste comme un « acte de défense » dans une situation hostile. Sujet délicat, à débattre.

 

p-peter-parker-avant-spider-man-version-cinema-joue-par-tobey-maguire

… Parker, Peter (alias Spider-Man) :

Les super-héros sont-ils autistes ? Ou bien devrait-on demander plutôt : les super-héros expriment-ils quelque chose de particulier chez leurs auteurs (qu’il s’agisse des dessinateurs, des scénaristes de b.d. ou des réalisateurs qui adaptent leur oeuvre), qui a trait à l’autisme ?

La popularité des surhommes en cape et masque issus des comics de D.C. et Marvel ne cesse de durer depuis des décennies, auprès des enfants, des ados, des jeunes adultes (et quand même aussi des moins jeunes…) ; ils se rapprochent de plus en plus souvent des personnages des contes ou des récits mythologiques d’antan. Ils volent, disposent d’objets et de pouvoirs magiques, sauvent les belles en danger, affrontent des monstres épouvantables, etc. pour le bien commun. Mais quand ils sont confrontés au monde réel… nombre d’entre eux, par leur caractère extraordinaire, par leur profession ou leur psychologie particulière, se retrouvent marginalisés. Ce qui ne peut que toucher une corde sensible chez des jeunes lecteurs qui ont pu faire l’expérience de leur propre différence, qu’elle soit religieuse, sexuelle, ou liée à un handicap social. Même les super-héros les plus irréprochables peuvent se retrouver mis à l’écart. Superman s’isole dans sa Forteresse de Solitude et se fait passer pour un journaliste timide pour vivre parmi les gens normaux ; Batman rumine de sombres pensées dans sa Bat-cave et, tel Sherlock Holmes, il ne sort que pour arrêter les criminels ; les X-Men, marginalisés par leur différence (leurs pouvoirs sont innés et apparaissent à l’adolescence), se retranchent dans un manoir à l’écart des hommes, etc. On pourrait citer des exemples à l’infini, mais arrêtons-nous sur un cas particulier qui colle assez bien à l’esprit de cet abécédaire : sorti de l’imagination de Stan Lee et Steve Ditko en 1962, Spider-Man, alias Peter Parker, est un super-héros qui est sorti des normes de son genre. L’archétype du « héros à problèmes » qui a vite gagné le coeur des lecteurs de l’époque, et qui est devenu le personnage emblématique de l’univers des Marvel Comics.

Résumé rapide des faits (tels qu’ils sont présentés dans la bande dessinée, et non dans les films) : Peter Parker est un adolescent du Queens, un lycéen de 15 ans orphelin, affectueusement élevé par son oncle Ben et sa tante May. Féru de sciences, Peter assiste un jour à une expérience de laboratoire, sans prêter attention à une araignée radioactive qui lui mord la main. Il gagne juste après des pouvoirs extraordinaires (force, agilité, sens spécial le prévenant du danger), se fabrique un costume et des lances-toiles mécaniques faisant de lui l’incroyable Spider-Man. Il tente de se faire un peu d’argent en apparaîssant à la télé et en participant à un combat de catch ; mais, par vanité, Peter laisse filer un voleur qui s’est enfui avec l’argent de la caisse. Quelques heures plus tard, le même voleur, surpris par l’oncle Ben durant un cambriolage, tue le vieil homme. Peter bouleversé réalise trop tard qu’un grand pouvoir entraîne de grandes responsabilités… Il jure de toujours combattre le Mal, sous sa nouvelle identité. Histoire désormais classique à nos yeux, mais à l’époque, le récit sut toucher le coeur du jeune public. La nouveauté vient que les exploits du super-héros étaient équilibrés par le quotidien du personnage, à savoir ici les mésaventures d’un adolescent ayant à vivre et résoudre les problèmes de son âge… Jusqu’ici, les récits de super-héros insistaient surtout sur les exploits fabuleux de ces derniers, et ne s’intéressaient pas vraiment à leur quotidien de simples humains ; et les super-héros adolescents étaient de joyeux « sidekicks » (Robin, la Torche Humaine) sans difficultés particulières. L’astuce de Stan Lee et de Steve Ditko était d’avoir su parler aux lecteurs adolescents d’un jeune homme qui leur ressemblait.

 

p-peter-parker-avant-spider-man-version-comics...-asperger...

Pauvre Peter ! Quand son histoire commence, c’est un tout jeune homme à grosses lunettes, coincé dans un petit gilet-cravate, moqué par les autres adolescents du lycée – notamment Flash Thompson, caricature du « jock« , bellâtre tombant toutes les filles, et rudoyant sans cesse Peter… Copie conforme du dessinateur Ditko (notoirement connu dans le milieu de la b.d. pour son caractère très secret) au même âge, Peter Parker brille par ses compétences sociales inexistantes. Comment plaire aux filles quand on est le  »geek » de la classe, ne jurant que par les sciences ? Il n’y a guère de doutes quant au fait que Peter a alors un côté « Aspie » très visible, à ses débuts. Même si, miracle des comics oblige, il hérite de pouvoirs extraordinaires, ses créateurs ne lui ont jamais facilité la tâche. Spider-Man a su malmener les codes héroïques conventionnels ; il est gravement névrosé, tourmenté par la culpabilité très oedipienne d’avoir causé indirectement la mort de son cher oncle Ben (culpabilité compliquée par la suite par d’autres pertes cruelles, dont sa petite amie Gwen Stacy), vit sans arrêt de graves dilemmes moraux qui sont autant de vastes questions philosophiques adressées aux lecteurs… Il n’est pas rare en effet de le voir méditer, sous son identité de Spider-Man, dans de grandes promenades aériennes sur les conséquences de ses actes et ses décisions à prendre. Ajoutons à cela que Peter se crée régulièrement de graves ennuis. Il s’est ainsi retrouvé à vendre régulièrement des photos le montrant en action à J.J. Jameson, l’irascible patron de presse trouvant là prétexte à calomnier publiquement Spider-Man. C’est comme s’il se punissait ainsi de n’avoir pu sauver son père adoptif. Peter Parker, c’est un peu Woody Allen au pays des super-héros, partageant d’ailleurs avec ce dernier un sens de l’autodérision, et des relations compliquées avec la gent féminine.

On a beau être super-héros, on n’en est pas moins homme, à ce propos. Devenu adulte, un peu plus confiant en lui-même, Peter a su quand même faire craquer quelques charmantes demoiselles au fil de sa longue carrière : Betty Brant, Gwen Stacy, Mary-Jane Watson, Felicia Hardy alias la Chatte Noire, Carlie Cooper… Pas mal pour un malchanceux chronique, même si ses relations ont souvent tourné court pour des raisons variées. Le plus souvent, elles sont causées par son souci absolu de cacher son identité de Spider-Man, craignant qu’elles ne soient menacées par l’impressionnante galerie de vilains qui a juré sa perte. Comment avoir une vie équilibrée, d’ailleurs, quand un Bouffon Vert ou un Venom sèment la terreur en ville - et empêchent donc Peter de respecter ses obligations sociales ordinaires ? Rendre visite à sa chère tante May si souvent malade, répondre au rendez-vous de sa petite amie, aider ses meilleurs amis, trouver et garder un nouveau travail… c’est tout sauf facile ! Et devant à chaque fois donner une explication valable à ses proches, Peter complique ainsi encore plus sa vie sociale. Les choses ont quelque peu changé depuis ses débuts, même si notre brave Peter Parker demeure finalement toujours le même. Il a arrangé les choses avec Flash Thompson, s’est marié avec Mary Jane (avant d’être séparé d’elle, suite à une de ces abracabrantesques décisions éditoriales dont Marvel se rend souvent coupable…), et peut aussi compter sur d’autres fidèles amis (dont Harry Osborn, pourtant supposé mort depuis des années. Ah, la logique « mélo » des comics…) ; il a quitté son travail de photographe, a été un temps enseignant, puis, aux dernières nouvelles, a décroché un job dans ses compétences, comme scientifique inventeur aux laboratoires Horizon. Un moyen pour lui de se rattraper après avoir bêtement oublié de breveter ses lances-toiles qui l’auraient rendu aussi riche que Steve Jobs. On peut être super-héros et n’avoir aucun sens pratique. Enfin, longtemps rejeté, source de méfiance au sein de la grande communauté des super-héros Marvel, Spider-Man a finalement sauté le pas et est devenu un membre actif des prestigieux Vengeurs, et un membre honoraire des Quatre Fantastiques. Toujours perçu comme le « naïf » de service, notre ami a tout de même largement mérité sa place, même si ses blagues et sa maladresse sociale continuent parfois d’agacer ses confrères…

Bien entendu, le cinéma a contribué à renforcer la popularité du personnage. La trilogie de SPIDER-MAN mise en image par Sam Raimi, avec Tobey Maguire dans le rôle de Peter Parker, s’inscrit dans la continuité de l’histoire classique du héros, et nous offre une jolie métaphore du passage à l’âge adulte. On préfèrera pour l’instant l’approche de Raimi et Maguire à leurs successeurs, Marc Webb et Andrew Garfield, qui ont relancé le personnage dans THE AMAZING SPIDER-MAN - film divertissant mais dont on peine à comprendre l’intérêt puisqu’il nous raconte, à quelques variantes près, la même histoire filmée dix ans plus tôt par Raimi… Le Peter Parker incarné par Tobey Maguire présente, bien plus que celui de son successeur, un aspect « Aspie » perceptible dès les premières images du premier film. La photo vue plus haut le confirme. Rien n’y manque : la solitude (Peter n’a guère que son copain Harry, tout aussi paumé que lui malgré une meilleure situation, pour lui tenir compagnie au lycée), les centres d’intérêt exclusifs (photographie amateur et sciences), la timidité envers les filles (ah, Mary Jane qui ne le remarque pas, alors qu’elle habite à côté de lui depuis dix ans…), les moqueries de Flash… Et, comme de bien entendu, les difficultés personnelles de Peter ne feront qu’empirer dans la trilogie, avec l’apparition successive du Bouffon Vert, Docteur Octopus, Homme-Sable et Venom qui lui gâcheront la vie. Bien malmené, notre jeune homme super-héroïque et super-névrosé se sera réconcilié avec son meilleur ami, aura triomphé de ses démons et pourra enfin reprendre une relation sentimentale chaotique avec Mary Jane, entrant ainsi dans l’âge des responsabilités.

Cf. Finesse (AVENGERS ACADEMY)

 

p-perceval-franck-pitiot-dans-kaamelott-

… Perceval le Gallois (Franck Pitiot) dans la série KAAMELOTT :

De temps en temps, la télévision française est capable de miracles. Entre 2005 et 2009, les spectateurs de M6 ont suivi avec joie KAAMELOTT, la relecture très spéciale du Roi Arthur, de la Quête du Graal et des Chevaliers de la Table Ronde, orchestrée de A à Z par Alexandre Astier. Incollable sur tout ce qui touche à ce domaine réservé d’habitude aux érudits universitaires, l’acteur et humoriste a livré une série de très haute qualité comique et mythologique. KAAMELOTT, c’est un peu comme si Franquin et Goscinny avaient réécrit l’EXCALIBUR de John Boorman ; ou LE SEIGNEUR DES ANNEAUX qui aurait été revu par Michel Audiard. Cela a marché du feu de Dieu, et le succès a été tel qu’Astier a décidé de préparer une trilogie pour le cinéma, actuellement en cours de développement. L’univers légendaire du Roi Arthur décrit par Astier prend un sérieux coup de plomb. Depuis quinze ans, le bon Arthur règne sur l’île de Bretagne, rassemblant autour de lui les meilleurs chevaliers du Royaume afin de récupérer le Saint Graal pour la plus grande gloire de Dieu. Seulement voilà, rien ne se passe jamais comme prévu. Arthur perd patience (et pique des colères mémorables) à entraîner à sa suite une bande de chevaliers tous plus lamentables les uns que les autres : ils sont cupides, couards, paresseux, goinfres, et pour la plupart irrécupérablement idiots… Le plus bel exemplaire en la matière étant certainement Perceval (Franck Pitiot), chevalier du Pays de Galles. Il ne se passe pas en effet un seul épisode sans que ce bon Perceval, souvent accompagné de Karadoc (Jean-Christophe Hembert), prenne une initiative malheureuse déclenchant une crise de nerfs de son roi ! Encore que, si l’on y regarde de plus près, le portrait de Perceval, « l’idiot » innocent par excellence, mérite d’être nuancé.

 

p-perceval-le-chevalier...

Pour comprendre le traitement du personnage dans KAAMELOTT, revenons aux sources mythiques de celui-ci. Perceval a en effet déjà plus de huit siècles d’existence ; il apparaît vers 1180 dans le roman PERCEVAL ET LE CONTE DU GRAAL, de Chrétien de Troyes, un des plus remarquables écrivains de chevalerie. L’auteur, rassemblant des récits et légendes encore plus anciennes, posa dans ses écrits les bases de la mythologie arthurienne que nous connaissons de nos jours. Son Perceval va devenir une figure mythique du genre : c’est un jeune homme coupé du monde extérieur, orphelin protégé par sa mère (ou sa tante, ou sa grand-mère, selon les différents auteurs qui suivront Chrétien de Troyes), qui ne veut absolument pas le voir devenir chevalier, comme son père et ses frères, morts au combat. Mais l’appel de l’aventure reste le plus fort : le jeune Perceval, très naïf, est émerveillé la première fois qu’il verra des chevaliers en armure ; il croira qu’il s’agit d’anges, et qu’ils sont nés ainsi, recouverts de métal ! Sa naïveté sera moquée par les autres Chevaliers de la Table Ronde, mais il se révèlera excellent combattant et gagnera sa place à la Table Ronde. Ses aventures feront de lui un des plus grands chevaliers, une figure éminemment mythologique, riche d’histoires exemplaires ; notamment l’épisode de sa rencontre avec le Roi Pêcheur, sur la piste du Saint Graal, nous montrera que Perceval, trop respectueux des consignes de son mentor (le chevalier Gornemant), n’ose pas prononcer la question indiscrète qui aurait pu guérir le roi. En conséquence, il se lancera dans une longue et périlleuse quête qu’il aurait pu résoudre tout de suite, s’il n’avait pas été le prisonnier de son éducation. Innocence prise pour de la faiblesse (ou de l’idiotie), relative marginalisation sociale, respect trop strict des règles sociales enseignées… voilà quelques traits de Perceval qui peuvent être vaguement mis en relation avec les caractéristiques de certains personnages Aspergers. Bien conscient du potentiel du personnage et de sa forte caractérisation, Alexandre Astier, avec le concours de Franck Pitiot (une révélation comique), force délibérément le trait dans KAAMELOTT. De franchement idiot au début de la série, l’irrésistible Perceval va cependant évoluer et devenir peu à peu le Forrest Gump de la Table Ronde… Souvent rudoyé, moqué, ridiculisé par les autres membres de la Table Ronde, Perceval restera pourtant l’un des plus fidèles de la bande bien malmenée après la trahison de Lancelot (Thomas Cousseau).

Perceval est un phénomène ambulant : illettré, incapable de se repérer sur une carte, il s’embrouille dans un vocabulaire qu’il ne maîtrise pas (heureusement, il trouve la parade absolue : son célèbre « c’est pas faux ! » qui le tire d’embarras dans les conversations trop complexes). Par ailleurs, il dépense une énergie fantastique à ne pas accomplir les missions qu’Arthur ose lui confier ; missions qui commencent et se terminent le plus souvent à la taverne avec Karadoc, sans avoir avancé d’un pouce, à la grande colère du roi. Entre ces deux-là, c’est une relation à la Prunelle-Gaston Lagaffe. Pourtant, s’il évite les combats, il lui arrive très rarement de se distinguer par un exploit ! Perceval est devenu l’explorateur attitré – et imprudent – des portes dimensionnelles ; l’une d’elles le fait même entrer dans une galaxie lointaine, très lointaine, dont il rapporte un sabre-laser à son roi (Astier connaît suffisamment sa mythologie : l’histoire de Luke Skywalker puise dans celle du Perceval des légendes arthuriennes). Perceval est d’ailleurs le seul personnage de la cour du Roi qui puisse faire flamboyer Excalibur, l’épée d’Arthur, signe d’une destinée exceptionnelle.

Perceval a d’autres particularités : sa naïveté coutumière, bien sûr, lui fait prendre au pied de la lettre les expressions imagées («Ah, seigneur Perceval, vous tombez bien… – Non, pas toujours, mais des fois je me rattrape !»). Il ne comprend rien des règles sociales en vigueur à Camelot, particulièrement celle qui veut que chaque Chevalier raconte un haut fait d’armes ; étant incapable de rendre ses histoires palpitantes, Perceval finit toujours par ressortir la même rencontre avec un vieillard mystérieux (« Parce que les vieux, c’est vach’ment mystérieux, on sait jamais d’où y viennent ! »), usant un peu plus la patience de tout le monde. Guère plus heureux dans les histoires sentimentales, Perceval rate systématiquement son idylle avec la servante Angharad (Vanessa Guedj), ne comprenant généralement rien à ce qu’elle veut de lui… Ajoutez à celà les centres d’intérêts très spéciaux de Perceval, qui a mémorisé toutes les règles des jeux de son pays natal : sloubi, jeu du pélican, jeu du sirop… l’énumération interminable de ses règles suffit généralement à durer une nuit entière. Il faut aussi rajouter sa passion pour le combat « technique », partagé avec Karadoc : une pratique des arts martiaux unique en son genre. Pas d’épées, tout est dans l’esquive, dans l’utilisation d’objets hétéroclites… et de légumes « redondants ».

Bien qu’inculte et illettré, Perceval a une mémoire éidétique digne du personnage de RAIN MAN, surprenant tout le monde par ses compétences en calcul mental (il peut compter sans se tromper le nombre exact de pierres du château !). D’une loyauté absolue pour Arthur (qui finit par l’apprécier malgré tout), Perceval est aussi l’indéfectible ami de Karadoc, avec qui il va fonder le légendaire Clan des Semi-Croustillants. Généralement bon camarade, de très bonne humeur, Perceval peut aussi piquer à l’occasion des colères très enfantines… Quand Karadoc annonce son intention d’esayer de retirer Excalibur replantée dans la pierre par Arthur, Perceval part bouder dans un tonneau, tel Diogène ! Tout est bien qui finit bien, heureusement. Sa rancune, Perceval la garde pour une seule personne : la belle Mévanwi (Caroline Ferrus), épouse de son ami Karadoc ; ayant intrigué pour finir dans le lit du roi en l’absence de Guenièvre, elle est détestée depuis ce jour par Perceval qui ne cesse de l’abreuver d’insultes. La loyauté, c’est sacré !

Enfin, Perceval a des interrogations philosophiques… très… disons, spéciales. Il se pose en effet beaucoup de questions sur l’Univers, et sa place dans ce monde, allant philosopher au bord de l’eau avec Arthur le temps d’un épisode où il pêche à la ligne avec un caillou fixé au bout d’une ficelle, pour intriguer les poissons auxquels il ne veut pas de mal ! Au roi seul, Perceval peut révéler son rêve de toujours : voyager dans l’espace. Un rêve lié au secret de ses origines, qui nous sont expliquées dans la « préquelle » de la dernière saison. Comme Superman, Perceval serait en effet originaire de la planète Krypton ! Une question innocente, clin d’oeil au film avec Christopher Reeve, qu’il avait posée au roi dans une saison précédente, laissait planer le doute (« vous savez que la Terre est ronde, et que, si on tourne autour d’elle dans le sens inverse de sa rotation, on peut remonter dans le Temps ? »). Dans cette ultime saison, Pellinore (Jackie Berroyer), son père fermier, expliquera à Arthur avoir recueilli Perceval alors qu’il n’était qu’un bébé, trouvé dans un cercle de culture au milieu de son champ. La vérité est ici : Perceval version KAAMELOTT est donc un extra-terrestre égaré au Moyen Âge !

On conclura qu’avec ses capacités singulières – incompréhension des règles sociales en vigueur, difficultés en amour, naïveté apparente, centres d’intérêt très poussés, vision du monde unique… -, ce bon Perceval serait donc un « Aspie » fictif très exagéré, pour la bonne cause du rire. Et certainement le plus apprécié des personnages de la série.

« PAYS DE GALLES INDEPENDANT !!! »

Cf. Raymond Babbitt (RAIN MAN), Forrest Gump ; Diogène de Sinope, George Lucas (pour les clins d’oeil à STAR WARS…)

 

à suivre…

Ludovic Fauchier.

0 commentaire à “Aspie, or not Aspie ? – Le petit abécédaire Asperger, chapitre 15”


  1. Aucun commentaire

Laisser un commentaire



Winx club le film |
La vie est un long film tra... |
Cinéma et science-fiction |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Festival 8-9,5-16
| pieces of one piece
| Site déménage