En bref… L’ECUME DES JOURS

Image de prévisualisation YouTube

L’ECUME DES JOURS, de Michel Gondry

Colin (Romain Duris) mène une vie bohème et insouciante à Saint-Germain, avec ses amis Chick (Gad Elmaleh), féru de la philosophie de Jean-Sol Partre (Philippe Torreton) au point d’en être obsédé, et Nicolas (Omar Sy), avocat et cuisinier libertin collectionnant les conquêtes. Colin, bénéficiant de rentes confortables, passe le plus clair de son temps dans son appartement rempli d’inventions et de disques de jazz, sous l’oeil complice d’une petite souris (Sacha Bourdo) qui participe à la vie du lieu. Au grand dam de Colin, ses deux amis ont une vie amoureuse : Chick vient de rencontrer Alise (Aïssa Maïga), la nièce de Nicolas ; ce dernier est quant à lui aimé d’Isis (Charlotte Lebon). Lors de la soirée d’anniversaire du chien d’Isis, Colin rencontre Chloé (Audrey Tautou). Entre eux, c’est le coup de foudre. Une belle histoire d’amour qui les mène au mariage. Malheureusement, le soir de la nuit de noces, un nénuphar pousse dans le poumon de Chloé…

En bref... L'ECUME DES JOURS dans Fiche et critique du film lecume-des-jours

Mon avis :

Il faudra bien reconnaître un jour les bienfaits du cinéma de Michel Gondry dans le paysage cinématographique français si tristement figé dès qu’il est question d’imagination. Qui, mis à part le cinéaste d’ETERNAL SUNSHINE OF THE SPOTLESS MIND, aurait en effet pu oser adapter l’inadaptable roman de Boris Vian ? Les deux auteurs ont en effet bien des points communs dans leurs domaines littéraires – un attrait évident pour le surréalisme, une liberté de ton et de narration qui met à mal les repères habituels du lecteur/spectateur (et encore plus de la critique, une nouvelle fois à la ramasse, qui a descendu le film sans discernement, faisant implicitement payer à Gondry le fait qu’il travaille aussi aux Etats-Unis)… et la musique jazz, omniprésente dans leurs oeuvres. Et un goût du bricolage, de la libre association d’idées, qui permet à Gondry, bricoleur né, de donner naissance aux idées a priori intraduisibles de Vian, comme le pianocktail, piano qui délivre des cocktails sur mesure à chaque partition jouée. Des idées folles, le film en a à la pelle, autant qu’il respecte (souvent en les détournant) en la matière celles de Vian : le secrétariat mobile, la course au mariage, les petits fours, le cuisinier caché dans le frigo, les lunettes de Jean-Sol Partre…

Sans doute L’ECUME DES JOURS version Gondry a-t-il fait grincer des dents ceux qui, au vu d’une bande-annonce trompeuse, croyaient avoir affaire à une comédie romantique. Le film refuse le confort du genre, fidèle là encore au roman, démarrant dans une atmosphère d’insouciance et de comédie permanentes, avant que le mal qui ronge Chloé ne s’empare physiquement du film. Gondry joue brillamment avec cette idée : les décors rapetissent, et deviennent étouffants, décrépits, les cadrages se resserrent, l’image se vide peu à peu de ses couleurs… Autant d’idées visuelles qui « incarnent » le texte de Vian avec justesse. Pour ne rien gâcher, le casting est à l’avenant, les comédiens se jetant dans la fantaisie et la sensibilité de Vian/Gondry avec un entrain évident. Le résultat global est une brillantissime adaptation d’un livre « impossible » à retranscrire à l’écran ; libre et inspiré, donnant libre cours à son imagination, Gondry ne cherche pas à complaire au plus grand nombre, ni à se rabaisser devant les petits esprits et les cyniques de tout bord. Bon sang, qu’est-ce que cela fait du bien dans ce cinéma français si souvent sclérosé dans ses tristes poses d’auteur…

Ludovic Fauchier

1 commentaire à “En bref… L’ECUME DES JOURS”


  1. 0 marielle issartel 27 mai 2013 à 12:02

    Il sera intéressant de comparer cette nouvelle adaptation de L’ÉCUME DES JOURS avec celle de Charles Belmont en 68, avec les très jeunes acteurs Marie-France Pisier, Jacques Perrin et Sami Frey. (Le DVD sort en octobre.)
    Sélection officielle au Festival de Venise 1968.
    Prévert en disait : « Belmont a gardé le coeur du roman, ce film est merveilleusement fait. En plus, c’est drôle ! »
    Renoir : « Ce film a la grâce »
    En décembre 2011 Télérama: « Une comédie solaire délicieusement surréaliste. Adapter Vian ? un tabou dont Charles Belmont est joliment venu à bout ».
    En juin 2012 Michèle Vian dans Le Monde : « C’est très joli. Charles Belmont avait compris quelque chose. Il était fidèle à l’esprit. Et la distribution est éclatante ».
    Et le Passeur critique le 24 avril 2013 : « Cette fraîcheur de ton offre au roman original la traduction à l’écran d’une fuite existentielle débordante de vie magnifiée par une bande son jazzy d’une élégance rare et d’un montage à son unisson. Élégant le film l’est tout du long dans un dégradé de nuances. »
    On peut voir photos, extraits et avis critiques sur le blog : L’oeuvre du cinéaste Charles Belmont charlesbelmont.blogspot.fr

    Répondre

Laisser un commentaire



Winx club le film |
La vie est un long film tra... |
Cinéma et science-fiction |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Festival 8-9,5-16
| pieces of one piece
| Site déménage