Archives pour août 2013

Blockbusters de l’été, le bilan

Bonjour, chers amis neurotypiques !

Après un bon break estival, histoire de recharger mes batteries passablement vidées d’une part par la canicule et d’autre part par l’abécédaire, on fait une petite remise en jambes en mode « light »… La saison estivale est, comme chaque année, synonyme de blockbusters explosifs ; on a été particulièrement gâtés : vaisseaux spatiaux, zombies, super-héros, robots, monstres géants, ninjas, pistoleros et indiens complètement barrés !

Voici donc une petite revue de détail rapide pour vous permettre d’y voir plus clair.

Blockbusters de l'été, le bilan dans Fiche et critique du film star-trek-into-darkness

STAR TREK INTO DARKNESS, de J.J. Abrams

Le roublard J.J. Abrams rempile avec un solide second opus de la nouvelle saga « trekkienne », désormais plus portée sur l’action et les cliffhangers que sur les thèmes philosophiques et scientifiques de l’univers traditionnel Trek. Géré sans temps mort, le film se laisse voir ; c’est un habile remaniement / reboot de Star Trek II La Colère de Khan, le film préféré des fans de la saga originale. On donnera surtout un très bon point pour Benedict Cumberbatch, brillantissime Sherlock de la BBC, et qui campe ici un adversaire particulièrement retors pour le capitaine Kirk et ses amis. Et on constetera qu’Abrams, plutôt qu’un auteur, est avant tout un imitateur de « l’école Lucas-Spielberg » du début des années 1980, comme en témoignent ces références constantes à Indiana Jones (la première séquence), et Star Wars. Références toutes trouvées pour celui qui va poursuivre la saga imaginée par Lucas… et ainsi « passer à l’ennemi » d’un univers de science-fiction à un autre !

 

man-of-steel-02 dans Infos en bref

MAN OF STEEL, de Zack Snyder

D’un côté, Zack Snyder, le réalisateur (controversé) de 300 et Watchmen, doué pour soigner le visuel de ses films, et de l’autre l’équipe gagnante de la trilogie Dark Knight : le scénariste David Goyer, les producteurs Charles Roven et Emma Thomas, le compositeur Hans Zimmer (signant ici une nouvelle partition épique à souhait), et le maître d’oeuvre Christopher Nolan, crédité producteur exécutif et co-auteur de l’histoire originale de cette nouvelle version de Superman. Plutôt une bonne association, le film, s’inscrivant dans un contexte bien différent du classique de Richard Donner, fait oublier le ratage du Superman Returns de Bryan Singer. Ce nouveau film est une relecture de l’histoire des origines de l’Homme d’Acier intelligemment menée, capable de livrer des scènes visuellement stupéfiante (le prologue sur Krypton), et d’éclaircir la personnalité plus complexe, marginale, de Superman, très bien incarné par Henry Cavill. Tout ceci étant livré avec une pléthore de plans iconiques (le point fort de Snyder) et de combats surhumains, même si le film aurait gagné à être raccourci de quelques minutes (une surcharge de destruction d’immeubles…). L’expérience est somme toute plaisante, malgré un léger malaise de voir le « gentil » Superman oeuvrer en allié de l’US Army et briser la nuque de son ennemi… Autre bon point du film : un casting intelligent ; mentions spéciales à Kevin Costner et Amy Adams. Un bon nouveau départ pour « Supes » avant le film annoncé de Superman/Batman (ou Batman/Superman ?).

 

world-war-z

WORLD WAR Z, de Marc Forster

Hmm… Adapter le roman de Max Brooks (fils de Mel Brooks et Anne Bancroft) était-il une si bonne idée ? Au vu du traitement effectué, on peut rester sceptique devant ce World War Z qui fait l’effet d’un ratage fascinant. Un tournage très perturbé par de nombreux problèmes de production trop vite expédiés (on devine la ré-écriture en catastrophe du scénario à chaque séquence) affecte un film bancal, dans des passages expédiés à la va-comme-je-te-pousse, avec la réduction drastique de rôles importants, comme cet agent de la CIA joué par David Morse qui disparaît sans raison valable. Dommage, car Marc Forster (bien plus à son aise sur des films intimistes comme Les Cerfs-volants de Kaboul ou Neverland) pouvait livrer un film démentiel, si on lui avait laissé les mains libres. Il reste quelques séquences marquantes pour faire passer la pilule amère : la première attaque dans les rues de Philadelphie, les scènes où les zombies assiègent un mur fortifié dans une ambiance entre Starship Troopers et La Chute du Faucon Noir… Des zombies malheureusement très propres sur eux, tenus par les lois du studio de ne pas faire d’excès gore, et qui se contentent de mordiller leurs victimes hors champ et de claquer les dents pour faire peur. Les aficionados du genre, eux, grinceront des leurs… Rajoutons à celà que la conversion du film en 3D est inutile, et rend nombre de séquences illisibles. Quant à l’ami Brad Pitt, voulant sans doute suivre ses collègues Tom Cruise ou Will Smith dans un « film de fin du monde », il semble ici en pilotage automatique, se contentant d’aller d’un point A à un point B sans grande conviction. Une déception.

 

pacific-rim

PACIFIC RIM, de Guillermo Del Toro

Un pied « monstre » ! Guillermo Del Toro revient en très grande forme après une longue absence de cinq ans, depuis Hellboy II. Après les énormes problèmes de production l’ayant empêché de réaliser Les Montagnes Hallucinées d’après Lovecraft, et après la mauvaise expérience personnelle du Hobbit repris par Peter Jackson, le cinéaste mexicain signe son retour en force : un  »blockbuster d’auteur » qui, sous l’apparente simplicité du propos (d’une part des robots venus de l’animation japonais, de l’autre un hommage aux kaijû eigas, les films de monstres japonais), récèle quelques petits trésors d’ingéniosité. D’une part, le film est prodigue en scènes de combats démentielles, avec ses titans s’affrontant parmi les buildings à coups de pétroliers transformés en battes de base-ball ; le tout, filmé avec une élégance formelle indéniable (Del Toro reconnaît s’être inspiré des peintures de Francisco Goya pour créer l’ambiance visuelle, et joue à merveille des effets d’échelle magnifiés par la 3D), envoie hors du ring les Transformers de Michael Bay et son montage hystérique. La comparaison est malvenue d’ailleurs, puisque le film de Del Toro a beaucoup plus de coeur, et traite intelligemment des rapports humains entre les pilotes des robots, sous le couvert d’un film d’action démesuré, qui malheureusement n’a pas intéressé le public américain. Dommage pour eux, car le film trouve de belles idées de mise en scène (dont celle du pont neural, qui permet aux pilotes de partager leurs souvenirs, donnant la plus belle scène du film) tout en procurant un plaisir « geek » assumé avec ses hordes de monstres échappés du bestiaire à la Godzilla. Et en plus, il y a Ron Perlman !

 

wolverine-le-combat-de-limmortel-02

WOLVERINE : LE COMBAT DE L’IMMORTEL, de James Mangold

Retrouvailles musclées avec le mutant griffu vedette de l’univers Marvel, pour une aventure solo séparée des films de la franchise X-Men (enfin, pas tout à fait séparée, si vous êtes restés après le générique de fin…) ; l’occasion de revoir toujours avec plaisir Hugh Jackman en pleine forme, dans le rôle qui l’a révélé il y a treize ans. Wolverine se retrouve donc embarqué dans une sale histoire liée à son passé, au Japon, pris dans une guerre entre diverses factions de yakuzas et de ninjas. Bonne idée, le film est confié à James Mangold (Walk the Line, CopLand, 3h10 pour Yuma), solide cinéaste moins féru de comics que de westerns classiques et de films de samouraïs. On ne sera donc pas étonnés de le voir citer en référence aussi bien Josey Wales Hors-la-loi (jouant sur la ressemblance physique évidente de Jackman avec le Clint Eastwood des seventies) ou Le Château de l’Araignée de Kurosawa (la superbe scène où Wolvie, combattant dans une rue enneigée, est transpercé de flèches et de chaînes). Mangold ne se contente pas d’emballer des scènes d’action très bien menées (le combat sur le train), il est aussi capable d’emmener le film dans des directions inattendues : comme cette scène d’intro impressionnante, évoquant Le Pont de la Rivière Kwaï et Empire du Soleil, ou les scènes psychologiques crédibles entre Wolverine et son nouvel amour Mariko. Voilà qui compense les passages obligés « comics », moins convaincants, du grand finale. Malgré ses faiblesses, et un manque relatif de charisme des bad guys, ce film-là de Wolverine est nettement plus réussi et intense que celui de ses origines, sorti en 2009. Tout cela est de bon augure avant le retour de Wolvie dans X-Men Days of Future Past de Bryan Singer, pour l’an prochain. 

 

the-lone-ranger-02

THE LONE RANGER, de Gore Verbinski

Etrange, quand même, cette propension du public américain à dédaigner les blockbusters les plus réussis cette année… Après Pacific Rim, c’est au tour de Lone Ranger, conçu par la fine équipe des Pirates des Caraïbes, de s’être méchamment « planté » au box-office US. Lequel est pour le moins en perdition depuis quelque temps, malmené par la concurrence du téléchargement sur Internet et d’une alarmante flambée des tickets. Quoi qu’il en soit, Lone Ranger s’avère une réussite à mettre sur le compte de Gore Verbinski, qui, après le jubilatoire Rango, retrouve Johnny Depp dans un western complètement fou. Bourré de références à John Ford (The Searchers et Liberty Valance en tête), Sam Peckinpah (les presbytériens de La Horde Sauvage chantant le même cantique) et évidemment Sergio Leone, le film est un pur plaisir, ayant gardé des Pirates ses trouvailles surréalistes, sans ses lourdeurs. L’alchimie entre le jeune Armie Hammer (le « jumeau » de Social Network, revu dans J. Edgar) et un Johnny Depp une fois de plus irrésistible, fonctionne très bien. Jouant de ses origines indiennes, Depp s’amuse et nous amuse dans un numéro digne de Buster Keaton, d’un stoïcisme absolu même en toute circonstance (surtout quand il nourrit son corbeau…). Verbinski et ses scénaristes osent même aller là où ne les attendait pas ; outre des gags surréalistes en rafale (les lapins carnivores !!), le film affiche une cruauté « léonienne » affirmée (le méchant arrache et mange le coeur du frère du Ranger, sous ses yeux !) et des références historiques rappelant aussi les aspects moins glorieux de la Conquête de l’Ouest : massacres des tribus indiennes, prostitution et exploitation sans scrupules des ouvriers du chemin de fer. Ajoutez à celà une construction narrative astucieuse (le récit, dépendant du point de vue d’un vieil Indien aux souvenirs passablement « défectueux », est constamment remis en cause par un gamin devenant la voix du public) et une mise en scène d’une inventivité permanente (la poursuite finale, magistralement élaborée, digne de Keaton, de Spielberg et Zemeckis), et vous aurez un énorme plaisir estival en résultat. Alors, qu’est-ce qu’on dit ? Merci Verbinski !

 

elysium

ELYSIUM, de Neill Blomkamp

Un postulat de science-fiction intéressant sert de point de départ à ce nouveau film du jeune réalisateur sud-africain de District 9, avec lequel il partage évidemment nombre de points communs thématiques et esthétiques : le même intérêt pour une SF traitant de la violence sociale (le racisme dans District 9, le déséquilibre entre riches et pauvres ici), et dont les townships et bidonvilles fournissent le cadre inhabituel d’un futur sale, violent et désespéré. Et comme dans District 9, un pauvre type ordinaire va subir une mutation inattendue et se transformer littéralement en machine de guerre pour malmener les profiteurs. Blomkamp se retrouve ici aux commandes d’une production plus ambitieuse, avec de surcroît une star mondiale en la présence efficace d’un Matt Damon au crâne rasé. Damon est ici entraîné malgré lui dans une révolte des miséreux de LA contre les richissimes habitants de la station spatiale Elysium, avec à leur tête Jodie Foster en ministre « bushiste » déterminée à ne laisser personne souiller son Meilleur des Mondes… Le résultat est intéressant, mais inégal ; le film est visuellement étonnant, partagé entre ses deux univers : le monde des super-riches évoquant la station spatiale immaculée de l’inamovible 2001 : L’Odyssée de l’Espace, celui des pauvres rappelant Soleil Vert et ses millions de SDF entassés dans des bindovilles aux pieds des demeures de l’élite. Les robots, policiers fonctionnaires zélés, se chargent du « sale boulot » et rendent la vie infernale aux humains bloqués sur Terre ; la vision d’un futur faisant écho aux problèmes actuels de la société américaine ravagée par le libéralisme effréné, condamnée notamment faute de soins accessibles et livrée à la violence, est finalement à peine exagérée. Tant qu’il reste sur cet aspect social, Elysium est très bon… Malheureusement, loi des studios oblige, le film rentre après cela dans des sentiers plus balisés : poursuites, explosions et fusillades à gogo, tandis que le héros s’en ira comme il se doit accomplir un destin sacrificiel bien trop prévisible. Dommage, donc, que le film n’arrive pas totalement au bout de ses ambitions.

 

Verdict final ? Le podium des films d’été est le suivant. Médaille de bronze pour James Mangold et Wolverine ; médaille d’argent pour Guillermo Del Toro et Pacific Rim ; et médaille d’or pour Gore Verbinski et Lone Ranger.

 

Ludovic Fauchier, back in business.

 



Winx club le film |
La vie est un long film tra... |
Cinéma et science-fiction |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Festival 8-9,5-16
| pieces of one piece
| Site déménage