THOR : LE MONDE DES TENEBRES

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Thor : Le Monde des Ténèbres, d’Alan Taylor

Le puissant Thor (Chris Hemsworth) a ramené en Asgard son félon frère adoptif Loki (Tom Hiddleston) devant leur père, Odin (Anthony Hopkins). Coupable de trahison pour avoir voulu s’emparer du trône d’Asgard, Loki est condamné à la détention perpétuelle, tandis que Thor repart combattre et protéger les Neuf Royaumes Célestes avec ses compagnons d’armes. Il n’a pas oublié la belle scientifique Jane Foster (Natalie Portman) ; restée sur Terre, Jane fait une étrange découverte à Londres : l’emplacement d’un site sacré asgardien qui n’est autre que l’endroit où Bor, le père d’Odin et grand-père d’Odin, cacha jadis en secret l’Ether, une énergie destructrice manipulée par les Elfes Noirs qu’il avait vaincu. Exposée accidentellement à l’Ether, Jane est emmenée en Asgard par Thor. Mais les Elfes Noirs, menés par le dangereux Malekith (Chris Eccleston) et son bras droit Kurse (Adewale Akkinuoye-Agbaje), se sont éveillés à l’appel de l’Ether…

 

THOR : LE MONDE DES TENEBRES dans Fiche et critique du film thor-2-le-monde-des-tenebres

Depuis maintenant cinq années que le concept de l’univers partagé par Iron Man, Hulk, Captain America, Thor et compagnie est lancé, on s’est habitué aux réapparitions des super-héros, planifiées par la branche cinéma de Marvel sous la direction de Kevin Feige et le soutien financier des studios Disney (qui voient tout, qui entendent tout et qui mangent tout, de Pixar à Lucasfilm). Le résultat variant forcément selon les films et les réalisateurs engagés, les amateurs du genre se sont vu offrir aussi bien quelques pépites (l’excellent Captain America de Joe Johnston, les Avengers de Joss Whedon, ou encore cette année un Iron Man 3 quasiment subversif, dû à Shane Black), et pour le reste des films conçus pour la simple distraction « popcorn »… Le cas de Thor était le plus problématique, en raison des curieux partis pris de mise en scène de Kenneth Branagh (ces cadrages obliques…). A l’annonce de l’inévitable suite, et du remplacement de Patty Jenkins, la réalisatrice initialement pressentie, par Alan Taylor, vétéran des mini-séries HBO (Rome, Deadwood et surtout Game of Thrones), les fans du Dieu du Tonnerre se sont prématurément emballés. Allait-on voir un Thor plus sombre, plus épique, et à l’instar de Game of Thrones, le film baignerait-il dans une ambiance de complots, de sexe et de violence graphique ? C’était sans doute aller vite en besogne, et oublier que la franchise reste sous l’oeil vigilant des studios Disney. Pas vraiment le genre à prendre de pareils risques vis-à-vis d’un public mondial et de tous les âges. Au vu du résultat, Thor : Le Monde des Ténèbres laisse logiquement apparaître une totale absence de prise de risques, et de grosses scories qui gâchent le plaisir.

Le spectacle reste de bonne facture, si l’on est pas trop regardant sur la qualité du produit… Crédibiliser un univers mêlant mythologie viking, science-fiction d’obédience très Star Wars, comédie et romance contemporaine, drame pseudo-shakespearien et inévitables séquences d’action super-héroïques, n’est décidément pas une tâche facile. En dépit (ou à cause ?) de tous ces éléments, le film ne décolle jamais, faute d’une direction claire de la part du réalisateur, qui semble avoir délégué un maximum de séquences aux secondes équipes et aux effets visuels. Thor est tout de même tiré d’une bande dessinée légendaire au possible (signée de Jack Kirby, quand même !), et on était en droit d’attendre que son potentiel mythologique soit exploité au maximum ; au lieu de quoi, on a droit à des scènes parfois cheap (une petite dizaine de figurants bien serrés dans le cadre, pour représenter les légions censées menacer le héros), à des méchants simplistes (ils veulent tout détruire parce qu’ils sont méchants), des conflits traités par-dessus la jambe (la rivale en amour de Jane Foster auprès de Thor, Dame Sif, est mise de côté, sans que personne n’y trouve à redire)… Le plus gros problème étant l’invasion de ces scènes de sitcom entre Darcy (Kat Dennings, certes bien sympathique dans le registre sexy-comique), la sidekick de Jane qui se retrouve elle-même affublée d’un sidekick… Leurs scènes sont amusantes, mais complètement hors sujet. Ah, et n’oublions pas les scènes de nudisme de Stellan Skarsgard à Stonehenge… Pour le contexte mythologique, Alan Taylor se fend juste rapidement d’une jolie scène de funérailles vikings toute droit sortie du classique avec Kirk Douglas, le bien-nommé Les Vikings. Le reste étant confié aux équipes des effets visuels et des cascades, sans la moindre surprise. Dans ce fourre-tout mal géré, les acteurs restent professionnels et livrent donc la marchandise, sans forcer leur talent. Chris Hemsworth et Tom Hiddleston continuent d’y croire. C’est d’ailleurs toujours un bonheur de voir ce dernier tirer son épingle du jeu, dans la peau d’un Loki toujours sournois. Le problème majeur reste le choix de Natalie Portman pour le rôle de Jane Foster. Confier à cette talentueuse comédienne le rôle cliché de la belle en péril était certainement une mauvaise idée ; et, de fait, on ne ressent pas « l’alchimie » qui est supposée avoir lieu entre Jane et Thor.

 

thor-2-benicio-del-toro-en-collecteur dans Fiche et critique du film

 

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J’allais oublier, pour rajouter au malaise général, la scène post-générique de fin nous préparant au futur Guardians of the Galaxy… Benicio Del Toro, immense comédien s’il en est, se livre à un sidérant cabotinage. Et ce look, arghh… On dirait Mugatu (Will Ferrell), le méchant dingo dans Zoolander, la comédie de Ben Stiller !

Ni totalement mauvais, ni d’ailleurs génial, Thor : Le Monde des Ténèbres révèle les limites de la méthode Marvel. On confie clé en main des « produits » standardisés pour plaire à tous les publics à des réalisateurs qui n’ont ni le poids ni la vision d’un Christopher Nolan, d’un Sam Raimi ou d’un Guillermo Del Toro, leur principale obligation restant de livrer le film dans les temps. Même si un réalisateur à poigne s’affirme parfois et améliore le projet initial, cela reste assez rare et ce n’est pas de très bon augure pour les films à venir… Pour l’instant uniquement mis en valeur dans Avengers, Thor attend encore le film solo qui lui rendra vraiment justice. Espérons que le prochain réalisateur saura comprendre le matériau de base, tenir tête aux exécutifs et transcender le sujet. On peut toujours rêver.

 

Ludovic « Heimdall » Fauchier.

 

 

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La fiche technique :

Réalisé par Alan Taylor ; scénario de Christopher Yost et Christopher Markus & Stephen McFeely, d’après la bande dessinéee créée par Stan Lee, Larry Lieber et Jack Kirby (Marvel Comics) ; produit par Kevin Feige (Marvel Entertainment / Marvel Studios)

Musique : Brian Tyler ; photographie : Kramer Morgenthau ; montage : Dan Lebental et Wyatt Smith

Direction artistique : Ray Chan ; décors : Charles Wood ; costumes : Wendy Partridge

Effets spéciaux de plateau : Ian Corbould et Eggert Ketilsson ; effets spéciaux visuels : Stéphane Ceretti, Vincent Cirelli, Jake Morrison et Chad Wiebe (Double Negative / Framestore / 4DMax / Gentle Giant Studios / Luma Pictures / Method Studios / Perception / ReelEye Company / The Third Floor)

Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures

Durée : 1 heure 52

Caméras : Arri Alexa Plus 4:3, Canon EOS 5D Mark II, Phantom Flex et Red Epic

 

 

2 commentaires à “THOR : LE MONDE DES TENEBRES”


  1. 0 Tbringmann 1er 10 nov 2013 à 8:17

    Je croyais que pixar avait repris son indépendance par rapport à Disney ?

    Répondre

    • 1 kingludo 11 nov 2013 à 13:23

      Pas exactement… en fait, la relation Disney-Pixar est un peu compliquée. J’ai beaucoup de mal à comprendre ces histoires de contrats financiers entre compagnies, il faudrait un journaliste de Capital pour décoder ces affaires-là… Pour résumer, Disney distribuait et se chargeait du marketing des films produits et créés sous la bannière Pixar, pour les premiers longs-métrages de ces derniers (Toy Story 1 et 2, 1001 Pattes). Entre Steve Jobs, propriétaire de Pixar, et Michael Eisney, président de Disney, les relations étaient souvent tendues, ce dernier estimant que les films Pixar faisaient concurrence aux films d’animation Disney, et il envisagea sérieusement de créer un studio concurrent de Pixar, Circle 7, pour réaliser des films « à la Pixar » exclusivement produits et distribués par Disney… En réponse, Jobs chercha d’autres studios pour distribuer les films de Pixar. Mais Eisney quitta la présidence de Disney en 2005, ce qui changea tout. Le nouveau président des studios Disney, Robert Iger, s’entendit avec Jobs, et en 2006, avec l’accord de ce dernier, Pixar a été acheté par Disney… Les cadres fondateurs de Pixar (Steve Jobs, John Lasseter et Ed Catmull) ont tous pris des positions importantes dans l’administration de Disney (notamment dans Walt Disney Animation Studios), et les studios Pixar gardent toujours une certaine indépendance, tout en étant dépendants de Disney.
      Bon, bien évidemment, j’ironisais un peu à propos du studio de la souris aux grandes oreilles qui « mange » les autres en mêlant Pixar (qui reste historiquement « liée » à Disney) aux studios Marvel ou Lucasfilm… Difficile parfois de nuancer sans s’y perdre soi-même !
      J’espère que ce point a été clarifié.

      Ludovic.

      Répondre

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