En bref… EDGE OF TOMORROW

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EDGE OF TOMORROW, de Doug Liman

L’histoire :

des créatures extra-terrestres, les « Mimics », ont envahi et détruit l’Europe, menaçant de s’étendre sur le reste du monde. Après cinq années de combats, les forces de l’UDF (Union Defense Forces), armée spéciale créée et supervisée par l’OTAN, remportent enfin des succès significatifs, grâce aux »Jackets », exo-squelettes de combat améliorant la puissance des soldats. L’Opération Downfall, un débarquement général en divers points du continent, doit surprendre les Mimics engagés contre les forces russes et chinoises, et ainsi mener à la victoire des humains. Le commandant Bill Cage (Tom Cruise), officier de réserve du service communications de l’Armée Américaine, chargé de la propagande en faveur des troupes, arrive à Londres. 

Il est stupéfait d’apprendre qu’il va être envoyé en première ligne pour combattre, alors qu’il n’a jamais eu le moindre entraînement militaire… Son refus et ses tentatives d’amadouer le général Brigham (Brendan Gleeson) lui valent d’être arrêté, dégradé et envoyé menotté au fort militaire d’Heathrow, d’où l’attaque sera lancée. Devenu un simple soldat dans l’Escadron J, Cage se retrouve pris dans un véritable carnage lors du débarquement : les Mimics, prévenus, déciment les troupes humaines en quelques minutes. Aspergé de sang acide par une créature, Cage est tué sur le coup… et se réveille sur le tarmac du fort Heathrow, 24 heures avant l’assaut ! Le voilà en train de revivre le même jour… et de mourir à nouveau lors du débarquement… et de se réveiller pour revivre sa dernière journée. Seule Rita Vrataski (Emily Blunt), combattante d’élite qu’il tente en vain de sauver durant le combat, s’est rendue compte de son étrange comportement. Revivant sans cesse sa dernière journée, Cage tente de la contacter pour comprendre ce qui lui arrive avant d’être envoyé sur le front pour y mourir sans cesse… 

 

Edge of Tomorrow 01

La critique :

On lui cache tout, on ne lui dit rien ! Edge of Tomorrow marque le retour de Tom Cruise dans le cinéma de science-fiction, un genre qui, jusqu’ici, lui sied très bien puisqu’il s’agit de son quatrième (cinquième si l’on compte le très fade Vanilla Sky) film du genre. La star a su somme toute toujours bien choisi ses sujets en la matière, comme en témoigne son association avec Steven Spielberg pour Minority Report et La Guerre des Mondes (deux claques magistrales du « boss » barbu, avant que « l’affaire du canapé d’Oprah Winfrey » ne cause leur brouille… ne me demandez pas pourquoi), et l’intéressant Oblivion précédant cet Edge of Tomorrow, adapté du graphic novel japonais All You Need Is Kill d’Hiroshi Sakurazaka par Doug Liman, solide réalisateur de Go, du premier Jason Bourne (The Bourne Identity / La Mémoire dans la Peau) et du passable Mr. and Mrs. Smith

 

Edge of Tomorrow 03

La popularité de Cruise, mise à mal par les décevantes performances de ses films au box-office (les Mission : Impossible étant l’exception), n’a pas réussi semble-t-il à inverser la tendance, et Edge of Tomorrow n’a pas attiré les foules américaines à sa sortie. Le public commence apparemment à se lasser d’une formule, qui, pourtant ici, nous offre une série B de SF tonique et bien ficelée, mais jouant de façon souvent trop consciente sur des formules éprouvées. A commencer par la sempiternelle paranoïa qui caractérise un énorme pan de la filmographie de l’acteur : La Firme, le premier Mission Impossible, Eyes Wide Shut, Vanilla Sky, Minority Report, Oblivion, voir même Valkyrie… les personnages joués par Tom Cruise sont ainsi manipulés (ou du moins le croient-ils) par des puissances supérieures à la limite de l’occultisme, un thème récurrent qui semble traduire un malaise permanent de l’acteur. Edge of Tomorrow, de façon assez ludique, joue sur ce sentiment sans prendre trop de risques. Saluons quand même les efforts du réalisateur Liman qui s’amuse à malmener allègrement son acteur vedette. Présenté ici en porte-parole pétochard d’une opération de propagande (hmm… scientologie ?) Cruise est tour à tour : humilié par un sergent-la-terreur (Bill Paxton, semblant tout droit sorti de chez James Cameron, et toujours bon), ravagé en très gros plan par un flot de sang acide, flingué à n’en plus finir par sa partenaire (l’adorable Emily Blunt), et subit toutes sortes de sévices cartoonesques – chutes libres, murs de briques et de béton, défenestrations… Cruise s’amuse, inventant pour l’occasion un personnage, qui, au début de son étrange aventure temporelle, tiens moins du Bill Murray de Groundhog Day (Un Jour Sans Fin, le modèle insurpassable de « film de boucle temporelle ») que du William Holden pleutre du Pont de la Rivière Kwaï.

 

Edge of Tomorrow 02 - I love Emily Blunt !

La référence cachée au film de Lean n’est peut-être pas fortuite, Edge of Tomorrow, dans ses meilleurs moments, devenant un vrai film de guerre rétro : les scènes de bataille évoquent bien évidemment le souvenir du Soldat Ryan mâtiné de Starship Troopers, le propos politique virulent en moins. Le réalisateur risque quant à lui l’autocitation consciente de Bourne Identity , quand le film devient une cavale dans la campagne française (même le générique final force la comparaison évidente). Au final, le film reste très plaisant à voir, sans pour autant surpasser ses prestigieux modèles, un peu trop gêné sans doute par ceux-ci (on rajoutera aussi la façon dont Cruise se débarrasse d’un alien, exactement comme dans La Guerre des Mondes…). Dommage, car, quand il se laisse aller à un peu plus d’inventivité, Doug Liman trouve des idées originales : comme ce « training montage » où notre ballot de héros n’en finit plus d’être exécuté par sa partenaire… Emily Blunt, d’ailleurs, devrait faire craquer les amateurs du genre en campant une héroïne délicieusement badass, valkyrie brandissant une épée démesurée, une image digne des plus beaux mangas. Dommage que le scénario ne suive qu’à moitié son intéressant postulat avant de se rabattre vers des recettes un poil trop éprouvées, « mécaniques » pour convaincre entièrement. Dans un registre proche, on préfèrera le récit du Source Code avec Jake Gyllenhaal. 

 

Ludovic Fauchier (reloaded).

 

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La fiche technique :

Réalisé par Doug Liman ; scénario de Chris McQuarrie, Jez & John-Henry Butterworth, d’après le graphic novel « All You Need Is Kill » de Hiroshi Sakurazaka ; produit par Jason Hoffs, Gregory Jacobs, Tom Lassally, Tim Lewis, Jeffrey Silver, Erwin Stoff, Kim H. Winther (Warner Bros. Pictures / Village Roadshow Pictures / 3 Arts Entertainment / Translux / Viz Media)

Musique : Christophe Beck ; photo : Dion Beebe ; montage : James Herbert

Décors : Oliver Scholl ; direction artistique : Neil Lamont ; costumes : Kate Hawley

Distribution : Warner Bros. Pictures 

Caméras : Arriflex et 435, Panavision Panaflex Millennium XL2 et Panavision Panaflex Platinum

Durée : 1 heure 53

2 commentaires à “En bref… EDGE OF TOMORROW”


  1. 0 Point de Style 13 juin 2014 à 8:26

    Une bonne critique !

    Dernière publication sur Point de Style : Dragons 3 : Le Monde Caché, de Dean DeBlois

    Répondre

  2. 1 Films Streaming 14 juin 2014 à 13:43

    J’ai adoré votre critique bonne continuation ;)

    Répondre

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