En bref… UNDER THE SKIN

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UNDER THE SKIN, de Jonathan Glazer

L’histoire :

une jeune femme décédée est remplacée par son double (Scarlett Johansson), qui, au volant d’une camionnette, aborde des hommes seuls dans les rues et les environs d’Edimbourg, en Ecosse. Faisant semblant de s’être perdue, elle les séduit et les attire dans une demeure abandonnée. Les imprudents, croyant passer un bon moment avec la jeune femme, finissent engloutis dans un sol liquide avant d’être digérés. Suivie par un énigmatique motard (Jeremy McWilliams), la jeune femme continue chaque jour à appâter des hommes solitaires. Mais, petit à petit, elle se sent confuse et perturbée, se découvrant des sentiments et des sensations inconnues d’elle…

 

Under the Skin

La critique :

difficile de donner une définition claire de cet Under the Skin, dû au réalisateur britannique Jonathan Glazer. Celui-ci s’était fait remarquer en 2000 avec le film noir (et très coloré) Sexy Beast avec Ray Winstone et Ben Kingsley, et qui entre-temps n’avait signé que le déjà déroutant Birth, en 2004, avec Nicole Kidman séduite par un gamin de dix ans affirmant être la réincarnation de son mari décédé… De toute évidence, le réalisateur aime les sujets déroutants. Scarlett Johansson campe ici une véritable « body snatcher » errant dans une Ecosse glacée, une sorte de prédatrice se nourrissant de proies humaines consentantes, tuées dans d’étranges ballets oniriques. On est libre d’aimer ou pas ce film très « arty« , mais il faut reconnaître que l’actrice réussit une sacrée prise de risque. A l’heure où elle incarne le nouveau fantasme sexy pour une bonne partie du public planétaire, Scarlett Johansson ose ici une expérience radicalement différente de ses films habituels. Méconnaissable sous sa perruque brune, volontairement désincarnée par la mise en scène, « déshumanisée », elle aborde de parfaits inconnus (véritablement filmés à leur insu dans les rues d’Edimbourg) en improvisant de faux flirts (jolie mise en abyme de son propre travail de comédienne, puisqu’elle joue ici une créature se faisant passer pour quelqu’un d’autre).

Pour autant, le film laisse perplexe… Le réalisateur choisit délibérément de mettre en avant des expérimentations visuelles et sonores déroutantes, comme cette saisissante scène de « digestion » vécue de l’intérieur par une des victimes de la jeune femme. On n’est pas très loin de David Lynch, impression (un brin facile) renforcée par la rencontre, dans le film, entre Scarlett Johansson et un jeune « homme-éléphant » atteint de neurofibromatose (ce n’est pas un maquillage), qui éveille chez elle des sentiments tout à fait inconnus. Sans forcer, le réalisateur sait aussi provoquer le malaise ; la séquence de la noyade sur la plage, se concluant sur le gros plan d’un petit enfant abandonné, pleurant alors que le bruit des mouettes envahit la bande-son, est sans doute le moment le plus perturbant du film. Mais, malgré la fascination indéniable qu’il exerce, Under the Skin reste difficile à appréhender et aurait sans doute gagné à n’être qu’un (long) court-métrage… 

Ludovic Fauchier.

 

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La fiche technique :

Réalisé par Jonathan Glazer ; scénario de Walter Campbell et Jonathan Glazer, d’après le roman de Michel Faber ; produit par : James Wilson, Nick Wechsler, Gillian Berrie et Alexander O’Neal (BFI / Film4)

Musique : Mica Levi ; photo : Daniel Landin ; montage : Paul Watts

Distribution Grande-Bretagne : StudioCanal

Durée : 1 heure 48

Caméras : Arri Alexa Plus, et One of Us-Cam

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