Les Brebis, les Loups et le Chien de Berger – AMERICAN SNIPER

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AMERICAN SNIPER, de Clint Eastwood

L’histoire :

Chris Kyle (Bradley Cooper) est devenu une légende pour les hommes envoyés au combat durant la Guerre d’Irak. Sniper d’élite formé aux missions des Navy Seals (les commandos de la marine américaine), Kyle a officiellement tué 160 ennemis au combat, durant ses quatre tournées en service, effectuées dans les villes les plus dangereuses entre 2003 et 2008. Mais il a chèrement payé ses exploits. Chris Kyle fut tué le 2 février 2013, par un ancien Marine qu’il accompagnait à un champ de tir.

Enfant, Chris Kyle était l’aîné de deux frères, élevé par un père qui lui a appris à se battre, à défendre les siens, et à chasser. Adulte, Chris tente de devenir champion de rodéo au Texas, avant qu’une blessure mette fin à sa carrière. Désoeuvré, il décide de s’engager dans l’armée américaine, et choisit la formation la plus dure, celle des commandos Navy SEALS. Malgré son âge et ses problèmes physiques, Chris est recruté. Il rencontre Taya Renae (Sienna Miller) un soir dans un bar ; ils se marieront et auront deux enfants. Mais, après les attentats du 11 septembre 2001, la vie du couple va être bouleversée de fond en comble. Chris est appelé à combattre en Irak en 2003. Sa première mission, à Falloujah, consiste à protéger un peloton de Marines des attaques ennemies. Chris enchaîne bientôt les missions, devenant le sniper le plus efficace durant des opérations de plus en plus violentes. Son unité croise ainsi la route du « Boucher », bras droit d’Abu Musad Al-Zarqawi, l’un des chefs d’Al Qaeda, et d’un sniper ennemi, « Mustafa », aussi dangereux que lui. Chris Kyle devient un véritable héros aux yeux des siens ; mais ce qu’il a vu et fait le transforme irrémédiablement…

 

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La critique :

Toujours là ! Quelques mois seulement après son sympathique Jersey Boys, Clint Eastwood (un tout jeune homme de 85 ans, en mai prochain) nous présente déjà son film suivant. Le voilà signant, avec American Sniper, un film dont le sujet le place bien évidemment dans la droite lignée de ses films « militaires » (et pas forcément militaristes, comme certains pourraient le croire) que sont Heartbreak Ridge (Le Maître de Guerre, 1986) et le diptyque de la bataille d’Iwo Jima (Flags of our Fathers / Mémoires de nos Pères, et Lettres d’Iwo Jima, sortis en 2007). Traitant cette fois-ci du parcours d’un singulier soldat de la Guerre d’Irak, American Sniper a déjà fait couler bien de l’encre au point que certains anciens détracteurs de l’œuvre du grand Clint ont cru bon, prématurément, d’attaquer le film par un angle politique, prêtant au réalisateur des intentions qui n’étaient pas les siennes. Certes, on peut comprendre leur méfiance envers un sujet parlant avant tout d’un militaire américain entraîné à tuer durant cette guerre politiquement et moralement bien douteuse, mais American Sniper ne cherche certainement pas à justifier ou glorifier la désastreuse initiative militaire du gouvernement Bush. Clint Eastwood a su toucher le public avec un sujet particulièrement difficile, et signe à nouveau un film admirable, très perturbant, dans la droite lignée des meilleures œuvres des grands cinéastes dont il est le continuateur.

 

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L’idée de faire un film d’American Sniper n’est pas venue de Clint Eastwood, mais de Bradley Cooper. L’acteur, vu comme un rigolo charmant grâce à Very Bad Trip, s’était enthousiasmé pour le livre écrit, avec Scott McEwen et Jim DeFelice, par Chris Kyle. Ce vétéran de la Guerre d’Irak, un véritable colosse aux allures d’ours tranquille, devait tragiquement mourir peu après la parution de son livre, tué par Eddie Ray Routh, un ex-Marine perturbé par le syndrome de stress post-traumatique qu’il tentait d’aider. Le décès de Kyle a dû motiver Cooper à produire le film, laissant la place à Chris Pratt (le héros des Gardiens de la Galaxie, dans lequel Cooper prêtait sa voix) dans le rôle de son quasi-homonyme. Pratt étant encore méconnu avant le succès des Gardiens…, le studio Warner préféra que ce soit Cooper qui incarne Kyle. Un pari risqué étant donné le physique dégingandé de Cooper, qui accepta cependant. David O. Russell, avec qui Cooper a brillamment travaillé sur Happiness Therapy et American Bluff (lui valant une respectabilité dans le métier, avec deux nominations successives à l’Oscar du Meilleur Acteur), ayant passé la main, Cooper se tourna ensuite vers Steven Spielberg. Très intéressé (le sujet lui rappelait sans doute des thèmes abordés dans Sugarland Express et Le Soldat Ryan), ce dernier, toujours en train de développer d’autres projets, suggéra à Bradley Cooper de se tourner vers Clint Eastwood. Spielberg et Eastwood se connaissant bien, s’appréciant après avoir travaillé un certain nombre de fois ensemble (rappelons que c’est Spielberg qui a assuré la production de Mémoires de nos Pères et Lettres d’Iwo Jima), il n’est donc pas étonnant que ce dernier ait accepté le projet de film initié par Cooper, tant le récit d’American Sniper, au final, apparaît comme totalement « eastwoodien ». On prête au défunt Chris Kyle des propos prémonitoires : lorsqu’on lui demanda quel cinéaste, selon lui, pourrait tirer un bon film de son histoire, il répondait « Clint Eastwood« … Coïncidence supplémentaire ? le patronyme de Kyle évoqua sûrement à Eastwood le prénom de son fils, brillant musicien de jazz qui joua avec lui dans un de ses meilleurs films, Honkytonk Man. Certains signes ne trompent pas.

 

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Au vu des premières images (dont cette séquence d’ouverture qui a servi à l’impressionnante bande-annonce) d’American Sniper, on peut comprendre ce qui a motivé Clint Eastwood dans ce sujet. Le cinéaste inscrit le film dans la trajectoire de sa propre carrière, au point de donner le sentiment d’assister à une relecture de scènes familières à ceux qui ont suivi ses films depuis cinquante années. La scène d’ouverture semble être le contrepoint total de celle du Dirty Harry réalisé par Don Siegel en 1971. Un sniper, déjà, rôdait dans la ville… mais nous étions face à un horrible serial killer (inspiré du Tueur du Zodiaque) qui choisissait, pour sa seule excitation, une cible humaine à abattre. On se rappellera aussi d’un autre tueur tout aussi détestable dans la filmographie eastwoodienne, l’assassin joué par John Malkovich narguant Clint dans le bien nommé Dans la ligne de mire… sans oublier un autre tireur antipathique, mais assermenté celui-là, le tireur du FBI dans Un Monde Parfait. Tout le contraire de Chris Kyle, un soldat d’élite, qui, lui, doit protéger ses coéquipiers de toute menace dans les rues irakiennes. Malchance : ses premières cibles sont une mère et son enfant, poussés à se « kamikazer » contre les soldats avec une grenade RPG… Kyle devra les abattre, et prendre sur lui. Il n’a rien d’un psychopathe qui aime tuer, mais inaugurera une série macabre qui le marquera à vie.

Par le biais d’un cut remarquable, Eastwood nous transportera, à l’instant fatidique, dans l’enfance de Kyle : sa première partie de chasse, avec son père, durant laquelle il tue un cerf. La scène, bucolique, mais dérangeante (on voit toute l’influence de ce paternel sur la future carrière de son fils), évoque aussi un autre classique : The Deer Hunter (Voyage au bout de l’Enfer), chef-d’oeuvre de Michael Cimino, grand disparu du cinéma américain qui avait su si bien décrire les effets dévastateurs du traumatisme de la guerre du Viêtnam sur ses vétérans. American Sniper est son héritier. Pas étonnant de se rappeler alors qu’Eastwood avait lancé la carrière de Cimino, coauteur du script de Magnum Force, et réalisateur de Thunderbolt & Lightfoot (Le Canardeur)… Ces deux cinéastes se retrouvent sur la même longueur d’ondes.

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Par ailleurs, American Sniper, à l’instar de nombreux films d’Eastwood, offre aussi une relecture – distanciée mais omniprésente – d’un univers auquel il reste associé depuis ses débuts, à savoir le Western. Eastwood a beau avoir officialisé ses adieux au genre qui l’a révélé avec Unforgiven (Impitoyable, 23 ans déjà…), il ne peut pas ne pas l’évoquer à nouveau, comme tant d’autres de ses films qui conservent la structure des westerns dont il est devenu le porte-étendard (d’Un Monde Parfait à Gran Torino, pour ne citer qu’eux, la liste est longue) ; American Sniper conserve cet héritage, le récit faisant de Chris Kyle l’équivalent d’un pistolero solitaire et légendaire. Il rencontre sa dame de cœur dans un bar (autrement dit, un saloon), se mesure en duel avec un ennemi aussi doué que lui (l’affrontement avec le sniper « Mustafa » sert de fil rouge au récit – une idée de Steven Spielberg quand il travaillait sur le film), assiste à l’enterrement de ses amis par leurs veuves et leurs mères (John Ford est tout proche), voit sa tête mise à prix… L’aspect « western » discret du film prend même tout son sens dans les dernières images du film, montrant les vraies funérailles de Chris Kyle. La musique est tirée du western spaghetti Le Retour de Ringo, et elle fut composée par Ennio Morricone, à l’époque même où Eastwood tournait Et pour quelques dollars de plus chez Sergio Leone… 

La réussite d’American Sniper ne passe pas pour autant par ces références westerniennes bien intégrées, ou par le contexte guerrier. On a prêté abusivement des intentions politiques au film d’Eastwood, certains critiques enfourchant un cheval de bataille bien usé pour chercher des poux dans la tête du cinéaste, et une soi-disant glorification de la violence, des armes à feu, du patriotisme américain, etc. Des idées reçues. Eastwood ne cherche pas à justifier ou glorifier quoi que ce soit, répondant à ces critiques qu’American Sniper parle (avec une efficacité indéniable) des effets pervers de toute guerre sur les êtres humains qui la vivent. A l’instar de leurs prédécesseurs de la 2ème Guerre Mondiale (revoyez le diptyque d’Iwo Jima de Clint) ou du Viêtnam, les soldats d’American Sniper reviennent bouleversés à jamais par leur expérience du combat en Irak. Chris Kyle devient ici leur porte-parole. Ce n’était pas le rôle de ce simple soldat de commenter, ou critiquer, les raisons morales de ce conflit décidé par l’administration Bush (encore que l’on sent, dans le film, une détestation à peine voilée de Clint Eastwood envers les ultraconservateurs républicains, responsables d’un beau désastre mondial), mais, s’il a fait son travail, il l’a lourdement payé, sans plus de reconnaissance officielle de Washington. Sa mort est devenue symbole des graves erreurs commises par des politiciens médiocres, n’ayant jamais pris de risques personnels dans cette sale guerre.

 

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American Sniper est aussi l’histoire d’une transformation. Dans le cinéma eastwoodien, tout est lié : le cinéaste a très souvent filmé les métamorphoses, les bouleversements physiques et psychologiques qu’entraîne l’activité de ses protagonistes. Ces changements restent liés, toujours, à la Mort. Qu’on se souvienne, entre autres, de Red Stovall consumé par la tuberculose (Honkytonk Man), de Charlie Parker sombrant dans son addiction (Bird), de la boxeuse Maggie paralysée à vie (Million Dollar Baby), etc. De la même façon, Chris Kyle connaît une évolution dramatique qui débute par une transformation corporelle radicale (l’entraînement épuisant des SEALS, les injections accroissant sa masse musculaire) faisant du gentil cow-boy efflanqué des débuts une véritable montagne de chair ; cette transformation a des effets secondaires destructeurs, une constante chez Eastwood, puisque l’expérience de la guerre, l’accumulation du stress et des horreurs vécues affecte l’esprit de Chris, aussi bien que sa vie avec Taya (très touchante interprétation, au passage, de Sienna Miller). Sans insistance ni pathos, Eastwood montre, par des signes simples et perturbants, comment le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) s’insinue dans la vie du couple Kyle. Le spectateur a vécu avec celui-ci les décisions cruelles qu’il a dû prendre pour protéger ses équipiers (la première mission) que les atrocités commises par les djihadistes – notamment la confrontation avec le « Boucher » venu punir un cheikh modéré, d’une façon abominable. Chaque retour au pays permet de mesurer le désarroi causé par le SSPT dont souffre Chris. Le bruit d’une perceuse, les aboiements d’un chien inoffensif, un bébé délaissé… ces détails perturbent le sniper incapable d’identifier ses problèmes. Coupé peu à peu de son entourage, on le verra même sombrer, assis et passif devant l’écran noir de la télévision familiale. American Sniper est donc aussi le récit d’une métamorphose destructive, d’autant plus retorse que son protagoniste y est « accro ». Comme les soldats du Hurt Locker (Démineurs) de Kathryn Bigelow, Chris Kyle se montre tellement doué dans son domaine professionnel qu’il ne peut reprendre une vie normale. Les risques pris durant les combats deviennent une forme de jeu dans lequel le sniper excelle, jusqu’à l’inconscience. Lorsqu’il accomplira son « chef-d’oeuvre » (un tir impossible à 1900 mètres de distance), il mettra inutilement en danger son peloton. Une faute d’orgueil qui le ramènera à un début de rédemption, après la traversée d’un « trou noir » personnel.  

 

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Grâce à un scénario intelligent, American Sniper évite les poncifs du récit guerrier et suit l’évolution de son personnage principal. Un héros paradoxal, entraîné à tuer, dont la conscience s’éveille au fur et à mesure de son expérience militaire. Sans rancœur ni repentance excessive, Chris Kyle va remonter la pente en aidant d’autres vétérans gravement atteints. Un entretien avec un médecin va le mener à changer de combat. Il aidera désormais les rescapés du combat à remonter la pente ; ces hommes, mutilés dans leur chair et leur esprit, abandonnés par un gouvernement s’étant désintéressé de leur sacrifice, trouvent ainsi quelqu’un à qui parler. Et, puisque Chris est sniper de métier, mieux vaut les aider à se « soulager » en tirant sur des cartons que sur des cibles humaines… Cela ne sera pas sans danger, hélas, dans un pays où l’usage des armes à feu est toléré et légitimé (rappelez-vous du « Sniper de Washington », un ancien soldat de la Guerre du Golfe qui terrorisa la capitale américaine ; lui aussi fut atteint du SSPT). Cette activité reste dangereuse, et, malheureusement pour lui, Chris Kyle croisera la route d’Eddie Ray Routh, un ex-Marine complètement détruit par son expérience en Irak.

Cette triste fin était peut-être inévitable, après tout. Chris Kyle a suivi, jusqu’au bout, l’enseignement de son père. Rappelons qu’il était le fils d’un enseignant de l’Ecole du Dimanche et d’une diaconesse, dans un pays (« God’s Country« ) où l’on ne prend pas à la légère l’instruction religieuse. Le film met particulièrement en avant l’influence du père, une montagne humaine qui met un point d’honneur à donner un code de conduite strict à ses deux fils. Mémoires de nos pères… Chris, l’aîné, sera particulièrement poussé à devenir le protecteur qui met fin aux bagarres à l’école (Christine Collins, jouée par Angelina Jolie dans L’Echange, faisait la même leçon à son fils). A l’âge adulte, Chris se bâtira un corps et une personnalité correspondant à l’idéal paternel, suivant à la lettre la métaphore des « brebis, loups et chiens de berger » donnée par son père (sous la menace d’un ceinturon dissuasif…). Une métaphore simple et directe, résumant bien le sens de la mission de Chris : se placer en marge de la communauté pour la défendre, et prendre conscience que le monde n’est, hélas, pas peuplé que de personnes bienveillantes… Une vision typiquement « eastwoodienne », qui rejoint celle du grand John Ford et ses parias héroïques. Le retour à la vie civile changera cependant le poids de l’enseignement paternel chez Chris Kyle, en qui le médecin perçoit un « syndrome du Sauveur ». L’ancien soldat aidera ses collègues, cherchant aussi sans doute une forme de rédemption qui aboutira à sa mort.

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Voilà pour conclure ce texte qui ne donne un aperçu qu’assez fragmentaire du ton d’American Sniper. On en oublierait presque de saluer comme il se doit la solide mise en scène d’Eastwood, sans esbroufe, d’une simplicité imparable et accompagnant le parcours de son soldat (presque) solitaire. On manque aussi presque d’apprécier la description des épreuves du couple formé par Chris et Taya Kyle, prouvant aussi que Clint Eastwood sait décrire des histoires d’amour crédibles et réalistes. Ce grand film « guerrier » atypique prend aussi le temps d’être romantique, mais jamais mièvre…

Un dernier constat : American Sniper se termine sur un générique muet. Hommage au soldat tombé, certes, mais on ne peut pas s’empêcher de penser que Clint Eastwood, dans sa 85ème année, semble pour la première fois ne pas avoir de nouveau projet en cours. Est-ce vraiment l’heure des adieux ? Avec cet homme-là, il ne faut pourtant jamais jurer de rien. Attendons de voir…

 

Ludovic Fauchier, French Blogger

 

Anecdote

Chris Kyle et ses coéquipiers SEALS prennent pour emblème le logo à tête de mort du Punisher. Venu de l’univers des Marvel Comics, le Punisher (de son vrai nom Frank Castle) est un justicier sans super-pouvoirs, mais aux méthodes brutales expéditives. Il apparut pour la première fois dans un épisode de Spider-man, où il tentait de tuer le Tisseur en le « snipant ». Le dessinateur Gil Kane lui donna les traits de… Clint Eastwood dans sa période Dirty Harry

 

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La fiche technique :

Réalisé par Clint Eastwood ; scénario de Jason Hall, d’après le livre de Chris Kyle, Scott McEwen et Jim DeFelice ; produit par Clint Eastwood, Bradley Cooper, Andrew Lazar, Robert Lorenz, Peter Morgan, Zakaria Alaoui et Jessica Meier (Malpaso / Mad Chance Productions / RatPac-Dune Entertainment / 22nd & Indiana Pictures / Village Roadshow Pictures)

Musique « Taya’s Theme » par Clint Eastwood, « The Funeral » par Ennio Morricone ; photographie : Tom Stern ; montage : Joel Cox et Gary D. Roach

Direction artistique : Harry E. Otto et Dean Wolcott ; décors : James J. Murakami et Charisse Cardenas ;

Distribution : Warner Bros. Pictures

Caméras : Arri Alexa XT

Durée : 2 heures 12

 

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