Bloc-notes de mars

Bonjour chers amis neurotypiques !

 

Un Steven Spielberg sur tous les fronts, en ce mois de mars… Le cinéaste-producteur a fait parler de lui, ces derniers jours, sur divers aspects de son métier et de sa carrière. D’abord avec Peter Jackson, et quelques autres comparses du nom de Martin Scorsese, Ron Howard, Frank Marshall et J.J. Abrams, en soutenant Sean Parker et sa nouvelle création, Screening Room dont ils sont tous actionnaires. Le père du défunt Napster lance ce nouveau service qui permettrait aux spectateurs, contre la somme de 50 dollars, de pouvoir regarder les derniers blockbusters le jour de leur sortie en salles. De quoi amener une grosse révolution sur l’exploitation des films, et de quoi contrecarrer efficacement – en théorie – le piratage intempestif. De précédentes tentatives avaient eu lieu, comme DirectTV (un service auquel Jackson s’était opposé), mais Screening Room, fort de la réputation de Parker et de ses différents supporteurs, pourrait changer la donne d’un système de distribution jusque-là très verrouillé. Les majors companies sont intéressées, les exploitants de salles américains plus méfiants.

Spielberg qui, de son côté, continue de préparer ses futurs films. The BFG est en cours de finalisation pour une sortie fin juin, et le boss ne se repose pas. Le voilà en train de mettre sur pied le casting de Ready Player One, adaptation du roman de science-fiction d’Ernest Cline qui raconte une chasse au trésor entre de jeunes hackers et des mégacorporations à travers un univers virtuel révolutionnaire, truffé de références à la culture populaire des années 1980. De jeunes acteurs seront en tête d’affiche, Tye Sheridan (que l’on verra en jeune Cyclope dans X-Men Apocalypse de Bryan Singer) et Olivia Cooke (vue dans Bates Motel, The Signal ou Me and Earl and the Dying Girl), face à Ben Mendelsohn (vu dans The Dark Knight Rises, Lost River ou Exodus : Gods and Kings) en grand méchant. Bonne nouvelle, Simon Pegg vient de rejoindre le casting ; rappelons que Monsieur Shaun of the Dead / Hot Fuzz a déjà joué pour Spielberg un des jumeaux Dupondt dans son adaptation de Tintin.

 

 Indiana Jones 5 - George Hall, Indy old timer...

Ci-dessus : Les Aventures du Jeune Indiana Jones présentaient déjà un Indy vieillard : George Hall, et son look à la John Ford !

 

Et, bien sûr, la grande nouvelle de ces derniers jours reste l’annonce officielle du cinquième film d’Indiana Jones. Yeah !… euh ? On sera certes toujours ravi de revoir Harrison Ford endosser la veste et le chapeau de l’archéologue intrépide, mais on peut aussi nourrir quelques doutes légitimes. Sachant que la sortie du film est déjà sortie à 2019, ce brave Harrison aura alors 77 ans, et on peut ironiser en se demandant si Indy aura encore le souffle nécessaire pour échapper aux rochers géants qui dévalent derrière lui. D’autant plus qu’il faudra à Spielberg un sacré bon scénario pour non seulement faire accepter l’âge d’un Indy grand-père, mais surtout faire oublier Indiana Jones et Celui dont on ne doit pas dire le titre, vous savez de quel film je veux parler… Un certain Royaume du Crâne de Cristal qui, certes avait fort bien marché au box-office 2008, et rappelé que le personnage a toujours une côte d’amour intacte auprès du public, mais dont les grosses, grosses failles scénaristiques sautent aux yeux (et oui, je sais ! j’ai défendu le film à l’époque ! Je continue à penser qu’il a des qualités, mais bon, impossible de nier les erreurs évidentes – les CGI manqués, Shia LaBeouf qui joue les Tarzan, les extra-terrestres du dernier acte, tout ça…). A charge pour David Koepp d’écrire un script plus inspiré, cette fois. Et quelques raisons d’espérer, aussi : George Lucas, lourdement responsable des mauvaises décisions de ce quatrième volet (il insista auprès d’un Spielberg réticent pour placer des OVNIS et des extra-terrestres dans le dernier acte du film), ne serait plus impliqué dans la production – tout au plus a-t-il sans doute soufflé l’idée de la nouvelle quête du héros. Spielberg aurait donc plus de latitude pour faire le film d’Indiana Jones qu’il souhaite faire. Et Shia LaBeouf, très fâché avec le boss depuis des dissensions sur les Transformers, ne devrait pas rempiler. Donc, pas de Mutt – ou du moins, pas sous les traits de l’acteur parti quelque peu en vrille depuis.

Osons quelques spéculations sur ce que peut nous réserver ce cinquième Indy… D’abord en se rappelant que le personnage et son univers font désormais partie intégrante du catalogue du studio Disney, après le rachat de Lucasfilm par ce dernier en 2012. Il allait sans dire que Bob Iger, le patron de la branche cinéma du studio aux grandes oreilles, allait vite approuver la relance de l’univers Star Wars, ce qui a été fait depuis. On se demandait moins si que quand Indiana Jones allait être à son tour relancé… De fait, pendant deux ans, l’évocation du cinquième film a fréquemment fait surface, comme un serpent de mer. Lucas aurait un temps planché sur une idée impliquant le Triangle des Bermudes (impossible de confirmer si le film à venir conservera cette piste), Harrison Ford déclara être toujours partant en précisant sagement « pas de Martiens, please ! ». On osa même parler de reboot excluant l’acteur pour cause de grand âge, en voyant les noms de Bradley Cooper ou de Chris Pratt comme successeurs potentiels… Spielberg haussa le ton en rappelant que, lui vivant, il ne ferait pas un Indiana Jones sans son vieil ami, et son collègue Frank Marshall de balayer ces rumeurs en parlant de purs calculs d’agents mal informés. Harrison Ford sera donc toujours Indiana Jones, contre vents et marées. Le Star Wars de J.J. Abrams, qu’on aime ou pas le film, est là pour confirmer que l’acteur a toujours le charisme intact pour reprendre ses personnages classiques, même si l’âge le pousse désormais à jouer les mentors pour une jeune génération d’acteurs. Ce que devrait confirmer aussi le Blade Runner 2 qu’il va tourner avec Ryan Gosling devant les caméras de Denis Villeneuve. On peut donc supposer que le cinquième Indiana Jones sera son baroud final avec les personnages qui ont fait sa gloire passée. Une décision risquée, cela dit, les superproductions hollywoodiennes privilégiant depuis longtemps des héros jeunes et dynamiques plutôt que le 3ème âge plein de sagesse. Cela dit, on se rappellera aussi que des acteurs comme Clint Eastwood ou « Papa » Sean Connery ont poursuivi une belle carrière malgré l’âge. Si le corps suit moins, la tête, elle, reste intacte ! Quant à l’idée de voir un héros mythique vieillir, elle n’est pas si absurde que cela. Demandez à Han Solo. Ou à D’Artagnan, Robin des Bois, Sherlock Holmes, Arsène Lupin, Batman, le Terminator (bon, d’accord, Terminator Genisys n’est sûrement pas une référence, mais vous voyez l’idée !)

Il va sans dire que, chez Disney, on suivra les résultats au box-office avec le plus grand intérêt. Il viendra forcément un jour où l’acteur tirera sa révérence, mais Indy, lui, sera toujours la propriété du studio. Viendra alors la question du reboot inévitable du personnage… Il y aurait alors tout lieu de croire que ce cinquième opus préparerait non seulement un départ en beauté d’Harrison Ford sous les traits d’Indy vieillard, mais aussi l’annonce d’une relance probable du personnage. On peut faire quelques suppositions sur le ton général de cet Indiana Jones 5. On a laissé Indy en pleine Guerre Froide, désormais « casé » avec sa chère Marion et devenu un respectable doyen d’université. Sachant que le personnage vieillit comme son interprète, on retrouverait Indy dans les années 1970. Au milieu des jeunes en pantalon patte d’éléphant, le Docteur Jones risque de paraître comme un sacré anachronisme ambulant. Comment justifier le retour d’un personnage ayant dépassé l’âge de la retraite, dans ce cas ? Je risque une hypothèse toute personnelle, connaissant les références du cinéma de Spielberg de ces dernières années. J’appellerais cela « l’hypothèse Indy Impitoyable« , en référence au film d’Eastwood qui voyait celui-ci en desperado vieillissant reprendre les armes pour un dernier contrat, malgré l’âge. Dans cette approche, on verrait alors un Indy veuf (désolé Marion), en froid avec Mutt qui ne le verrait plus (bon, là, je m’avance, mais cela contournerait le problème Shia LaBeouf…) et retraité de l’université. Indiana Jones repartirait pour un ultime baroud à la John Ford, sur les traces d’un nouveau trésor mythique. Impossible évidemment de savoir pour l’instant quel sera ce dernier. On peut faire confiance à Spielberg et Koepp pour éviter cette fois les OVNIS et revenir aux bases « archéo-historico-mythologiques » des aventures d’Indy. C’est tout le mal qu’on leur souhaite, en espérant que l’archéologue retrouve la Fortune et la Gloire !

Et rappelez-vous, les moqueurs : « It’s not the age, honey. It’s the mileage*.« 

 

Ludovic Fauchier

 

* « L’âge ne compte pas, chérie. C’est le kilométrage. » (Indy à Marion, Les Aventuriers de l’Arche Perdue)

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