En bref… CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR

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CAPTAIN AMERICA : CIVIL WAR, d’Anthony & Joe Russo

Les évènements de Captain America : Le Soldat de l’Hiver ont confronté Steve Rogers (Chris Evans) à un ennemi inattendu : James « Bucky » Barnes (Sébastian Stan), son ami qu’il croyait mort durant la 2ème Guerre Mondiale. Bucky a survécu ; mais, prisonnier de l’organisation criminelle HYDRA, il a subi des lavages de cerveau incessants durant des décennies, qui ont fait de lui le Soldat de l’Hiver, le plus dangereux tueur au monde. Privé de tout libre arbitre, Bucky a commis des meurtres innombrables, pour ses maîtres. Mais le combat contre Steve a partiellement réveillé ses anciens souvenirs.

Depuis l’affrontement, Captain America mène ses collègues Avengers à la poursuite de Brock Rumlow « Crossbones » (Frank Grillo), ancien agent de l’HYDRA devenu mercenaire terroriste. Retrouvé à Lagos, au Nigeria, Rumlow affronte l’équipe de Cap ; vaincu, il tente de se suicider en se faisant sauter parmi la population. En utilisant ses pouvoirs télékinétiques pour protéger les civils, Wanda Maximoff, la Sorcière Rouge (Elizabeth Olsen), ne peut empêcher le pire. Des citoyens bénévoles du Wakanda, un petit Etat africain, sont tués. C’est une crise politique sans précédent qui s’abat sur les Avengers, obligés de rendre des comptes devant les Nations Unies pour leurs actions. Sur l’insistance du Secrétaire d’Etat à la Défense Thaddeus Ross (William Hurt), les héros devront signer les Accords de Sokovie, restreignant leur liberté d’action au bon vouloir des dirigeants américains et de l’ONU. L’équipe a des opinions divisées à ce sujet : si Tony Stark / Iron Man (Robert Downey Jr.) soutient le projet, ralliant Natacha Romanov / Black Widow (Scarlett Johansson), James Rhodes / War Machine (Don Cheadle) et l’androïde Vision (Paul Bettany) à son point de vue, Steve et Sam Wilson / Faucon (Anthony Mackie) s’y opposent, voyant là une atteinte aux libertés individuelles et refusent donc de signer les Accords. La situation empire quand, le jour de la signature, le Roi du Wakanda T’Chaka (John Kani) est tué dans un attentat apparemment déclenché par Bucky. Le fils de T’Chaka, le Prince T’Challa (Chadwick Boseman), jure de tuer l’assassin de son père. Steve et Sam, eux, tentent de retrouver Bucky pour le ramener à la raison. Dans l’ombre, un certain Colonel Zemo (Daniel Brühl) manipule les héros pour les monter les uns contre les autres, pour sa propre vengeance. Entre Tony Stark et Steve Rogers, la dispute va atteindre un point de non-retour…

 

Captain America Civil War

Impressions :

Comme une impression de déjà vu chez les super-héros… Alors que les concurrents D.C. et Warner viennent juste de lancer un Batman V. Superman estampillé Zack Snyder qui divise plus qu’autre chose, Marvel et Disney répliquent avec ce troisième volet de Captain America opposant le Super-Soldat à la star de l’univers partagé des Avengers, son compagnon d’armes Iron Man. Pas vraiment de coïncidence, mais on voit que les super-héros « démocratiques » ont du souci à se faire en invitant dans leurs films un confrère milliardaire plus « vendeur » au box-office… La franchise Captain America n’est pourtant pas dénuée de qualités en elle-même ; un premier volet hypersympathique avec son ambiance « pulp/serial/2ème Guerre Mondiale » à la Indiana Jones, et un second volet situé quelque part entre Les 3 Jours du Condor, Un Crime dans la Tête et la saga Jason Bourne, qui voyait la Légende Vivante critiquer la dérive totalitaire-sécuritaire de l’Amérique. Les frères Russo, auteurs de ce Captain America : Le Soldat de l’Hiver, rempilent donc ici pour un Civil War continuant la saga du héros, tout en se pliant aux impératifs de l’univers partagé Marvel. Une mission pas si simple que cela à remplir, Civil War version comics ayant été l’un des crossovers les plus audacieux jamais sortis chez Marvel ces dernières années. Ses auteurs, Mark Millar et Steve McNiven, avaient osé et réussi un ouvrage politique ; opposant des super-héros par dizaines entre les camps d’Iron Man et de Captain America (ils sont presque tous là, une bonne centaine, diversement impliqués : Wolverine, les 4 Fantastiques, Luke Cage, Daredevil, le Punisher, les X-Men, Deadpool, etc. plus quelques super-vilains recrutés de force), divisés sur des questions faisant écho aux excès sécuritaires de l’ère Bush (le Patriot Act, Guantanamo…), Civil War proposait un peu plus que des affrontements dantesques entre surhommes bigarrés. Chacun des deux camps avait des arguments à faire valoir sur un point crucial : faut-il sacrifier sa liberté personnelle au profit de la sécurité collective, au risque de laisser les mains libres à un Etat totalitaire, ou lutter pour préserver celle-ci au détriment des vies civiles (je ramasse les copies dans une heure) ? Malheureusement, le film des frères Russo, s’inspirant très librement du comics, reste limité par ses obligations de divertissement familial, botte en touche et préfère l’option « fan service » aux confrontations plus éthiques.

Une belle occasion manquée, encore que le film soit par ailleurs assez plaisant, mais toujours victime de la surenchère propre au genre. Cap cherche toujours à sauver/racheter son vieux copain Bucky, mais dans le même temps, une demi-douzaine d’arcs narratifs s’accumulent, pour le bonheur des fans et la perplexité des spectateurs moins impliqués : Tony Stark gère mal le deuil de ses parents (sa mère s’appellerait-elle Martha ?), la Vision et la Sorcière Rouge entament une romance, Cap a une liaison avec l’Agent 13 Sharon Carter (descendante de son défunt grand amour), un certain Zemo réclame vengeance, la Panthère Noire fait son apparition (plutôt réussie ma foi), Spider-Man est recruté (il a désormais le visage du jeunot Tom Holland, vivant avec une Tante May terriblement MILF, la toujours charmante Marisa Tomei !), Ant-Man vient dérider le public avec quelques vannes sur Pinocchio, d’autres Super-Soldats existent, Black Widow a un dilemme, Hawkeye sort de sa retraite, War Machine paie les pots cassés, Martin « Bilbo » Freeman vient jouer les guest stars… Ouf, cela fait quand même beaucoup pour un film assez long (Thor et Hulk ont un mot d’excuse, partis faire la tournée des tavernes en Asgard), plaisant mais déséquilibré (et trop LONG !!). Et qui, après des prémices prometteurs (la question de la responsabilité des super-héros dans les destructions massives est tout de même abordée), n’ose pas aller trop loin dans l’opposition Iron Man / Captain America. La conclusion de leur affrontement, qui cherche visiblement à ménager le grand public en attendant les suites d’Avengers déjà en préparation, déçoit. Reste toutefois quelques bons points, dus essentiellement au charisme tranquille de Chris Evans, et au numéro familier de Robert Downey Jr., ainsi que de jolies trouvailles dans les scènes d’action qui viennent pimenter le style visuel assez lisse du film. Notamment une homérique fuite de Bucky et Cap, qui démarre d’une cage d’escalier grouillant de SWATS armés jusqu’aux dents jusqu’à une poursuite routière à laquelle se mêlent la Panthère Noire et le Faucon ; et cet affrontement final des héros dans l’aéroport, offrant quelques grands moments dignes des meilleures b.d. Marvel (Ant-Man passant en mode Giant-Man !!). Reste que ces acrobaties sont bien sages par rapport à la charge politique féroce dont le film prétendait s’inspirer.

Un constat, au fait, avec l’inévitable comparaison avec le dernier opus de la Distinguée Concurrence : vaut-il mieux une adaptation « sérieuse », premier degré, adulte, aux partis pris qui risquent de ne pas plaire à tous, ou un film « disneyien » diluant son propos dans l’humour et la neutralité du style ? Les chiffres du box-office ont donné raison à la seconde option, ce qui est assez inquiétant pour l’évolution du genre super-héroïque à l’écran. Aussi plaisant et distrayant soit-il, Captain America : Civil War témoigne de la routine décidée par la maison Disney. En attendant des adaptations imminentes et, on l’espère, plus ambitieuses des studios concurrents (prochain sur la liste : X-Men Apocalypse du généralement très bon Bryan Singer), on jugera sur pièces les futurs films de l’univers partagé Marvel : Docteur Strange, Thor : Ragnarok, Captain Marvel, Black Panther, Avengers : Infinity War, les futurs Spider-Man et encore d’autres… jusqu’à ce que la coupe soit pleine ?

Ludovic Fauchier.

 

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La fiche technique :

Réalisé par Anthony & Joe Russo ; scénario de Christopher Markus & Stephen McFeely, d’après les personnages créés par Stan Lee, Joe Simon, Jack Kirby, Steve Ditko, Roy Thomas, etc. et la b.d. « Civil War » créée par Mark Millar & Steve McNiven (Marvel Comics) ; produit par Kevin Feige, Mitchell Bell, Ari Costa, Christoph Fisser, Henning Molfenter, Trinh Tran, Lars P. Winther et Charlie Woebcken (Marvel Entertainment / Marvel Studios / Studios Babelsberg)

Musique : Henry Jackman ; photo : Trent Opaloch ; montage : Jeffrey Ford et Matthew Schmidt

Direction artistique : Greg Berry ; décors : Owen Paterson ; costumes : Judianna Makovsky

Effets spéciaux de plateau : Carlo Perez et Daniel Sudick ; effets spéciaux visuels : Alexandro Cioffi, Vincent Cirelli,  Trent Claus, Dan Deleeuw, Russell Earl, Florian Gellinger, Ray Giarratana, Jamie Hallett, Tim LeDoux, Greg Steele (ILM / Animal Logic / Base FX / Cantina Creative / Capital T / Cinesite / DDI / Double Negative / Exceptional Minds / Image Engine Design / Legacy Effects / Lola Pictures / Luma Pictures / Method Studios / Plowman Craven & Associates / Prime Focus World / RISE Visual Effects Studios / Sarofsky /  Stereo D / The Third Floor / Trixter Films / Virtuos) ; cascades : Doug Coleman, Mickey Giacomazzi, Florian Hotz et Spiro Razatos

Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures

Caméras : Red Epic Dragon, Arri Alexa 65 et XT Plus

Durée : 2 heures 27

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