En bref… THE NICE GUYS

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THE NICE GUYS, de Shane Black

Los Angeles, 1977. Le suicide apparent d’une star du porno, Misty Mountains, est un fait divers comme un autre - pas de quoi émouvoir Jackson Healy (Russell Crowe). Gros bras de son métier, Jackson est celui que l’on engage - pour une somme ridicule - pour décourager les voyous, escrocs et autres minables reluqueurs de collégiennes ; Jackson débarque toujours chez eux pour les « persuader » de se tenir à carreau après un passage à l’hôpital. C’est ainsi que la jeune Amelia Kuttner (Margaret Qualley) l’engage pour terroriser un détective privé particulièrement incompétent, Holland March (Ryan Gosling). Celui-ci la suivait pour raisons professionnelles : Holland a été engagé par la tante de Misty, persuadée d’avoir vu sa défunte nièce bien vivante, deux jours après sa mort, et en cherchant des pistes, Holland a trouvé le nom de la jeune fille parmi les relations de la suicidée mystérieuse.

Jackson débarque donc chez Holland et lui casse le bras… Mais quand il réalise qu’Amelia a ensuite disparu, sans explications, Jackson demande à Holland de l’aider à retrouver sa commanditaire. Misty et Amelia, la fille de Judy Kuttner (Kim Basinger), influente figure politique locale, sont liées à une conspiration de très grande ampleur. La brute bourrue et le calamiteux détective vont mettre les pieds dans un sacré sac de nœuds, et les cadavres ne tarderont pas à pleuvoir… Enfin, pour se tirer d’affaire, ils pourront toujours compter sur le cerveau de leur fine équipe : la petite Holly (Angourie Rice), la fille ado de Holland !

 

The Nice Guys

Impressions :

     Ironie du sort… l’association Shane Black – Joel Silver, pour The Nice Guys, sonne aujourd’hui comme le retour aux affaires de deux vieux briscards old school qui ont fait les grandes heures du cinéma d’action des années 1980-90. Le premier, scénariste avant tout, avait offert au second, producteur qu’on ne présente plus, le pitch en or du plus emblématique des buddy moviesL’Arme Fatale, en 1987. Près de trente ans après des fortunes diverses, les deux hommes, forcément éclipsés dans la jungle hollywoodiennes par des rivaux et les effets de mode du moment (des productions Jerry Bruckheimer aux super-héros Marvel-Disney), signent un retour en force qui est aussi un retour en grâce pour le scénariste-réalisateur.

     On ne devrait pas oublier qu’avant d’être dépassé par Quentin Tarantino, Shane Black, influencé par les polars des seventies, avait imposé sa patte immédiatement sur des polars immédiatement reconnaissables : généralement, un duo de personnages mal assortis, losers-nés attendrissants et dépressifs tombant dans des sacs de nœuds bien saignants, s’en sortant passablement déglingués mais toujours prêts à sortir la punchline qui tue au bon moment. Avant que la franchise Arme Fatale soit détournée et ridiculisée par les exécutifs de Warner (un polar hard boiled qui céda la place à des séquelles de plus en plus parodiques), rappelons que Black aura aussi signé les scénarii de deux échecs devenus cultes : Le Dernier Samaritain de Tony Scott avec Bruce Willis, et Au Revoir à Jamais avec Samuel L. Jackson, et fait le script doctor chez John McTiernan (Predator et Last Action Hero), avant de disparaître des écrans radar. Jusqu’à la sortie de Kiss Kiss Bang Bang en 2005, filmé par ses soins, offrant un rôle en or à Robert Downey Jr. Black aura repris du service pour son ami en réalisateur à louer auteur d’un très estimable Iron Man 3, commande de Marvel traversée d’éclairs purement « shaneblackiens » (le faux Mandarin amateur de foot joué par Ben Kingsley, c’était une idée à lui !). Bonne nouvelle, avec The Nice Guys, Shane Black a retrouvé la patate, et renoue avec la verve de Kiss Kiss Bang Bang.

La formule ne change pas, mais elle est diablement efficace, servi par le maître du polar décalé, toujours prompt à balancer dans une intrigue de film noir seventies des gags et des dialogues aux petits oignons (« Enfin bon, personne n’a souffert. – Qu’est-ce que tu racontes ?! Plein de gens sont morts !! – Oui, bon… mais ils sont morts très vite. »). Pour que la balade fonctionne, il faut un duo de grand talent, et Black a trouvé deux vrais pros. Russell Crowe, plus ours mal léché que jamais, empâté dans une veste en cuir bleu, est le clown blanc de service, le cogneur au grand cœur complètement désarmé devant la candeur de la gamine de son nouveau copain, joué par Ryan Gosling. On a eu tendance à sous-estimer le talent de ce dernier suite à la hype de ses films chez Nicolas Winding Refn, mais il faut bien l’admettre : Gosling est ici parfait à contre-emploi, hilarant dans la défroque d’un privé de troisième zone, un gros pleutre irrésistible par sa naïveté bien peu compatible avec son métier. Les deux lascars, déboulant comme des chiens dans un jeu de quille à travers la faune du LA de l’époque, brillent par leur incompétence à mener une enquête (voir la scène de la party…) et forcent sans problème la sympathie du spectateur. La plume de Black, derrière les francs moments de rigolade, n’oublie pas de les rendre terriblement humains et faillibles, ces deux bozos au cœur d’artichaut qui tentent de retrouver leur dignité dans un univers corrompu à souhait. Servi par un duo idéal, The Nice Guys va vous réconcilier avec vos zygomatiques et vous servir un bon polar, on the rocks. Un grand merci à Shane Black, dont on attend désormais de voir comment il va relancer la franchise Predator, comme annoncé. Osera-t-il balancer de nouveau des vannes de cul, comme il le faisait dans le premier film ?

 

Ludovic Fauchier.

 

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La fiche technique :

Réalisé par Shane Black ; scénario de Shane Black et Anthony Bagarozzi ; produit par Joel Silver, Aaron Auch et Ethan Erwin (Silver Pictures / Misty Mountains / RatPac-Dune Entertainment / Waypoint Entertainment)

Musique : David Buckley et John Ottman ; photo : Philippe Rousselot ; montage : Joel Negron

Direction artistique : David Utley ; décors : Richard Bridgland ; costumes : Kym Barrett

Distribution USA : Warner Bros. Pictures / Distribution France : EuropaCorp. Distribution

Caméras : Arri Alexa XT

Durée : 1 heure 56

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