En bref… X-MEN : APOCALYPSE

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X-MEN : APOCALYPSE, de Bryan Singer

Plus de trois mille ans avant notre ère, le pharaon En Sabah Nur (Oscar Isaac) était vénéré comme un dieu vivant. Il était le premier Mutant, détenteur de pouvoirs défiant l’imagination. Mais il régnait en tyran absolu sur les simples mortels de l’Egypte antique. En Sabah Nur fut trahi et attaqué par des soldats qui détruisirent sa pyramide. Plongé en animation suspendue, le corps du pharaon reposa désormais sous les ruines pendant des millénaires… 

1983. L’existence des Mutants n’est plus un secret depuis les incidents relatés dans X-Men : Days of Future Past. Désormais tolérés, les Mutants sont aussi persécutés ; mais ils peuvent cependant trouver un foyer à l’Institut fondé par Charles Xavier (James McAvoy). Si elle se montre distante envers son ancien ami, la métamorphe Mystique (Jennifer Lawrence) aide néanmoins de jeunes Mutants à rejoindre son école - comme Kurt Wagner (Kodi Smith-McPhee), téléporteur à l’apparence démoniaque. Parmi les autres nouveaux venus : un lycéen, Scott Summers (Tye Sheridan), qui ne peut ouvrir les yeux sans causer des destructions massives, et Jean Grey (Sophie Turner), télépathe et télékinésiste surdouée. Avec l’aide d’Hank McCoy « Le Fauve » (Nicholas Hoult), Xavier aide ces nouveaux venus à maîtriser leurs dons et à s’intégrer. Erik Lehnsherr (Michael Fassbender), lui, est revenu sur la terre de ses ancêtres, en Pologne, où il vit en paix, marié et père d’une fillette. Son bonheur est de courte durée…

Quand l’agent de la CIA Moira McTaggert (Rose Byrne) découvre au Caire l’existence d’une secte adoratrice d’En Sabah Nur, le pharaon endormi revient à la vie, déclenchant un séisme à l’échelle mondiale. Séisme qui pousse Erik, en Pologne, à se démasquer. Une nouvelle tragédie personnelle va le refaire basculer dans la violence. Pendant ce temps, Charles reprend contact avec Moira, au sujet de sa récente découverte. Ils ignorent qu’En Sabah Nur, découvrant l’état du monde actuel, recrute quatre Mutants à qui il offre une puissance dévastatrice, pour refaire le monde à son image - sa dernière recrue n’étant autre qu’Erik qui reprend son identité de Magnéto. Seuls Charles Xavier et ses jeunes X-Men, rejoints par Mystique et par le bolide humain Peter Maximov (Evan Peters), peuvent empêcher l’Apocalypse qui se prépare…

 

X-Men Apocalypse

Impressions :

     Vu le contexte actuel (bien morose) des actuels films de super-héros, soyons honnêtes : les films X-Men estampillés Bryan Singer sortent du lot, étant l’un des rares bons exemples d’adaptations réussies dans ce genre devenu fourre-tout, ces dernières années. En reprenant en mains une franchise dont le studio 20th Century Fox l’avait un temps dépossédé (ce qui nous avait donné deux ratages, en règle, X-Men : L’Affrontement Final et X-Men Origines : Wolverine), le réalisateur-producteur d’Usual Suspects, avec les excellents  »reboots » de X-Men First Class (produit pour Matthew Vaughn) et X-Men : Days of Future Past (qu’on retitrera ici, pour plus de commodité : DOFP), a dépassé sans difficulté le tout venant des productions rivales Marvel-Disney, tellement hégémoniques qu’elles en deviennent étouffantes.

    Certes, cette franchise nécessite de la part de Singer quelques compromis inévitables avec le studio qui cherche à marquer des points dans la guerre des sagas super-héroïques entre Marvel/Disney et Warner/DC, mais reconnaissons au cinéaste un amour sincère de ses personnages, et une approche « auteuriste » que l’on ne trouve guère ailleurs. La psychologie des personnages, l’écriture dramaturgique jouent ici un rôle plus important que les prouesses des effets visuels, et c’est donc toujours un plaisir de voir un réalisateur concerné s’approprier personnellement cet univers pour lui donner une assise sérieuse. X-Men : Apocalypse est donc du même tonneau que ses prédécesseurs, et poursuit l’histoire du trio Xavier-Magnéto-Mystique, toujours servi par des comédiens de premier ordre. Pourtant, on sent pointer une légère baisse de régime après les audaces de DOFP. Singer et le scénariste Simon Kinberg, en faisant entrer les personnages dans les années 1980, achèvent de « réécrire » pour de bon la franchise en ramenant les personnages malmenés dans les films nommés plus haut : Jean Grey, Cyclope, Diablo (inexplicablement porté disparu depuis X-Men 2), et Tornade, campés par de jeunes acteurs, sont ainsi plus développés, et devraient porter les futurs films. Les amoureux du comics ne sont pas oubliés, le réalisateur cédant au fan service de rigueur avec l’apparition, durant quelques minutes sanglantes, d’un canadien griffu tout droit sorti des cases de la b.d. L’Arme X.

     Au milieu de ces remaniements obligatoires, le film de Singer reste très agréable, même s’il ne surclassera pas First Class et DOFP. Peut-être parce que le très impressionnant méchant de service, Apocalypse (convaincant Oscar Isaac), est un peu sacrifié par rapport au potentiel du personnage (qui est dans la b.d. le bad guy absolu) ? que les nécessités de la « réécriture » de la saga après les dérapages de la Fox pousse Singer à quelques facilités scénaristiques (l’évasion de la base de Stryker, mini-remake de X-Men 2) ? Ou encore, que les trois personnages principaux ont perdu leur effet de surprise par rapport aux deux précédents opus ? Tout cela en même temps, sans doute…. Cela n’empêche pas pour autant Singer de mêler un certain esprit ludique très influencé par les films de l’époque, et un sérieux implacable par ailleurs. Le cinéaste glisse quelques citations et private jokes plaisantes sur le cinéma des années 1980 : quelques images héritées des Aventuriers de l’Arche Perdue (l’éveil d’En Sabah Nur, le châtiment final), des références à John Hughes (la virée des ados en décapotable, la présence fugace d’Ally Sheedy, l’une des teen stars de Breakfast Club, ici en professeur de lycée du jeune Cyclope !), au Retour du Jedi (avec un taquet bien senti pour X-Men III), à l’esthétique dominante de l’époque (couleurs vives et pop, vestes en cuir à épaulettes à la Michael Jackson de rigueur !). Singer fait une nouvelle fois plaisir aux fans en ramenant l’hyperactif Vif-Argent joué par Evan Peters, dont les pouvoirs d’hypervitesse, déchaînés sur fond d’Eurythmics, permettent une scène de sauvetage surréaliste. Apocalypse semble sorti quant à lui d’un film fantastique un peu oublié de nos jours, qui a fait sans doute forte impression sur Singer : La Forteresse Noire (The Keep) de Michael Mann. Comme le monstrueux Molasar dans le film de Mann, Apocalypse se pose en Dieu de l’Ancien Testament, vengeur et dévastateur, punissant ses ennemis en les fusionnant dans la pierre – notons d’ailleurs qu’un certain Ian McKellen, vingt ans avant d’être le vieux Magnéto des X-Men de Singer, y jouait déjà un rescapé des camps de concentration… Parmi les bons points garantissant du film, on constatera que Singer soigne toujours les séquences liées justement à Magnéto incarné par Fassbender : une confrontation tragique en forêt, sans contestation la scène la plus touchante du film, et un passage démentiel où, guidé par Apocalypse, le mutant magnétique rase symboliquement le camp d’Auschwitz. Ceci avant qu’Apocalypse ne prive l’Humanité de ses armes de dissuasion, sur fond de Beethoven. Impressionnant, intense, et classe. 

    Ne boudons pas notre plaisir : s’il souffre peut-être d’un manque de surprise et de la lassitude ressentie vis-à-vis d’un genre surexploité, X-Men : Apocalypse s’avère un film de super-héros plus intéressant que les récentes « guerres civiles » orchestrées chez les concurrents. Et c’est de bon augure pour Singer qui va mettre ses Mutants en légère pause, le temps de s’attaquer à une nouvelle version de 20 000 Lieues sous les Mers, très prometteuse sur le papier.

 

Ludovic Fauchier.

 

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La fiche technique :

Réalisé par Bryan Singer ; scénario de Simon Kinberg, d’après la b.d. et les personnages créés par Stan Lee et Jack Kirby (Marvel Comics) ; produit par Simon Kinberg, Lauren Shuler Donner, Bryan Singer, Kathleen McGill et John Ottman (20th Century Fox Film / Marvel Entertainment / TSG Entertainment / Bad Hat Harry Productions / Donner’s Company / Kinberg Genre)

Musique : John Ottman ; photo : Newton Thomas Sigel ; montage : Michael Louis Hill et John Ottman

Direction artistique : Michele Laliberte ; décors : Grant Major ; costumes : Louise Mingenbach

Effets spéciaux de plateau : Steve Hamilton et Cameron Waldbauer ; effets spéciaux visuels : John Dykstra, Colin Strause, Greg Strause, Nicolas Chevallier , Nikos Kalaitzidis, Anders Langlands, Michael Maloney, Jonathan Piche-Delorme (Cinesite / Digital Domain /DDI / HydraulX / Legacy Effects /  MPC / MELS Studios / Prime Focus World / Rising Sun Pictures / Solid FX) ; cascades : James M. Churchman et Walter Garcia

Distribution : 20th Century Fox Film Corporation

Caméras : Red Epic Dragon

Durée : 2 heures 24

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