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Spéciale preview : CHEVAL DE GUERRE, de Steven Spielberg

Spéciale preview : CHEVAL DE GUERRE, de Steven Spielberg dans Preview Albert-et-Joey

Bonjour à tous, et très bonne et heureuse année ! Me voilà de retour après une bonne absence de plus d’un mois, imputable à une grosse, grosse fatigue hivernale, et à la reprise de quelques activités personnelles occupant pas mal de temps d’habitude consacré à ce blog.

J’espère que vous avez pu profiter des salles obscures et voir de bons films durant cette période. Difficile quant à moi de suivre la cadence infernale des sorties hebdomadaires qui se sont largement accumulées ces dernières semaines – l’écriture de mes derniers textes est devenue un véritable marathon !

Enfin, bref… le cap psychologique des fêtes de fin d’année est heureusement passé, je vais démarrer en douceur par un texte «teaser» d’une des grandes sorties de ce début d’année. 

 

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Ce lundi 9 janvier 2012, j’ai eu la chance exceptionnelle de pouvoir voir en avant-première le prochain film de Steven Spielberg, CHEVAL DE GUERRE, au cinéma MK2 Bibliothèque. C’est une merveille, une leçon de Cinéma total qui vous fait un bien incroyable à l’âme et aux yeux. Un bonheur n’arrivant jamais seul, j’ai pu voir le Maestro, l’homme qui m’a fait aimer et découvrir le Cinéma, venu en personne présenter son film à Paris !  

Présenté dans une qualité de son et d’image impeccables, et autant de confort (qu’est-ce que ça fait du bien, une salle de cinéma où on peut déplier ses jambes sans heurter le siège de devant…), CHEVAL DE GUERRE a été pour votre serviteur une de ses meilleures expériences cinéphiliques. 

Bien évidemment, pas question ici de vous gâcher le plaisir en vous dévoilant l’histoire du film en détail. Je livre ici quelques impressions «brutes» et je reviendrai sur le film au moment de sa sortie.

 

Steven Spielberg, 66 ans depuis peu, trouve une sérénité personnelle proportionnelle à un appétit de filmer digne d’un jeune homme. Il est une sorte de Benjamin Button cinéaste : plus il prend de l’âge, plus il rajeunit. La créativité stimule les vétérans du 7e Art, Spielberg accompagnant d’illustres collègues tels Clint Eastwood (J. EDGAR), qui a 80 ans passés nous livre pratiquement un chef-d’œuvre par an, ou «Saint Martin» Scorsese qui avec HUGO CABRET, se libère de ses univers de mafieux et de névrosés habituels, pour en tirer un bien fou. L’Art et le Cinéma seraient-ils le meilleur remède contre la maison de retraite ?…

 

Charge- dans PreviewConcernant CHEVAL DE GUERRE, Spielberg est arrivé à la quintessence de son art, sublimant la transformation esthétique de son cinéma, amorcée avec LA LISTE DE SCHINDLER en 1993. Ce n’est pas un hasard si Spielberg a travaillé pour la première fois avec Janusz Kaminski sur SCHINDLER et n’a plus changé de chef-opérateur depuis, comme il le faisait à ses débuts. Les deux hommes se complètent et se comprennent à merveille ; et vu la qualité de son travail sur CHEVAL DE GUERRE, il serait étonnant que Kaminski ne décroche pas un nouvel Oscar, ou au moins une nomination. Ce film est du Cinéma total, dans sa définition la plus pure : celle de l’écriture visuelle, la représentation et la transmission d’idées fortes par la composition d’images et de séquences formant un langage propre, cohérent et universel. Couleurs, cadrages, profondeur de champ, montage… tous ces éléments constituant la musique visuelle d’un film sont ici parfaits. L’influence des grands maîtres à filmer de Steven Spielberg, à commencer par John Ford (QU’ELLE ETAIT VERTE MA VALLEE, L’HOMME TRANQUILLE) et David Lean (LAWRENCE D’ARABIE, LA FILLE DE RYAN), est évidente et assimilée aux propres thèmes, visions et obsessions du cinéaste pour une œuvre profondément personnelle.

 

 

Thorntop-et-BonnardLa grande force du film, adapté d’un roman de Michael Morpurgo lui-même adapté au théâtre, est aussi purement narrative. A partir d’une histoire de départ a priori très classique (un jeune garçon et son cheval), Steven Spielberg et les scénaristes Lee Hall (BILLY ELLIOT) et Richard Curtis (QUATRE MARIAGES ET UN ENTERREMENT) vont tisser une trame universelle, partant d’un petit coin de la campagne anglaise pour nous plonger au cœur de la 1e Guerre Mondiale, atroce massacre de millions d’hommes et de chevaux plongés malgré eux dans un conflit d’une totale absurdité. Passant de l’intime au grand spectacle avec une limpidité totale, le film de Spielberg fourmille de morceaux de bravoure tétanisants, peut-être les meilleurs filmés par son auteur. Notamment une séquence de charge de cavalerie… MONUMENTALE !

Spielberg ne cherche cependant pas à refaire avec la Grande Guerre ce qu’il avait déjà fait avec LE SOLDAT RYAN pour la 2e Guerre Mondiale : l’horreur de la guerre, telle qu’elle est vécue par Joey le cheval, est ici suggérée, plus que montrée… Ce qui ne fait que décupler, finalement, la brutalité, sans jamais la montrer frontalement. Et les scènes les plus dures n’empêchent pas par ailleurs le récit d’être souvent drôle, poétique sans mièvrerie et toujours très humain. Essayez autant que possible de voir le film dans une grande salle pour apprécier l’odyssée à son meilleur niveau. Vous serez touchés à coup sûr par l’histoire d’Albert (Jeremy Irvine, la révélation du film), le petit fermier du Devon, et de Joey.

  

Voilà, j’espère vous avoir donné envie de voir le film qui sortira le 22 février prochain. Je reviendrai dessus, plus en détail.

En attendant, je vous propose de patienter en découvrant une liste de grands classiques sur la 1e Guerre Mondiale sélectionnés par le magazine de cinéma Empire sur son site. Vous pouvez y accéder via l’adresse suivante :

 

http://www.empireonline.com/features/world-war-one-on-film

 

Et, pour vous préparer à l’ambiance du film, voici quelques superbes illustrations d’époque, dues à l’artiste italien Fortunino Matania, qui les réalisa durant le conflit. Matania a su interpréter le rôle tragique tenu par les chevaux de guerre durant ces années. Rappelons que, rien que du côté britannique, un million de chevaux ont été sacrifiés, tués dans les combats ou épuisés à la tâche du transport de matériel militaire. Multiplier ce chiffre par dix pour avoir une idée du nombre d’animaux morts durant les quatre années de guerre…

Steven Spielberg et son équipe artistique se sont très certainement inspirés des œuvres de Matania pour définir l’ambiance du film.

 

Son œuvre la plus connue est le touchant «Goodbye, Old Man», ci-dessous. 

Documentation-visuelle-Fortunino-Matania-Good-Bye-Old-Man 

Je n’ai pas trouvé le titre de l’illustration suivante… Comparez-la avec l’une des très grandes scènes de CHEVAL DE GUERRE, la ressemblance est étonnante. 

Documentation-visuelle-Fortunino-Matania-titre-inconnu

 

Et un petit plaisir cinéphilique pour finir… Pas de chevaux dans cette illustration nommée «Quelque part en France, un concert derrière les lignes britanniques». 

Documentation-visuelle-Fortunino-Matania-Quelque-Part-en-France-Un-concert-derrière-les-lignes

Quel est le film sur la Grande Guerre qui s’est certainement inspiré de ce dessin pour sa scène finale ? Trois indices : le film fut interdit en France pendant près de vingt ans, pour avoir osé «offenser» l’image de l’Armée française durant le conflit ; Kirk Douglas en était la vedette ; et son réalisateur, légendaire pour sa méticulosité et sa mémoire photographique, fut l’un des maîtres à filmer de Spielberg…

 

A bientôt !

 

Ludovic Fauchier



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