Archives pour la catégorie Infos en bref

Bandes-annonces… « J’ai 10 ans ! »

Bonjour, chers amis neurotypiques !

Cette semaine, petite variation sur les paroles d’une célèbre chanson d’Alain Souchon : 

« J’ai dix ans
Je vis dans des sphères ou les grands
N’ont rien à faire, je vois souvent
Dans une île d’enfer des dinosaures géants
Et des sabre-lasers
Si tu m’crois pas hé
T’ar ta gueule à la récré… »

Et donc, j’ai dix ans, je sais que c’est pas vrai, mais j’ai dix ans, laissez-moi rêver que j’ai dix ans, ça fait 31 ans que j’ai dix ans… La raison de ce gros coup de nostalgie ? La diffusion la même semaine de deux bandes-annonces qui me renvoient simultanément à mes premiers chocs cinéphiliques d’inspiration lucas-spielbergienne !

 

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21 ans après Jurassic Park… mon Dieu, tant que ça ?!… 17 ans après Le Monde Perdu, 13 ans après un passable troisième opus, la première bande-annonce de Jurassic World titille à fond la fibre dino-nostalgique des fans du film original de Steven Spielberg. Le « boss » pris par d’autres projets (St. James Park avec Tom Hanks, écrit par les frères Coen et The BFG, d’après Le Bon Gros Géant de Roald Dahl) délègue la mise en scène à un petit nouveau, Colin Trevorrow, qui a donc la lourde tâche de relancer la saga des dinosaures ressuscités par la génétique. Trevorrow a plusieurs fois répété une note d’intention intéressante, établissant un parallèle entre ce nouveau film et l’évolution des goûts du public à l’ère numérique. Construit à partir des ruines des installations d’Isla Nublar (voir le film original), le Jurassic World, après avoir attiré un vaste public, souffre d’une désaffection de ce dernier, vite blasé par les dinosaures « traditionnels ». Les ingénieurs génétiques pensent avoir la bonne idée en « fabriquant » un nouveau mastodonte, bien plus dangereux et intelligent que le Tyrannosaure Rex. Mauvaise idée, évidemment (personne ne tiendra jamais compte des mises en garde du professeur Malcolm…). La bande annonce joue astucieusement à la fois sur des images familières (galopades de gallimimus, la porte du parc, les raptors en patrouille, les gamins terrorisés…) et inédites. Dont ce magnifique mosasaure gobant un requin blanc servi en breakfast… une idée de Spielberg lui-même, se vengeant du gros poisson quarante ans après Les Dents de la Mer ! Sortie du film aux USA en juin prochain.

 

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Et, deux jours plus tard, les premières images de la future grande aventure dans une galaxie lointaine, très lointaine… Plus un teaser qu’une bande annonce officielle, ces premières images nous préparent à la future sortie de Star Wars Episode VII : The Force Awakens. George Lucas s’étant mis à la retraite (tout en gardant un œil de conseiller sur les suites à venir de sa saga galactique), Lucasfilm et la franchise Star Wars étant passés sous le giron des studios Disney, c’est à J.J. Abrams de relancer une nouvelle trilogie située bien après Le Retour du Jedi. On retrouvera l’ambiance familière de la trilogie originelle, et quelques images iconiques servies ici par Abrams vont ravir les fans de la première heure : les sables de Tatooine, les chasseurs X-Wing et TIE, les Stormtroopers… et le Millenium Falcon, LE MILLENIUM FALCON !!! OH YEAAAHHH !!!!

Mystère total sur l’intrigue (on sait que l’on retrouvera Luke, Leia et Han Solo, bien âgés maintenant… Chewbacca sera là, lui aussi ! Yeah !!) et le teaser nous présente les nouveaux comédiens : John Boyega, Daisy Ridley (sosie officiel de sa « grand-mère » Natalie Portman !) et Oscar Isaac, en pleine action. Et la venue d’un nouveau Seigneur Sith qui s’annonce furieusement épique. En décembre 2015, on devrait donc éviter une autre Menace Fantôme et se réconcilier avec la saga.

 

Touchons du bois, et que la Force (et les dinosaures) soit avec vous !

 

Ludovic Fauchier

MAD MAX FURY ROAD, la 1ère bande-annonce !

Bonsoir chers amis neurotypiques en vacances (ou pas) ! Actualité cinéma très maigrichonne en ce moment… aussi, histoire de se changer les idées, voilà la première bande annonce du très attendu Mad Max Fury Road de l’ami australien George Miller, qui renoue avec sa chère saga apocalyptique et routière, trente ans après Mad Max Au-delà du Dôme du Tonnerre. Tom Hardy remplace désormais Mel Gibson (bon choix), Charlize Theron chauve et Nicholas Hoult (le gentil Fauve des films X-Men) albinos sont très énervés… et au vu de ce premier trailer présenté au Comic Con et diffusé aujourd’hui même, le film promet d’être une TUERIE ABSOLUE.

 

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Le retour du cuir brûlé et du métal en fusion, du désert à l’infini, de l’Interceptor, des cascades démentielles et des poursuites sanglantes pour le précieux « jus noir ». Répandez la bonne parole : le Guerrier de la Route est de retour, et il va cramer l’asphalte en 2015 ! YEAAAAAHHHHHH !!!

Ludovic « Humungus » Fauchier.

En bref… LE LOUP DE WALL STREET

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Le Loup de Wall Street, de Martin Scorsese

L’histoire vraie de Jordan Belfort (Leonardo DiCaprio), agent de change de Wall Street devenu multimilliardaire dans les années 1990, et emprisonné pour blanchiment d’argent, corruption généralisée et fraude fiscale à grande échelle.

En 1987, Jordan Belfort entre dans la banque d’affaires L.F. Rothschild. Repéré par son patron Mark Hanna (Matthew McConaughey), Jordan apprend grâce à lui la vraie recette du succès : consommation de cocaïne et médicaments, sexe à gogo avec des prostituées… et ramener un maximum d’argent à la firme. Jordan est à peine devenu courtier que se produit le krach boursier du 19 octobre 1987, le « Lundi Noir », qui provoque la faillite de la banque Rothschild. Un temps sans emploi, Jordan suit le conseil de sa femme Teresa et travaille à Investor Center, une boîte minable de Long Island, tenue par des petits escrocs vendant des actions sans aucune valeur à des investisseurs naïfs. Grâce à son bagout et son charme, Jordan fait vite gagner de jolies sommes à sa nouvelle boîte. Il rencontre Donnie Azoff (Jonah Hill), un voisin qui, lui aussi, veut s’enrichir et vivre la belle vie. S’entendant comme larrons en foire, partageant un goût commun pour la drogue, Jordan et Donnie fondent la maison de courtage Stratton Oakmont, spécialisée dans les marchés d’actions de gré à gré. Leur succès est foudroyant, et fêté dans la débauche permanente. Riche à millions, Jordan divorce et épouse la ravissante top model Naomi (Margot Robbie). Mais les pratiques douteuses de Stratton Oakmont déclenchent les soupçons de l’agent du FBI Patrick Denham (Kyle Chandler)…

 

Le Loup de Wall Street b

A la vision de ce très attendu Loup de Wall Street, on ne peut s’empêcher de se demander si Martin Scorsese n’est pas retombé dans ses vieux démons. Le cinéaste new-yorkais nous avait offert une très belle surprise avec Hugo Cabret ; débarrassé de ses tics de mise en scène habituels, il avait signé un film merveilleux, un très bel hommage au Cinéma et un joli conte initiatique, sans s’attarder comme à son accoutumée sur les névroses habituelles de ses personnages de grands paranoïaques. Cela faisait un bien fou de voir le maître libéré de ses mauvaises habitudes. Le Loup de Wall Street donne ici souvent l’impression d’une « rechute ». Comme si la sobriété d’Hugo Cabret avait été mal supportée, Scorsese revient à ses excès habituels.

Impossible de ne pas voir les baisses d’inspiration en cours de route, dans le film. Le Loup de Wall Street ressemble furieusement, dans sa narration, aux Affranchis ; remplacez les mafieux à grande gueule de ce film par une bande de golden boys irresponsables, et vous aurez pratiquement le même film refait par Scorsese, 23 ans après. Tout y est, à l’identique ou presque : la trahison finale, les apostrophes au spectateur, le chevauchement des voix off qui se contredisent ou la sélection musicale rock’n roll omniprésente. Sans compter plusieurs séquences répétitives (scènes de ménage et de rupture), et le portrait du principal protagoniste (Leonardo DiCaprio, solide, mais qui présente ici quelques signes inquiétants d’une « DeNiroïte » naissante : attention au rictus qui crispe la mâchoire, Leo. Ce tic a tué la carrière du Taxi Driver…) évoquant là aussi lourdement Raging Bull ou Casino. Bref, le film n’est pas d’une folle originalité, laissant penser que Scorsese, à 71 ans, essaie tant bien que mal de se raccrocher à ses succès passés.

Malgré tout, le film reste appréciable, donnant un aperçu hallucinant des dérives du petit monde de la finance ayant mené au désastre de 2008, même s’il arrive bien après Wall Street. Dans ses meilleurs moments, Le Loup de Wall Street devient une comédie très noire, tournant souvent au burlesque cauchemardesque. Comme cette séquence, la meilleure du film, ou Jordan, sous l’emprise de tranquillisants périmés, rampe pour rentrer chez lui à temps dans sa voiture de luxe. Une scène hallucinante et une performance quasiment « cartoonesque » inattendue de Leonardo DiCaprio, finissant la séquence étranglé dans le cordon d’un téléphone mis sur écoute… Dans le même ordre d’idée, on a aussi droit à une « séquence Titanic » très rock’n roll, revue et corrigée par Scorsese : le naufrage du yacht de luxe de Belfort pris en pleine tempête. On appréciera par ailleurs un solide casting rassemblé autour de DiCaprio, des apparitions savoureuses de Matthew McConaughey, Joanna Lumley, Kyle Chandler (quel dommage que son personnage ne soit pas plus développé, pour offrir un bon contrepoint au bling-bling de Belfort…) ou Jean Dujardin, bien choisi en banquier suisse mielleux à souhait.

Malgré tout, l’ensemble est assez décousu, et déçoit quelque peu par rapport à ce qu’on peut attendre d’un tel sujet.

 

Ludovic Fauchier.

 

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Fiche technique :

Réalisé par Martin Scorsese ; scénario de Terence Winter, d’après le livre de Jordan Belfort ; produit par Riza Aziz, Leonardo DiCaprio, Joey McFarland, Martin Scorsese, Emma Tillinger Koskoff, Richard Baratta et Adam Somner ( Red Granite Pictures / Sikelia Productions / Appian Way / EMJAG Productions / TWOWS )

Supervision musicale : Robbie Robertson ; photo : Rodrigo Prieto ; montage : Thelma Schoonmaker

Direction artistique : Chris Shriver ; décors : Bob Shaw ; costumes : Sandy Powell

Distribution USA : Paramount Pictures / Distribution International : Universal Pictures International / Red Granite Pictures

Durée : 3 heures

Caméras : Arri Alexa, Arricam LT et Canon EOS 500

En bref… L’EXTRAVAGANT VOYAGE DU JEUNE ET PRODIGIEUX T.S. SPIVET

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L’extravagant voyage du jeune et prodigieux T.S. Spivet, de Jean-Pierre Jeunet

T.S. Spivet (Kyle Catlett), dix ans, vit dans le ranch familial tout au sommet du Montana, avec ses parents (Helena Bonham Carter et Callum Keith Rennie), sa grande soeur Gracie (Niamh Wilson), et son chien Tapioca. Jeune surdoué passionné de sciences, T.S. communique mal avec son père, un cowboy laconique, et avec sa mère, une doctoresse écolo obsédée par la recherche d’un insecte introuvable. La famille est endeuillée par la mort accidentelle de Layton, le frère jumeau de T.S., que lui préférait son père. Le garçonnet a assisté au drame, mais refuse d’en parler, préfèrant se plonger dans ses inventions. Mis au défi de créer la machine à mouvement perpétuel, T.S. envoie un plan de sa conception au Smithsonian Museum ; lorsque la directrice Jibsen (Judy Davis) téléphone chez lui, sans savoir que l’inventeur n’a que dix ans, T.S. ment et décide de faire seul le grand voyage à Washington pour toucher le prix que l’Institut va lui décerner…

 

En bref... L'EXTRAVAGANT VOYAGE DU JEUNE ET PRODIGIEUX T.S. SPIVET dans Fiche et critique du film lextravagant-voyage-du-jeune-et-prodigieux-t.s.-spivet

Retour en terre américaine pour Jean-Pierre Jeunet, dans un contexte heureusement très différent de celui d’un Alien : la Résurrection de triste mémoire. Le réalisateur d’Amélie Poulain donne un petit cousin américain à celle-ci, interprété par le tout jeune Kyle Catlett, très touchant. Le résultat est une plaisante balade, un road movie mélancolique et léger, bénéficiant aussi d’une émouvante performance d’Helena Bonham Carter.

Ludovic Fauchier.

En bref… PRISONERS

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Prisoners, de Denis Villeneuve

Keller et Grace Dover (Hugh Jackman et Maria Bello) fêtent Thanksgiving chez leurs amis Franklin et Nancy Birch (Terrence Howard et Viola Davis). Sorties jouer dans le jardin, Anna et Joy, les petites filles des deux couples disparaissent. Personne n’a rien vu, rien entendu. Seul indice : un van délabré, garé dans le voisinage, auprès duquel les fillettes jouaient un peu plus tôt dans la journée. Le signalement du van est transmis à la police locale et le soir même, l’inspecteur Loki (Jake Gyllenhaal) arrête son conducteur : Alex Jones (Paul Dano), un jeune homme retardé mental, au comportement incohérent. Placé en détention par Loki, Alex nie avoir enlevé les fillettes. Faute de preuves, il est relâché, au bout de 24 heures de garde à vue, et ramené à sa tante Holly (Melissa Leo). Lorsqu’il l’apprend, Keller, à bout de nerfs après des battues infructueuses, agresse le jeune homme dès sa sortie. Terrifié, Alex murmure une phrase qui persuade Keller qu’il est le complice d’un rapt. Tandis que Loki, cherchant un début de piste parmi les criminels sexuels fichés dans la région, fait une découverte perturbante, Keller, déterminé à retrouver coûte que coûte Anna et Joy, entraîne Franklin à commettre un acte irréparable…

 En bref... PRISONERS dans Fiche et critique du film prisoners

Quelle gifle… voilà le genre de film qui ne vous laissera ni indemne, ni indifférent. Le cinéaste québécois Denis Villeneuve, dont les précédents films ne laissaient déjà pas de marbre (notamment Polytechnique, inspiré du massacre commis en 1989 à l’Ecole Polytechnique de Montréal, et surtout le très apprécié Incendies, attaque en règle contre le fanatisme religieux au Proche Orient), entre ici de plain-pied dans le cinéma américain, pour ce qui n’est, en apparence seulement, qu’un thriller classique. La différence se faisant toujours dans le traitement du sujet, Villeneuve prouve qu’il n’est certainement pas un banal tâcheron ; Prisoners a beau se reposer sur des schémas classiques (disparition, enquête, identification du coupable, résolution), le film sort des sentiers balisés du polar pour rejoindre quelques films des plus vénéneux qui soient. Il n’est guère étonnant de voir William Friedkin apprécier le film de Villeneuve, tant celui-ci rejoint son univers, par son approche frontale de la violence et ses questionnements sur le Mal ordinaire. Prisoners rejoint aussi The Pledge de Sean Penn, Manhunter de Michael Mann, Zodiac de David Fincher (Jake Gyllenhaal livrant, comme chez Fincher, une belle prestation toute intériorisée) ou History of Violence de Cronenberg (Maria Bello jouant là aussi l’épouse d’un homme dont le vernis civilisé finit par craquer). Du beau monde, et Villeneuve n’a pas à rougir des comparaisons avec ces chefs-d’oeuvre.

S’approchant souvent du Fantastique, Prisoners parle du Mal ordinaire, et de son pouvoir contagieux. Le récit met à mal les convictions d’un père rigoriste (Hugh Jackman, métamorphosé), qui cache sa sauvagerie derrière les arguments de la foi, et son rôle de chef de famille. Dès une scène d’introduction glaçante, inspirée à Villeneuve par ses souvenirs de chasse durant sa jeunesse, le ton est donné : Dover est un tueur qui s’ignore, contrôlant ses instincts primitifs par le biais de la religion. Croyance religieuse qui est un alibi idéal pour justifier la mort d’un chevreuil (scellant un esprit communautaire bien fragile), ou de torturer un innocent « coupable » de ne pas lui donner la bonne réponse, jusqu’à la folie… Même une phrase glissée par une fillette en état de choc vient provoquer le vertige, soulignant l’égarement moral de Dover. Labyrinthique, Prisoners distille un sentiment de malaise permanent, à travers des images à la fois révélatrices et trompeuses : un jeune homme surpris en train de maltraiter un chien, la découverte de mannequins enterrés, ou de serpents grouillants sur des vêtements d’enfants souillés… chaque indice semé par Villeneuve suggère l’Horreur, tout en semant le doute. La révélation de l’identité du véritable criminel et sa mort ne ramèneront pas à un trompeur juste retour des choses. Le spectateur sera amené à faire le lien entre les différentes fausses pistes semées par le film, et réalisera la nature de l’horreur à l’oeuvre dans le film. Et, loin du happy end salvateur, Villeneuve ose même une scène finale épurée, d’une simplicité évocatrice exceptionnelle : l’inspecteur Loki, aux aguets du son ténu d’un sifflet, dernier signal de détresse de Dover, à l’agonie six pieds sous terre. 

Vous voilà prévenus, on ne sort pas indemne de ce film âpre, glaçant et inconfortable.

Ludovic Fauchier.

Guillermo Del Toro chez les Simpsons

Bonjour, chers amis neurotypiques !

Je ne résiste pas à un petit plaisir comme celui que viennent de nous offrir les créateurs des Simpsons, pour leur 24ème épisode d’Halloween.

Vous connaissez le principe : chaque année, Homer, Marge, Bart, Lisa et Maggie vivent des aventures comico-horrifiques faisant référence à des classiques de l’épouvante, de l’horreur et de la science-fiction sous toutes leurs formes. Cette année, Matt Groening et ses collaborateurs ont confié le traditionnel gag du canapé de générique à Guillermo Del Toro. Le réalisateur de Pacific Rim, Hellboy et Le Labyrinthe de Pan a donc transformé la ville de Springfield en terrain de jeu pour ses monstres favoris. Amusez-vous à reconnaître toutes les « guest stars » et les références (dont celles des propres films de Del Toro) revues à la mode Simpsons !

 

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Tiens, il y a même l’Hypno-Crapaud de Futurama !

Ludovic Fauchier. …GLOIRE A L’HYPNO-CRAPAUD.

 

 

En bref… NO PAIN NO GAIN

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NO PAIN NO GAIN, de Michael Bay

Inspiré d’une histoire vraie survenue à Miami entre 1994 et 1995, le film suit les déboires de Daniel Lugo (Mark Wahlberg), bodybuilder et coach de fitness au Sun Gym Club, rêvant de vivre vite la belle vie et d’y arriver par n’importe quel moyen. L’un de ses clients, Victor « Pepe » Kershaw (Tony Shalhoub), se vantant de sa réussite financière comme patron de sandwicherie, Daniel décide de le kidnapper pour lui extorquer son argent et ses biens. Il entraîne dans son plan son ami Adrian Doorbal (Anthony Mackie) et un troisième larron, Paul Doyle (Dwayne « The Rock » Johnson), ex-taulard converti au christianisme. Ils en sont sûrs : travaillé « san violence », Kershaw acceptera de cracher l’argent. Mais les trois kidnappeurs adeptes de la muscu sont de piètres criminels, et tout va sérieusement déraper…

 

En bref... NO PAIN NO GAIN dans Fiche et critique du film no-pain-no-gain

Je suis sûrement masochiste, et les distributeurs de grands pervers. Ceux-ci ont choisi, cette semaine, les deux extrêmes du cinéma : d’un côté, Jimmy P., d’Arnaud Desplechin, digne représentant d’un cinéma français engoncé d’ordinaire dans ses poses « auteurisantes-fémisardes » qui me font passer d’instinct à « l’ennemi » américain (cela dit, il semble que le films de Desplechin est très bon, alors tout espoir n’est pas perdu) ; de l’autre, le nouveau film de Michael Bay. Et là, tout est dit… En près de vingt ans, Bay a quand même réussi à commettre les blockbusters les plus vilains, les plus putassiers, malmenant les règles élémentaires du langage cinématographique cohérent, et cependant à créer des « machins » fascinants. S’il y a eu quelques exceptions dans ses films, il faut bien l’avouer, ceux-ci provoquent généralement le même effet qu’un accident de la route ou un clip de rappeurs sur MTV : on a beau détester, on ne peut s’empêcher de regarder. C’est autrement inexplicable, c’est triste, et malheureusement, c’est comme ça…

On a cru à un petit miracle quand le réalisateur des blockbusters les plus bourrins de Hollywood (les Bad Boys, Rock et autres Armageddon, pour ceux qui auraient oublié ses premiers ravages) semblait avoir appris quelques leçons de mise en scène de la part de Steven Spielberg, sur les premiers films de leur collaboration (The Island, son meilleur film, et le premier Transformers) ; puis, malheureusement, la Bête a repris le dessus, Bay « transformant » les épisodes suivants de sa saga robotique en monument de bêtise bovine. Mettant temporairement en pause Optimus Prime et ses acolytes avant un quatrième opus, Bay a décidé de faire, avec No Pain No Gain, son film indépendant, une comédie noire reposant soi-disant sur ses personnages et sur un sujet qui est d’habitude du pain béni pour les frères Coen. Fratrie pour laquelle Bay a depuis des années une admiration étrange, vu que leur cinéma est aux antipodes du sien ; Bay « emprunte » d’ailleurs souvent quelques-unes des gueules favorites des Coen dans ses films : notamment Steve Buscemi, John Turturro, Billy Bob Thornton ou Peter Stormare. Cette admiration serait louable, s’il n’y avait une différence de taille entre eux : les Coen ont du talent ; Bay, lui, n’en a pas.

No Pain No Gain, salué par des critiques décérébrés (ou vendus), est certainement ce que le réalisateur a commis de pire. Vous êtes prévenus : ce film est une atrocité, une bouse immonde, un crime contre la notion de bon goût et d’intelligence cinématographique. C’est toujours aussi mal mis en scène et tape-à-l’oeil (une constante chez Bay) ; seuls quelques acteurs surnagent dans ces eaux boueuses et arrivent à retenir l’intérêt du spectateur ; notamment Ed Harris, toujours impeccable et malheureusement présent une quinzaine de minutes. C’est bien peu, face à la bêtise généralisée des personnages principaux, vite antipathiques et jamais touchants (Wahlberg et The Rock sauvent les meubles, de temps en temps). Mais là où No Pain No Gain devient vite insupportable, au-delà des sempiternelles figures de style de Bay (grosses voitures, poses viriles, lumière électrique et montage incohérent au possible), c’est dans son fond, vite abject. Ce film est incroyablement vulgaire, misogyne, raciste et profondément répugnant. Bay se défoule tour à tour sur les obèses, les femmes (classées selon lui en deux catégories : les boudins et les « bitches »), les nains, et étale un nombre invraisemblable de tortures et humiliations sur le kidnappé, qui est juif. Comme si cela ne suffisait pas, donc, Bay a envie d’ajouter « antisémite » à sa liste de défauts… Ajoutez à ce fond bien rance et jamais drôle des extrêmes gros plans sur des projections de bave, de pisse, de poils pubiens, d’orteils explosés ou de mains coupées, balancées plein pot sur le spectateur, et vous avez une assez bonne idée de l’état d’esprit du réalisateur… Des spectateurs pourtant d’habitude « blindés » aux imbécilités de Bay sont partis avant la fin. Ce fut mon cas. Dans quelques siècles, les historiens de l’art qui évalueront la culture d’un pays à son cinéma seront sans doute effarés devant cette « chose ». En attendant ce jour, Bay continuera ses affronts cinématographiques, avec la certitude arrogante du beauf « tout-pour-ma-gueule » qu’il a finalement toujours été.

Et dire qu’il est reparti pour filmer un quatrième Transformers toujours produit par Steven Spielberg… Hm, Steven ?! Tu n’es absolument pour rien dans cette cochonnerie de No Pain No Gain, mais par pitié, arrête de soutenir Bay ! Pourquoi n’aides-tu pas plutôt tes confrères plus brillants, ceux qui traversent une mauvaise passe ? Guillermo Del Toro ou George Miller galèrent des années avant de monter un film ; John McTiernan croupit en prison ; Peter Weir ou Paul Verhoeven n’arrivent plus à tourner… Et pourtant, Bay, lui, a pignon sur rue. Rends-toi service en nous rendant service : lâche Bay, par pitié !

 

Ludovic Fauchier (furax).

En bref… THE WORLD’S END (Le Dernier Pub avant la Fin du Monde)

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The World’s End (Le dernier pub avant la fin du monde), d’Edgar Wright

Gary King (Simon Pegg) n’a jamais oublié la nuit du 20 juin 1990, passée à fêter la fin du lycée avec ses copains Andy, Oliver, Steven et Peter. Ils s’étaient lancés dans le « Golden Mile » (ou « Barathon« ) : la tournée des douze pubs de leur ville natale de Newton Haven. Complètement cuits, les cinq amis avaient abandonné avant d’arriver au bout, au World’s End… Vingt ans après, Gary n’a pas bougé d’un pouce, et s’est juré de finir son pari. Il retrouve Andy (Nick Frost), Oliver (Martin Freeman), Steven (Paddy Considine) et Peter (Eddie Marsan), tous rangés et responsables, et les convainc de revenir à Newton Haven. Les cinq quadragénaires sont loin de se douter que leurs retrouvailles imbibées vont sérieusement déraper d’une façon qu’ils n’auraient jamais pu prévoir…

 

En bref... THE WORLD'S END (Le Dernier Pub avant la Fin du Monde) dans Fiche et critique du film the-worlds-end

Bonjour chers amis neurotypiques ! On va s’y remettre après cette longue, longue interruption estivale…

Retour au blog, donc, avec ce très sympathique nouvel opus du duo Simon Pegg-Nick Frost, concluant la « trilogie du Cornetto » entamée avec Shaun of the Dead et continuée avec Hot Fuzz. Pour se rafraîchir la mémoire, rappelons que Pegg et Frost sont devenus, en l’espace d’une décennie, un duo comique de premier plan. Simon Pegg, le petit rouquin nerveux (ici teint en noir), et Nick Frost, le joufflu débonnaire, se firent connaître dans la série comique Spaced (Les Allumés), détournement référentiel et très britannique de la pop culture, qui leur fournira en 2004 l’inspiration de leur très réussi Shaun of the Dead. Mis en scène par leur ami Edgar Wright, Shaun revisitait les films de zombies à la George Romero en les déplaçant dans le paysage britannique, pour finir par un assaut apocalyptique (et bourré de gags) au milieu d’un pub ! Succès immédiat, et trois ans plus tard, Pegg, Frost et Wright récidivaient avec Hot Fuzz, hommage décomplexé aux « buddy movies » d’action à la Joel Silver / Michael Bay, toujours transposés dans la campagne anglaise. Nouvelle réussite pour un film survitaminé, bourré d’humour et de situations délirantes. Simon Pegg, devenu le chouchou de J.J. Abrams (Mission : Impossible III et Star Trek), a retrouvé Frost chez Steven Spielberg et Peter Jackson (Tintin coécrit par Wright, où ils incarnent les Dupondt) et dans le décevant Paul (non réalisé par Wright, ce qui explique sans doute bien des choses) ; les deux camarades retrouvent Wright (parti en solo réaliser Scott Pilgrim, et travaillant sur Ant-Man pour Marvel) pour boucler leur trilogie en revisitant à leur façon les films sur la Fin du Monde, devenus monnaie courante ces derniers temps. Ils sont rejoints pour la circonstance par d’excellents comédiens venus se mêler à leurs délires : deux habitués des seconds rôles du cinéma britannique et américain, Eddie Marsan (Sherlock Holmes) et Paddy Considine (In America). Sans oublier Bilbo Baggins en personne, Martin Freeman, parfaitement à son aise dans la comédie pince-sans-tire. Sont également de la partie Rosamund Pike (très loin ici de la méchante Bond Girl de Meurs un Autre Jour) et Pierce Brosnan, venu nous rappeler que, chez Frost et Pegg, les anciens agents 007 ne sont pas ce qu’ils semblent être. Revoir Timothy Dalton dans Hot Fuzz….

Il faut bien admettre qu’après les réussites précédentes du trio, The World’s End laisse un petit arrière-goût d’inachevé… Le film reste suffisamment drôle et enlevé pour passer un bon moment, mais on devine une légère baisse d’inspiration dans l’écriture. Il faut dire que le script fait un grand écart permanent entre deux genres de films très dissemblables : d’un côté, le récit d’invasion science-fictionnelle, de l’autre une comédie « alcoolisée » sur les désillusions adultes de cinq ex-copains ; la rupture de ton permanente entre le rire et l’inquiétude tente de retrouver l’étincelle de Shaun (jusqu’à faire du sacro-saint pub le cadre principal de l’action) sans y parvenir tout à fait. Les comédiens, heureusement, s’entendent à merveille et restent crédibles ; dans la première partie, ils nous offrent un régal de comédie dramatique, entre quatre adultes « pépères » et responsables, embrouillés en permanence par leur ex-copain toujours immature. Il est amusant d’ailleurs de constater que les rôles s’inversent : alors que jusqu’ici Pegg jouait le type « sérieux », relativement responsable, et Frost était le clown de service, éternel ado attardé, c’est désormais Frost qui joue l’adulte et Pegg le gamin irresponsable. Lorsque vient la fameuse invasion, le film part totalement en vrille sans trop de finesse, mais heureusement, l’humour et les références font passer la pilule. On pense beaucoup aux Femmes de Stepford, aux Body Snatchers et à John Carpenter (notamment They Live et The Thing, détourné le temps d’une savoureuse séquence de suspicion généralisée)… Wright, Pegg et leurs camarades ne peuvent s’empêcher de rajouter à leur film de fin du monde des moments complètement absurdes, comme ces bastons collectives à la Jackie Chan / Sammo Hung, une confrontation science-fictionnelle illustrant un peu lourdement la métaphore du passage à l’âge adulte (représenté ici sous forme de « conformisme alien » à la They Live), ou ce final narratif à la Mad Max qui semble venir d’un autre film n’ayant rien à voir avec le début de l’histoire…

On l’aura compris, The World’s End pratique l’enchaînement de ruptures de ton de façon tellement frénétique et intensive qu’il perd une partie de son capital sympathie initial. Pas aussi maîtrisé que Shaun of the Dead ou inspiré que Hot Fuzz, il est heureusement sauvé par sa bande de copains, ses idées absurdes et ses moments joyeusement imbibés. Et il semble clairement marquer la tournée de séparation d’une bande de trublions, célébrée dans de généreuses pintes de bière. Burp.

 

Ludovic Fauchier of the Dead.

Blockbusters de l’été, le bilan

Bonjour, chers amis neurotypiques !

Après un bon break estival, histoire de recharger mes batteries passablement vidées d’une part par la canicule et d’autre part par l’abécédaire, on fait une petite remise en jambes en mode « light »… La saison estivale est, comme chaque année, synonyme de blockbusters explosifs ; on a été particulièrement gâtés : vaisseaux spatiaux, zombies, super-héros, robots, monstres géants, ninjas, pistoleros et indiens complètement barrés !

Voici donc une petite revue de détail rapide pour vous permettre d’y voir plus clair.

Blockbusters de l'été, le bilan dans Fiche et critique du film star-trek-into-darkness

STAR TREK INTO DARKNESS, de J.J. Abrams

Le roublard J.J. Abrams rempile avec un solide second opus de la nouvelle saga « trekkienne », désormais plus portée sur l’action et les cliffhangers que sur les thèmes philosophiques et scientifiques de l’univers traditionnel Trek. Géré sans temps mort, le film se laisse voir ; c’est un habile remaniement / reboot de Star Trek II La Colère de Khan, le film préféré des fans de la saga originale. On donnera surtout un très bon point pour Benedict Cumberbatch, brillantissime Sherlock de la BBC, et qui campe ici un adversaire particulièrement retors pour le capitaine Kirk et ses amis. Et on constetera qu’Abrams, plutôt qu’un auteur, est avant tout un imitateur de « l’école Lucas-Spielberg » du début des années 1980, comme en témoignent ces références constantes à Indiana Jones (la première séquence), et Star Wars. Références toutes trouvées pour celui qui va poursuivre la saga imaginée par Lucas… et ainsi « passer à l’ennemi » d’un univers de science-fiction à un autre !

 

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MAN OF STEEL, de Zack Snyder

D’un côté, Zack Snyder, le réalisateur (controversé) de 300 et Watchmen, doué pour soigner le visuel de ses films, et de l’autre l’équipe gagnante de la trilogie Dark Knight : le scénariste David Goyer, les producteurs Charles Roven et Emma Thomas, le compositeur Hans Zimmer (signant ici une nouvelle partition épique à souhait), et le maître d’oeuvre Christopher Nolan, crédité producteur exécutif et co-auteur de l’histoire originale de cette nouvelle version de Superman. Plutôt une bonne association, le film, s’inscrivant dans un contexte bien différent du classique de Richard Donner, fait oublier le ratage du Superman Returns de Bryan Singer. Ce nouveau film est une relecture de l’histoire des origines de l’Homme d’Acier intelligemment menée, capable de livrer des scènes visuellement stupéfiante (le prologue sur Krypton), et d’éclaircir la personnalité plus complexe, marginale, de Superman, très bien incarné par Henry Cavill. Tout ceci étant livré avec une pléthore de plans iconiques (le point fort de Snyder) et de combats surhumains, même si le film aurait gagné à être raccourci de quelques minutes (une surcharge de destruction d’immeubles…). L’expérience est somme toute plaisante, malgré un léger malaise de voir le « gentil » Superman oeuvrer en allié de l’US Army et briser la nuque de son ennemi… Autre bon point du film : un casting intelligent ; mentions spéciales à Kevin Costner et Amy Adams. Un bon nouveau départ pour « Supes » avant le film annoncé de Superman/Batman (ou Batman/Superman ?).

 

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WORLD WAR Z, de Marc Forster

Hmm… Adapter le roman de Max Brooks (fils de Mel Brooks et Anne Bancroft) était-il une si bonne idée ? Au vu du traitement effectué, on peut rester sceptique devant ce World War Z qui fait l’effet d’un ratage fascinant. Un tournage très perturbé par de nombreux problèmes de production trop vite expédiés (on devine la ré-écriture en catastrophe du scénario à chaque séquence) affecte un film bancal, dans des passages expédiés à la va-comme-je-te-pousse, avec la réduction drastique de rôles importants, comme cet agent de la CIA joué par David Morse qui disparaît sans raison valable. Dommage, car Marc Forster (bien plus à son aise sur des films intimistes comme Les Cerfs-volants de Kaboul ou Neverland) pouvait livrer un film démentiel, si on lui avait laissé les mains libres. Il reste quelques séquences marquantes pour faire passer la pilule amère : la première attaque dans les rues de Philadelphie, les scènes où les zombies assiègent un mur fortifié dans une ambiance entre Starship Troopers et La Chute du Faucon Noir… Des zombies malheureusement très propres sur eux, tenus par les lois du studio de ne pas faire d’excès gore, et qui se contentent de mordiller leurs victimes hors champ et de claquer les dents pour faire peur. Les aficionados du genre, eux, grinceront des leurs… Rajoutons à celà que la conversion du film en 3D est inutile, et rend nombre de séquences illisibles. Quant à l’ami Brad Pitt, voulant sans doute suivre ses collègues Tom Cruise ou Will Smith dans un « film de fin du monde », il semble ici en pilotage automatique, se contentant d’aller d’un point A à un point B sans grande conviction. Une déception.

 

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PACIFIC RIM, de Guillermo Del Toro

Un pied « monstre » ! Guillermo Del Toro revient en très grande forme après une longue absence de cinq ans, depuis Hellboy II. Après les énormes problèmes de production l’ayant empêché de réaliser Les Montagnes Hallucinées d’après Lovecraft, et après la mauvaise expérience personnelle du Hobbit repris par Peter Jackson, le cinéaste mexicain signe son retour en force : un  »blockbuster d’auteur » qui, sous l’apparente simplicité du propos (d’une part des robots venus de l’animation japonais, de l’autre un hommage aux kaijû eigas, les films de monstres japonais), récèle quelques petits trésors d’ingéniosité. D’une part, le film est prodigue en scènes de combats démentielles, avec ses titans s’affrontant parmi les buildings à coups de pétroliers transformés en battes de base-ball ; le tout, filmé avec une élégance formelle indéniable (Del Toro reconnaît s’être inspiré des peintures de Francisco Goya pour créer l’ambiance visuelle, et joue à merveille des effets d’échelle magnifiés par la 3D), envoie hors du ring les Transformers de Michael Bay et son montage hystérique. La comparaison est malvenue d’ailleurs, puisque le film de Del Toro a beaucoup plus de coeur, et traite intelligemment des rapports humains entre les pilotes des robots, sous le couvert d’un film d’action démesuré, qui malheureusement n’a pas intéressé le public américain. Dommage pour eux, car le film trouve de belles idées de mise en scène (dont celle du pont neural, qui permet aux pilotes de partager leurs souvenirs, donnant la plus belle scène du film) tout en procurant un plaisir « geek » assumé avec ses hordes de monstres échappés du bestiaire à la Godzilla. Et en plus, il y a Ron Perlman !

 

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WOLVERINE : LE COMBAT DE L’IMMORTEL, de James Mangold

Retrouvailles musclées avec le mutant griffu vedette de l’univers Marvel, pour une aventure solo séparée des films de la franchise X-Men (enfin, pas tout à fait séparée, si vous êtes restés après le générique de fin…) ; l’occasion de revoir toujours avec plaisir Hugh Jackman en pleine forme, dans le rôle qui l’a révélé il y a treize ans. Wolverine se retrouve donc embarqué dans une sale histoire liée à son passé, au Japon, pris dans une guerre entre diverses factions de yakuzas et de ninjas. Bonne idée, le film est confié à James Mangold (Walk the Line, CopLand, 3h10 pour Yuma), solide cinéaste moins féru de comics que de westerns classiques et de films de samouraïs. On ne sera donc pas étonnés de le voir citer en référence aussi bien Josey Wales Hors-la-loi (jouant sur la ressemblance physique évidente de Jackman avec le Clint Eastwood des seventies) ou Le Château de l’Araignée de Kurosawa (la superbe scène où Wolvie, combattant dans une rue enneigée, est transpercé de flèches et de chaînes). Mangold ne se contente pas d’emballer des scènes d’action très bien menées (le combat sur le train), il est aussi capable d’emmener le film dans des directions inattendues : comme cette scène d’intro impressionnante, évoquant Le Pont de la Rivière Kwaï et Empire du Soleil, ou les scènes psychologiques crédibles entre Wolverine et son nouvel amour Mariko. Voilà qui compense les passages obligés « comics », moins convaincants, du grand finale. Malgré ses faiblesses, et un manque relatif de charisme des bad guys, ce film-là de Wolverine est nettement plus réussi et intense que celui de ses origines, sorti en 2009. Tout cela est de bon augure avant le retour de Wolvie dans X-Men Days of Future Past de Bryan Singer, pour l’an prochain. 

 

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THE LONE RANGER, de Gore Verbinski

Etrange, quand même, cette propension du public américain à dédaigner les blockbusters les plus réussis cette année… Après Pacific Rim, c’est au tour de Lone Ranger, conçu par la fine équipe des Pirates des Caraïbes, de s’être méchamment « planté » au box-office US. Lequel est pour le moins en perdition depuis quelque temps, malmené par la concurrence du téléchargement sur Internet et d’une alarmante flambée des tickets. Quoi qu’il en soit, Lone Ranger s’avère une réussite à mettre sur le compte de Gore Verbinski, qui, après le jubilatoire Rango, retrouve Johnny Depp dans un western complètement fou. Bourré de références à John Ford (The Searchers et Liberty Valance en tête), Sam Peckinpah (les presbytériens de La Horde Sauvage chantant le même cantique) et évidemment Sergio Leone, le film est un pur plaisir, ayant gardé des Pirates ses trouvailles surréalistes, sans ses lourdeurs. L’alchimie entre le jeune Armie Hammer (le « jumeau » de Social Network, revu dans J. Edgar) et un Johnny Depp une fois de plus irrésistible, fonctionne très bien. Jouant de ses origines indiennes, Depp s’amuse et nous amuse dans un numéro digne de Buster Keaton, d’un stoïcisme absolu même en toute circonstance (surtout quand il nourrit son corbeau…). Verbinski et ses scénaristes osent même aller là où ne les attendait pas ; outre des gags surréalistes en rafale (les lapins carnivores !!), le film affiche une cruauté « léonienne » affirmée (le méchant arrache et mange le coeur du frère du Ranger, sous ses yeux !) et des références historiques rappelant aussi les aspects moins glorieux de la Conquête de l’Ouest : massacres des tribus indiennes, prostitution et exploitation sans scrupules des ouvriers du chemin de fer. Ajoutez à celà une construction narrative astucieuse (le récit, dépendant du point de vue d’un vieil Indien aux souvenirs passablement « défectueux », est constamment remis en cause par un gamin devenant la voix du public) et une mise en scène d’une inventivité permanente (la poursuite finale, magistralement élaborée, digne de Keaton, de Spielberg et Zemeckis), et vous aurez un énorme plaisir estival en résultat. Alors, qu’est-ce qu’on dit ? Merci Verbinski !

 

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ELYSIUM, de Neill Blomkamp

Un postulat de science-fiction intéressant sert de point de départ à ce nouveau film du jeune réalisateur sud-africain de District 9, avec lequel il partage évidemment nombre de points communs thématiques et esthétiques : le même intérêt pour une SF traitant de la violence sociale (le racisme dans District 9, le déséquilibre entre riches et pauvres ici), et dont les townships et bidonvilles fournissent le cadre inhabituel d’un futur sale, violent et désespéré. Et comme dans District 9, un pauvre type ordinaire va subir une mutation inattendue et se transformer littéralement en machine de guerre pour malmener les profiteurs. Blomkamp se retrouve ici aux commandes d’une production plus ambitieuse, avec de surcroît une star mondiale en la présence efficace d’un Matt Damon au crâne rasé. Damon est ici entraîné malgré lui dans une révolte des miséreux de LA contre les richissimes habitants de la station spatiale Elysium, avec à leur tête Jodie Foster en ministre « bushiste » déterminée à ne laisser personne souiller son Meilleur des Mondes… Le résultat est intéressant, mais inégal ; le film est visuellement étonnant, partagé entre ses deux univers : le monde des super-riches évoquant la station spatiale immaculée de l’inamovible 2001 : L’Odyssée de l’Espace, celui des pauvres rappelant Soleil Vert et ses millions de SDF entassés dans des bindovilles aux pieds des demeures de l’élite. Les robots, policiers fonctionnaires zélés, se chargent du « sale boulot » et rendent la vie infernale aux humains bloqués sur Terre ; la vision d’un futur faisant écho aux problèmes actuels de la société américaine ravagée par le libéralisme effréné, condamnée notamment faute de soins accessibles et livrée à la violence, est finalement à peine exagérée. Tant qu’il reste sur cet aspect social, Elysium est très bon… Malheureusement, loi des studios oblige, le film rentre après cela dans des sentiers plus balisés : poursuites, explosions et fusillades à gogo, tandis que le héros s’en ira comme il se doit accomplir un destin sacrificiel bien trop prévisible. Dommage, donc, que le film n’arrive pas totalement au bout de ses ambitions.

 

Verdict final ? Le podium des films d’été est le suivant. Médaille de bronze pour James Mangold et Wolverine ; médaille d’argent pour Guillermo Del Toro et Pacific Rim ; et médaille d’or pour Gore Verbinski et Lone Ranger.

 

Ludovic Fauchier, back in business.

 

Bandes-annonces !

Bonsoir à tous ! Après une interruption volontaire pour cause de « bouclage » d’abécédaire Asperger surchargé, on se remet en jambes avec quelques petites bandes-annonces visibles en ce moment sur le Net, concernant quelques films que l’on espère excitants…

 

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Le 17 juillet prochain, ça va barder dans les salles ! Imaginez : des monstres géants envahissent la Terre, seuls les Jaegers, des robots tout aussi gigantesques, peuvent les arrêter… Oh, mon Dieu : Goldorak Vs. Godzilla ! Patlabor Vs. le Grand Cthulhu ! Gundam Vs. le Monstre des Temps Perdus ! Le mexicain fou Guillermo Del Toro (LE LABYRINTHE DE PAN, HELLBOY, BLADE II, L’ECHINE DU DIABLE) nous concocte un PACIFIC RIM qu’on attend de pied ferme. Avec en prime : des combats d’arts martiaux, des japonais qui fuient, des destructions massives, l’indispensable Ron « Hellboy » Perlman et plein d’autres bonnes choses. On prend les paris, ce film va être le spectacle jouissif de l’été !

 

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Sortie le 23 octobre prochain de GRAVITY, le nouveau film d’un autre brillant mexicain, Alfonso Cuaron (le magnifique LES FILS DE L’HOMME), qui nous entraîne à la suite de George Clooney et Sandra Bullock en orbite terrestre. Comme le montre la bande-annonce, les choses vont très mal se passer. Film déconseillé, apparemment, à ceux qui ont le vertige…

 

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Le 11 décembre, nous retrouverons ce patachon de Bilbo(n) Sacquet, Gandalf et les treize Nains, sur le chemin de leur royaume perdu. La première bande-annonce du HOBBIT : LA DESOLATION DE SMAUG met l’eau à la bouche. Au programme, Beorn l’homme-ours, les Araignées, un saisissant aperçu de l’infâme dragon Smaug (voix de Benedict Cumberbatch, génial dans SHERLOCK), l’archer Bard (Luke Evans) et beaucoup d’action elfique. Ce bon vieux Legolas (Orlando Bloom) is back ! Et en fort charmante compagnie, avec Tauriel (Evangeline Lilly, de LOST), une elfette énergique qui se joint à l’aventure.

 

Bientôt, d’autres bande-annonces. Et je vous parlerai de MAN OF STEEL, promis… dès que je trouverai le temps d’aller voir le film !

 

Ludovic Fauchier.

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