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Joe Dante, le mini-guide

Joe Dante, le mini-guide dans Mini-guide joe-dante

Bonjour, chers amis neurotypiques !

Aujourd’hui, nous revisitons la filmographie de Joe Dante, un cinéaste attachant mais malheureusement devenu bien rare depuis plusieurs années. La carrière de ce dernier ne se limite pas au seul Gremlins, son film le plus célèbre. Une filmographie vouée toute entière à l’amour du Cinéma fantastique des années 1950, des monsters movies les plus déjantés devant lesquels le réalisateur, maintenant âgé de 67 ans, a grandi. Au programme, donc, une dizaine de films cultes, remplis de drôles de bestioles, d’extraits de classiques du Fantastique, de gags mémorables et de guest stars référentielles. Fidèle à ses acteurs, grand amateur de caméos à l’instar de son collègue John Landis, Joe Dante adore s’entourer de visages familiers dans ses films : en tête, l’inamovible Dick Miller, vétéran bourru des productions de Roger Corman, toujours présent dans chaque film de Dante depuis Hollywood Boulevard. Miller est suivi de près par Kevin McCarthy (le psychiatre paranoïaque des Body Snatchers de Don Siegel), William Schallert (le médecin dépassé de L’Homme qui rétrécit) ou Kenneth Tobey (qui combattit La Chose d’un Autre Monde pour Howard Hawks). Se joignirent à eux Robert Picardo (second rôle familier et victime régulière des gags de Dante), Bruce Dern et sa trogne grimaçante, Kathleen Freeman (comparse de Jerry Lewis dans sa grande période), et des apparitions surprises : comme celles de Steven Spielberg (jouant les inventeurs plâtrés dans Gremlins), Chuck Jones (cartoonist de génie des meilleurs Looney Tunes, créateur de Bip Bip et du Coyote), Jerry Goldsmith (le compositeur attitré de Dante), ou encore Bugs Bunny, Daffy Duck et Robby, le robot de Planète Interdite. Que du beau monde !

Entre deux longs-métrages, Dante a aussi régulièrement travaillé pour la télévision américaine, malheureusement je manque de place pour citer toutes ses contributions… Cela dit, n’hésitez pas à chercher des curiosités comme sa comédie satirique très réussie La Seconde Guerre de Sécession, le film à sketches Amazon Women on the Moon (Cheeseburger Film Sandwich), co-réalisé entre autres avec John Landis, ou les épisodes de nombreuses séries télévisées auxquelles il a contribué… La mention PV signalera les tous premiers films du cinéaste que je n’ai pas vus. Merci de mentionner les éventuels oublis ou erreurs !

Aucune raison autre que la nostalgie (et l’approche d’Halloween) pour ce mini-guide. C’est que l’ami Joe commence à nous manquer : son film des Looney Tunes est sorti il y a dix ans sur grand écran, et son dernier long-métrage, The Hole, fut expédié en vidéo sans aucune sortie en salles, en 2009…

J’espère que vous apprécierez ce guide, qui vous est gracieusement présenté par ACME Industries, Clamp Channel Network et les Pilules Laxatives Carter.

 

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(PV) The Movie Orgy (de 1966 à 1975)

Pas d’histoire pour le tout premier film de Joe Dante, qui se présente comme un « collage » de séquences de films de série B de l’âge atomique (dont le cultissime L’Attaque de la Femme de 50 Pieds, image ci-dessus), d’extraits d’émissions télévisées, de divers documents d’archives, de films gouvernementaux, de cartoons, de publicités, de films musicaux, etc. Le tout étant coupé de quelques sketches mis en scène par Dante, et monté de façon à donner l’impression que le spectateur assiste à un vaste programme télévisé, zappant d’une chaîne à l’autre… l’enchaînement des séquences, truffées de monster movies, laisse finalement croire que de graves évènements (type « Guerre des Mondes ») se produisent en simultané. 

 

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Le réalisateur modifia à loisir la durée du film, de quatre à sept heures selon les copies. Travaillant avec Jon Davison (futur producteur de RoboCop et Starship Troopers de Paul Verhoeven), Dante assume ainsi d’emblée son incurable cinéphilie tout en s’adonnant aux joies du « film dans le film », et invente le concept des émissions du style « Le Zapping », vingt ans avant Canal+ !

 

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(PV) Hollywood Boulevard (1976)

Où les déboires d’une starlette, Candy (Candice Rialson), qui rêve de devenir star à Hollywood, mais échoue dans les studios Miracle (comme on dit dans Hellzapoppin : « If it’s a good movie, it’s a Miracle ! »), spécialisés dans les séries Z. Voilà donc notre damoiselle tournant Machete Maidens of Mora Tau aux Philippines, dans un tournage vite perturbé par un meurtre…

Dante travaillait alors chez New World, le studio de Roger Corman, le pape de la série B américaine, célèbre pour son sens de l’économie drastique, et découvreur de futurs talents du cinéma américain (Jack Nicholson, Coppola, Scorsese, James Cameron, Jonathan Demme ou Ron Howard. Suite au pari fait par Corman et Jon Davison de produire le film le plus cheap qui soit, Dante, nommé co-réalisateur avec Allan Arkush, se fit donc les dents avec ce film, utilisant au maximum des stock-shots et séquences de précédentes productions Corman, telles que The Terror / L’Halluciné (dans lequel apparaît Dick Miller, qui regarde l’extrait en question dans son premier film avec Dante) ou La Course à la mort de l’an 2000, film culte de Paul Bartel, un autre visage familier des films de Dante. Celui-ci livre un travail tout à fait correct aux yeux de Corman, manifestant son don pour la satire des moeurs hollywoodiennes (le titre faisant évidemment référence à un quartier réputé pour ses péripatéticiennes…) et ses monstres chéris (dont cet homme-mouche très swag tapant le carton avec Mary Woronov, égérie de la série B des seventies !).

 

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Piranhas (1978)

Ne vous baignez pas dans la Lost River, un paisible cours d’eau texan… Suite à la disparition d’un jeune couple, Maggie, une détective amateur (Heather Menzies), et Paul, un garde-chasse (Bradford Dillman), découvrent un site d’expérimentations de l’US Army, cadre des opérations scientifiques de l’ »Opération Razorteeth » durant la Guerre du Viêtnam. Par la faute d’un savant fou (Kevin McCarthy), des piranhas sont maintenant capables de vivre en eau froide et dans l’océan. Libérés accidentellement de leur bassin, les poissons voraces vont semer une panique monstre en aval, alors que le camp de vacances voisin vient d’ouvrir…

 

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Joe Dante signe son premier long-métrage professionnel officiel, toujours sous l’égide de Jon Davison et Roger Corman qui ont évidemment remarqué le triomphe des Dents de la Mer au box-office, trois ans plus tôt… Si le film de Spielberg généra un nombre phénoménal de plagiats, séquelles ou parodies souvent dénuées d’imagination, le film de Dante n’eut pas à rougir de l’inévitable comparaison. Habilement géré avec son minuscule budget, Piranhas reste tout à fait appréciable, grâce à l’humour noir du script de John Sayles (devenu depuis un réalisateur indépendant très doué), et aux attaques des bestioles, sanglantes et absurdes à souhait. Les effets sont notamment dûs à de futurs grands des effets visuels, notamment Phil Tippett et Rob Bottin. Le film générera une suite complètement Z, oeuvre malencontreuse d’un débutant nommé James Cameron, et attirera l’attention de Steven Spielberg, qui préfèra largement ce film aux Dents de la Mer n°2

 

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Hurlements (1981)

Ayant servi d’appât dans la traque et l’élimination d’un tueur en série des plus vicieux, Eddie Quist (Robert Picardo), la journaliste Karen White (Dee Wallace Stone) reste traumatisée par l’incident. Sur les conseils du bon docteur Waggner (Patrick Macnee), Karen et son compagnon Bill (Christopher Stone) se rendent dans son institution spécialisée, la Colonie, au bord de la côte Pacifique nord. Séances de thérapie et activités de détente sont au programme, et les autres membres sont des plus aimables, quoique un peu rustres… Pendant que leurs amis restés à Los Angeles font d’inquiétantes découvertes sur Eddie Quist, Karen est de plus en plus perturbée, les hurlements des loups dans la forêt voisine, chaque nuit, lui rappelant un mauvais souvenir…

 

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La belle, et les Bêtes !… Sorti du giron de Roger Corman, et désormais associé au producteur Michael Finnell qui sera de chacun de ses films, Joe Dante dépoussière en 1980 le mythe archi-rebattu du loup-garou. Tous les films du genre suivaient basiquement la trame du vieux classique avec Lon Chaney Jr., sans jamais rien changer ni au propos ni aux scènes de transformation. Devançant de quelques mois John Landis et son Loup-Garou de Londres, Dante réactualise le thème en le transposant à notre époque (comprendre : 1980), et lui injecte une bonne dose d’humour noir, d’horreur graphique et de sexualité (notamment une mémorable scène de copulation bestiale entre un homme et une sublime lycanthrope). Le résultat est un petit classique du genre, référentiel (les personnages portant des noms de réalisateurs ayant tourné un film de loup-garous) et plein d’humour : Slim Pickens qui garde son éternel Stetson sur la tête quand il se transforme ; John Carradine, vétéran fordien dans un de ses derniers rôles, en lycanthrope sénile qui perd son dentier… Magnifiés par les cadrages et les lumières du chef opérateur John Hora, les loups-garous ont la vedette grâce aux extraordinaires transformations dynamiques dûes à Rob Bottin.

 

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Twilight Zone : The Movie / La Quatrième Dimension : Le Film (1983)

Troisième segment de ce film inspiré de la mythique série de Rod Serling, C’est une bonne vie nous narre la rencontre entre Helen Foley (Kathleen Quinlan), une institutrice en voyage, et un jeune garçon, Anthony (Jeremy Licht). Ayant manqué de le renverser avec sa voiture, Helen se fait pardonner en raccompagnant le gamin chez lui, le jour de son anniversaire. Mauvaise idée, car la famille d’Anthony semble terrorisée et soumise à ses moindres caprices, liés aux dessins animés qui sont diffusés en boucle dans la maisonnée…

 

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Ce film à sketches co-produit par Steven Spielberg et John Landis, recrutant Joe Dante et George Miller, tenta sans succès d’adapter au cinéma la mythique série télévisée créée par Rod Serling. L’épisode de Dante, écrit par le grand Richard Matheson en personne, fut l’un des rares motifs de satisfaction de ce film déséquilibré, par ailleurs endeuillé par un accident qui causa la mort de l’acteur Vic Morrow et de deux enfants, sur le tournage du segment de Landis. Pour Dante, le film est une première pour plusieurs raisons. Il travaille pour la première fois avec Steven Spielberg, et surtout trouve sa « voix » musicale grâce au grand Jerry Goldsmith qui devint son compositeur régulier. Dante assume ouvertement sa passion des cartoons dans ce conte cauchemardesque sur le pouvoir aliénant de la télévision et les défaillances de l’éducation des enfants. Techniquement parlant, c’est un tour de force : Dante et son équipe (le chef-opérateur John Hora et Rob Bottin, le concepteur des créatures, en tête) recréent en réel les codes visuels des cartoons de Tex Avery et Chuck Jones, dans une ambiance jouant à la fois sur l’humour et l’angoisse. Le résultat est plutôt réussi. Dommage que le sketch, à l’instar des autres, soit si court. Il constitua en tout cas un solide galop d’essai avant le film suivant…

 

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Gremlins (1984)

Billy Peltzer (Zach Galligan), un tout jeune homme, reçoit de son père Rand (Hoyt Axton) un inoubliable cadeau de Noël : Gizmo le Mogwaï, adorable petite boule de fourrure, découvert dans une vieille échoppe du quartier chinois de New York. Trois règles strictes sont à respecter pour élever Gizmo : ne jamais le mouiller, ne jamais l’exposer à la lumière vive et surtout, ne jamais lui donner de nourriture après minuit. N’ayant pas respecté la première règle, Billy se retrouve avec cinq Mogwaïs supplémentaires sur les bras. Cinq petits garnements, bien loin d’être aussi mignons que Gizmo, et qui vont faire passer à Billy, sa petite amie Kate (Phoebe Cates) et à leurs voisins un Noël épouvantable…

 

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Le classique des classiques de Joe Dante, Gremlins n’a rien perdu, trente ans après sa réalisation, de son charme très spécial. Parti d’un scénario de Chris Columbus, Dante, associé à Spielberg, en adoucit le ton initial très horrifique pour en tirer quelque chose de plus personnel. Le film, entamé comme un conte de Noël à la Capra (La Vie est belle est d’ailleurs ouvertement cité), est peu à peu envahi par le mauvais esprit des E.C. Comics, de Tex Avery et des films de monstres à l’ancienne, et provoque un mélange détonant de tendresse absolue (Gizmo forever !!!), de rire (la virée des Gremlins dans le bar !!) et d’effroi (voir la scène de la cuisine, ci-dessus). Le mélange était risqué, mais Dante s’en est tiré de main de maître. Et Gremlins de délivrer en sous-texte un message corrosif sur ce besoin typiquement américain de vouloir contrôler, « civiliser » des forces naturelles sans se soucier des conséquences. Mais le film est aussi une réflexion amusée sur le cinéma en tant qu’objet à préserver avec beaucoup de précautions. Rappelons qu’à l’époque, les films étaient tournés sur pellicule argentique. On tirait les copies (= les Gremlins) de la bobine originale (= Gizmo), après un passage au bain révélateur (= la multiplication des bestioles au contact de l’eau !) ; et comme chacun le sait, les copies sont toujours moins bonne que l’original… De plus, gare à la surexposition à la lumière… Quant à la fameuse règle « pas de nourriture après minuit », s’agit-il pour Dante de mettre en garde contre le consumérisme excessif des images ? Ou plutôt un clin d’oeil aux séances de minuit, propices à regarder des films anticonformistes, les vrais « Gremlins » du Cinéma ? Qui sait…

 

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Explorers (1985)

le jeune Ben (Ethan Hawke) adore la science-fiction, est amoureux transi d’une camarade de classe, et est aussi la tête de turc de la brute du lycée. Seul réconfort, il a pour meilleur ami Wolfgang (River Phoenix), petit génie scientifique qui partage ses goûts. Dérangé par un rêve récurrent représentant un circuit électronique détaillé, Ben en parle à Wolfgang, et tous deux réalisent que Ben reçoit les instructions pour construire un vaisseau spatial ! Farfouillant du matériel de récupération, les deux gamins entraînent un troisième larron, le marginal Darren (Jason Presson), pour fabriquer le vaisseau Thunder Road. Direction les étoiles, à la rencontre des êtres mystérieux qui ont contacté Ben…

 

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Le triomphe de Gremlins lui ayant ouvert des portes, Dante tourna immédiatement après pour le studio Paramount cet Explorers d’inspiration très « spielbergienne 80′s »… qui reste sa plus grande déception, et sans doute son film le plus faible. Il faut dire que le projet souffrit des aléas de production devenus hélas monnaie courante chez les studios : les exécutifs de Paramount ne trouvèrent rien de mieux que d’obliger Dante à abréger tournage et montage pour sortir précipitamment le film durant l’été 1985. Résultat, Explorers, bien que très sympathique (au moins dans sa première partie), se fit laminer au box-office par Retour vers le Futur et Les Goonies, deux productions Spielberg… Le film souffre terriblement de son troisième acte déséquilibré et d’un final en queue de poisson. Dommage, car les aventures de ce vaisseau spatial bricolé par les trois gamins (dont le regretté River Phoenix), référence certaine au cinéma « bricolé » qu’affectionne Dante, conservent un certain charme.

 

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Innerspace / L’Aventure Intérieure (1987)

Mauvaise passe pour Tuck Pendleton (Dennis Quaid), un pilote terriblement égocentrique, qui se fait plaquer par sa petite amie journaliste Lydia (Meg Ryan), lassée de son attitude. Tuck, déprimé, accepte d’être le pilote d’essai d’un projet fou conçu dans les laboratoires Vectorscope : aux commandes d’un submersible, il va être miniaturisé et injecté dans un lapin vivant… Mais, à la suite d’un sabotage industriel en règle, Tuck se retrouve accidentellement injecté dans le corps d’un brave caissier de supermarché, Jack Putter (Martin Short) ! Terriblement hypocondriaque et timide, Jack ne comprend rien à ce qui lui arrive, alors que Tuck tente de le contacter depuis l’intérieur de son corps. Le temps presse, car le cupide Scrimshaw (Kevin McCarthy) et ses sbires veulent s’emparer de la puce de miniaturisation fixée au submersible. Et Tuck, exposé aux multiples dangers du corps de Jack, doit s’en extraire avant un délai fatidique au-delà duquel lui et le submersible vont reprendre leur taille normale…

 

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Après un détour télévisuel pour Histoires Fantastiques, Joe Dante et Steven Spielberg reprirent leur association avec Innerspace, très drôle relecture du Voyage Fantastique de Richard Fleischer. Malheureusement, inexplicablement, le film fut un nouvel échec au box-office américain pour Dante… D’autant plus incompréhensible qu’Innerspace est considéré aujourd’hui, à juste titre, comme un de ses meilleurs films. Le scénario de Jeffrey Boam, plein d’astuces et de situations à la fois délirantes et cohérentes, ne se limite pas à une simple exploration du corps humain comme dans le film de Fleischer. Il développe des situations de comédie où les deux protagonistes principaux, sans jamais se croiser avant la toute fin du film, ne cessent de s’influencer l’un l’autre, pour le meilleur et le pire. Le macho Tuck (Dennis Quaid, excellent dans le registre de son personnage de L’Etoffe des Héros) joue la « conscience virile » du timide Jack, l’obligeant à sortir de sa coquille, tandis que ce dernier (Martin Short, irrésistible) lui fait subir en retour les multiples dangers de son organisme malmené ! Ajoutez à ce duo une Meg Ryan craquante, un faux Terminator (pourvu d’une main artificielle faisant vibromasseur !), des effets visuels splendides (le corps humain décrit dans Innerspace, créé par ILM, est un véritable monde extra-terrestre), une scène de métamorphose dûe à ce fou de Rob Bottin, l’apparition hilarante de Kathleen Freeman, des situations inattendues à tire-larigot (dont l’exploration par le héros miniaturisé de l’utérus de sa petite amie !!), et vous n’aurez qu’une petite idée de la joyeuse folie qui imprègne ce film cher aux « dantophiles ».

 

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The ‘Burbs / Les Banlieusards (1989)

Ray Peterson (Tom Hanks), cadre moyen en proie au burn-out, voudrait bien rester à glander chez lui durant ses vacances, au grand dam de sa femme Carol (Carrie Fisher). S’il supporte tout juste la présence de ses voisins, notamment Art (Rick Ducommun), grande gueule et sans-gêne, et Mark (Bruce Dern), vétéran détraqué de la Guerre du Viêtnam, Ray s’étonne davantage de ses nouveaux voisins, les Klopek. Une odeur bizarre se dégage de leur maison mal entretenue, ils font du bruit dans le sous-sol chaque nuit, et personne n’a revu les anciens locataires. Contre son gré, Ray se retrouve poussé à espionner ces voisins étranges…

 

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Associé ici à Ron Howard, co-producteur du film, Dante s’aventure dans la comédie noire, s’amusant à tirer à boulets rouges sur le symbole le plus évident de l’American Way of Life satisfaite d’elle-même : le quartier résidentiel de banlieue, avec ses petites maisons alignées, ses pelouses immaculées, et ses voisins trop souriants. Dante laisse ici les effets spéciaux (ou du moins, il les réduit à un simple générique partant de l’espace pour atterrir dans ce quartier, afin de souligner l’égocentrisme de ses concitoyens) pour signer une fable grinçante à souhait ; l’ensemble fait penser aux séries télévisées des fifties gentiment conservatrices (style Leave It To Beaver) qui rencontreraient Fenêtre sur Cour ou certains épisodes de La Quatrième Dimension, comme Les Monstres de Maple Street (description impitoyable de la paranoïa banlieusarde), avec l’humour référentiel de Dante pour couronner l’ensemble. Côté casting, Tom Hanks est déjà égal à lui-même en américain ordinaire un brin patachon, mais c’est Bruce Dern en ex-soldat paranoïaque qui décroche le meilleur rôle, et devient un fidèle de la bande à Dante.

 

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Gremlins 2 (1990)

Billy et Kate (Zach Galligan et Phoebe Cates), maintenant fiancés, vivent à New York et travaillent tous les deux dans la Tour Clamp, l’immeuble du magnat Daniel Clamp (John Glover), qui cumule bureaux, centres commerciaux, chaînes de télévision… ainsi qu’un laboratoire de recherches génétiques menées par le sinistre docteur Catheter (Christopher Lee). Celui-ci s’est emparé du pauvre Gizmo, orphelin depuis la mort de son maître. Si Billy retrouve à temps le petit Mogwaï, le jeune homme doit s’absenter à cause du travail. Et Gizmo est une nouvelle fois accidentellement mouillé… Les affreux Gremlins sont de retour, pour semer destruction, panique et rigolade dans tout l’immeuble ! Billy et ses amis sauront-ils les empêcher de se répandre dans New York ?… 

 

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On prend les mêmes, et on recommence ? Pas tout à fait… Le triomphe du premier Gremlins avait évidemment motivé les cadres de la Warner à vouloir une suite immédiate. Mais Dante, trouvant qu’une suite serait forcément inutile, se fit finalement tardivement convaincre de signer Gremlins 2, à la condition qu’on lui laisse la liberté de faire le film qu’il voulait. Il s’est donc lâché pour cette suite qui est un ahurissant pétage de plombs cinématographique. Gremlins 2, c’est l’Hellzapoppin des années 1990 : un film qui se moque délibérément de lui-même, et de son statut de suite imposée à un classique. Le film est littéralement pris de démence au fil des minutes, comme si les Gremlins avaient échappé à leurs concepteurs pour s’emparer de l’oeuvre… C’est précisément le cas, Dante osant briser le « quatrième mur » (la frontière entre le spectateur et le film) dans une scène mémorable où les Gremlins interrompent la projection du film !! Tout le reste du film est dans le même esprit : Bugs Bunny et Daffy Duck (animés par Chuck Jones en personne) viennent malmener le logo Warner, Gizmo se prend pour Rambo, le monologue de Kate du premier film est ridiculisé (tout comme les trois règles), les Gremlins étranglent le critique Leonard Maltin qui s’en est pris à leur film… Gremlins 2 illustre à merveille les tendances satiriques du père Dante, ravi de sa bonne blague à l’encontre du studio Warner Bros. Le public, décontenancé et divisé, ne suivit pas. Aujourd’hui, le film conserve un statut culte le plaçant à côté d’autres oeuvres bien barrées comme 1941 de Steven Spielberg, Last Action Hero de John McTiernan ou Mars Attacks! de Tim Burton. Pour résumer l’esprit du film, tout repose dans une réplique du « Gremlin intello » : « Etait-ce civilisé ? En aucun cas. Drôle, certainement, mais absolument pas civilisé ! ».

 

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Matinee / Panic sur Florida Beach (sic) (1993)

La vie n’est pas toujours rose pour le jeune Gene Loomis (Simon Fenton) et son petit frère Dennis (Jesse Lee Sofer), forcés de suivre leur père militaire au gré de ses affectations. Récemment arrivé à Key West, Gene passe ses week-ends avec son frère, dans la salle du Strand, le cinéma de la ville. L’arrivée de Lawrence Woolsey (John Goodman), roi de la série B qui va projeter son nouveau film, Mant!, est l’occasion rêvée pour lui d’en savoir plus sur le cinéma, de se faire des amis, et de nouer une première relation amoureuse. Mais alors que Woolsey prépare un show mémorable pour son jeune public, en Atomo-Vision et Vrombirama, le vrai spectacle risque bien d’être en dehors de la salle, définitivement… Nous sommes en octobre 1962, et Key West est la ville la plus proche des missiles cubains braqués sur les Etats-Unis !

 

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Joe Dante livra avec Matinee l’un de ses meilleurs films, et le plus personnel. Le réalisateur, à travers cette comédie, revisite l’esprit d’une époque révolue, celle de sa jeunesse passée dans les cinémas « à l’ancienne », et les séances des matinees. Comme des milliers de kids des années 50-60, le jeune Dante passa ses weekends dans les salles obscures ; au programme dans la même matinée, pour un prix modique : cartoons, documentaires, bandes-annonces à foison, et surtout des films de série B à la pelle, qui alimentèrent toute l’imagination du futur réalisateur. L’explosion de ces films durant l’après-guerre marquée par la paranoia anticommuniste et la peur des bombes atomiques fournit à Dante et au scénariste Charlie Haas l’idée géniale de faire un parallèle entre le spectacle, bien inoffensif, des monstres mutants atomiques (Godzilla, Tarantula, Them ! / Des Monstres attaquent la Ville et tant d’autres) et la peur bien réelle des citoyens américains, durant la crise des missiles cubains. Le film recrée astucieusement le curieux climat de cette période, aidé en cela par l’humour de Dante. Celui-ci donne un rôle en or à John Goodman, dont le personnage de réalisateur-businessman-bonimenteur-bricoleur ringard et enthousiaste s’inspire notamment de Roger Corman et de William Castle. Dante s’amuse aussi beaucoup avec son faux film, Mant!, dont la projection ponctue le récit. Il osera même malmener les règles cinématographiques courantes, pratiquant la mise en abîme et brisant encore une fois le quatrième mur. C’est ainsi qu’au détour d’une scène, le spectateur de Matinee (vous et moi) se retrouve à regarder les protagonistes du film, qui eux-même regardent des spectateurs au cinéma dans le film Mant! … lesquels se retournent vers eux, pour les alerter de l’attaque de l’homme-fourmi qui nous saute alors au visage. Du grand art ! 

 

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Small Soldiers (1998)

Branle-bas de combat pour les responsables de la firme de jouets Heartland, rachetée par Gil Mars (Dennis Leary), président de la multinationale Globotech. Après une rapide réunion, une nouvelle gamme de figurines interactives est lancée : les Commando Elite, un groupe de super-soldats héroïques, et leurs ennemis les Gorgonites, des monstres extra-terrestres. L’un des concepteurs ne trouve rien de mieux que de  »booster » en secret l’intelligence artificielle des jouets en les dotant d’une puce expérimentale militaire, avant d’envoyer une première série de jouets dans le magasin du père d’Alan Abernathy (Gregory Smith), un jeune garçon perturbé. Alan découvre avec stupeur qu’Archer (voix de Frank Langella) et ses alliés Gorgonites sont réellement conscients… Malheureusement, c’est aussi le cas des Commando, qui se réveillent sous la férule du redoutable Chip Hazard (Tommy Lee Jones) et décident de détruire les alliés des Gorgonites : la famille d’Alan et celle de sa voisine, la jolie Christy (Kirsten Dunst)…

 

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Après de nouveaux détours télévisuels, notamment avec le téléfilm La Seconde Guerre de Sécession (1997), Joe Dante reprit le chemin des studios et retrouva Steven Spielberg pour ce Small Soldiers qui constitua leur dernière association à ce jour. Un peu forcé et contraint de refaire un film dans l’esprit de Gremlins, Dante accepta la commande et s’en tira plutôt bien, compte tenu des circonstances… Un script inachevé au moment du tournage, et les pressions incessantes de la firme Hasbro, cherchant à faire du film un support pour promouvoir une nouvelle gamme de jouets. Les cadres exécutifs et les décideurs de multinationales étant désormais la bête noire de Dante, ce dernier, incorrigible, leur taille un costume sur mesure dès les premières minutes du film ! Et il glisse toujours un propos subversif qui a dût déplaire à ceux-ci : les Commando Elite et autres poupées Gwendy (GI Joe et Barbie), vendus et distribués en masse aux gamins américains, sont d’affreux stéréotypes fascisants, véhiculant une idéologie agressive et déshumanisée, la mort de l’imagination représentée ici par les Gorgonites au look de monstres désuets. Un poil trop référentiel (le film ressemble beaucoup trop aux deux Gremlins pour convaincre), Small Soldiers n’en demeure pas moins sympathique, aidé par un casting vocal de premier plan (mentions spéciales aux Commandos doublés par Tommy Lee Jones, Bruce Dern et les derniers des Douze Salopards : Ernest Borgnine, Jim Brown, George Kennedy et Clint Walker).

 

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Les Looney Tunes passent à l’action (2003)

Crise majeure aux studios Warner Bros. : Daffy Duck, exaspéré d’être l’éternel faire-valoir de Bugs Bunny, fait un scandale quand il apprend que Kate Houghton (Jenna Elfman), la nouvelle responsable de la branche familiale du studio, veut le licencier. D.J. Drake (Brendan Fraser), gardien des studios et fils de la star de films d’action Damian Drake (Timothy Dalton), n’arrive pas à calmer l’irascible canard qui provoque une catastrophe… D.J. se retrouve donc au chômage. Un message de son père lui révèle que ce dernier est en réalité un véritable espion, sur la trace du légendaire diamant Singe Bleu, convoité par le maléfique Président Chairman (Steve Martin) des industries Acme. Décidé à sauver son père, D.J. se rend à Las Vegas, Daffy pendu à ses basques ; rejoints par Bugs et Kate, qui risque le renvoi pour avoir séparé le célèbre duo animé, la fine équipe doit sauver le monde des griffes de Chairman et ses sbires, les vieux ennemis de Bugs…

 

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Depuis le temps qu’ils apparaissent dans ses films, il était inévitable que Joe Dante finisse par mettre en scène Bugs Bunny et Daffy Duck. Les Looney Tunes passent à l’action fut surtout l’occasion pour Dante de rendre un hommage affectueux à son vieil ami Chuck Jones (décédé en 2002), de rendre justice à la joyeuse folie de ses meilleurs dessins animés… et de faire oublier l’infâme Space Jam de 1997. Renouant avec l’esprit « nawak » de Gremlins 2, Dante signe son feu d’artifice : une série de courses-poursuites loufoques, truffées de références à l’oeuvre de Jones (« Duck season ! Rabbit season ! », le Coyote, Marvin le Martien…), de clins d’oeils cinéphiliques, de moments délirants et de coups de griffes bien sentis envers le système hollywoodien. se projetant certainement dans Daffy, Dante ose en effet évoquer ses propres démélés avec les studios et se venge par l’humour : Daffy saccage le tournage du nouveau Batman (réalisé par Roger Corman !!), et écrase la célèbre citerne Warner sur l’exécutive indélicate ! Les gags « métatextuels » abondent une nouvelle fois : Brendan Fraser incarne le doubleur des cascades de Brendan Fraser (présenté ici comme un abruti de première), Timothy Dalton (ancien James Bond) incarne un agent secret se faisant passer pour un acteur jouant les agents secrets… Du Dante tout craché. Et on retiendra notamment deux passages complètement azimutés : la poursuite entre Bugs, Daffy et Elmer Fudd dans des tableaux de maîtres, prétexte à des trouvailles graphiques savoureuses ; et la découverte du Hangar 52 où Robby le Robot croise Kevin McCarthy (toujours obnubilé par ses Body Snatchers !), hangar pris d’assaut par Marvin le Martien et les monstres échappés des vieilles séries B chères au cinéaste (les Daleks de Docteur Who, les Triffides, le Métalunien des Survivants de l’Infini, L’Homme de la Planète X et le Ro-Man de Robot Monster)…

Plus tristement par contre, Les Looney Tunes… marquera la dernière collaboration entre Dante et Jerry Goldsmith, avant son décès. Et l’insuccès du film poussera un peu plus Dante vers la sortie du système des studios. Dommage, vraiment, car même s’il n’éclipse pas le Roger Rabbit de Zemeckis, le film de Dante mériterait bien d’être réévalué.

 

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The Hole (2009)

Dane et Lucas Thompson (Chris Massoglia et Nathan Gamble) suivent leur mère, obligée de fuir en permanence un mari violent. Arrivés dans leur nouvelle maison de Bensonville, les frères découvrent une étrange trappe, fermée de six verrous, dans la cave. Ouverte, la trappe s’avère si profonde que l’on ne peut ni en voir ni en toucher le fond. Avec l’aide de Julie (Haley Bennett), une charmante voisine, Dane et Lucas font glisser dans le trou une caméra fixée à une corde. Personne ne prête attention aux phénomènes inquiétants liés au trou, phénomènes qui menacent bientôt le petit Lucas…

 

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La poisse continue de s’acharner sur Dante… Dernier long-métrage à ce jour du cinéaste, The Hole se vit condamner d’emblée à une infamante sortie direct-to-video, et donc privé d’une projection sur grand écran. Le film dut attendre deux ans avant d’être édité chez nous en DVD. Dur, quand on pense que Dante écrasait le box-office 25 ans auparavant… et injuste, car ce The Hole au budget modeste tient toutes ses promesses, prouvant que le papa des Gremlins sait toujours mêler l’humour et l’effroi avec brio. Si le film en lui-même n’est pas d’une originalité confondante (Dante revisite l’esprit de La Quatrième Dimension, et exploite des situations déjà vues dans ses films), il sait créer l’angoisse (les scènes avec la poupée clown) avec son efficacité coutumière. Le film garde aussi une noirceur bienvenue, Dante suggérant que ses jeunes héros ont subi des violences de la part de leur père. La maîtrise technique de premier ordre est toujours là, dans un dernier acte justifiant pour une fois pleinement l’usage de la 3D dans une scène de confrontation cauchemardesque. Et, cerise sur le gâteau, Dante nous gratifie d’une nouvelle apparition de Bruce Dern, le temps de quelques séquences inquiétantes à souhait.

La carrière cinématographique de Joe Dante en est malheureusement restée là depuis quatre ans. Obligé de se tourner vers la télévision (où, fidèle à son univers, il glisse des allusions aux films fantastiques dans des épisodes des Experts ou d’Hawaï Five-O !), l’ami Joe n’a pas pour autant renoncé à de futurs projets (Air Disturbance et le bien nommé Monster Love, histoire de vampires et loups-garous) qu’il a malheureusement du mal à monter, en dehors du système des studios l’ayant rejeté… Il ne reste plus qu’à espérer qu’un producteur solide et bienveillant (Steven, c’est quand tu veux) permette à Dante de continuer à filmer, pour la grande joie des cinéphiles. Et « That’s all, Folks ! »

 

Ludovic « Brain Gremlin » Fauchier.

Ron Howard, le mini-guide

Bonjour, chers amis neurotypiques !

Rush venant juste de sortir sur nos écrans, il me semblait judicieux de revenir sur la filmographie de Ron Howard, en tant que cinéaste. C’est qu’il en a fait des choses, depuis ses débuts comme acteur dans le Andy Griffith Show, Il faut marier Papa !, de Vincente Minelli, American Graffiti et Happy Days… J’ai volontairement mis de côté les courts-métrages et téléfilms (notamment les plus intéressants, Skyward avec Bette Davis, et Through the Magic Pyramid) réalisés par ses soins. Plus de trente ans d’une carrière éclectique, comportant des classiques à réévaluer, des films oubliés, et malheureusement aussi parfois quelques couacs, signés d’un des bonshommes les plus sympathiques de sa profession.

Note : n’ayant pas vu tous ses films, j’ai signalé ceux qui m’ont échappé des initiales « PV ».

 

Ron Howard, le mini-guide dans Mini-guide ron-howard-grand-theft-auto

PV – Grand Theft Auto (Lâchez les bolides, 1977)

Paula Powers (Nancy Morgan), une jeune femme riche, vole la Cadillac paternelle pour aller se marier à Las Vegas, sans le consentement parental. Entraînant Sam Freeman (Ron Howard) dans sa cavale, la demoiselle se retrouve poursuivie par un prétendant jaloux, ses géniteurs furieux et des chasseurs de primes appâtés par la récompense qu’offrent ceux-ci à qui saura la ramener au bercail…

Pas grand-chose à dire, si ce n’est que ce film marque les débuts de réalisateur de Ron Howard, à l’époque jeune star d’American Graffiti et Happy Days. Il se débrouille plutôt bien avec un minuscule budget confié par Roger Corman, le producteur exécutif du film, célèbre pour avoir donné leurs premières chances à un nombre considérable de futurs grands cinéastes et acteurs (Jack Nicholson, Francis Ford Coppola, Martin Scorsese, James Cameron… ou encore Joe Dante, ici chef monteur). Poursuites automobiles et blagues orientées sexe sont au programme, dans une ambiance typique de la « car culture« américaine.

 

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PV – Night Shift (Les croque-morts en folie, 1982)

Chuck (Henry « Fonzie » Winkler) a tourné le dos, par timidité, à une prometteuse carrière dans la finance à Wall Street, et se contente d’un modeste travail à la morgue. Obligé de travailler la nuit avec Bill (Michael Keaton), un collègue complètement dingue, odieux et passablement idiot, Chuck tombe amoureux de sa voisine, Belinda (Shelley Long), une prostituée. Quand il apprend que son maquereau s’est fait tuer, Chuck craint pour la sécurité de Belinda. Bill décide alors de l’entraîner dans un plan financier très particulier : sur leur lieu de travail, les deux hommes vont devenir les « protecteurs » de Belinda et ses amies de trottoir !… 

Cette comédie a eu son petit succès à sa sortie aux Etats-Unis, à l’époque. Howard, qui sortait d’Happy Days, et avait signé plusieurs téléfilms, y fit plusieurs rencontres professionnelles déterminantes pour sa carrière de réalisateur : il travaille ici avec les scénaristes Lowell Ganz et Babaloo Mandel, qui signeront la plupart de ses futures comédies, dirige pour la première fois Michael Keaton, et s’associe au producteur Brian Grazer, son associé avec qui il fonda leur studio de production Imagine Entertainment.

 

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Splash (1984), avec Daryl Hannah et Tom Hanks

Allen Bauer (Tom Hanks) dirige une compagnie fruitière à New York, avec son frère irresponsable, Freddie (John Candy). Stressé, déprimé, Allen se saoule joyeusement ; tombant à l’eau, il est sauvé par Madison, une
ravissante sirène (Daryl Hannah), qui l’embrasse avant de rejoindre l’océan. Persuadé d’avoir rêvé, Allen rentre à New York, sans se douter que la belle l’a suivi. Madison se fait passer pour humaine, mais est pourchassée par un scientifique décidé à prouver l’existence des sirènes…

Grand succès de l’année 1984, Splash reste une comédie très agréable, signée d’Howard et du duo Ganz-Mandel, s’amusant à revisiter le conte classique d’Andersen, La Petite Sirène. Réalisé sans grand génie, mais avec suffisamment de bonne humeur pour faire passer un bon moment, le film marque la première incursion d’Howard dans la fantasy (au cinéma, s’entend). Il est surtout célèbre pour avoir fait de Daryl Hannah une icône sexy inoubliable, et a lancé la carrière d’un Tom Hanks juvénile… et complètement éclipsé ici par sa charmante partenaire !

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Cocoon (1985)
Retraités en Floride, Art (Don Ameche), Ben (Wilford Brimley) et Joe (Hume Cronyn) font le mur pour aller se baigner dans la piscine d’une villa voisine, à l’abandon. A leur grande surprise, ces vieillards fatigués par la vie retrouvent une forme miraculeuse, pour le plus grand bonheur de leurs épouses. Les trois papys ne savent pas que la piscine sert de refuge temporaire à d’étranges cocons, ramenés depuis l’océan Atlantique par quatre touristes mystérieux…

Les triomphes de Rencontres du Troisième Type et E.T. de Steven Spielberg avaient inspiré toute une vague de films de science-fiction bienveillants bâtis sur des récits similaires (Starman, Explorers…). Cocoon s’est avéré une des meilleures oeuvres de cette brève mouvance. Ron Howard fait certes ouvertement référence à Spielberg, mais il évite joliment les pièges du plagiat en déplaçant sa seconde « fantaisie aquatique » vers des chemins plus inattendus. Derrière les effets visuels réussis et l’ambiance science-fictionnelle faisant référence à l’Atlantide et au Triangle des Bermudes, il dresse aussi un portrait plein de tendresse pour ses héros vieillards (avec à leur tête, Don Ameche, vétéran de la grande comédie américaine des années 1930-40, qui retrouva une popularité inattendue), mis à la retraite mais encore bien verts.

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Gung Ho (1986)

Les temps sont durs pour les ouvriers de l’usine automobile d’Hadleyville, au chômage depuis que celle-ci a fermée. Hunt Stevenson (Michael Keaton), contremaître tchatcheur et roublard, parvient à convaincre le comité directeur d’Assan Automobiles, une puissante firme japonaise, d’investir dans l’usine, et donc de rendre leur travail à ses amis et collègues. Mais, chargé de faire la liaison entre ceux-ci et les nouveaux dirigeants venus de l’Empire du Soleil Levant, Hunt se retrouve vite confronté au choc de cultures bien peu compatibles… 

Ron Howard signait un retour à la comédie plutôt bien accueilli à l’époque, mais il faut bien admettre que Gung Ho a mal vieilli. Le scénario reste finalement assez prévisible dans sa confrontation des mentalités américaines et japonaises. Américains râleurs, individualistes, combinards et hostiles au changement Vs. japonais courtois et soumis à l’esprit d’entreprise collective, c’était un peu trop évident… L’intérêt du film devient finalement historique, lié à une époque où le modèle libéral économique japonais était vu comme une réussite. Comme les temps ont changé !

 

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Willow (1988)

Ayant appris par une prophétie qu’un nouveau-né, la princesse Elora Danan, mettrait fin à son règne de terreur, la cruelle reine Bavmorda (Jean Marsh) décide de faire tuer celle-ci dès sa naissance. Mais la fillette, encore bébé, est recueillie par un paisible fermier Hobb…, pardon, Nelwyn : Willow Ufgood (Warwick Davis), qui rêve d’être un grand magicien. Les soldats de la reine, à la recherche de l’enfant, risquant de détruire son village, Willow emmène l’enfant loin de chez lui pour la remettre au premier humain venu. S’étant pris d’affection pour Elora, Willow décide de la protéger de tous les dangers, au péril de sa vie. Face aux guerriers de Bavmorda, dans un monde de lutins farceurs, de trolls immondes et de dragons féroces, il aura bien besoin de l’aide de Madmartigan (Val Kilmer), une crapule au grand coeur… 

Retrouvant George Lucas, ici producteur et à l’origine du scénario du film, quinze ans après American Graffiti, Ron Howard plonge dans ses racines celtiques pour ce film d’heroic fantasy toujours très apprécié. Certes, on ne peut pas s’empêcher de penser que Lucas, féru de mythologie, a « photocopié » ça et là son cher Star Wars, transposant ses personnages dans un univers à la Tolkien (Willow = Luke Skywalker, Madmartigan = Han Solo, le Général Kael = Darth Vader, etc.). Heureusement, Howard emballe un plaisant film d’aventures, bourré de poursuites trépidantes, d’humour (grâce notamment à un Val Kilmer irrésistible) et d’effets visuels soignés par ILM ; notamment un dragon de toute beauté, digne des meilleurs Ray Harryhausen, et les premiers morphings en images de synthèse. Willow garde toujours un certain charme nostalgique… surtout pour les gamins de ma génération qui ne pouvaient que fantasmer sur une adaptation filmée du Seigneur des Anneaux, jugée impossible à faire… Mais ceci est une autre histoire !

 

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PV – Parenthood (Portrait craché d’une famille modèle, 1989)

Les Buckman, une famille américaine dont chaque membre se débat avec les problèmes de la parenté… Gil (Steve Martin), malgré tout le soutien de sa femme Karen (Mary Steenburgen), se débat entre les obligations de sa carrière et ses devoirs paternels. Terriblement anxieux, Gil craint par-dessus tout de devenir comme son père (Jason Robards) : froid et sans coeur. Du côté des soeurs et du frère de Gil, la situation n’est pas plus brillante : Helen (Dianne Wiest), divorcée, vit mal les rébellions de ses enfants adolescents (Martha Plimpton et Joaquin Phoenix). L’autre soeur de Gil, Susan (Harley Jane Kozak) ne supporte plus que son mari Nathan (Rick Moranis) applique ses théories comportementales sur leur petite fille. Et le frère cadet de Gil, Larry (Tom Hulce), mouton noir de la famille, débarque avec un fils que personne ne connaissait, pas même lui, après ses galipettes d’une nuit avec une showgirl… 

Un nouveau succès pour Howard qui signe, avec ses complices Ganz et Mandel, cette comédie abordant l’un des thèmes qui lui est le plus cher : la famille, et comment la garder soudée dans les épreuves. Bien écrite et cernée, moins portée sur le burlesque que sur l’humour des observations (et une pointe de drame), elle est sans doute la plus appréciable de sa filmographie, aidée en cela par une belle galerie de personnages (dont les tous jeunes Joaquin Phoenix et Keanu Reeves). Steve Martin était alors au meilleur de sa forme comique, qu’il soit en train de s’acharner sur une pinata increvable, ou réagisse très mal à une gâterie impromptue de sa femme alors qu’il conduit !

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Backdraft (1991)

Les équipes de pompiers de Chicago sont sur des charbons ardents quand un conseiller municipal ambitieux menace de leurs couper les vivres, par calcul politique. Situation d’autant plus difficile à vivre pour deux frères, Steven et Brian McCaffrey (Kurt Russell et William Baldwin), qui se retrouvent après que le plus jeune des deux, Brian, ait vécu des années de galère. Steven met tout de suite son cadet à l’épreuve, en première ligne des incendies les plus dangereux ; tant et si bien que celui-ci craque vite sous la pression. Mis sur la touche, Brian est recruté par Don Rimgale (Robert De Niro), ex-combattant du feu enquêtant sur les incendies criminels. Le jeune homme réalise que la vague d’incendies qui dévaste les bâtiments de Chicago ne doit rien au hasard…

Un des grands succès du box-office américain de 1991, Backdraft rend un hommage appuyé à la bravoure des pompiers de Chicago, que le scénariste Gregory Widen a côtoyé. On peut difficilement reprocher au film de ne pas en mettre plein la vue : les séquences d’incendies, filmées par Howard et son chef-opérateur « tout terrain » Mikael Salomon (également remarqué pour son travail sur Abyss et Always), sont extrêmement impressionnantes. Très emphatique, le film d’Howard, aussi plaisant soit-il, a malheureusement parfois tendance à passer en mode « chargeurs réunis » (mention particulière à la musique de Hans Zimmer), et à alourdir son script de plusieurs histoires parallèles, notamment une enquête policière où Donald Sutherland cabotine en Hannibal Lecter pyromane… Côté casting, on préfèrera au falot William Baldwin le charisme tranquille des vétérans Kurt Russell et Scott Glenn.

 

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PV- Far and Away (Horizons lointains, 1992)

En 1893, Joseph Donnelly (Tom Cruise), jeune irlandais bouillant, menacé d’expropriation, décide de tuer son propriétaire, mais ne réussit qu’à s’attirer de graves ennuis. Grâce à l’aide de Shannon Christie (Nicole Kidman), la fille du propriétaire qui ne rêve que de modernité, Joseph parvient à fuir son pays natal pour l’Amérique. Débiteur de la jeune femme au tempérament bien affirmé, Joseph devient boxeur. Shannon doit aussi gagner sa vie ; ouvrière le jour, elle devient danseuse de music-hall le soir. Alors que les Christie envoient leur administrateur Stephen Chase (Thomas Gibson) récupérer leur fille rebelle, Joseph et Shannon tentent de gagner assez d’argent pour participer au grand rush vers les terrers de l’Oklahoma…

Natif de l’Oklahoma et descendant d’immigrés gallois, anglais, allemands et écossais, Ron Howard revenait à ses origines avec ce film, épopée à grand spectacle qui n’avait pas vraiment convaincu le public à l’époque. Véhicule taillé sur mesure pour Tom Cruise et Nicole Kidman, le film tente d’être une grande épopée romantique, mais semble avoir manqué son objectif. Reste cependant le charisme du couple vedette, des séquences de boxe énergiques et la reconstitution de la grande course aux terres de l’Oklahoma, où Howard revisite avec panache Cimarron (La Ruée vers l’Ouest), classique western mis jadis en images par Wesley Ruggles et Anthony Mann.

 

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PV - Le Journal (1994)

24 heures dans la vie d’un rédacteur en chef new-yorkais, Henry Hackett (Michael Keaton), qui sacrifie sa vie de famille avec sa femme Martha (Marisa Tomei), reporter enceinte jusqu’au cou, pour son travail. Situation tendue que n’améliorent pas les difficultés financières du journal ; Bernie, l’éditeur d’Henry (Robert Duvall), et le patron du journal Graham Keighley (Jason Robards) ont affaire à la redoutable Alicia Clark (Glenn Close) qui impose des coupures budgétaires sévères. S’apprêtant à quitter son journal pour un poste plus respectable dans un autre journal, Henry se retrouve avec une affaire criminelle de grande envergure sur les bras…

Retrouvailles de Ron Howard et Michael Keaton pour cette comédie dramatique à petit budget, presque des vacances après les gros tournages précédents du réalisateur, et un bon accueil fait à l’époque par le public et la critique pour ce Journal, revenu à l’esprit de classiques comme Deadline U.S.A. (Bas les Masques) avec Humphrey Bogart, ou la pièce The Front Page de Ben Hecht adaptée au cinéma par Howard Hawks et Billy Wilder.

 

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Apollo 13 (1995)

Après le succès de la mission Apollo 9 qui vit Neil Armstrong et Buzz Aldrin poser le pied sur la Lune en 1969, la NASA continue de programmer des vols spatiaux habités qui peinent à capter l’attention du public. Il en faudrait plus pour décourager Jim Lovell (Tom Hanks), et ses coéquipiers Ken Mattingly (Gary Sinise) et Fred Haise (Bill Paxton), désignés pour le vol de la mission Apollo 13. Déclaré malade par les médecins, Mattingly est remplacé à la dernière minute par Jack Swigert (Kevin Bacon), remplaçant inexpérimenté mais enthousiaste. Le vol est un succès, jusqu’à ce moment fatidique du 13 avril où Lovell contacte le contrôle de mission : « Houston, nous avons un problème« … Une grave fuite soudaine d’oxygène dans le vaisseau Odyssey oblige bientôt les trois astronautes à se réfugier dans le module lunaire LEM. Au sol, les équipes de contrôle supervisées par Gene Kranz (Ed Harris) se démènent pour trouver en urgence des solutions aux incidents techniques risquant de coûter la vie à chaque instant aux trois hommes…

Retrouvant Tom Hanks plus de dix ans après Splash, pour un sujet les passionnant tous les deux, Howard connut un triomphe justifié au box-office avec cette reconstitution méticuleuse et épique d’une mission entrée dans la légende de la conquête spatiale. Digne successeur de L’Etoffe des Héros (avec qui il partage la présence de l’impeccable Ed Harris), Apollo 13 bénéficie d’un script plus resserré, focalisé autant sur la préparation que le déroulement dramatique de la mission. Howard réussit à rendre son film didactique sans être jamais ennuyeux dès lors que sont abordés les problèmes techniques du vol spatial, et alterne avec bonheur l’emphase, l’humour et la tension dramatique. Quant à Hanks et ses collègues, même malmenés par le tournage des scènes en apesanteur à bord de l’avion « Vomit Comet », ils se montrent parfaitement crédibles de bout en bout. Etant sans contestation le meilleur film fait par Howard dans les années 1990, Apollo 13 a largement mérité ses galons de classique.

 

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La Rançon (1996)

Tout a souri dans la vie à Tom Mullen (Mel Gibson) ; marié à la belle Kate (Rene Russo), Tom possède une compagnie aérienne privée qui l’a rendu richissime, et il est le père heureux de Sean (Brawley Nolte). Ce bonheur tourne cependant au drame quand Sean est kidnappé en plein jour. Le FBI vient chez Tom, attendant l’appel des kidnappeurs qui se manifestent bientôt : contre le versement de 2 millions de dollars, Sean sera rendu à ses parents. Mais les choses tournent mal ; entre Tom, les agents du FBI et les ravisseurs, se livre une terrible guerre psychologique où l’enfant risque d’être tué à chaque anicroche. Personne ne se doute un seul instant que l’instigateur du kidnapping est un policier d’élite, Jimmy Shaker (Gary Sinise)…

Encore un très grand succès pour Ron Howard, qui révèle à travers ce film, à ceux qui ne voyaient en lui qu’un « gentil », une facette plus dure de son univers. Bénéficiant de l’écriture efficace du scénariste Richard Price (un habitué des polars et des films noirs), La Rançon est aussi l’occasion pour Mel Gibson, à l’époque à son meilleur niveau, de jouer un de ses personnages les plus intenses, un paternel déterminé mais pouvant aussi se montrer égoïste jusqu’à l’inconscience. Face à lui, on a aussi un excellent Gary Sinise, particulièrement retors. Seul bémol dans ce polar de très bonne tenue, un réglement de comptes final sentant le dénouement  »hollywoodien » trop facile.

 

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EdTv (En direct sur Edtv, 1999)

Ed Pekurny (Matthew McConaughey), jeune Texan naïf installé à San Francisco avec sa famille, voit sa vie pépère de vendeur de vidéocassettes chamboulée du jour au lendemain quand Cynthia (Ellen DeGeneres), conceptrice de l’émission de téléréalité « TrueTv », décide d’en faire sa star. Dorénavant, Ed sera suivi 24 heures sur 24 par une équipe de tournage filmant son quotidien. L’émission est un triomphe, permettant à Ed et sa famille de s’en sortir financièrement, mais le brave garçon, tombé amoureux de Shari (Jenna Elfman), la petite amie de son grand frère Ray (Woody Harrelson), réalise bien trop tard les inconvénients de sa nouvelle célébrité…

Howard retrouve ses scénaristes Lowell Ganz et Babaloo Mandel mais connaît un certain manque d’inspiration cette fois-ci… Jouant sur ses thèmes de prédilection (les liens familiaux, la rivalité fraternelle), le cinéaste tente une critique humoristique de la télé-réalité apparue dans la société américaine. Malheureusement, son film arrive quelques mois après The Truman Show de Peter Weir, autrement plus original et poétique sur le même sujet, et se limite à des considérations somme toute assez banales sur les aléas de la célébrité. Les comédiens s’en sortent bien (notamment, Martin Landau et Dennis Hopper, dans des seconds rôles), mais le film n’a rien de marquant.

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PV – Dr.Seuss’s How the Grinch stole Christmas (Le Grinch, 2000)

Tout le monde, à Whoville, aime les fêtes de Noël… à l’exception d’une seule personne : le Grinch (Jim Carrey), croque-mitaine poilu, verdâtre, odieux et qui déteste absolument tout le monde, depuis que les Whos s’étaient moqués de lui sans arrêt dans son enfance. Seule la petite Cindy Lou (Taylor Momsen) voudrait défendre ce vilain lascar, qui complote en solitaire au meilleur moyen de ruiner l’esprit de Noël, et enfin se venger des Whos…

Adaptation d’une histoire du Docteur Seuss, auteur de contes bizarroïdes qu’affectionnent les enfants anglo-saxons, Ron Howard s’aventure ici dans un univers à la Tim Burton. Le résultat (du moins au vu des quelques extraits et bandes-annonces que j’ai pu voir) est malheureusement typique des « films de Noël » que nous infligent trop souvent les américains. Couleurs acidulées, cadrages tordus sur les grimaces d’un Jim Carrey déchaîné… Grâce à ce dernier, métamorphosé sous le maquillage de Rick Baker, le film a eu du succès, mais il a semble-t-il détourné le propos caustique du conte de Seuss (ridiculisant le conformisme de ses concitoyens américains vis-à-vis de Noël) pour une morale plus consensuelle.

 

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A Beautiful Mind (Un Homme d’exception, 2001)

John Forbes Nash Jr. (Russell Crowe), ou l’histoire d’un génie perturbé. Récompensé d’un Prix Nobel pour ses travaux révolutionnaires en sciences économiques en 1994, il fut un étudant remarquable à Princeton, à la fin des années 1940. Entré ensuite au MIT où il rencontre sa future femme, Alicia Lardé (Jennifer Connelly), Nash travaille aussi pour le renseignement militaire américain, décodant les messages secrets les plus complexes émis par les Soviétiques. Le comportement de Nash devient de plus en plus erratique et déroutant pour sa femme et ses proches. Il fréquente son meilleur ami du temps des études, Charles Herman (Paul Bettany), et l’inquiétant agent Parcher (Ed Harris) qui l’emploie pour des missions secrètes. Mais ni Herman ni Parcher ne sont réels. Nash est un schizophrène profond, et son brillant esprit, incapable de distinguer la réalité et les hallucinations, devient son pire ennemi…

Une nouvelle décennie entamée en fanfare pour Ron Howard, récompensé des Oscars du Meilleur Film et Meilleur Réalisateur, et qui offre un rôle magnifique à Russell Crowe, également récompensé pour la circonstance. Parfois regardé de haut comme une interprétation très « hollywoodienne » d’une histoire vraie, A Beautiful Mind gagne cependant en qualité au fil des ans. Ceci autant grâce à une interprétation collective de très haute qualité qu’à la mise en scène, très bien dosée, de Ron Howard, qui alterne les séquences chaleureuses et celles, inquiétantes à souhait, qui nous font entrer dans l’esprit malade de John Nash. Parfois très éprouvant (les scènes des traitements de choc), glissant dans le Fantastique cauchemardesque, A Beautiful Mind reste une très belle histoire de courage d’un couple faisant face à la maladie mentale. 

 

ron-howard-the-missingThe Missing (Les Disparues, 2003)

Au Nouveau-Mexique, en 1885. Fermière et guérisseuse, mère de deux filles, Maggie Gilkeson (Cate Blanchett) accueille froidement un curieux bonhomme, un « Indien blanc » venu des montagnes voisines : son père, Samuel Jones (Tommy Lee Jones), qui l’a jadis abandonnée et demande son pardon. Peu après son départ, des Indiens Apaches désertant l’armée américaine tuent Brake (Aaron Eckhardt), le compagnon de Maggie, et kidnappent sa fille aînée Lilly (Evan Rachel Wood), pour la vendre comme prostituée au Mexique, avec d’autres malheureuses. Accompagnée de sa cadette, Dot (Jenna Boyd), ne pouvant compter sur les autorités pour sauver Lilly, Maggie retrouve Samuel. Ami des Apaches Chiricahuas, Samuel connaît les tactiques des fuyards ; lui et Maggie n’ont que peu de temps pour retrouver les captives, prisonnières de Pesh-Chidin (Eric Schweig), un dangereux Brujo

Auréolé de son succès précédent, Ron Howard signe ici un western de très solide facture, où ses thèmes de prédilection (les liens familiaux) sont associés à une intrigue fortement inspirée du classique des classiques de John Ford, The Searchers (La Prisonnière du Désert). Fidèle à ses habitudes, Howard rassemble un casting de fortes personnalités, avec un Tommy Lee Jones irrésistible face à Cate Blanchett, impeccable comme toujours. Point intéressant du scénario, celui-ci s’intéresse à un thème rarement abordé dans les westerns parlant des Amérindiens : le chamanisme, et ses pratiques, qui font ici basculer le film vers le Fantastique. Western plutôt âpre et parfois assez violent, The Missing est juste desservi par une musique de James Horner trop invasive, le compositeur n’ayant pas retrouvé l’inspiration de ses partitions précédentes pour Howard (Cocoon, Willow, Apollo 13 et A Beautiful Mind).

 

ron-howard-cinderella-manCinderella Man (De l’ombre à la lumière, 2005)

L’histoire de Jim Braddock, le « Bouledogue de Bergen » (Russell Crowe), champion de boxe poids lourds chouchou du public de New York dans les années 1920, qui perdit sa fortune suite au krach de Wall Street en 1929, alors qu’il briguait le titre de champion du monde. Pour Jim, sa femme Mae (Renée Zellweger) et leurs enfants, des jours très sombres arrivent… Quatre ans plus tard, le boxeur perd match sur match, et se brise la main droite durant un combat. S’étant vu retirer sa licence professionnelle, Jim Braddock est condamné à une vie de misère, qui va anéantir sa famille. Il faudra toute l’énergie et le soutien sans faille de son ami et manager Joe Gould (Paul Giamatti) pour que, petit à petit, l’ex-champion déchu remonte la pente… 

Les retrouvailles de Ron Howard et Russell Crowe, après A Beautiful Mind, furent plutôt réussies, malgré un accueil public très tiède (peut-être dû au choix malheureux du titre original du film). Dommage, car Cinderella Man est de nouveau l’occasion d’une très belle performance de l’acteur australien, parfaitement à l’aise dans cette histoire très classique de revanche sur le mauvais sort, comme on les aime. Aidé par une superbe photo de Salvatore Totino, Howard reconstitue l’ambiance rude et triste des années de la Grande Dépression (glissant au passage, quelques hommages discrets aux Raisins de la Colère de John Steinbeck et John Ford, encore lui !), et filme des combats de boxe intenses à souhait. Mention particulière, aussi, à Paul Giamatti, excellent en manager roi du système D.

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Da Vinci Code (2006)

Venu en conférence à Paris, Robert Langdon (Tom Hanks), sommité mondiale en histoire des symboles, est appelé par le capitaine Fache (Jean Reno) du SRPJ pour identifier le cadavre de Jacques Saunière (Jean-Pierre Marielle), le conservateur du Musée du Louvre retrouvé assassiné. Rejoint par Sophie Neveu (Audrey Tautou) de la Police Scientifique française, Langdon réalise que Saunièreci, juste avant de mourir, a laissé de curieux indices dans le Musée, menant à la Joconde de Léonard de Vinci. Une énigme menant à d’autres, Langdon et Sophie se retrouvent pourchassés par les policiers et un inquiétant tueur albinos, Silas (Paul Bettany). Sir Leigh Teabing (Ian McKellen) leur apprend que Saunière, grand maître de l’Ordre des Chevaliers du Prieuré du Sion, qui protège depuis des siècles le secret du Saint Graal, a été tué sur ordre de l’Opus Dei, secte catholique ultraconservatrice et très puissante…

On n’a jamais vu un tel déchaînement de venin de la part de la presse spécialisée qu’au moment de la sortie du film de Ron Howard, adapté du best-seller de Dan Brown. Il faut bien admettre que les qualités littéraires du roman de Brown, inspirées de l’énigme de Rennes-le-Château et de diverses rumeurs conspirationnistes, étaient des plus limitées… Paradoxe : malgré le simplisme du best-seller de Brown, le film d’Howard est finalement tout à fait appréciable, à condition de ne pas en attendre un chef-d’oeuvre ! C’est un thriller solide, filmé sans génie mais avec l’efficacité « howardienne » habituelle, bien aidée en cela par l’ambiance posée par la photographie de Salvatore Totino et la superbe musique de Hans Zimmer. Côté interprétation, Da Vinci Code est un peu plus inégal : Tom Hanks se contente du minimum syndical, tout comme Jean Reno et Ian McKellen. Audrey Tautou, gracieuse, et Paul Bettany, mutique, sont finalement ceux qui s’en sortent le mieux.

 

ron-howard-frost-nixonPV – Frost/Nixon (2008)

1977. Le journaliste britannique David Frost (Michael Sheen), animateur du talk-show télévisé « Frost On America », se sent en perte de vitesse. Au terme de difficiles tractations, il parvient à convaincre l’ancien président Richard M. Nixon (Frank Langella) d’être son invité, pour une interview où il compte bien l’interroger sur ses abus de pouvoir dans l’affaire du Watergate. Pour Frost, considéré comme un simple animateur de divertissement, la situation est explosive : Nixon n’est pas un « client » facile, et il compte bien faire de l’émission une tribune pour se réhabiliter. S’il y parvient, la réputation professionnelle de Frost en souffrira, définitivement. Sous le regard de Caroline Cushing (Rebecca Hall), la compagne de Frost, et de Jack Brennan (Kevin Bacon), vigilant chef de staff de Nixon, l’interview devient un duel à couteaux tirés entre les deux hommes…

Un film inhabituel dans la filmographie de Ron Howard, Frost/Nixon est l’opportunité pour ce dernier de se lancer un challenge inédit : adapter une pièce de Peter Morgan (également signataire de l’adaptation) relatant ce contrecoup méconnu de la déchéance du président Nixon, cherchant à justifier sa position injustifiable (« si le Président le décide, ce n’est pas illégal ») à la télévision. Le film marque une volonté de rupture stylistique inattendue et bienvenue de la part d’Howard, bénéficiant de la grande qualité d’écriture de Morgan, avec qui il a retravaillé avec succès pour Rush, et de la confrontation passionnante entre Michael Sheen et Frank Langella. Cité aux Golden Globes et aux Oscars, Frost/Nixon est à redécouvrir.

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Anges et démons (2009)

Robert Langdon (Tom Hanks) arrive à Rome pour cette nouvelle aventure située avant Da Vinci Code. Alors que le jeune camerlingue Patrick McKenna (Ewan McGregor) prend la direction du Vatican suite au décès du Pape, et que le Conclave se réunit pour élire son successeur, un meurtre et le vol d’une charge d’antimatière du CERN à Genève alarme la scientifique Vittoria Vetra (Ayelet Zurer). Elle rencontre Langdon, contacté par le capitaine Richter (Stellan Skarsgard), de la police du Vatican, qui a besoin de ses lumières pour sauver quatre preferiti, cardinaux favoris pour l’élection pontificale, venant d’être enlevés. Langdon identifie le message codé des ravisseurs comme étant celui utilisé par les Illuminati, une secte née des persécutions d’antan de l’Eglise contre les hommes de science. Langdon et Vittoria se lancent dans une course contre la montre pour empêcher le meurtre rituel des cardinaux et l’Apocalypse imminente sur Rome…

Fidèle à ses engagements, Ron Howard adapte le roman de Dan Brown écrit avant le triomphe du Da Vinci Code, retrouvant son vieil ami Tom Hanks pour ce thriller d’honnête facture, mais somme toute ni meilleur ni pire que leur précédent film. Anges et Démons version cinéma a pour lui un rythme plus soutenu par rapport au Code, une ambiance visuelle tout aussi réussie et quelques scènes de meurtres bien cruelles. Pas de quoi marquer les esprits cependant, si ce n’est la scène involontairement comique montrant Ewan McGregor jouer les prêtres parachutistes dans le climax du film…

 

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PV – Le Dilemme (2011)

Ronny (Vince Vaughn) et Nick (Kevin James), amis à la vie à la mort depuis l’université, se sont lancés dans le design automobile et sont sûrs de pouvoir vendre leur grand projet : une voiture écologique, produite en série par Dodge. Heureux en amour, Ronny s’apprête à demander en mariage sa compagne Beth (Jennifer Connelly), et Nick est marié à Geneva (Winona Ryder). Tout va pour le mieux… jusqu’au jour où Ronny surprend Geneva en train d’embrasser un jeune homme, Zip (Channing Tatum). Craignant que révéler l’infidélité de sa femme à Nick risque de ruiner leur plan de carrière, Ronny hésite et multiplie les bévues…

Le retour à la comédie de Ron Howard ne lui a pas porté chance, cette fois. Le réalisateur semble avoir eu un gros coup de mou en réalisant ce film au script assez banal, s’aventurant sans inspiration dans la comédie noire. On est certes heureux de revoir Jennifer Connelly et Winona Ryder, mais le film n’a définitivement rien d’emballant. Le résultat fut un échec public cinglant, et le film se traîne désormais la réputation d’être l’un des plus mauvais du cinéaste. Heureusement, Howard s’est largement rattrapé…

 

Voilà, le tour d’horizon des films de Ron Howard est terminé, et, si vous ne l’avez pas encore fait, je vous conseille vivement d’aller voir Rush, toujours en salles. Le cinéaste de 59 ans planche activement sur ses prochains projets : outre le bouclage de la « trilogie Langdon » d’après Dan Brown (Inferno, toujours avec Tom Hanks), Howard envisage un retour à la fantasy, plutôt noire, avec l’adaptation du roman de Neil Gaiman The Graveyard Book, que nous connaissons sous le titre de L’Etrange Vie de Nobody Owens, l’histoire des aventures surnaturelles d’un jeune garçon adopté par des fantômes. Ron Howard vient de se lancer dans un projet particulièrement alléchant : In the Heart of the Sea , avec Chris Hemsworth, Cillian Murphy, Benjamin Walker, Brendan Gleeson et Ben Whishaw. L’histoire vraie des marins du navire baleinier Essex, attaqué et détruit par un cachalot en 1820. Le récit de la survie des rescapés, perdus en mer à bord des canots, marqua les esprits (les marins affamés durent manger les cadavres de leurs compagnons) et inspira à Herman Melville l’écriture de Moby Dick. Un récit de survie qui, on l’espère, va inspirer la fibre épique du réalisateur d’Apollo 13.

 

Ludovic Fauchier.

Ridley Scott, le mini-guide

Ridley Scott, le mini-guide dans Mini-guide Prometheus-12

A l’occasion de la sortie de PROMETHEUS, retour sur la filmographie de Ridley Scott… Les chefs-d’œuvre, les réussites, les moins connus et aussi les errances de la filmographie du cinéaste britannique, qui, à 74 ans, attaque déjà son 21ème film : THE COUNSELOR, un thriller avec, excusez du peu, Brad Pitt, Michael Fassbender, Penélope Cruz, Cameron Diaz et Javier Bardem, sur un scénario écrit par Cormac McCarthy (NO COUNTRY FOR OLD MEN, LA ROUTE).

Increvable, Sir Ridley, l’homme au cigare continue d’annoncer les projets pour une bonne décennie ! Sont ainsi annoncés, à plus ou moins long terme, THE KIND ONE avec Casey Affleck ; MOSES (relecture de la vie de Moïse qui risque peut-être d’entrer en concurrence avec un autre projet, GODS AND KINGS, qui intéresserait Steven Spielberg) ; LA GUERRE ETERNELLE d’après le roman de SF de Joe Haldeman (un space opéra adulte plus proche de la Guerre du Viêtnam que de STAR WARS…) ; et d’autres, très hypothétiques, LE MEILLEUR DES MONDES, annoncé il y a des années avec Leonardo DiCaprio ; RED RIDING ; THE DIVE… Enfin, ces jours-ci, Sir Ridley discute d’une éventuelle «suite» à BLADE RUNNER (sur le modèle de PROMETHEUS par rapport à ALIEN) en cours d’écriture…

 

Ridley-Scott-Duellistes dans Mini-guideDUELLISTES (1977)

Au tout début des guerres napoléoniennes, le Capitaine Armand d’Hubert (Keith Carradine), aristocrate membre du corps des Hussards, est chargé d’arrêter le querelleur Capitaine Féraud (Harvey Keitel), pour des
raisons politiques. Une parole anodine de d’Hubert lui vaut la haine mortelle de Féraud, bonapartiste fervent qui le provoque en duel d’honneur… entre les deux hommes, le duel va s’éterniser sur des décennies, au fil des campagnes militaires et des bouleversements politiques de la France.

 

Mon avis :

Des débuts très remarqués pour Ridley Scott, qui signe un «western napoléonien» joliment maîtrisés, son sens esthétique se manifestant déjà avec de véritables tableaux filmés, n’ayant rien à envier au BARRY LYNDON
de Kubrick. On y voit déjà apparaître les premiers thèmes récurrents de l’œuvre de Scott, spécialement le leitmotiv du duel développé dans ses futures épopées, notamment GLADIATOR.

 

LA scène :

La traque finale de d’Hubert et Féraud, préfigurant l’affrontement final de BLADE RUNNER, et les sublimes derniers plans de Féraud solitaire (filmés dans la vallée de la Dordogne de mes ancêtres !).

 

Ridley-Scott-Alien

ALIEN (1979)

Détectant un signal radio en provenance d’une planète non répertoriée, l’ordinateur de bord du cargo spatial Nostromo réveille ses sept membres d’équipage avant la fin de leur voyage de retour vers la Terre. L’équipage, commandé par Dallas (Tom Skerritt) et Ripley (Sigourney Weaver) découvre un immense vaisseau extra-terrestre naufragé, et son pilote fossilisé depuis des millénaires… La cargaison du vaisseau : des milliers d’œufs. L’astronaute Kane (John Hurt) commet l’erreur de s’approcher trop près de l’un d’eux…

 

Mon avis :

L’étoffe dont sont faits les meilleurs cauchemars… ALIEN ou l’exemple type du film qui transcende un scénario finalement très basique, une histoire de série B de monstre venu de l’espace, qui, remis en de bonnes mains, vous donne une leçon de mise en scène de pur cinéma. Un minimum de dialogues, une photographie claustrophobique à souhait, une confrontation mythologique entre la belle Ripley et le monstre conçu par l’artiste fou H.R. Giger… voilà quelques-uns des éléments qui, en 1979, nous ont ramené à la terreur des espaces infinis.

Sans oublier bien sûr la révélation du talent de Sigourney Weaver.

 

LA scène :

Festival de morceaux choisis… plus toutefois que LA scène gore du dernier repas du pauvre Kane, le sentiment de peur dans ALIEN vient de ce qui précède et de ce qui suit, suivant l’exemple des meilleurs Hitchcock. L’exploration du vaisseau abandonné jusqu’à la l’ouverture de l’œuf fatal. Brett (Harry Dean Stanton) qui cherche le chat Jones… (depuis, chaque fois que je descends dans un sous-sol, je ne peux pas m’empêcher de penser à cette satanée séquence). Et un petit «extra» personnel, le dernier
dialogue d’Ash (Ian Holm) : «Je ne vous mentirai pas sur vos chances de survie, mais… vous avez ma sympathie.» Quel salaud !

 

Ridley-Scott-Blade-RunnerBLADE RUNNER (1982)

2019. Semblables à l’homme, génétiquement créés pour travailler dans les colonies spatiales, les Réplicants sont interdits de séjour sur Terre. Mais un petit groupe mené par Batty (Rutger Hauer) transgresse l’interdit, et se8 réfugie dans une Los Angeles surpeuplée et polluée. Le Blade Runner Rick Deckard (Harrison Ford), reprend du service pour les repérer et les abattre, alors qu’ils cherchent à rencontrer leur créateur, Tyrell…

 

Mon avis :

Et un deuxième choc de pure science-fiction, un ! Véritable FAUCON MALTAIS futuriste, sous influence visuelle de Moebius et du METROPOLIS de Fritz Lang, ce polar futuriste séduit et déroute en même temps. A la fois objet artistique unique et univers à part entière, BLADE RUNNER demeure visuellement imbattable, même si ses qualités esthétiques surpassent un récit «ésotérique», variant au fil des cinq montages existants du film.

 

LA scène :

Des images marquantes, le film en regorge… la scène d’introduction avec cette ville titanesque se reflétant dans un œil humain, et le fameux test de Voight-Kampff qui suit et tourne mal. L’histoire d’amour touchante entre Deckard, le flic qui déteste les Réplicants, et Rachael (Sean Young), la Réplicante qui ignore sa vraie nature de machine. Le meurtre de Tyrell (dont il existe plusieurs variantes d’un montage à l’autre, du plus elliptique au plus graphique). Et les larmes dans la pluie de Rutger Hauer…

 

Ridley-Scott-Legend

LEGEND (1985)

Dans un royaume merveilleux, le sauvageon Jack (Tom Cruise) et la belle princesse Lili (Mia Sara) s’aiment d’amour tendre. Mais le maléfique Darkness (Tim Curry) complote pour régner sans partage sur le Monde. Par la faute des deux amoureux, une licorne sacrée est tuée, une autre capturée par les serviteurs du Prince des Ténèbres. Pour sauver Lili et le monde, Jack ne peut compter que sur l’aide des Elfes de la forêt…

 

Mon avis :

Un film maudit dans la carrière du cinéaste. Tournage compliqué par les difficultés techniques (créer un monde crédible d’heroic fantasy, en «live», sans images de synthèse), un incendie qui ravage le plateau, et surtout l’ingérence des dirigeants d’Universal qui obligent le réalisateur à couper plus de 20 minutes de son film, enlevant presque toute la noirceur originale du récit pour en faire un conte de fées rassurant.

Le film en a pâti, mais demeure fascinant, par son ambiance visuelle entre Cocteau, les premiers Walt Disney, Tolkien et Arthur Rackham. LEGEND est certainement le plus beau des films de fantasy, et ce n’est pas un hasard si Peter Jackson l’a cité en référence majeure pour sa trilogie du SEIGNEUR DES ANNEAUX.

Et puis, franchement, le Diable n’a jamais été aussi beau que dans ce film !

 

LA scène :

La danse de séduction de Lili, convertie au Mal, et prélude à la magistrale entrée en scène de Darkness. Et toutes les scènes avec ce dernier.

 

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SOMEONE TO WATCH OVER ME (TRAQUEE) (1987)

Mike Keegan (Tom Berenger), policier du Queens, fait partie d’une équipe chargée d’assurer la protection de Claire Gregory (Mimi Rogers), jeune femme de la haute société new-yorkaise qui a été témoin d’un meurtre commis par un mafieux psychopathe, Venza (Andreas Katsulas). Les veillées nocturnes de Mike, dans l’appartement de Claire, l’éloignent de sa femme (Lorraine Bracco) et de leur fils ; et Mike tombe peu à peu amoureux de la belle…

 

Mon avis :

Après la fresque historique, la science-fiction et l’Heroic Fantasy, Ridley Scott change radicalement de registre pour son premier polar urbain. Moins formaliste qu’à l’accoutumée, il signe un film solide, pas très marquant, mais où il s’intéresse pour la première fois aux rapports humains réalistes, à travers l’histoire d’amour entre le flic endurci et une «princesse» enfermée dans sa tour d’ivoire.

 

LA scène :

L’évolution des scènes entre Mike et Claire, de la froideur à la tendresse.

 

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BLACK RAIN (1989)

Policier new-yorkais soupçonné de corruption, Nick Conklin (Michael Douglas) arrête un dangereux yakuza, Satô (Yusaku Matsuda), et doit l’escorter pour le remettre à la police d’Osaka, au Japon. Mais Satô s’évade et déclenche une sanglante guerre des gangs. Avec son jeune collègue Charlie (Andy Garcia), Nick s’obstine à vouloir arrêter le yakuza, se retrouvant dans un pays dont il ne comprend ni les règles ni les coutumes… 

 

Mon avis :

Un second polar, plus nerveux cette fois, encore très marqué par l’esthétique des années 80, avec une photo sublime de Jan De Bont, visuellement très proche de BLADE RUNNER. Certains thèmes annoncent AMERICAN GANGSTER. Le film reste une commande efficace conçue pour Michael Douglas, commande dont Scott se sort honorablement. Et tant pis si le film s’égare parfois dans des scènes improbables (un flic américain reçu et aidé par les yakuzas !?!)…

 

LA scène :

La mort de Charlie, piégé par les motards de Satô sous le regard impuissant de Nick.

 

Ridley-Scott-Thelma-et-Louise

THELMA & LOUISE (1991)

Ce devait être un simple week-end entre deux copines : Louise (Susan Sarandon), une serveuse de restaurant, et Thelma (Geena Davis), femme au foyer négligée par son beauf de mari. S’arrêtant dans un bar routier, Thelma et Louise voient leur vie basculer ; un dragueur local tente de violer Thelma, et Louise le tue. La petite virée va tourner à la cavale dans le Grand Ouest, alors qu’un flic compréhensif, Hal (Harvey Keitel), tente d’empêcher le pire…

 

Mon avis :

Grand succès pour ce «revival» du film de cavale qui est considéré maintenant comme un classique, grâce à la belle entente des deux comédiennes, absolument parfaites. Une histoire d’amitié ou un film féministe revanchard ? Difficile de départager les avis…

Quoiqu’il en soit, Scott déploie une nouvelle fois son savoir-faire pour un film «iconique» (aidé en cela par les paysages de Monument Valley et du Grand Canyon). Et le casting entourant les actrices est impeccable : les RESERVOIR DOGS Harvey Keitel et Michael Madsen… et l’arrivée d’un petit nouveau qui fit craquer tout le monde, le tout jeune Brad Pitt en autostoppeur braqueur !

 

LA scène :

Rien à redire sur les épisodes tragi-comiques de la cavale des deux héroïnes, mais l’entrée en scène de Brad Pitt fait tout de suite de lui une star, en quelques secondes.

 

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1492 CONQUEST OF PARADISE (1492 CHRISTOPHE COLOMB) (1992)

L’épopée des voyages et désillusions du grand marin génois Christophe Colomb (Gérard Depardieu). Son projet de voyage commercial, vers l’Asie à travers l’Atlantique, est jugé insensé par la toute puissante Eglise, et rencontre l’opposition du ministre Sanchez (Armand Assante) : à cette époque, l’on croyait la Terre plate, l’océan infini et le mot «Amérique» n’existait pas… Obtenant gain de cause auprès de la Reine Isabelle d’Espagne (Sigourney Weaver), Colomb quitte l’Espagne, à l’été 1492, menant trois caravelles dans un voyage fatidique…

 

Mon avis :

Le mauvais accueil fait au film, lancé officiellement pour la commémoration du 500ème anniversaire de la découverte des Amériques, a marqué le début d’une période creuse pour Scott durant les années 1990. Il faut dire que c’est un drôle d’anniversaire que le cinéaste célèbre, en insistant surtout sur la barbarie de l’époque de Colomb… Mais le vrai problème du film est ailleurs. Un scénario pas tout à fait convaincant, une coproduction internationale déséquilibrée… Depardieu est parfois inspiré, et parfois épouvantablement cabotin. Le film s’en ressent.

 

LA scène :

La description des autodafés de l’Inquisition, où le cinéaste va quand même très loin dans les détails atroces sur les suppliciés garrottés en gros plan…

 

Ridley-Scott-White-Squall

WHITE SQUALL (LAME DE FOND) (1996)

Un film basé sur une histoire réelle. En 1960, 8 jeunes garçons venus de familles aisées sont inscrits sur un bateau-école, l’Albatross, pour un voyage de 8 mois dans les îles des Antilles. Le sévère capitaine Christopher Sheldon (Jeff Bridges) leur enseignera discipline, respect de soi et des autres, et confiance en eux et en l’équipage. Une expérience formatrice, mais qui sera endeuillée par une tragédie en haute mer…

 

Mon avis :

Le second film de «l’essoufflement» de Scott… certes, il y a de superbes images maritimes, une scène de tempête vraiment impressionnante et poignante (battue depuis par celle filmée par Peter Weir dans MASTER & COMMANDER, avec Russell «Maximus» Crowe), un Jeff Bridges correct, mais le scénario lorgne avec trop d’insistance du côté du CERCLE DES POETES DISPARUS (de Peter Weir, encore !) pour convaincre.

 

LA scène :

Le naufrage de l’Albatross.

 

Ridley-Scott-G.I.-Jane

G.I. JANE (A ARMES EGALES) (1997)

L’ambitieuse sénatrice Lillian DeHaven (Anne Bancroft) fustige le haut commandement militaire américain pour son machisme invétéré. DeHaven sélectionne une jeune femme, le Lieutenant Jordan O’Neil (Demi Moore), analyste tactique dans l’US Navy, afin qu’elle soit la première femme inscrite au programme d’entraînement des Navy SEALS, l’unité la plus dure des commandos de la Marine américaine. Sous la férule du redoutable instructeur Urgayle (Viggo Mortensen), Jordan vit des semaines d’enfer permanent, pour devenir un soldat d’élite…

 

Mon avis :

Ouch… traiter de la difficile condition des femmes dans l’armée américaine est un sujet intéressant. Mais le traitement simpliste, finissant en propagande interventionniste, laisse pantois… La métamorphose de Demi Moore (comédienne passable jouant ici sur le registre d’une Sigourney Weaver), en «mec» bodybuildé et chauve fait plus rire qu’autre chose… Viggo Mortensen et Anne Bancroft sauvent le film du naufrage, malgré des personnages limités. Scott s’est heureusement rattrapé depuis dans le genre, avec BLACK HAWK DOWN.

 

LA scène :

Celle qui touche le fond… Jordan est en «stage intensif» pour apprendre à résister aux interrogatoires, mais Urgayle dépasse les bornes en la torturant vraiment, puis s’apprêtant à la violer. Déjà «too much», la séquence finit par l’hallucinante réplique «culte» de Demi Moore, que la courtoisie m’interdit de citer ici…

 

Ridley-Scott-GladiatorGLADIATOR (2000)

L’empire romain, en l’an 180 de notre ère, sous le règne du sage Marc Aurèle (Richard Harris). Le général Maximus Decimus Meridius (Russell Crowe), victorieux des barbares à Vindobona, est choisi par l’empereur pour devenir son héritier légitime, et ramener Rome à l’état de République. Une décision qui déplaît à l’instable Commode (Joaquin Phoenix), fils de l’empereur, qui tue son père dans un moment de folie et se proclame nouvel empereur. Désigné ennemi, Maximus s’enfuit et trouve sa famille massacrée. Réduit en esclavage, puis gladiateur, le soldat déchu trouvera dans l’arène le moyen de sa revanche contre le jeune tyran…

 

Mon avis :

Après le chemin de croix, la résurrection ! Pour ramener à la vie le péplum sous un angle épique réaliste, Ridley Scott s’est ouvertement inspiré du dernier grand classique américain du genre, LA CHUTE DE L’EMPIRE ROMAIN d’Anthony Mann, avec une touche de SPARTACUS de Stanley Kubrick pour faire bonne mesure. Inspiré, le cinéaste égale ses modèles en actualisant le propos et la mise en scène, et inaugure un style qui a relancé l’intérêt du public pour le genre. Chef-d’œuvre épique.

 

LA scène :

Des morceaux de bravoure en pagaille : la grande bataille qui ouvre le film ; le combat «Carthage» au Colisée (où Maximus retrouve ses réflexes de commandant pour sauver ses amis d’une mort programmée) ; le duel des tigres ; le duel final… n’oublions pas le meurtre de Marc Aurèle, la découverte de la famille de Maximus tuée, comme dans LA PRISONNIERE DU DESERT de John Ford. Et la folie grandissante de Commode. Petit bonus personnel : le rituel de Maximus frottant ses mains dans la terre avant chaque combat.

 

Ridley-Scott-Hannibal

HANNIBAL (2001)

Hannibal Lecter (Anthony Hopkins), le brillant ex-psychiatre et assassin cannibale, s’est évadé depuis des années, vivant à Florence sous une fausse identité. Il se rappelle au bon souvenir de l’agent du FBI Clarice Starling (Julianne Moore), disgraciée par ses supérieurs après une bavure. Un inspecteur italien, Pazzi (Giancarlo Giannini), alléché par la prime promise pour la capture de Lecter, tente seul de le démasquer. Et dans l’ombre, un ancien patient de Lecter, le milliardaire pervers Mason Verger (Gary Oldman), prépare une vengeance sordide contre le tueur en série qui l’a jadis horriblement mutilé…

 

Mon avis :

La suite longtemps attendue du SILENCE DES AGNEAUX ne fait pas l’unanimité, loin de là… et si, pourtant, elle était meilleure que ce dernier ? Adapter le sulfureux roman de Thomas Harris n’était pas chose facile, et Scott doit assumer la suppression des passages les plus glauques du roman. Le film se défend pourtant, malgré des séquences bien malsaines (les apparitions de Verger, les cochons…), grâce à son ambiance florentine, et on retrouve avec plaisir Anthony Hopkins, qui s’amuse toujours autant en psychopathe raffiné. Et Julianne Moore succède honorablement à Jodie Foster.

 

LA scène :

Un dîner presque parfait pour le bon docteur, fin gourmet et médecin légiste, aux dépens de Krendler (Ray Liotta), sous les yeux d’une Clarice immobilisée…

 

Ridley-Scott-Black-Hawk-Down

BLACK HAWK DOWN (LA CHUTE DU FAUCON NOIR) (2001)

Reconstitution de la Bataille de Mogadiscio qui eut lieu en Somalie, en octobre 1993. Pour neutraliser un seigneur de guerre, Mohammed Farrah Aïdid, qui affame et massacre la population civile, le général Garrison (Sam Shepard) met en place l’Opération Irene : des commandos des U.S. Marines, des Rangers et des Delta Force (interprétés entre autres par Josh Hartnett, Ewan McGregor, Eric Bana) capturent les complices d’Aïdid au cœur de Mogadiscio, et les ramener à leur base pour interrogatoire. L’opération devait durer 30 minutes. Suite à une série d’erreurs et d’incidents successifs, elle va dégénérer en bataille meurtrière, les soldats étant assaillis à chaque coin de rue par les miliciens d’Aidid alertés de leur venue…

 

Mon avis :

Intense, éprouvant, épuisant… L’un des meilleurs films sur la «guerre asymétrique». Certes, le film s’intéresse plus aux combats qu’au questionnement politique, mais comme le dit l’un des soldats : «la politique disparaît dès que les balles sifflent»… Et Scott sait contourner les pièges «patriotards» de son producteur Jerry Bruckheimer, se montrant finalement sévère envers la plus puissante armée du monde.

Côté acteurs, mention spéciale à Eric Bana qui crève l’écran. Vous reconnaîtrez aussi, dans de petits rôles, Orlando Bloom et Tom Hardy.

 

LA scène :

Les batailles mises à part, on retiendra une scène de dialogue-confrontation entre le pilote d’hélico et l’un des lieutenants d’Aïdid. Et l’image symbole du cinéma de Ridley Scott : le dessin d’un samouraï perdu dans la forêt, par l’un des soldats avant le départ en mission.

 

Ridley-Scott-Matchstick-Men

MATCHSTICK MEN (LES ASSOCIES) (2003)

Roy Waller et Frank Mercer (Nicolas Cage et Sam Rockwell) sont des escrocs opérant au grand jour à Los Angeles. Mais Roy, atteint de troubles obsessionnels compulsifs sévères, a de plus en plus de mal à sortir de chez lui pour effectuer ses combines. Et pour ne rien arranger, il se retrouve obligé d’accepter la garde d’Angela Fenton (Allison Lohman), sa fille qu’il n’a jamais connu, et qui s’avère meilleure que lui à son propre jeu…

 

Mon avis :

Après l’éreintant BLACK HAWK DOWN, cette comédie grinçante produite par Robert Zemeckis paraît bien anodine. Scott met ses obsessions et son style habituel en retrait, se reposant sur un script très astucieux. Cage est relativement sobre (et n’avait pas encore torpillé sa carrière à l’époque…), mais c’est Allison Lohman, 23 ans, qui marque le film en Lolita plus futée que son géniteur.

 

LA scène :

Les scènes d’Allison Lohman…

 

Ridley-Scott-Kingdom-of-Heaven

KINGDOM OF HEAVEN (2005)

Au 12ème Siècle, le forgeron Balian (Orlando Bloom), veuf fugitif, rejoint son père Godefroy (Liam Neeson) et un groupe de chevaliers en partance pour la Terre Sainte. Héritant des terres de Godefroy, Balian s’éprendra de la princesse Sybille (Eva Green), sœur du roi lépreux Baudouin (Edward Norton), affaibli par les complots politiques qui se trament autour de lui. Quand des Templiers tuent des marchands musulmans, le seigneur Saladin (Ghassan Massoud) réclame vengeance et relance la guerre sainte, entamée un siècle auparavant par les premiers Croisés…

 

Mon avis :

Le film aurait dû être le second chef-d’œuvre épique de Scott. Si GLADIATOR était sa CHUTE DE L’EMPIRE ROMAIN, KINGDOM OF HEAVEN aurait pu être son CID… Hélas, le film a été largement tronqué au montage à sa sortie, et le rythme comme l’histoire s’en ressentent. Heureux possesseurs de DVD qui ont pu apprécier un tout autre film en Director’s Cut, restituant toutes les intrigues complètes (le meurtre du prêtre, le rôle plus tragique de Sybille, etc.).

KINGDOM version cinéma : un bon film d’aventures, mais décevant compte tenu des attentes.
KINGDOM version Director’s Cut : un chef-d’œuvre !

 

LA scène :

Pour les amateurs d’action : l’attaque des chevaliers dans la forêt, l’assaut sur Kerak, et le siège de Jérusalem. Pour les romantiques : la première apparition d’Eva Green, sublime en tenue de reine byzantine. Pour les cinéphiles : les scènes références à David Lean et Sergio Leone.

Dans la version Director’s Cut : les scènes tragiques où Sybille réalise que son enfant est incurable de la lèpre, et décide d’abréger ses souffrances…

 

Ridley-Scott-Une-Grande-AnnéeUNE GRANDE ANNEE (2006)

Max Skinner (Russell Crowe), cynique courtier de la City à Londres, apprend qu’il vient d’hériter du domaine viticole de son oncle Henry (Albert Finney), en Provence. D’abord réticent à venir sur place, Max s’attarde et décide de se lancer dans la production viticole. Les choses se compliquent avec l’arrivée d’une inconnue, sa cousine héritière Christie (Abbie Cornish), et avec la présence de la jolie Fanny (Marion Cotillard) dans les parages…

 

Mon avis :

Un autre «film de vacances» pour Ridley Scott… Ce n’est pas désagréable, loin de là, merci à Russell Crowe, Marion Cotillard et le cher Albert Finney, mais la comédie n’est pas le genre où Scott est le plus à l’aise. On se consolera avec les superbes images des vignobles de Provence…

 

LA scène :

La scène où Max imite Peter O’Toole dans LAWRENCE D’ARABIE !

 

Ridley-Scott-American-GangsterAMERICAN GANGSTER (2007)

L’histoire vraie de l’ascension criminelle et de la chute de Frank Lucas (Denzel Washington). Bras droit, puis héritier du caïd de Harlem Bumpy Johnson, Frank, en pleine Guerre du Viêtnam, met à profit son intelligence acérée pour s’enrichir grâce au trafic d’héroïne, et acheter des policiers véreux des Stupéfiants. Un inspecteur intègre, Richie Roberts (Russell Crowe) rassemble une petite équipe de choc pour identifier et neutraliser le
nouveau caïd de Harlem, qui met un point d’honneur à ne pas se faire remarquer…

 

Mon avis :

Un polar avec une histoire digne des meilleurs Lumet ; un script riche, fouillé, documenté, de Steven Zaillian ; la reconstitution parfaite d’une époque (le New York des années 1970, âpre et sale). Crowe et Denzel Washington se livrent à un jeu du chat et de la souris, et ce dernier est parfait de bout en bout. Définitivement le film somme des polars de Ridley Scott, et son chef-d’œuvre du genre.

 

LA scène :

Frank Lucas se fait respecter en abattant un rival en pleine rue, devant témoins, façon PARRAIN. L’achat fatal d’un manteau de fourrure. La descente des hommes de Roberts dans l’immeuble transformé en laboratoire. Et l’étonnante description de l’amitié se développant entre Lucas et Roberts.

 

Ridley-Scott-Body-of-LiesBODY OF LIES (MENSONGES D’ETAT) (2008)

Alors qu’un attentat vient d’ensanglanter l’Angleterre, Roger Ferris (Leonardo DiCaprio), agent de terrain de la CIA, parcourt le Moyen-Orient à la recherche d’informations qui pourront le mener à repérer et arrêter Al-Saleem, le chef du groupuscule islamiste auteur de l’attentat. Chapeauté depuis l’Amérique par son supérieur Ed Hoffman (Russell Crowe), Ferris entre en contact avec Hani Salaam (Mark Strong), le chef des services secrets jordaniens, pour échanger avec lui des informations précieuses. Avant de réaliser qu’il doit aussi se méfier d’Hoffman, qui mène en secret une autre opération…

 

Mon avis :

Les contrecoups politiques de la Guerre d’Irak et la menace terroriste internationale… une situation complexe, inextricable, pour un très solide thriller d’espionnage. DiCaprio est intense comme à son habitude, Crowe est jubilatoire en superviseur faussement «pépère». Et la révélation du talent de Mark Strong, crédible et intimidant chef des services secrets jordaniens.

 

LA scène :

Les scènes où Ferris doit gagner la confiance de Hani Salaam, tout en se défiant de lui. L’histoire d’amour impossible de Ferris avec l’infirmière iranienne (Golshifteh Farahani), et le respect de ses coutumes. Et l’apparition de Hoffman, supervisant une mission stratégique en pantoufles et peignoir depuis sa villa de banlieue !

 

Ridley-Scott-Robin-des-BoisROBIN DES BOIS (2010)

1192. Après la mort du roi Richard Cœur de Lion à Châlus, l’archer Robin Longstride (Russell Crowe) et ses compagnons de combat décident de s’enfuir pour rentrer au pays qui connaît des heures sombres. Le traître Godfrey (Mark Strong) ami de Jean (Oscar Isaac), le nouveau Roi d’Angleterre, manipule ce dernier pour préparer en secret l’invasion des troupes françaises de Philippe Auguste.

Respectant un serment fait à un chevalier mourant, Loxley, et usurpant son identité, Robin se rend à Nottingham, fief de sa veuve Marian (Cate Blanchett) et de son père Walter (Max Von Sydöw)…

 

Mon avis :

Retour pour Scott en terrain connu : batailles furieuses, complots politiques, trame historique précise… mais presque trop facile, après GLADIATOR et KINGDOM ? Reste un film très plaisant, intéressante relecture réaliste de la légende de Robin des Bois dans le contexte de l’époque.

Russell Crowe est égal à lui-même en chef d’une «horde sauvage» médiévale. De même que Cate Blanchett, convaincante Marian au tempérament de guerrière. Et le grand Max von Sydöw, émouvant vieux chevalier.

Et puis, bon sang de bois, quelle musique !

 

LA scène :

Bien sûr, les batailles (Châlus, la plage) sont toujours aussi trépidantes. Mais on préfèrera l’évolution de la difficile relation Robin-Marian, et les scènes avec Walter. Ainsi que les apparitions de Godfrey, accompagné par un thème musical de «bad guy» réussi.

Tim Burton, Johnny Depp et Helena Bonham-Carter – le mini-guide

Petit cadeau bonus à l’occasion de la sortie de DARK SHADOWS… Voici un mini-guide spécial «Tim Burton, Johnny Depp & Helena Bonham Carter», une revue rapide de leurs films précédents (avec les têtes différentes des comédiens transformés à l’occasion de chaque film !).

 

Tim Burton, Johnny Depp et Helena Bonham-Carter - le mini-guide dans Mini-guide Johnny-Depp-Edward-aux-Mains-dArgent

EDWARD AUX MAINS D’ARGENT (1990)

L’histoire : Edward (Johnny Depp), un jeune homme artificiel, est affublé de ciseaux démesurés à la place de ses mains, son inventeur (Vincent Price) étant mort avant d’avoir pu les lui donner. Solitaire et craintif, il est recueilli par Peg Boggs (Dianne Wiest), représentante en cosmétiques, qui fait de lui un membre à part entière de sa famille. Mais, dans le petit monde confortable de la banlieue, la présence d’Edward détonne ; et il est amoureux de Kim (Winona Ryder), la fille de Peg…

 

L’avis : magique, il n’y pas d’autre mot pour désigner le film qui marqua en fanfare les débuts de l’association Johnny Depp-Tim Burton. Relecture toute personnelle des vieux films de Frankenstein, EDWARD… est aussi un autoportrait de Burton à peine dissimulé. L’histoire d’amour est touchante, la description de la banlieue et du conformisme de ses habitants fait mouche. Et la musique de Danny Elfman est entrée dans la mémoire collective.

 

Le meilleur moment de Johnny Depp : difficile d’en séparer un, dans ce film plein de moments privilégiés. Son impassible réaction quand Dianne Wiest lui tartine le visage de lotions colorées ; quand il provoque l’orgasme de Kathy Baker en lui coupant les cheveux ; quand il coupe la mèche d’un gentil toutou venu s’asseoir à ses côtés… Une scène inoubliable, enfin, celle où il assiste à la mort de son inventeur (Vincent Price)…

 

Johnny-Depp-Ed-Wood-réalisateur-enthousiaste... dans Mini-guide

ED WOOD (1994)

L’histoire : les déboires d’Edward D. Wood Jr. (Depp), jeune cinéaste au début de sa carrière dans les années 1950 ; persuadé de son talent, rêvant de percer à Hollywood, Wood va enchaîner les tournages de plus en plus fauchés, entouré d’une bande de bras cassés qui lui resteront loyaux ; parmi eux, une légende déchue en fin de carrière, Bela Lugosi (Martin Landau), star des films d’épouvante ayant sombré dans la misère et la drogue…

 

L’avis : honteusement oublié par le Jury du Festival de Cannes de 1995, ED WOOD reste une des plus belles déclarations d’amour au Cinéma, tout en prenant le contrepoint total des «biopics» traditionnelles. Entre l’humour (les reconstitutions des tournages «galères») et la tristesse, le film trouve son équilibre parfait. Depp est excellent, Martin Landau est inoubliable et fut récompensé à juste titre de l’Oscar du Meilleur Second Rôle.

 

Johnny-Depp-Ed-Wood-travesti-

Le meilleur moment de Johnny Depp dans le film : difficile de trancher là encore, tant il y en a… Morceaux choisis : quand il tente de vendre des projets foireux à un grand ponte («Docteur… Acula !») ; sa réaction au rejet de ce dernier («le pire film que vous ayiez jamais vu ? … Hé bien, le prochain sera bien meilleur !») ; toutes ses scènes avec Martin Landau, notamment celle, irrésistible, du tournage de GLEN OR GLENDA («Bivère…. Poul ze strinks ! Poul ze strinks !!») ; la danse des sept voiles en fête de tournage ; et la rencontre avec Orson Welles qui va le galvaniser pour son «chef-d’œuvre» ultime, PLAN 9…

 

Johnny-Depp-Ichabod-Crane-Sleepy-Hollow

SLEEPY HOLLOW (1999)

 

L’histoire : adaptation libre du récit de Washington Irving, «La Légende du Val Endormi» ; à la fin du 18ème siècle, Ichabod Crane (Depp) un jeune inspecteur féru de science, se rend à Sleepy Hollow pour enquêter sur des meurtres en série que la population effrayée attribue à un spectre terrifiant, le Cavalier Sans Tête (Christopher Walken et Ray Park). D’abord sceptique, Ichabod réalise que le Cavalier est bien réel et tente de protéger la jolie Katrina Van Tassel (Christina Ricci) de la malédiction qui s’abat sur sa famille…

 

L’avis : après la déconvenue d’un SUPERMAN avorté par le studio Warner Bros., Burton revient aux univers gothiques macabres qu’il affectionne. Le film, particulièrement saignant et macabre (Burton va même très loin en filmant le massacre d’une famille entière par le Cavalier) est visuellement splendide, recréant les ambiances des films de la Hammer et de Mario Bava. On pardonnera les excès du scénario pour mieux apprécier l’ambiance du film. Et encore une très belle musique signée de l’ami Danny Elfman.

 

Le meilleur moment de Johnny Depp dans le film : ses évanouissements de jeune fille, qui ponctuent le film… Et la séquence où Ichabod Crane a une façon bien à lui de jouer aux EXPERTS sur les lieux d’un meurtre. Il sermonne le docteur local, peu au courant des nouvelles procédures policières :

«Il ne faut jamais déplacer le cadavre !

Pourquoi ?

- (silence gêné d’Ichabod)… parce que.»

 

Helena-Bonham-Carter-Ari-La-Planète-des-Singes

LA PLANETE DES SINGES (2001)

L’histoire : l’astronaute Leo Davidson (Mark Wahlberg) plonge dans une tempête spatiale électromagnétique pour sauver un de ses singes cobayes, Périclès… Mais, égaré dans l’espace et le temps, Leo fait naufrage sur une planète inconnue, où les humains réduits à l’état sauvage sont chassés, tués ou réduits en esclavage par des singes évolués. Déterminé à fuir cette planète infernale au plus vite, Leo entraîne à sa suite des fugitifs, dont la chimpanzée Ari (Helena Bonham Carter), et doit échapper à la fureur du redoutable Général Thade (Tim Roth)…

 

L’avis : Tim Burton n’est pas satisfait de cette nouvelle adaptation du roman de Pierre Boulle, très éloignée du classique avec Charlton Heston. L’histoire est franchement décousue, le protagoniste principal manque de personnalité face à des singes bien plus réussis, et les scènes de batailles n’intéressent pas vraiment Burton, qui préfère laisser libre cours à sa fantaisie habituelle dans les séquences de la Cité des Singes. Il reste que le film marque un point important pour le cinéaste, puisqu’il fait jouer pour la première fois Helena Bonham Carter, sa future épouse.

 

Le meilleur moment d’Helena Bonham Carter : si l’actrice se fait voler la vedette par Tim Roth durant le dîner officiel entre singes, elle a droit à un traitement de faveur durant tout le film, jouant la plus sensible et charmante guenon que l’on ait jamais vu dans un film. Mark Wahlberg est presque prêt à rester auprès d’elle, voyez leur échange de regards au moment de la séparation finale…

 

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BIG FISH (2003)

L’histoire : quand il apprend que son père Edward (Albert Finney) est mourant, Will Bloom (Billy Crudup) rentre au pays avec sa compagne Joséphine (Marion Cotillard). En froid avec ce père fantaisiste, qui adore raconter des histoires fantastiques sur sa vie, Will renoue peu à peu avec lui, tandis qu’il raconte l’histoire de sa vie en jeune homme (Ewan McGregor), croisant des géants, des sirènes et des loups-garous avant de tomber amoureux de Sandra (Allison Lohman)…

 

L’avis : marqué par le décès de son père, et lui-même sur le point de devenir père pour la première fois, Burton trouve dans BIG FISH le sujet idéal pour parler de la paternité, de la transmission filiale. Un très beau film où le cinéaste adapte sa fantaisie visuelle habituelle à plus de gravité, de maturité, dans un scénario solide. Le casting d’ensemble est parfait, avec une préférence pour le père vieillissant joué par Albert Finney.

 

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Le meilleur moment de Helena Bonham Carter : l’actrice tient un double rôle, étant à la fois l’inquiétante Sorcière borgne, et Jenny, la jeune femme du sud au cœur solitaire. Son apparition en sorcière montrant au jeune Edward Bloom sa mort future est un premier moment fort ; ses retrouvailles, en tant que Jenny, avec Edward (McGregor), forment une jolie scène douce-amère.

 

Johnny-Depp-Willy-Wonka-Charlie-et-la-Chocolaterie

CHARLIE ET LA CHOCOLATERIE (2005)

L’histoire : un jeune garçon très pauvre, Charlie Bucket (Freddie Highmore), découvre par hasard un des cinq tickets gagnants invitant à la visite de la fabuleuse chocolaterie de Willy Wonka (Depp), inventeur-confiseur génial et reclus. Avec son grand-père, Charlie découvre les secrets de fabrication de Wonka. Quatre autres enfants, odieux garnements, et leurs parents, sont également de la visite. Mais qui sera l’heureux héritier de l’étrange Willy Wonka ?

 

L’avis : l’adaptation du classique écrit par Roald Dahl permet à Burton de déchaîner sa créativité. L’histoire reste simple, assez prévisible parfois, mais toujours pleine d’idées étoffant le récit original. Visuellement, c’est un régal. Et Depp est parfait en incarnant un Willy Wonka parfois inquiétant…

 

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Le meilleur moment de Johnny Depp et Helena Bonham Carter : premier film en commun des deux acteurs, CHARLIE ne leur offre pas vraiment de scènes communes. Volontairement en retrait, Helena Bonham Carter joue l’aimante maman de Charlie, le temps de quelques scènes où elle cuisine les choux toute la journée ! Depp déguisé en Willy Wonka se livre à un festival de scènes cultes : son entrée en scène, avec la chanson à sa gloire façon «It’s A Small World» qui tourne à la catastrophe ; ses appels des Oumpas-Loumpas, en imitant le cri du dindon (comme Jacques Villeret dans LA SOUPE AUX CHOUX !) ; la transformation du Monolithe de 2001 L’ODYSSEE DE L’ESPACE en tablette de chocolat ; les bafouillis répétés de Willy Wonka dès qu’il prononce le mot «parent»…

 

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CORPSE BRIDE – LES NOCES FUNEBRES (2005)

L’histoire : pauvre Victor Van Dort (Depp) ! Ce gentil et timide jeune homme doit épouser par convenance Victoria Everglot (Emily Watson), mais sa maladresse l’empêche de prononcer les vœux de fiançailles… S’entraînant dans la forêt à passer le futur anneau de mariage sur ce qu’il croit être une branche morte, Victor a la surprise de voir que ladite branche est en fait la main d’une morte, Emily (Bonham Carter), qui se retrouve ramenée à la vie, et se croit de fait fiancée au jeune homme terrorisé…

 

L’avis : douze ans après NIGHTMARE BEFORE CHRISTMAS (L’ETRANGE NOËL DE MONSIEUR JACK), Tim Burton revient au cinéma d’animation en stop-motion. Un film gothique, très gracieux, où les vivants sont bien «morts» de conformisme, alors que les morts, eux, s’amusent bien ! Un seul petit regret, peut-être ? Que le héros choisisse d’épouser finalement la sage fille de bonne famille plutôt que la charmante morte-vivante, véritable héroïne du film…

 

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Le meilleur moment de Johnny Depp et Helena Bonham Carter : certes, c’est un film d’animation, où les acteurs n’assurent «que» le doublage de leurs personnages… ce qui n’enlève rien au crédit du film, bien au contraire. On aura une préférence pour le duo au piano, où Victor rattrape une précédente gaffe, et marque ainsi des points avec la belle trépassée Emily !

 

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SWEENEY TODD (2007)

L’histoire : le barbier Benjamin Barker (Depp) a jadis perdu sa femme Lucy et leur petite fille, par la faute de l’odieux Juge Turpin (Alan Rickman) qui l’a envoyé en prison à l’autre bout du monde. Revenu à Londres, Barker se fait désormais appeler Sweeney Todd, et apprend par la misérable cuisinière Mrs. Lovett (Bonham Carter) que Lucy est morte après avoir été violée par le Juge. Todd prépare une vengeance sanglante, à coup de rasoirs, aidé par Mrs. Lovett qui va cacher les traces des meurtres en recyclant les cadavres en viande pour tourte…

 

L’avis : une fausse bonne idée ? La comédie musicale macabre de Stephen Sondheim semblait pourtant faite pour Burton, qui revient dans l’ambiance horrifique gothique de son précédent SLEEPY HOLLOW… C’est sans doute le film le plus noir, radical, jamais tourné à ce jour par le cinéaste, mais il reste insatisfaisant : le scénario doit tailler dans le matériel de départ, alourdi par trop de chansons qui ne restent pas dans les mémoires. On se console en appréciant l’ambiance visuelle du film, et le jeu des acteurs, notamment Bonham Carter, Alan Rickman en juge libidineux et Sacha Baron Cohen en barbier concurrent, très «Freddie Mercury», au faux accent italien !

 

Le meilleur moment de Johnny Depp et Helena Bonham Carter : quel dommage que les chansons soient aussi faiblardes en général… à sauver, le duo «A Little Priest» où les deux complices choisissent en chantant qui va finir en pâtée. Et le final funeste, sanglant et volontairement grand-guignolesque, qui finit très mal pour les deux vedettes.

 

Johnny-Depp-le-Chapelier-Fou-Alice-in-Wonderland

ALICE AU PAYS DES MERVEILLES (2010)

L’histoire : vingt ans après avoir vécu ses aventures oniriques au Pays des Merveilles, la petite Alice est maintenant une jeune femme (Mia Wasikowska) qui va devoir se marier à un benêt. Mais, en suivant un Lapin Blanc familier, elle fuit la cérémonie officielle et tombe de nouveau dans un trou, la menant vers le Pays des Merveilles où tout a bien changé depuis son dernier voyage… Alice a tout oublié de ses précédentes aventures, et seuls quelques vieux amis, dont le Chapelier Fou (Depp), peuvent l’aider à combattre la colérique Reine Rouge (Bonham Carter) ennemie de sa sœur la Reine Blanche (Anne Hathaway)…

 

L’avis : hum hum (…d’Umbridge)… le film est assez symptomatique des défauts de Burton en tant que cinéaste. Comme toujours, la création visuelle unique surclasse tout le reste, et ALICE est inattaquable sur cet aspect. Du point de vue narratif, par contre… le film part régulièrement en roue libre, et il est difficile de s’intéresser au traitement très «heroic fantasy» au goût du jour de cette adaptation de Lewis Carroll.

 

Helena-Bonham-Carter-la-Reine-Rouge-Alice-au-Pays-des-Merveilles

Le meilleur moment de Johnny Depp et Helena Bonham Carter : difficile à trouver, pour une fois… Depp cabotine ici sans trop réussir à plaire, faisant du Chapelier un quasi clone de son Willy Wonka. Personne n’est parfait. On préfèrera les scènes de colère capricieuse de Miss Bonham Carter, affublée d’une tête démesurée et tyrannisant tout le monde avec délices. Ne volez pas ses tartes !



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