• Accueil
  • > Recherche : avion jaune dicaprio

Résultats de la recherche pour ' avion jaune dicaprio '

LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE – 2e Partie : Steven Spielberg au Pays de la Ligne Claire

LES AVENTURES DE TINTIN : LE SECRET DE LA LICORNE - 2e Partie : Steven Spielberg au Pays de la Ligne Claire dans Fiche et critique du film Les-Aventures-de-Tintin-Dupond-et-Dupont

PARTIE 2 : STEVEN SPIELBERG AU PAYS DE LA LIGNE CLAIRE

 

En attendant cette adaptation qui ne semblait jamais vouloir voir le jour, les amateurs de Spielberg et d’Hergé relevèrent les similarités évidentes entre l’univers de Tintin et la série des INDIANA JONES de Spielberg. Certains journalistes assez vigilants n’ont pas manqué d’ailleurs de relever les ressemblances entre les deux œuvres, à l’occasion de la sortie du film LE SECRET DE LA LICORNE, en se focalisant évidemment sur la scène du side-car. C’est bien mais un peu court, messieurs !… car il y avait d’autres indices…

La «connection» Spielberg-Hergé est en réalité assez troublante… puisqu’elle semble avoir commencé avant même que les deux hommes ne découvrent chacun le travail de l’autre et se contactent finalement. En regardant bien la filmographie de Spielberg d’avant L’ARCHE PERDUE, déjà, quelques signes, des coïncidences, des thèmes similaires apparaissaient… Comme si un synchronisme créateur s’était mis en place entre les esprits du dessinateur belge et du cinéaste américain. Sans doute faut-il y voir plus simplement un goût commun pour les mêmes récits, écrits ou filmés, qui les a finalement amenés à se rencontrer : les livres de Jules Verne (relisez LES ENFANTS DU CAPITAINE GRANT et faire le rapprochement avec LE TEMPLE DU SOLEIL et JURASSIC PARK !), Robert Louis Stevenson, Conan Doyle, les westerns, les thrillers d’Hitchcock et les films de pirates… En fins conteurs, Hergé et Spielberg ont su trouver l’imagination chez les mêmes auteurs, et les assimiler à leurs visions. Et il n’est pas interdit de penser que Spielberg, une fois «mordu» des albums de Tintin, a glissé des allusions et des clins d’œil au maître belge.

Jugez-en plutôt au vu de la filmographie (ici incomplète) de Steven Spielberg, et de la façon dont on peut la relier à l’univers d’Hergé… J’y ai rajouté ici le complice des débuts, coloriste et décorateur de plusieurs de ses albums, le non moins génial Edgar P. Jacobs, l’homme de BLAKE ET MORTIMER ; immense conteur et dessinateur à redécouvrir, Jacobs futaussi un grand chanteur d’opéra, baryton ayant peut-être inspiré pour rire Bianca Castafiore à Hergé! Puisant lui aussi pour ses propres récits aux mêmes auteurs qui inspirèrent Hergé et Spielberg, Jacobs partage aussi des points communs avec l’univers spielbergien. Qui sait si, en se procurant les albums d’Hergé, Spielberg n’a pas aussi lu quelques aventures de Blake & Mortimer. En tout cas, les continuateurs de Jacobs (Jean Van Hamme, Yves Sente, André Juillard…) ont bien compris le lien tissé entre le cinéaste américain et les dessinateurs belges au point de placer quelques allusions directes au cinéma de Spielberg.  

 

Avant le «contact Hergé-Spielberg», nous trouvons :

- LES DENTS DE LA MER (1975) et les requins… Des décennies après Jules Verne et des décennies avant Steven Spielberg, Hergé contribua à la terreur universelle des grands squales dans ses récits. Revoir LES CIGARES DU PHARAON, et bien sûr LE TRESOR DE RACKHAM LE ROUGE – où Haddock se paie une frayeur digne du Shérif Brody (Roy Scheider).

 

 Les-Aventures-de-Tintin-Capitaine-Haddock-Lamartine-et-Jaws- dans Fiche et critique du film

Attention la main, Capitaine ! Heureusement, le Professeur Tournesol et son sous-marin sont là pour tirer d’affaire nos héros.

Notons aussi que chez Spielberg, nous trouvons déjà un vieux loup de mer alcoolique, colérique et au vocabulaire fleuri, le Capitaine Quint incarné par l’inoubliable Robert Shaw. Et un requin connaissait déjà un gros souci de digestion «explosive» dans COKE EN STOCK !

- RENCONTRES DU TROISIEME TYPE (1977) : le thème des OVNIS, déjà présents dans le grand finale de VOL 714 POUR SIDNEY. Et chez Jacobs, nous les retrouvons au centre de L’ENIGME DE L’ATLANTIDE.

 

Deux-Blues-Brothers-en-side-car-

- 1941 (1979) : des scènes de L’AFFAIRE TOURNESOL et COKE EN STOCK n’avaient rien à envier aux gags explosifs de Spielberg ridiculisant la bêtise militaire. Dans le premier, le tank volé par Tintin et Haddock démolissait tout sur son passage, l’Armée Bordurienne se signalant quant à elle par son incompétence et un matériel défaillant. Et dans le second album, l’aviation militaire du Khemed, mal informée, bombarde par erreur ses «collègues» tankistes ! Ajoutez-y aussi un sous-marin aussi dangereux que mal guidé, et un side-car déjà bien malmené…

- LES AVENTURIERS DE L’ARCHE PERDUE (1981) : le prologue avec l’idole, et les indiens d’Amazonie, évoquant le fétiche et les Arumbayas de L’OREILLE CASSEE. Rajoutez-y aussi une forte ambiance générale à la Edgar P. Jacobs : particulièrement LE MYSTERE DE LA GRANDE PYRAMIDE, avec le cobra menaçant et la punition divine du méchant profanateur, que ce soit Belloq ou Olrik… Tintin eut également affaire à des cobras dans LES CIGARES DU PHARAON (dans la version noir et blanc d’origine), et aux serpents, objets de la phobie d’Indiana Jones, dans LE TEMPLE DU SOLEIL et TINTIN ET LES PICAROS.

 

Et après la rencontre Hergé-Spielberg, nous trouvons :

- E.T. (1982) : a priori, pas de lien évident avec l’œuvre d’Hergé, mais… la relation spirituelle qui unit contre vents et marées Elliott et E.T. n’a rien à envier à celle de Tintin et Tchang dans TINTIN AU TIBET : échange de visions «télépathiques» entre eux deux… et n’oublions pas le moine bouddhiste entrant en lévitation. E.T., lui aussi un «Cœur Pur», pratique cet art ancestral. Quant à la séparation finale de Tchang et du Yéti, elle est aussi émouvante que celle d’Elliott et d’E.T.

- POLTERGEIST (1982). S’il n’y eut jamais de fantômes chez Hergé (si ce n’est pour rire dans OBJECTIF LUNE, le Capitaine Haddock déguisé pour soigner Tournesol de son amnésie !), il y eut des scènes de cauchemars surnaturels… Faites le lien avec LES SEPT BOULES DE CRISTAL, et l’affreux Rascar Capac. Tryphon Tournesol est littéralement soulevé de terre par un «poltergeist» burlesque : la boule d’électricité, signe de la colère des Dieux Incas…

- TWILIGHT ZONE (LA QUATRIEME DIMENSION, 1983), segment UN COUP DE PIED DANS LA BOÎTE : un vieillard aime «vivre» les récits de pirates, tel Haddock dans LE SECRET DE LA LICORNE, au point de se transformer en «Peter Pan» refusant de grandir. Ce qui nous amènera à HOOK, plus bas, et au SECRET DE LA LICORNE filmé par Spielberg…

- INDIANA JONES ET LE TEMPLE MAUDIT (1984) : on a déjà évoqué Short Round et Chang. On y trouve aussi une poursuite dans les rues de Shanghai (comme dans LE LOTUS BLEU), un détour express par l’Himalaya, avec crash d’avion (TINTIN AU TIBET), un voyage en Inde avec des éléphants facétieux et un kidnapping de jeune mahrajah (LES CIGARES DU PHARAON) et une secte souterraine pratiquant les sacrifices humains (comme les Incas dans LE TEMPLE DU SOLEIL) !

- EMPIRE DU SOLEIL (1987) : le très sérieux film de Spielberg qui révéla Christian Bale (quasi homonyme de Jamie Bell, l’interprète de Tintin) nous plonge dans la Chine des années 1930-1940, la colonisation britannique et l’invasion japonaise amorcée en 1931, montrée telle quelle dans LE LOTUS BLEU.

 

Deux-sur-un-side-car

- INDIANA JONES ET LA DERNIERE CROISADE (1989) : le film le plus explicitement «hergéen» de Spielberg, avec le fabuleux site archéologique de Pétra, en Jordanie, qui sert aussi de refuge à l’Emir Ben Kalish Ezab dans COKE EN STOCK ! Spielberg nous montre par ailleurs le passé scout d’Indy, en clin d’œil à Hergé et son «prototype» de Tintin, TOTOR C.P. DES HANNETONS. On y retrouve également un professeur prisonnier d’une puissance totalitaire : Henry Jones captif des Nazis, comme Tournesol enlevé et détenu par les Bordures dans L’AFFAIRE TOURNESOL … où nous retrouvons donc une grande poursuite en tank. Les alliés d’Indy semblent d’ailleurs tous sortis d’un album d’Hergé : outre Papa Jones, nous avons Marcus Brody (aussi distrait que Tournesol, la marque des grandes intelligences !), et l’ami Sallah qui ressemble ici au Senor Oliveira da Figueira. Et donc, le side-car des Jones qui annonce celui de Tintin et Haddock dans leur film.

BLAKE ET MORTIMER n’ont pas été oubliés, par ailleurs… relisez LE SECRET DE L’ESPADON : vous trouverez la même scène de l’embuscade du tank ennemi dans une vallée aride. Au plan près, page 43 et planche de la page 173, c’est la même scène !

- HOOK (1991) : le Capitaine Crochet et ses pirates nous renvoient bien sûr à l’imaginaire «Stevensonien» du SECRET DE LA LICORNE et du TRESOR DE RACKHAM LE ROUGE.

Plus étonnant : revoyez la scène de flashback où Peter Banning (Robin Williams) se souvient de son enfance. Spielberg s’attarde sur un gros plan de Peter bébé : il porte la houppe de Tintin !! Encore plus perturbant, le visuel de la scène en question s’inspire des dessins originaux qu’un génie de l’illustration britannique créa pour PETER PAN IN KENSINGTON GARDENS, première version du conte écrite par J.M. Barrie. Cet illustrateur s’appelait Arthur… Rackham.

Et si Tintin est pour toujours un éternel jeune homme, traversant l’Histoire sans vieillir, Peter Pan est quant à lui un «éternel enfant», sur qui le Temps n’a pas prise. Nous retrouvons aussi dans HOOK un autre vieux loup de mer maniaco-dépressif : le Capitaine Crochet, qui ressemble fortement à Rackham le Rouge tel qu’il est dessiné par Hergé. Nous reviendrons sur la filiation évidente qui existe entre HOOK et LE SECRET DE LA LICORNE version Spielberg.

- JURASSIC PARK (1993) et LE MONDE PERDU (1997) : certes pas de dinosaures chez Tintin, tout au plus une injure appropriée d’Haddock à un varan géant dans VOL 714 POUR SIDNEY («…cette espèce de Diplodocus sorti de sa Préhistoire !»). L’action des deux films se déroule sur une île perdue : voir aussi L’ÎLE NOIRE (et King Kong, donc), L’ETOILE MYSTERIEUSE et LE TRESOR DE RACKHAM LE ROUGE. Du côté de Jacobs : les ptérosaures de L’ENIGME DE L’ATLANTIDE, et les dinosaures du PIEGE DIABOLIQUE.

- AMISTAD (1997) : le sujet, l’esclavagisme et la traite négrière, parle de lui-même : COKE EN STOCK.

- MINORITY REPORT (2002) : nous voici plutôt du côté d’Edgar P. Jacobs, avec les policiers en jet-pack antigravité et les plantes infernales vues dans L’ENIGME DE L’ATLANTIDE… Par ailleurs, le trio de Précogs maintenu en «sommeil» permanent est disposé en triangle au fond de son bassin, comme les kidnappés du Professeur Septimus dans LA MARQUE JAUNE.

- CATCH ME IF YOU CAN / ARRÊTE-MOI SI TU PEUX (2002) : vous ne pouvez pas manquer les deux agents du FBI accompagnant Hanratty (Tom Hanks), deux vrais Dupond et Dupont ! Et l’on ne peut s’empêcher de penser que Leonardo DiCaprio, dans ses jeunes années, aurait fait un excellent Tintin… Comme ce dernier, Frank Abagnale Jr. change d’identité en permanence, bluffe à merveille et échappe (presque) toujours à ses poursuivants policiers.

- LE TERMINAL (2004) : le pays fictif de Viktor (Tom Hanks) porte un nom familier, la Krakozie… nous renvoyant bien sûr à la Syldavie et la Bordurie chez Tintin (LE SCEPTRE D’OTTOKAR, OBJECTIF LUNE et L’AFFAIRE TOURNESOL), annonçant en permanence les tensions et les crises toujours d’actualité dans les Balkans, présentes dans le film de Spielberg. Et n’oublions pas les savoureux dialogues de sourds «à la Tournesol» entre Tom Hanks et Stanley Tucci.

Coïncidence ? Hergé imagina une histoire de Tintin restée lettre morte : UN JOUR D’HIVER, DANS UN AEROPORT. Il l’annonçait dans ses entretiens avec Numa Sadoul, en 1976 : «…j’ai un lieu, un décor : j’aimerais que tout se passe dans un aéroport, du début à la fin. L’aéroport est un centre riche de possibilités humaines, un point de convergence de diverses nationalités : le monde entier se trouve en réduction, dans un aéroport ! Là, tout peut arriver, des tragédies, des gags, de l’exotisme, de l’aventure…». Propos qui semblent parfaitement convenir au film de Spielberg.

- LA GUERRE DES MONDES (2005) : les premières minutes d’angoisse dans le film de Spielberg, avant la première attaque, ont un équivalent dans les premières pages de L’ETOILE MYSTERIEUSE : les gens dans la rue, levant les yeux au ciel, déconcertés par un phénomène céleste…. Rappelons qu’Edgar P. Jacobs a jadis illustré le roman homonyme d’H.G. Wells, père fondateur de la Science-Fiction, pour le Petit Vingtième. L’atmosphère générale du film s’accorde d’ailleurs très bien avec les récits les plus «apocalyptiques» de BLAKE & MORTIMER, S.O.S. METEORES et LE PIEGE DIABOLIQUE.

- INDIANA JONES ET LE ROYAUME DU CRÂNE DE CRISTAL (2008) : on retrouve dans la quête du Crâne de Cristal le thème des «Anciens Astronautes», venus de l’Espace sur Terre il y a des millénaires, que l’on retrouve dans VOL 714 POUR SIDNEY. Les grands finales du ROYAUME DU CRANE et de L’ENIGME DE L’ATLANTIDE se renvoient l’un à l’autre…

Et rappelons la présence du sympathique John Hurt, professeur lunatique comme Tournesol, victime d’un «sortilège» comme ceux de l’expédition des 7 BOULES DE CRISTAL, et dont le look échevelé rappelle celui de Ridgewell, l’explorateur caché en Amazonie dans L’OREILLE CASSEE et LES PICAROS.

Ouf ! Après ces deux chapitres, il est enfin maintenant temps de parler du film : LES AVENTURES DE TINTIN – LE SECRET DE LA LICORNE !  

 

 

(Prochain épisode : C’EST A LA FOIS TRES SIMPLE ET TRES COMPLIQUE…)



Winx club le film |
La vie est un long film tra... |
Cinéma et science-fiction |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Festival 8-9,5-16
| pieces of one piece
| Site déménage